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 [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !

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Aliénor
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MessageSujet: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mer 13 Avr - 12:50

Aimelin a écrit:
[hrp][rp ouvert à ceux qui croisent les jeunes gens, et qui désirent participer] [/hrp]

[Arrivée à Troyes]


" Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève,
Éveillé par l'aurore, ou par la fin d'un rêve...

V. Hugo"


La Champagne, début avril. Il faisait doux en ce début de printemps, et le jeune lieutenant prévôté souriait en chevauchant aux côtés de sa brune amie Kirika et sa fillette Angélik, la "pas plus haute que trois pommes" comme il l’avait surnommée depuis le début de leur voyage au départ de Montauban.
Il ne la connaissait pas, celle-ci ne vivant pas en Béarn quand il y était, et elle avait décidé qu’elle ne lui adresserait pas la parole. Il n’en connaissait pas trop les raisons, même si celles ci apparaissaient doucement au fil des jours et des semaines, mais il avait décidé, lui de son côté, qu’elle finirait par lui parler d’ici la fin du voyage.

Heureusement pour lui, le voyage promettait de durer des mois, car depuis leur départ, mi novembre, elle n’avait du lui décrocher que quelques phrases et moults regards suspicieux ou observateurs où il pouvait y déceler quelques reproches ou interrogations par moment. Il en avait bien sûr parlé à sa brune amie qui impuissante n’avait su que répondre. Mais malgré son attitude, il s'attachait à cette fillette, qui lui avait écrit une fois que pour se défendre elle avait ses couteaux en bois. Il avait d'ailleurs acquis deux boucliers en chemin et comptait lui en offrir un afin de compléter sa panoplie de chevalier aux couteaux de bois.

Au fils des jours, et apres une discussion entre elle et sa mère en taverne dijonnaise, il avait compris que l'absence et l’attitude de son père étaient pour quelque chose dans ce caractère renfermé.
Ce soir là, il l'avait vu différemment, courageuse et déterminée à ne pas montrer la tristesse qui s'était nichée en elle. Il était décidé à l'aider, mais encore fallait il qu'elle lui en donne la chance et l'occasion. Et en proposant à son amie de l'accompagner en voyage afin de se détendre de longs mois en Béarn, où travail et tensions avaient principalement occupé les vies de beaucoup, il s'était rendu compte qu'il éloignait malgré lui la fillette de son paternel vivant dans un autre duché, du moins c’est ce qu’il en avait déduit.

Donc, après avoir arpenté les chemins enneigés de Bourgogne et avoir transporté mout marchandises pour la Duchesse Angélyque, ils avaient cheminé jusqu’à Mortagne répondant à la levée de ban par la Reyne, pour ensuite se diriger vers la Champagne, apres une halte aux joutes des Grandes Ecuries Royales, d'où il était ressorti vainqueur, faisant honneur à sa Suzeraine, à la Champagne et même au Béarn.
Ces joutes à Vincennes avaient également été les témoins d'une étonnante rencontre en la personne d’Aliénor, fille de feu Magdeleine, une amie connue lorsqu’il vivait en champagne. La ressemblance l'avait frappé après qu'ils aient pu discuter tranquillement et il avait fait la promesse de passer la voir lorsqu'ils seraient dans son Duché.

Et c'était fait, une partie de la promesse était tenue, ils avaient foulé le sol champenois.

Il était étrange de revenir sur ces terres apres tout ce temps passé en Béarn. Son dernier passage remontait en décembre 56 lorsqu’il était venu avec Quasi revoir les terres où ils avaient vécu chacun de leur côté. Souvenirs, rencontres, moments bien agréables, qui pourtant jamais ne reviendraient.

Compiègne : Magd, Ysa, Lily accompagnée de Pompoko, Malt et Richard. Que le temps était passé depuis, et que de douleurs avaient déversé leurs larmes en fines goutelettes depuis ce jour de décembre. Des ruptures, des disparus, des vies qui s'échappaient comme les fumées légères qu'emporte la brise.

Il sortit de ses pensées à l'approche des remparts et se tourna vers ses compagnes de voyage.


nous voici arrivés, trouvons une auberge où nous pourrons rester quelques jours

Ils voyageaient au gré de leurs envies, laissant le hasard décider du temps qu'ils passaient dans chaque endroit où ils 'arrêtaient.


Dernière édition par Alienor le Mer 25 Mai - 9:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mer 13 Avr - 12:50

Aimelin a écrit:
[Troyes, une taverne]


" Souvent ma rêverie errante fait un choix.
Je travaille debout, regardant à la fois
Éclore en moi l'idée et là-haut l'aube naître.
Je pose l'écritoire au bord de la fenêtre...
V. Hugo"



L'Auberge où ils étaient descendus était silencieuse en ce début de matinée. Seul le crissement léger d’une plume troublait quelque peu le silence reposant de la grande salle.

Installé à une table, simplement vêtu de braies et chemise aux tons gris, le jeune homme avait déposé sa besace sur le côté, avait sorti plumes et parchemins, et s'appliquait à écrire, comme il le faisait souvent lorsqu'il trouvait un moment de calme.
Une fine bande de lumière tombait droite et blanche sur le parchemin où courrait sa plume hésitante, qui s’arrêtait par moment comme pour reprendre son souffle, pour ensuite continuer sa promenade, dessinant les mots qu'il s’appliquait à coucher sur sa missive, comme autant d'arabesques folles.

La rencontre avec Stephandra, de la Garde Royale, et leurs discussions où il avait eu la surprise d'apprendre qu'elle connaissait Russo et Vanyel, lui avait rappelé qu'il n'avait pas écrit à cette dernière depuis trop longtemps. Il leva les yeux, revoyant défiler devant eux ce mandat de Coms que son amie la Comtesse d'Ossau avait fait en Béarn en mai de l'année dernière, alors qu'il était connétable pour la deuxième fois après avoir servi Gnia, et qu'il était également au commandement de l'armée Balaguèra basée à Pau. Il grimaça au souvenir de cette vipère qui s'était acharnée sur Vanyel et lui publiquement, ordonnant qu'il quitte l'armée pour le mettre en procès parce qu'il lui avait manqué de respect, du moins à ses dires.
La Comtesse avait tenu bon, et il se remémorait leurs discussions le soir avant de quitter le Casteth, lorsque lasse et épuisée de tant d'acharnement, elle lui disait son envie de baisser les bras. Combien de fois l'avait t il décidé à se battre, combien de fois l'avait elle poussé elle aussi à ne pas abandonner.

Reportant son attention sur le parchemin, il reprit sa missive, il devait lui parler des joutes, elle serait heureuse. La jeune Comtesse était l'une de ses plus chères amies, de celles qui étaient là sans rien dire, et savaient trouver les mots lorsqu'il le fallait. Elle avait été l'une des premières à lui répondre lorsqu'il lui avait annoncé la terrible nouvelle apres la disparition de Dance et sa missive avait rejoint celles qu'il gardait précieusement dans son coffret de bois.

La plume stoppa encore son envol tandis que les yeux gris suivirent quelques instants les petites poussières jouant dans la lumière et tournoyant autour d'elle. Un sourire éclaira son regard qui se porta alors vers la fenêtre ouverte à côté de la table à laquelle il s’était installé. Les mots de Vany tournoyaient comme les petits particules en lui murmurant…
"…elle nous regarde en souriant du paradis solaire. Je suis persuadée que l'on pensera ainsi à elle, lorsqu'un blond rayon de soleil viendra jouer avec nous…"

Un sourire, sans doute idiot pour qui entrerait et le verrai sourire aux anges, même s'il se demandait souvent comment il arrivait à vivre sans elle, elle qui avait creusé un gouffre immense dans lequel souvent il se noyait. "Souris comme j’aurais aimé te voir sourire, aimes comme j’aurais aimé pouvoir t’aimer.".
Sourire il y arrivait, aimer il ne pouvait pas, il se l'interdisait. Alors il se perdait aux bras des femmes, changeant de bras comme l'on change d'air, refusant les demain, promettant les jamais, fuyant lorsque l'une d'entre elles tentait de lui faire oublier sa promesse. Moments éphémères qui le rendaient plus forts au fil des semaines et amenaient doucement des sourires sur ses lèvres. Mais il savait que le chemin jusqu'à la sérénité serait encore long.

Il relut sa missive, enfin satisfait et la plia soigneusement avant de s'appuyer nonchalemment sur le rebord de la fenêtre. Il leva les yeux vers le bleu du ciel dans lequel s’effilochaient quelques nuages légers et blancs, que la brise promenait doucement, et repensa à d'autres missives promises.

Un regard autour de lui. Depuis son arrivée à Troyes, il avait rencontré quelques personnes en trainant un peu le soir en taverne, et puis il avait retrouvé Aliénor. Jolie jeune femme un peu plus jeune que lui, mais qui lui rappelait tant de choses. Heureux de se revoir, ils partageaient leur temps entre discussions diverses et l'évocation de quelques souvenirs.

Et puis chose étrange, la Champagne avait elle aussi maille à partir avec quelques animaux, non à poils mais à plumes. Ni des ours, ni des lions comme ce fût le cas en Béarn, mais des canards. Aime avait haussé les sourcils en entendant parler de tels volatiles et il avait pensé que peut être … rôtis… ça ne ferait pas un mets si désagréable que ça. Il avait donc affuté son épée et participait lui aussi à la chasse aux canards. Pensif, il se demanda comment il occuperait sa journée avant de rejoindre son groupe pour patrouiller.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mer 13 Avr - 17:10

Alienor_vastel a écrit:
[Troyes, son port, sa forêt… et sa mairie]

La pièce était dépouillée, juste le grand bureau en chêne, deux chaises lui faisant face de part et d’autre, et un placard sur les étagères duquel étaient rangés parchemins et registres. Propice au travail, et c’était bien ainsi que la petite blonde l’entendait.
En ce début de matinée, elle s’était rendue de bon matin à la mairie et, assise à son bureau, son regard passait alternativement du grand carnet ouvert sur un côté de la table, aux feuillets devant elle qu’elle remplissait de son écriture soignée, missives quotidiennes et relances aux nouveaux arrivants troyens, ainsi que sa fonction de tribun le nécessitait.

Plume levée, comme suspendue légère dans l’air, puis qui retrouve sa place dans l’encrier. Léger soupir d’Aliénor qui porte ses mains à ses yeux pour les frotter. Fatigués, les yeux, à force de concentration sur son travail de calligraphie. Et fatiguée, l’adolescente, à force de nuits de garde dans le village, de sommeil qui se refuse à elle à moins que ce ne soit elle qui se refuse au sommeil de peur que ses rêves ne se transforment en cauchemars, et d’attente, et de ce stupide espoir qui subsiste malgré tout dans l’incertitude.

Tête penchée vers la droite, puis vers la gauche, pour soulager un peu les muscles du cou, et bras vers le plafond à solives, la petite blonde s’étira comme un chat au réveil, avant de se lever et de se diriger vers la fenêtre. Regard lointain, songeur. Le temps s’annonçait au beau, une fois de plus.
Pervenches qui se tournent vers les parchemins épars sur son bureau et qui n’attendent plus que d’être envoyés à leurs destinataires. Ce qui serait fait dès qu’elle les aura confiés aux volatiles destinés à cet effet.

La petite blonde reporta ses pas vers son bureau, referma le registre avant de le ranger à sa place, sur l’étagère. Puis elle regroupa les feuillets en un tas ordonné, et les prit à la main, l’autre récupérant son mantel sur le dossier de la chaise où elle l’avait posé. Avant de se diriger vers la porte.
Huis ouvert puis soigneusement refermé derrière elle, encore qu’il n’y ait dans la pièce nul objet de valeur, et Aliénor parcourut le couloir qui menait vers l’extérieur du bâtiment. Un arrêt sur le seuil alors que le soleil la caresse, le laissant un instant réchauffer son corps, et elle prit la direction du pigeonnier de la mairie, non loin du bâtiment qu’elle venait de quitter.



[Troyes toujours, une taverne]

Mantel de laine bleue sur les épaules, aux pans retenus par un fermail, l’adolescente avançait d’un pas nonchalant dans les rues de Troyes. Au hasard, elle aimait déambuler de la sorte, sans savoir où ses pas la porteraient. Juste pour le plaisir. De croiser des villageois et échanger quelques mots avec eux, ou au contraire de marcher dans le silence.

Et justement, le silence, il y en avait alors qu’au détour d’une ruelle elle approchait de l’auberge où elle savait le jeune Seigneur d’Etampes logé. S’apercevant d’où elle était, elle sourit en repensant au hasard qui avait voulu qu’ils se rencontrent, le mois précédent, à Vincennes alors qu’il participait aux joutes des Ecuries Royales et que la curiosité de la petite blonde l’avait menée assister au spectacle. Etrange coïncidence, qui avait voulu qu’elle y fasse la connaissance de celui qui avait été un ami de sa mère, mais aussi de sa marraine Ysa et de sa tante Lily.

Elle avait tout de suite apprécié le jeune homme, avait été heureuse de pouvoir parler avec lui. Même si cela remontait à la surface des souvenirs douloureux cachés au plus profond d’elle même. Ou à cause de cela, peut-être, parce qu’à force de les taire elle n’arrivait pas à évacuer la colère qui grondait en elle depuis tant d’années.
Depuis qu’il était arrivé à Troyes, à la suite de la promesse qu’il lui avait faite de venir la voir en Champagne, ils avaient eu l’occasion d’approfondir leurs discussions encore, et s’étaient découvert des points communs, notamment la perte d’être chers dont ils souffraient encore. Et elle l’avait écouté parler aussi d’une époque dont elle ne se souvenait qu’à travers les écrits de sa mère, et qu’elle redécouvrait à travers lui.
Et sa présence à ses côtés lors de leurs patrouilles nocturnes dans le village lui permettait, pour un temps, d’oublier l’absence…

Passant devant une fenêtre, la petite blonde jeta machinalement un regard par la fenêtre. Justement, Aimelin s’y trouvait appuyé dans l’encoignure et elle se demanda un instant si ses pensées ne l’y avait pas fait apparaître. Un sourire moqueur se forma alors sur ses lèvres, comment pouvait-elle croire à de telles bêtises ?

Quelques pas, et elle se trouva devant la porte de l’auberge. Légère hésitation, allait-elle le déranger alors qu’il aspirait peut-être à rester seul ? En même temps, il ne se serait pas installé là, où tout un chacun pouvait entrer, s’il avait souhaité s’isoler…
Elle posa la main sur la poignée de l’huis, et d’un geste décidé, poussa le battant, offrant à son regard l’intérieur de la pièce. Pans du mantel repoussés sur ses épaules, dévoilant le surcot bleu dont elle était revêtue, et la main qui replace une mèche blonde rebelle derrière l’oreille.

Ses pervenches balayèrent alors la salle, constatant que le jeune Seigneur en était le seul occupant. Et un léger sourire malicieux sur les lèvres en remarquant que, tout comme elle, il avait assorti la couleur de ses vêtements à celle de ses yeux.

Elle quitta le seuil pour s’avancer dans sa direction, jusqu’à se trouver face à lui, debout. Le sourire, de malicieux, devint chaleureux en même temps qu’elle le saluait.


Bonjour Aimelin…
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Jeu 14 Avr - 20:12

Aimelin a écrit:
[Troyes, une taverne]

"Et j'écris au milieu des branches entr'ouvertes,
Essuyant par instants ma plume aux feuilles vertes
V. Hugo"



C'est le bruit de la porte s'ouvrant, qui sortit le jeune ébouriffé de ses rêveries matinales. Peut être était ce sa jolie brune d'amie qui revenait avec la pas plus haute que trois pommes.
Il grimaça légèrement se demandant si tout allait bien pour ses deux voyageuses qu'il croisait rarement, et sourit en découvrant une jolie blonde de sa connaissance. Un sourire en la voyant se diriger vers lui, alors qu'il rangeait prestement encrier, plumes et parchemins afin de libérer la table, ne gardant aupres de lui que la missive écrite.
Finie la séance d'écriture et il était heureux d'en trouver un prétexte en la personne d'Aliénor.

Il la regarda s'arrêter face à lui, remarquant la couleur bleu dominante chez la jeune femme, ce qui n'était pas désagréable pour les yeux loin de là, cette couleur étant l'une de ses préférée.
Elle lui rappelait ces ciels d'été quand de rares nuages le parsèment de blanc, un peu comme aujourd'hui. Même sourire en retour en se levant pour la saluer d'une petite inclinaison du buste. Il ne se sentait pas assez proche pour lui déposer un baiser sur la joue et il ne voulait pas passer non plus pour impoli, aussi simple était il dans ses relations avec les autres, du moins, celles et ceux qu'il appréciait.


Bonjour Aliénor, c'est un plaisir de vous voir son regard désigna la grande salle encore vide, hormis une femme qui faisait des allers retours discrets entre cuisine et comptoir … un peu de compagnie est bien agréable

Il lui désigna les bancs afin qu'elle prenne place soit en face de lui soit à ses côtés, et fit un signe à la tavernière qui les regardaient d'un drôle d'air.

c'est peut être tôt pour un calva mais vous prendrez bien quelque chose à boire ou manger … j'allais le faire.

Un petit sourire complice tandis qu'il reprenait place à côté de la fenêtre, regardant la jeune fille s'installer.

C'était étrange cette ressemblance avec sa mère, ressemblance qui quelquefois le rendait un peu malhabile tant il avait l'impression de se trouver face avec son amie disparue, hormis les yeux pervenches qui le replongeaient dans le présent, assez joliement d'ailleurs, car ce qui était indéniable, c'est qu'elle avait hérité de la beauté de sa mère.

Tandis qu'il l'observait tout en regardant la tavernière leur porter tisanes, lait et de quoi caler leurs estomacs, il se demandait quelle femme il ne trouvait pas jolie. Bien sûr que toutes n'étaient pas aussi charmantes, mais il arrivait toujours à trouver un petit quelque chose qui rendait les femmes attirantes.
Comme il avait dit à la jeune fille la veille lors d'une discussion à propos des princes charmants, pour lui, un caractère, un regard, un sourire et c'était une princesse et puis apres elle partait… et puis une autre passait à nouveau. Etait elle une princesse ?
Il profita des quelques secondes de répit où elle s'installait, pour passer ses connaissances en revue, affichant un petit air rêveur lorsqu'il s'arrêtait sur certaines, et c'est en souriant comme souvent qu'il s'adressa à elle.


je gage que vous venez soit de votre bureau, soit d'une ballade matinale avec cette douce chaleur qui commence à se répandre.

Il pensa à Altaïr au frais dans les écuries et se promit de s'occuper de lui dans la journée, ou peut être joindrait il l'utile à l'agréable en allant chevaucher dans les environs de Troyes.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mar 19 Avr - 19:20

Alienor_vastel a écrit:
[Troyes, la même taverne]

"J'aime ces instants volés
Au grand vacarme de la vie
Là si je veux je peux parler
Seulement des petits soucis"
J. Ferrat - "Les instants volés"



Le matériel d'écriture qu'il rangea alors qu'elle s'avançait vers lui indiquait à la petite blonde que, oui, finalement, il était occupé, et elle se demanda si tout compte fait, elle ne l'avait pas dérangé. Ce qu'il s'empressa de démentir en le rangeant alors qu'elle se portait à sa hauteur, ne gardant devant lui que la missive qu'il devait être en train de rédiger lorsqu'elle était entrée. Pervenches qui glissent rapidement vers le parchemin, curieuses mais pas indiscrètes, juste le temps d'apprécier la calligraphie, avant de se revenir croiser le gris de ses yeux.

Bonjour Aliénor, c'est un plaisir de vous voir … un peu de compagnie est bien agréable

Un signe de la tête pour répondre à son salut, puis l'adolescente s'assit sur le banc qu'il lui désignait. Un mouvement rapide pour passer ses jambes de l'autre côté, et elle se trouvait maintenant face à lui, souriante en retour. De la compagnie, oui... Pour elle aussi... Même si elle semblait maintenant s'être bien intégrée à Troyes, qu'elle y côtoyait de nombreuses personnes, il lui arrivait de se sentir seule. Ses amis étaient en voyage, elle ne savait quand ils reviendraient, quant à sa famille, ou du moins ce qu'il en restait... Mais après tout, sa solitude n'était-elle pas le prix à payer pour sa liberté ?

Le plaisir est partagé, croyez-le bien, et j'imagine qu'en plus, pour vous qui ne connaissez pas grand monde ici...

Reste de la phrase en suspend, inutile d'en rajouter. Il lui avait expliqué quelques jours auparavant qu'il voyageait avec des amies, mais n'avait que peu eu l'occasion de les voir. Béarnais de retour en Champagne, il devait trouver le Duché bien changé, et nombre de ses connaissances de l'époque disparues.
Il n'avait visiblement pas prêté attention à la fin de sa phrase, et finalement tant mieux, elle ne souhaitait pas lui rappeler ses inquiétudes au sujet des ses compagnes de voyage, puisqu'il enchaîna


c'est peut être tôt pour un calva mais vous prendrez bien quelque chose à boire ou manger … j'allais le faire.

Léger sourire à l'évocation du calva. Elle n'avait jamais su d'où venait l'attrait familial pour cette boisson, en revanche elle se souvenait qu'il y en avait toujours quelques bouteilles dans les caves. Sa mère elle-même s'était fait à l'époque quelque réputation avec une recette de madeleines parfumées de cette liqueur, que d'aucuns appréciaient dans les hautes sphères.
Et pourtant, malgré cela, la petite blonde n'avait que peu d'intérêt envers ce qui était alcoolisé. Seul le vin, et encore... Celui de Châlons bien sûr, ou encore le Jurançon que la dame de Lasson lui avait fait découvrir lors de ces fameuses joutes à Vincennes.

Elle réalisa qu'elle n'avait rien mangé depuis le matin, se nourrir ne faisant pas partie de ses priorités et ayant peu d'appétit en ce moment, il lui arrivait parfois de n'avaler que le repas du soir. Mais pour l'heure, puisqu'il le proposait... Pervenches malicieuses qui accompagnent sa réponse à sa proposition.


Ma foi, pour ce qui est calva, je passe mon tour ! En revanche, puisque vous alliez vous sustenter, je vous accompagnerai de bon coeur.

L'adolescente suivit des yeux les gestes de la tavernière qui déposait devant eux de quoi boire et manger, avant de reporter son regard sur Aimelin, remarquant par la même occasion qu'il l'observait. Qui voyait-il en elle ? Sa mère, ou la femme en devenir qu'elle était ? Si la ressemblance physique entre la mère et la fille ne faisait aucun doute, Aliénor avait un caractère très différent de celui de la dame de Pomponne. Peut-être du fait de son éducation, que cette dernière avait souhaitée relativement libre et abordant des disciplines que l'on n'enseigne pas forcément aux jeunes demoiselles. Peut-être du fait aussi des exemples qu'elle avait eu sous les yeux, les relations entre ses parents, et qu'elle avait décidé très tôt de ne pas reproduire. Ou peut-être était-ce tout simplement dans sa personnalité...
D'ailleurs, certains qui avaient connu sa mère avaient rapidement compris cette différence. Mâchoire qui se crispe légèrement à cette pensée, qu'elle balaye rapidement de son esprit. "Apprends de tes erreurs", avait écrit sa mère dans sa dernière lettre à son intention, et c'était bien ce qu'elle comptait faire. Ne pas attendre ce qui ne viendrait plus, et se laisser porter par ce que la vie lui proposait...

Elle redirigea son attention vers son vis-à-vis, qui semblait avoir lui aussi laissé glisser ses pensées un instant, et qui la regardait maintenant en souriant.


je gage que vous venez soit de votre bureau, soit d'une ballade matinale avec cette douce chaleur qui commence à se répandre.

Un rire léger pour accompagner la réponse.

Vous gagez bien. Pour les deux même. J'ai effectivement travaillé un peu ce matin, mais la journée s'annonce si douce que j'ai voulu en profiter. J'apprécie de déambuler dans Troyes, le village est agréable, et j'ai l'impression de découvrir de nouvelles choses à chaque fois.
Mes pas m'ont portés par ici, je vous ai aperçu à travers la fenêtre et je suis entrée vous saluer. Voila, vous savez tout !


Redirigeant son regard vers la table, elle examina ce qui leur avait été servi, et tendit la main vers un pot de miel pour le rapprocher d'elle, tandis que de l'autre elle saisissait une cuillère. Couvercle retiré, elle plongea le couvert dans le pot avant de le porter à sa bouche, puis de passer sa langue sur ses lèvres pour en recueillir la moindre goutte de cette douceur sucrée. Et de s'apercevoir que le jeune homme n'avait pas encore entamé la collation qui leur était proposée.

Vous devriez vous servir avant que je ne dévore tout ! A croire que manger en sa compagnie lui faisait retrouver l'appétit... Petite pause alors qu'elle verse de la tisane dans une tasse, et un regard interrogateur pour lui demander s'il en souhaite aussi.

Comment trouvez-vous Troyes, alors ? Avez-vous pu profiter un peu du village et de ses environs ?
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Jeu 21 Avr - 11:45

Aimelin a écrit:
[Troyes, une taverne]


"T'imagines pas le nombre de mots qu'il y a
Pour dire que t'es plus là,
De conjugaisons à l'imparfait, au passé,
Souvenir, souvenir, t'es plus qu'un souvenir,
Une photo dans un tiroir,
Un mal au coeur qui ne veut pas mourir dans ma mémoire…
(Chédid L. …les absents ont toujours tort"



Geste délicat pour se servir une cuillérée de miel et la porter à ses lèvres, et se délecter ensuite en n'en perdant pas une miette. Geste que suivit l'ébouriffé, un air mi rêveur mi amusé sur les lèvres. Douceur du miel, douceur des baisers, instants volés qui recouvraient de leur voile de douceur cette vie parfois un peu trop agressive à son goût. Regard pervenche qui revient se poser sur lui.. où en était il de ses dires et pensées d'ailleurs. Encore une fois perdu, le contraire aurait été étonnant de sa part.

Elle avait regardé la missive, pensant peut être avoir dérangé le jeune Lieutenant dans sa solitude. Pourtant, qui connaissait le jeune homme n'était guère étonné de le voir assis au calme d'une taverne pour rédiger des parchemins. Une habitude qu'il avait prise lors de ses moments de solitude et qui ne le quittait plus. Habitude de noter les endroits où il passait, laissant souvent courir sa plume au hasard et éparpillant au gré de ses mots ses impressions, ses questions ou ses découvertes. Et souvent, c'était aussi pour lui l'occasion de tenir ses promesses de donner de ses nouvelles. Combien de fois Dance l'avait elle surpris en arrivant doucement alors qu'il était occupé. Un pâle sourire se dessina sur ses lèvres à ces souvenirs fugaces qui ne cessaient de venir hanter son esprit alors qu'il ne souhaitait qu'une chose, vivre… vivre sans oublier.

Aliénor avait eu une bonne idée en entrant le saluer. Depuis leur rencontre il pensait à ses amies disparues, mais il pensait que le hasard avait bien fait les choses en lui permettant de faire sa connaissance. Et si elle était aussi belle que sa mère, pour avoir discuté avec les deux, il devinait un caractère bien différent, sans doute bien plus tranchant et décidé, ce qui l'amusait. Et puis si charmante compagnie ne se refusait point.

Le petit geste pour récolter le miel sur ses lèvres, fait par l'une de ses amies aurait sans doute suscité quelque taquinerie du jeune seigneur, mais il n'osait point trop encore agir de la sorte avec Aliénor, bien qu'il se sente de plus en plus à l'aise à ses côtés. Il quitta son air rêveur et il acquiessa à sa demande silencieuse en approchant sa tasse, tout en riant à ses propos. Ses mirettes grises croisèrent à nouveau celles pervenches.


alors nous allons faire un concours pour savoir qui dévorera la plus

Petit rire discret en piquant une cuillérée de miel dans le pot qu'elle tenait afin de vérifier si l'air gourmand de la jeune femme était justifiévoyons çapetit haussement de sourcils de satisfaction, en regardant la cuillère vide et petite moue approbatrice.

ce miel est aussi doux qu... il s'arrêta et se retint de rire enfin il est délicieux.

Regard vers le pain en se rappelant quelques gourmandises sur lesquelles il taquinait parfois Magd.

le calva, la douceur de ce miel, ça me rappelle… … il s'arrêta à nouveau. Evoquer sa mère n'était peut être pas ce que désirait entendre à l'instant, la jeune fille qui lui faisait face et il sourit franchement en la regardant.

mmmm… non … laissons ce passé de côté pour le moment et ne vivons que l'instant.
C'est ce que je me suis dis apres la disparition de ma blonde soldat l'été dernier.


Il prit doucement la tasse entre ses mains et regarda le liquide frissoner

garder le passé précieusement, et prendre ce que m'offre la vie

Et la vie le gatait il ne pouvait nier ce fait, ne serait ce qu'en le faisant voyager en compagnie de la jolie brune et de sa fille, même si quelque part elle lui laissait parfois un goût d'inachevé. Il leva les yeux vers elle.

je trouve Troyes assez animée malgré tout.
je me suis balladé un peu dans les rues…
regard vers la missiveet je devrais d'ailleurs m'occuper de faire partir ce pigeon pour mon amie Vanyel.

Petit regard par la fenêtre avant de revenir sur la jeune champenoise.

j'ai envie d'aller faire galoper Altaïr tout à l'heure, du côté des bois. Il se repose depuis les joutes et je crois qu'un peu d'exercice ne lui fera pas de mal.

Il piqua un grain de raisin qu'il mit dans sa bouche et croqua avec gourmandise, en appréciant la douceur et la fraicheur, et fixa quelques secondes son vis-à-vis

si vous désirez nous accompagner ce sera avec plaisir.
J'avoue que depuis tout ce temps, nombre de lieux font défaut à ma mémoire.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Sam 23 Avr - 8:54

Alienor_vastel a écrit:
[Troyes, toujours la même taverne]

"Ecouter rêver les amis
Dériver et me délivrer
Du poids du monde et de la vie"
J. Ferrat - "Les instants volés"



Pourquoi se sentait-elle bien en sa compagnie ? A force de discussions, de moments passés en taverne ou lors des gardes qu'ils effectuaient ensemble, elle retrouvait une légèreté qu'elle avait craint un temps d'avoir perdue. Elle avait emprunté peu auparavant un chemin qui s'était finalement avéré une brutale impasse et, même si elle le cachait aux yeux des autres, tentant d'afficher un visage souriant et désinvolte, il n'en demeurait pas moins qu'elle en avait été, pour un temps, désemparée.
Mais là, à son contact, l'insouciance naturelle de sa jeunesse reprenait peu à peu sa place, et dans un sens, ça la rassurait.

Elle entreprit d'emplir la tasse qu'il avait rapprochée d'elle, avant de relever à nouveau son regard vers lui, un brin malicieuse.


Un concours ? Ouhla non, je ne m'aventure jamais sur un terrain que je ne suis pas sure de maîtriser ! Jamais ? Hm, alors qu'elle venait justement de faire l'amère expérience du contraire ? Ou alors était-ce justement la leçon qu'elle en avait tiré et qu'elle avait décidé de suivre à l'avenir...

Quoi qu'il en soit, elle posa ses coudes sur la table et, croisant ses doigts, y posa son menton, regardant le jeune homme goûter le miel à son tour. Sourcils légèrement relevés, en attendant le verdict. Et un sourire qui orne ses lèvres lorsqu'il marque son approbation, la gourmandise leur était visiblement un autre point commun.
Non sans remarquer sa phrase interrompue. Aussi doux que ?... Elle laissa vagabonder ses pensées quelques instant, essayant de deviner ce à quoi il avait pu songer, avant de revenir à la réalité lorsqu'il évoqua ensemble le miel et le calva. Encore une phrase inachevée, mais pour le coup, elle avait compris. Ingrédients de ces fameuses pâtisseries maternelles, et un rappel de sa mère, encore un. En même temps, d'une certaine façon, c'était elle qui leur avait permis de lier connaissance, et de se rapprocher. Et si, durant une période, elle n'avait ressenti que colère envers celle qui à ses yeux l'avait abandonnée, son évocation la rendait maintenant presque nostalgique. Surtout venant d'une personne qui l'avait bien connue. Une façon sans doute de la redécouvrir...

Un léger sourire alors qu'elle plongeait ses prunelles dans celle de jeune homme, acquiesçant à la suite de ses paroles.


mmmm… non … laissons ce passé de côté pour le moment et ne vivons que l'instant.
C'est ce que je me suis dis apres la disparition de ma blonde soldat l'été dernier.
[...] garder le passé précieusement, et prendre ce que m'offre la vie


Pervenches songeuses dirigées vers la tasse qu'il tenait entre ses doigts, comme pour fixer ses pensées sur la légère fumée qui s'en échappait, avant de relever les yeux.

Je pense la même chose. Il est inutile de ressasser ce qui a été et qui n'est plus, nous n'y pouvons plus rien, de toute façon. Profiter de la vie, en revanche... Là pour le coup, c'était elle qui laissait sa phrase en suspend, à croire que cela allait devenir une habitude entre eux ! Finalement elle précisa sa pensée ... c'est la meilleure chose à faire, après tout elle est trop courte et trop fragile pour s'empêcher de mettre à profit ce qu'elle nous propose...

Regards qui se croisent à nouveau, et changement de sujet. La petite blonde sourit lorsqu'il évoqua son cheval. Il y avait, dans la voix d'Aimelin une affection lorsqu'il parlait de sa monture, qu'elle avait déjà pu noter lorsqu'il en avait parlé lors de leur première rencontre à Vincennes. Mais en même temps, même si leurs liens étaient plus récents, elle ressentait déjà la même chose envers sa frisone.
Elle tendit le bras vers la corbeille de fruits, main qui frôle involontairement celle du jeune homme qui venait y prendre un grain de raisin. Petit sourire amusé alors qu'elle se saisit d'une pomme et croque dedans à pleines dents, réfléchissant à l'invitation qui lui était faite.


Ah oui, ces joutes... Je ne regrette pas la curiosité qui m'a poussée à aller assister aux éliminatoires. Dommage en revanche que je n'ai pu rester pour la suite, j'aurai aimé voir votre victoire, cela devait être un beau spectacle. Qui sait, une prochaine fois, peut-être accepterai-je votre proposition de loger sous une tente ! Petit sourire malicieux avant d'enchaîner Quant à ce qui est de vous accompagner chevaucher... ma foi pourquoi pas. Non pas qu'Etoile précise à son intention c'est ma jument, elle tient son nom de la marque blanche en forme d'étoile qu'elle a sur le front ; bref, elle n'a pas particulièrement besoin d'exercice, mais une sortie nous fera le plus grand bien à toutes les deux.

Une petite pause, le temps d'essuyer du bout des doigts un peu de jus de la pomme qui avait glissé à la commissure de ses lèvres, avant d'ajouter, désignant la missive Nous pourrons passer au pigeonnier avant, si vous le souhaitez.

Une dernière gorgée de tisane, et un regard interrogateur, avant de s'emparer d'une serviette et d'essuyer doucement ses lèvres sur lesquelles restait l'odeur sucrée du miel et de la pomme.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Lun 9 Mai - 13:10

Aimelin a écrit:
[Troyes, la même taverne]


"Il faut toujours garder dans notre vie
Tous les bonheurs qui nous ont plu
Et puis enfin garder la nostalgie
Du temps qui ne reviendra plus "
(Il Faut Garder La Poesie - C. Trenet)



Les propos d'Aliénor le laissaient parfois songeur, comme si elle se protégeait, cherchait à cacher quelques expériences peu agréables. Il l'écoutait, ne cherchant pas à percer la carapace qu'elle semblait se forger. Peut être au fil des jours, se confierait elle davantage et lui aussi. Il avait le sentiment que tous deux se protégeaient et avaient du mal à révéler certaines faiblesses, même si depuis leurs retrouvailles à Troyes, ils arrivaient à se confier davantage l'un à l'autre.

Tandis qu'il goûtait le miel il ne pouvait s'empêcher de laisser ses mirettes grises croiser celles pervenches de la blondinette. Il essuya à son tour la commissure de ses lèvres, gardant le goût du miel d'une agréable douceur sucrée, tandis que ses pensées se bousculaient bien évidemment dans sa tête, même si'l essayait de rester dans la conversation et de ne pas montrer ses états d'âme. Mais elle le fixait, et le jeune homme sentait une étrange sensation s'emparer de lui. Des regards, des attitudes, des gestes qu'il observait et qui captaient de plus en plus son attention, bien malgré lui.

Elle était une jeune femme comme il en croisait souvent, agréable, vivante, intéressante et jolie. Mais si avec ses rencontres il était parfois bien plus à l'aise ou laissait parler davantage son esprit libre, il n'en était pas de même avec Alienor, avec qui il gardait tout de même une certaine réserve.
Certes elle était la fille de Magd et peut être cela mettait il une petite marche entre eux de par le respect et l'amitié qu'il avait toujours eu pour son amie disparue, mais malgré cela, il y avait autre chose que le jeune seigneur n'arrivait pas à définir et qui le laissait, du moins pour l'instant, à une petite distance. Ce qui était sûr et certain, c'est qu'il avait en face de lui une belle blondinette, et qu'il n'avait jamais été si raisonnable et sage depuis qu'il était sur les chemins.
Etait il malade ? voila ce qu'il pensait, alors qu'elle plongeait à nouveau ses prunelles dans les siennes. Par tout les saints du royaume, quelle manie, certes bien délicieuse pensait il, mais il était des moments où il aurait préféré être aveugle pour ne pas se sentir faiblir devant certaines choses. Parler d'Altaïr avait été une riche idée, et il connaissait le lien qui unissait aussi la jeune femme à son cheval.

Il délaissa ses yeux pour cette main qui l'avait frôlé, et qu'il suivit tandis qu'elle portait une pomme à sa bouche et la croquait. Il douta quelques secondes de ses capacités à arriver à sortir quelque chose d'audible et intéressant, tant ses satanées pensées se mirent à nouveau à défiler dans sa tête. Il sentait les mots se battre pour savoir lesquels arriveraient à franchir le seuil de sa bouche et il arriva à articuler au milieu de la mêlée.


mmoui

Mais un "moui" fusse t il dit avec son sourire, ne pouvait pas suffire. Il pouvait faire mieux, il en était persuadé. Et puis il voulait dire quoi ce "moui"… qu'il aimait sa façon de croquer une pomme ? non il ne pouvait pas lui dire cela, du moins pas encore... qu'il était d'accord sur les chevaux ? Ah oui les chevaux, les joutes, voila qui allait le sortir de son petit moment de flottement.

… les joutes… avoir remporté ces joutes est pour moi une fierté c'est vrai, même si une certaine déception est là.
Les passes ont été tres belles, Altaïr m'a tout donné et faire chuter le Comte de Lille contre qui je m'étais battu pendant la guerre Champagne Artois en 56 a été je dois l'avouer… une satisfaction. Un peu comme une revanche sur le temps.
Déception pourtant, à la suite de notre duel, de n'avoir vu personne des écuries. J'avais pas mal de renseignements à demander et bien tant pis, nous verrons cela une autre fois peut être.


Allusion à la tente et réponse à son sourire malicieux, sans bagayer, du moins pas trop… mmm… mouisoupirnous allons participer au trophée Minerve et vous êtes toujours la bienvenue bien entendu.

Un autre sourire à son acceptation de les accompagner et un regard vers la missive, avant que ses mirettes grises ne s'attardent à nouveau sur ses gestes délicats tandis qu'il prenait un autre grain de raisin qu'il croqua en souriant, avant d'ajouter.

bien… peut être pourriez vous me montrer cette cascade, ou quelque autre endroit que je ne connais pas.

Tasse qu'il finit de vider, puis petit regard taquin vers elle.

Nous pouvons y aller quand vous le voulez, je suis prêt pour ma part.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mar 10 Mai - 7:28

Alienor_vastel a écrit:
[Troyes, la taverne toujours, mais plus pour longtemps]

"On ne retient pas l'écume
Dans le creux de sa main
On sait la vie se consume
Et il n'en reste rien
D'une bougie qui s'allume
Tu peux encore décider du chemin, de ton chemin"
Calogero - "Yalla"



Allons bon, voila qu’il se mettait à bafouiller, c’était bien la première fois qu’elle le voyait comme ça ! "moui", ça voulait dire quoi, ça ? Tout et rien en même temps.
Avait-elle un bout de pomme coincé entre les dents ou qui aurait glissé dans son décolleté sans qu'elle ne s'en aperçoive, et il n'osait pas le lui dire ? Léger regard vers le bas, langue passée rapidement sur la blanche dentition, non rien, cela ne devait donc pas être cela.
Ou alors était-ce cette habitude qu'elle avait de regarder les gens droit dans les yeux qui le mettait mal à l'aise ? Une sorte de réflexe chez elle, lorsqu'elle essayait de sonder les pensées de son interlocuteur. D'ailleurs, il fallait bien l'avouer, ses tentatives étaient le plus souvent vouées à l'échec.
A moins que ce ne soit son âge... Pourtant, malgré ses 15 ans, son éducation et les épreuves qu'elle avait traversées lui avaient fait acquérir une maturité qui surprenait parfois, voire pouvait dérouter ses interlocuteurs. Mais elle sentait bien qu'il ne se dévoilait pas totalement, qu'il gardait une certaine retenue envers elle, tout comme elle-même taisait certaines choses qui n'avaient pas à être dites, pas comme cela, pas ici en tout cas.

Que de questions un simple "moui" pouvaient-elle entraîner dans la tête de la petite blonde ! Elle se reconcentra sur la suite, et se contenta de poser la pomme -ou du moins ce qu'il en restait- sur la table, hochant la tête lorsqu'il évoqua son adversaire en finale des joutes. Rappel à nouveau d’évènements qu'elle avait connus, la guerre contre l'Artois, même si elle avait vécu cette époque éloignée de Compiègne, confiée à Lily loin des combats. Mais elle savait que lui y avait participé, il le lui avait déjà dit. Ils avait d'ailleurs déjà plaisanté sur le fait qu'ils s'étaient peut-être déjà croisés dans les rues de Compiègne une fois le calme de retour.


Je vois... Même si la paix est revenue, une petite revanche amicale n'est jamais déplaisante ! petite moue avant d'enchaîner Il est dommage en revanche que vous n'ayez pu avoir davantage de renseignements sur ce qui vous intéressait, le lieu s'y prêtait pourtant...

Puis haussement de sourcils intéressé à l'évocation de nouvelles joutes, tête légèrement penchée sur le côté alors que ses pervenches se mettent à pétiller. Et un sourire alors qu'elle plante à nouveau ses yeux dans les siens, avant de les baisser légèrement pour ne pas le gêner.

Le trophée Minerve ? Ah oui, il me semble en avoir entendu parler. Ma foi pourquoi pas... cela me permettrait de vous revoir jouter... et d'autres aussi, certainement. Relèvement des pervenches, pour constater qu'il suit ses gestes du regard. Pourtant, elle avait l'habitude des regards portés sur elle. De ceux, curieux, lorsqu'elle criait les annonces en place de Troyes de par sa fonction de Courrier. De ceux, intrigués, des personnes qui reconnaissaient sa mère en elle. De ceux, affectueux, de ses amis. De ceux, aussi, du chasseur jaugeant sa proie. Mais là c'était différent, même si elle n'aurait su définir en quoi. Et sans la mettre pour autant mal à l'aise, cela la déconcertait. Peut-être cette distance qui restait malgré tout entre eux, ces non-dits qu'ils hésitaient à exprimer ?

Heureusement, détournant les pensées de l'adolescente, il proposa une destination pour leur promenade, un lieu qu'elle avait déjà évoqué, où elle aimait à aller pour rêver et réfléchir.


La cascade, oui, pourquoi pas...C'est un endroit plaisant, vous verrez. Une petite clairière avec un point d'eau, un peu isolée et tranquille. Et en réponse à son invitation, elle se leva en souriant Je suis prête également, allons-y !

Le soleil avait continué sa course dans le ciel alors qu'ils devisaient, et la douceur de la journée s'était insinuée dans la taverne. La jeune femme qui faisait le service commençait à débarrasser la table, et la petite blonde lui confia son mantel, qu'elle reviendrait chercher plus tard, n'en ayant pas besoin pour l'instant. Puis elle se dirigea vers le seuil de la taverne où Aimelin l'avait précédée, un signe de la tête et un sourire sur les lèvres pour le remercier de lui céder le passage.

L'écurie se trouvait à proximité, ils n'eurent pas long à marcher avant de l'atteindre. Porte poussée, ils se dirigèrent vers le box d'Altaïr, et Aliénor ne put retenir un léger rire en remarquant le mouvement de la tête que fit l'équidé en reconnaissant son maître, qui entreprit de le seller. Le tapis de selle prit place sur le dos, puis la selle, avant de sangler cette dernière. Les gestes d'Aimelin étaient surs, mais doux, confirmation s'il en était besoin de son attachement à sa monture.
Une fois que ce fut terminé, elle lui tendit le filet qu'elle avait saisi entre-temps. Et regard appréciateur de la blondinette devant la façon dont le jeune seigneur harnachait son cheval.


Hm... je vais aller chercher Etoile, je l'ai laissée près de la mairie, je vous propose de nous retrouver au pigeonnier ? Cela vous laissera le temps d'envoyer tranquillement votre missive.

Un nouveau sourire, et la petite blonde de prendre congé temporairement et de rallier la mairie où elle rejoignit sa monture, dont elle flatta le chanfrein un instant, avant de vérifier le sanglage de la selle. Puis rênes défaites de l'arbre auxquelles elle avaient été attachées et passées par dessus l'encolure d'Etoile, et, glissant un pied dans l'étrier, elle prit appui sur le pommeau de la selle pour se hisser sur la jument. Non sans songer qu'une fois de plus, elle avait bien fait de se vêtir de cette jupe ample qui lui permettrait de monter à califourchon !


[Porte de Troyes]

Elle avait comme convenu retrouvé Aimelin au pigeonnier. Les mains vides du jeune homme indiquaient qu'il avait eu le temps de s'acquitter de son affaire. Il l'attendait, monté sur Altaïr, et la jeune fille apprécia la vision qui s'offrait à elle, la prestance et le maintien du jeune homme, différents de la première fois qu'elle l'avait vu dans son armure lors de ces fameuses joutes, mais tout aussi plaisant à voir. Il était bon cavalier, elle avait pu le constater, la promenade serait agréable, sans compter le plaisir de sa compagnie.

Elle se porta à sa hauteur, et ils se mirent en route, parcourant tranquillement les rues de Troyes avant de franchir la porte de la muraille qui cernait le village. Au delà des champs que les paysans avaient commencé à ensemencer, la forêt se présentait à eux, verdure retrouvée, contraste avec l'azur du ciel. Les abords du chemin qui menaient à la forêt étaient recouverts d'herbes hautes à travers lesquels des fleurs sauvages avaient réussi à frayer un chemin, palette de couleurs vives et chatoyantes.

La blonde adolescente se tourna vers le jeune seigneur, un sourire espiègle aux lèvres à l'idée qui venait de lui traverser l'esprit. D'un signe de la tête, elle désigna leur destination.


La cascade est par là, dans la forêt. Que diriez-vous d'une petite course, le premier arrivé à l'orée ? Elle qui venait peu auparavant d'affirmer qu'elle ne se hasardait jamais dans ce qu'elle n'était pas sure de maîtriser, savait pertinemment pourtant que le défi était osé. Mais après tout, il ne s'agissait que d'une chevauchée et non du contexte auquel elle avait pensé en prononçant ces paroles. Elle espérait simplement qu'il ne retiendrait pas Altaïr pour la laisser gagner !

Et sans attendre la réponse, elle talonna Etoile, qui n'attendait que cela et s'élança dans un galop vigoureux.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mar 10 Mai - 15:36

Aimelin a écrit:
[Troyes, la taverne puis ailleurs]

"Entre le bémol et le dièse
Toujours assis entre deux chaises
Comme on dort entre deux frissons
Nous vivons entre parenthèses"
(Entre Parentheses - S. Lama)



Petite lueur dans ses yeux, lorsqu'elle lui parla de cette fameuse cascade et la clairière. Voila un endroit qui serait parfait pour une ballade et ça n'est pas Altaïr qui dirait le contraire, de toute façon il n'avait pas droit à la parole à certains moments… et de toute façon il ne parlait pas.
Il se contentait simplement de mordiller les habits de l'ébouriffé ou d'essayer de le décoiffer un peu plus lorsqu'il semblait mécontent des décisions de son cavalier.

Mais le cavalier en question était pour l'instant pris par les yeux et le sourire de la jeune femme qui lui faisait face, et qui se leva. Quelques secondes pour réagir et il se leva à son tour, attrapa ses affaires et lui offrit un grand sourire.

Direction les écuries où Altaïr le regarda arriver en piaffant. A croire qu'il devinait ses pensées. Sous l'œil de la blondinette, le jeune gars s'affaira, posant tapis et selle sur le dos de l'étalon tout en lui parlant.


je te présente Alienor .. on va ballader un peu mon beau

Le voir parler à son cheval n'était pas inhabituel pour qui le connaissait, la chose inhabituelle aurait été que l'étalon réponde. Petit murmure à son oreille sans que la jeune femme l'entende elle est jolie tu trouves pas ? puis petit sourire complice à la jolie jeune fille en question, avant de saisir le filet qu'elle lui tendait et le placer correctement, avec des gestes précis mais doux.

Il laissait rarement quelqu'un s'occuper d'Altaïr, et même pendant les joutes, il se faisait un point d'honneur à le protéger lui-même de ses plaques et vérifier pieds et jambes. Altaïr était son tout, il avait vu passer des morceaux de vie du jeune homme, l'avait vu rire et pleurer, connaissait le moindre de ses gestes, la moindre de ses demandes. Leurs chevauchées à cru, et sans mors, les ordres qu'il lui donnait juste par la pression de ses jambes avaient fait de l'étalon, le prolongement de son cavalier. Aime voulait toujours être sûr que quoi qu'il arrive, où qu'ils soient, il pourrait toujours compter sur lui. Une parfaite harmonie et entente que le jeune gars doutait de retrouver avec une autre monture.

Il acquiessa aux mots d'Alienor et convint de la retrouver pres du pigeonnier. Une petite caresse sur l'encolure lorsque l'étalon fût prêt, et il l'entraina au dehors, avant de se hisser sur son dos.



[Porte de Troyes puis la campagne]

Missive confiée, il attendit calmement l'arrivée d'Alienor. La journée était belle, les beaux jours arrivaient, et tout en attendant juché sur son étalon, il laissait vagabonder ses pensées, caressant machinalement les crins noirs. Un rayon de soleil dansait sur sa main laissant son regard gris perdu quelques instants dans ce passé qui l'obsédait.
Un bruit de sabots lui fit tourner la tête pour accueillir la jeune femme et chevaucher à ses côtés. Les rues, les passants et puis la porte et les champs où des paysans travaillaient, et au loin, la forêt, à quelques galops.

Il respira, embrassant le paysage du regard, et laissa un sourire éclairer son visage. Il aimait ces endroits où il se sentait libre et Altaïr donnait des signes d'impatience.


La cascade est par là, dans la forêt. Que diriez-vous d'une petite course, le premier arrivé à l'orée ?
le prem…


La brougresse !! Voila qu'elle s'élançait au galop ne lui laissant pas le temps de répondre. Il éclata de rire, et talonna Altaïr.

yep yep !!! on s'laisse pas devancer !!

L'étalon n'attendait sans doute que cet ordre. Il s'élança avec toute sa fouge et sa puissance à la poursuite de la jument, dans une foulée souple et puissante. Légèrement penché sur l'encolure de son ami, le jeune cavalier l'encourageait. Galoper enfin librement, sans une lice qui les freine, avec pour toute compagnie le vent de la matinée qui s'engouffrait dans sa chemise, se glissait autour de lui en le frôlant, comme les caresses d'une amante. Etoile se rapprochait, Altaïr allongeait ses foulées.

La légère courbe que faisait le chemin plus loin au devant d'Alienor, le fit regarder vers la droite. Avisant un espace d’herbes juste encombré de branches cassées il y dirigea sa monture, la faisant sauter facilement un tronc d'arbre qui avait la mauvaise idée de leur barrer le passage.


- yahhhhaaaa !

Talonnant son fidèle compagnon pour le faire accélérer, il sauta un amas de branchages pour s’enfoncer entre deux rangées d’arbres dont les jeunes feuilles laissaient apercevoir le chemin délaissé où il galopait quelques secondes auparavant. Il ne connaissait pas les capacités de cavalière d'Alienor mais il la devinait adroite, et sa monture avait belle allure, et ne devait pas manquer de puissance. Il avait observé pareils chevaux lors des joutes, et leur puissance n'était pas à dénier. Mais le Mérens lui aussi était puissant, habitué aux courses folles lui aussi et obéissait à la moindre demande de son cavalier.

Aime se mit à rire en voyant le chemin en face de lui .. avec un peu de chance il déboulerait devant elle, où à sa hauteur. Il se baissa pour éviter de justesse des branchages à hauteur de son visage, et arriva sur le chemin à pleine vitesse.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mer 11 Mai - 14:52

Alienor_vastel a écrit:
[La campagne autour de Troyes]

"Mieux vaut n'penser à rien
Que n'pas penser du tout
Rien c'est déjà
Rien c'est déjà beaucoup"
S. Gainsbourg - "Ces petits riens"



Etoile avait réagi au quart de tour aux coups de talons dans ses flancs, et ses foulées longues et rapides soulevaient la terre du chemin, laissant un nuage de poussière derrière la cavalière et sa monture. Aliénor raffermit sa prise sur les rênes et tourna rapidement la tête, pour constater qu'Aimelin avait relevé le défi et la suivait.
Un rire enjoué, en même temps, elle ne lui avait pas trop laissé le choix, et se doutait bien qu'il ne se laisserait pas faire de la sorte ! Altaïr était vif et puissant, son cavalier ne faisait qu'un avec lui, la partie allait être difficile à jouer. Mais Etoile et elle avait l'avantage d'être plus légères, peut-être cela jouerait-il en leur faveur.

Le vent faisait flotter sa longue chevelure dans son dos, elle était grisée par la vitesse imprimée à sa monture. Bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'elle galopait ainsi, mais elle était toujours seule, sans but précis. Le fait qu'il en soit différent ce matin-là rendait l'exercice encore plus excitant. A l'insouciance qu'elle ressentait habituellement lorsqu'elle chevauchait s'ajoutait cette fois-ci une sorte de bravade qui n'était pas sans lui déplaire.

La forêt se rapprochait, un nouveau regard vers l'arrière, et petite moue en constatant que le jeune seigneur n'était plus derrière elle. Arf, l'infâme, il avait coupé, profitant d'une courbe dans le sentier ! Comme quoi, il n'est pas toujours bon de suivre les chemins tracés, et prendre la tangente peut parfois s'avérer plus efficace. Et payant ? C'était ce qu'on allait voir...

Elle talonna à nouveau Etoile pour accélérer encore, se penchant davantage sur l'encolure pour lui murmurer des encouragements, mais peine perdue, un nouveau coup d'oeil indiqua à la petite blonde que son "adversaire" se rapprochait dangereusement. Encore quelques foulées, et Aimelin la rejoignit sur le chemin juste derrière elle alors que l'orée de la forêt, la ligne d'arrivée qu'elle avait fixée, n'était plus bien loin.
Mais l'étalon était visiblement plus rapide que la frisone de la petite blonde et il se porta à son niveau avant de la devancer. Puis de s'arrêter aux premiers arbres.

L'adolescente tira doucement sur ses rênes, se redressant et ralentissant progressivement l'allure jusqu'à s'arrêter à hauteur d'Aimelin. Joues rougies par l'effort, ou par le plaisir de la course qu'ils venaient de faire, allez savoir, pervenches mutines alors que d'un signe vif de la tête, elle envoie ses cheveux vers l'arrière.


Il semble que vous ayez gagné... Allait-elle se montrer bonne joueuse ? Non, c'était bien mal la connaître ! Mais je porte réclamation, vous avez triché ! Mauvaise foi absolue, puisqu'elle aussi n'avait pas été des plus loyales pour le coup, ayant décidé seule du moment du départ. Mais ça elle n'allait pas le faire remarquer !
Et petite moue faussement chagrine
Hm... il est d'usage de donner un prix au vainqueur, mais du coup, je ne sais pas si vous le méritez !...

Un grand éclat de rire pour ponctuer ses paroles. Et d'ajouter Merci en tout cas pour cette course, ce fut... agréable... Arf, voila qui était bien plat, elle aurait pu dire plaisant, amusant, stimulant, exaltant ou d'autres adjectifs encore, et elle se contentait d'un simple "agréable". Léger soupir devant sa retenue, même après ce moment d'amusement partagé, elle ne pouvait s'empêcher de rester sur ses gardes.

Elle se pencha sur l'encolure d'Etoile, caressant doucement sa crinière et lui murmurant
Tu t'es bien battue, ma belle, nous ferons encore mieux la prochaine fois ! avant de se tourner vers Aimelin en souriant A partir de maintenant, il va falloir s'éloigner du chemin et s'enfoncer dans la forêt.


[Dans la forêt, la cascade]

Oui, parce que la clairière se trouvait à l'écart de tout passage, c'était d'ailleurs son avantage, outre la beauté du lieu. A dire vrai, la blondinette avait trouvé l'endroit par hasard lors de ses premiers jours à Troyes, mais pour s'y être rendue de nombreuses fois, elle savait maintenant se repérer. Un bosquet d'une forme particulière, une souche d'arbre, un tronc abattu, tout autant de jalons à ses yeux pour retrouver cette fameuse cascade.

Alors qu'il chevauchaient côte à côte, elle ne pouvait s'empêcher d'observer de temps en temps le jeune homme à la dérobée. Jusqu'à présent, elle n'avait vu en lui que le jouteur, l'ami de sa mère et de Lily, l'ancien soldat aussi, lorsqu'il racontait ce qu'il avait vécu lors de la guerre contre l'Artois. Mais là elle découvrait un jeune homme dont la compagnie lui plaisait. Différent des jeunes gens de son âge qu'elle avait fréquentés en Languedoc et dont elle trouvait rapidement la conversation limitée, ou de certaine personne qu'elle avait pu côtoyer depuis son retour en Champagne et qui n'avait pas cherché à en savoir davantage sur elle. Et ce qu'elle découvrait était... agréable !

Peu à peu, les arbres se firent moins denses, et le bruit de l'eau qui coule se fit entendre, à mesure qu'il approchaient de la clairière parcourue par un ruisseau et inondée de soleil. Aliénor fit un petit écart pour éviter un parterre de muguet dont les clochettes commençait à poindre, et arrêta sa monture, ses pervenches balayant le paysage avant de croiser les mirettes grises d'Aimelin.


Nous y voici...

Pfff, ce qu'elle pouvait être stupide parfois, il devait bien s'en douter !
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mer 11 Mai - 18:34

Aimelin a écrit:
[La campagne autour de Troyes]

"Apprend-moi ton langage
Tes semblants d'innocence
Et tes drôles de silences
Qui font tourner la page"
(Apprends-moi - Calogero)



Nom d'un bourrin fichue branche…

Ladite branche n'était pas passée loin de son visage et il n'avait dû la chute évitée que grace à ses réflexes de cavalier. Un coup d'œil pour apercevoir la blondinette un peu devant lui, et un coup de talon à Altaïr pour l'encourager.

yep Altaïr !!

Rires en imaginant l'énervement de l'étalon à deviner une jument au devant de lui. Les petites pierres du chemin volèrent sous ses sabots, comme des petites choses inutiles recevant l'ordre d'aller voir ailleurs s'il y était. Un mouvement du poignet pour lui faire prendre le petit talus sur la droite tout en restant à côté d'Etoile, et une petite accélération pour la distancer enfin et foncer jusqu'aux arbres, où le jeune ébouriffé tira sur les rennes pour freiner l'étalon qui semblait ne pas vouloir stopper sa course.

Il regarda son adversaire arriver se demandant si elle allait râler de son petit raccourci. Il avait un peu triché en coupant mais il avait failli s'étaler de tout son long et il fût heureux que la jeune femme ne l'ai pas vu, elle n'aurait sans doute pas perdu l'occasion de se moquer. Aucun des gestes que la jeune femme fit en s'arrêtant à ses côtés ne lui échappa, ni la lueur qui passait dans son joli regard pervenche, que parfois il avait toutes les peines du monde à éviter. Le regard est une arme terrible qui laissait parfois passer des mots que l'on voudrait retenir.

A sa réaction moyennement boudeuse, il sourit, mais haussa les sourcils en voyant sa récompense lui passer sous le nez. Il ne chercha pas à savoir quelle récompense il aurait pu recevoir, et devina Alienor un brin mauvaise joueuse et tout en l'observant, il lui offrit une mine faussement contrariée.


si le prix était le même sort que la pomme… je m'en veux d'avoir osé prendre cette petite sente qui a attiré mon regard.

Il éclata de rire avec elle et ajouta à sa suite.

j'ai aimé cette course.. cette sensation de liberté. Voila comment je conçois des galops avec luipetite tape sur l'encolure de l'étalon qui renaclait, attendant sans doute de repartir… merci de me l'avoir offerte Alienor.

Il lui sourit tandis qu'ils se remettaient en marche côte à côté. Il était heureux et sincère. Galoper ainsi lui avait rappelé les courses qu'il faisait avec Dance et des amis lorsqu'ils se retrouvaient sur les chemins, et ça lui manquait de pouvoir s'amuser de la sorte, ne plus penser à rien d'autre. Depuis ce mois de juillet, il avait l'impression d'avoir vieilli, d'avoir perdu ce goût de s'amuser, de sourire d'un rien. Et depuis son arrivée à Troyes, il retrouvait cette légèreté, cette envie de rire, et il se rendait compte qu'il appréciait de plus en plus la présence d'Alienor.
Les six années qui les séparaient étaient pour lui une barrière mais qui s'atténuait au fil des jours et des discussions. Elle n'était pas de ces enfants gâtées qu'il connaissait, mais une jeune femme avec cette fraicheur qu'il aimait à retrouver telle une bouffée d'air pur.

Il lui jeta un petit regard tandis qu'elle semblait elle aussi pensive, et repensa à leur rencontre. Il avait été surpris, un peu gêné de s'adresser à elle ne sachant comment se comporter. Et puis naturellement leur relation avait pris sa place, mêlée de discussions, de rires, et de taquineries qui se faisaient de plus en plus présentes, montrant leur complicité et les barrières qui s'effacaient peu à peu pour ne laisser que deux jeunes gens avides de mordre la vie à pleines dents.

La clairière était en vue, noyée sous le soleil de cette fin de matinée, et la cascade faisait entendre son chant. Il respira, baissa les yeux vers les fleurs qu'elle venait d'éviter et profita qu'elle s'arrêtait pour mettre pieds à terre. Un petit sourire sur les lèvres il cueillit délicatement trois brins de muguets prenant soin de ne point abimer leurs clochettes pas encore tout à fait ouvertes et se dirigea vers elle, encore à cheval.

Un premier brin qu'il lui tendit …
celui là pour ma rencontre avec la fille de Magd puis un deuxième celui ci pour ses talents de cavalière et le dernier qu'il lui offrit en lui faisant une petite révérence mi comique mi sérieuseet celui là pour me faire pardonner d'avoir … mmm… si légèrement triché.

C'est vrai il n'avait pas tellement triché, juste un peu coupé le virage car il ne voulait pas gêner la blondinette dans ses mouvements, du moins c'est ce qu'il s'efforçait de penser, sachant qu'il avait voulu la taquiner en lui faisant ce petit coup en douce.
Il la regardait et lui offrit son plus beau sourire angélique, en espérant qu'elle ne le mordrait pas comme elle mordait les pommes.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Lun 16 Mai - 10:59

Alienor_vastel a écrit:
[Dans la forêt]

"Muguet, sois pas chicaneur,
Car tu donnes du bonheur,
Pas cher à tout un chacun.
Brin d' muguet, tu es quelqu'un."
G. Brassens - "Discours des fleurs"



Après la pénombre de la forêt, le soleil, vif et lumineux, bienvenu après le passage sous l'ombre des arbres. La petite blonde ferma les yeux et tendit son visage vers le ciel pour se laisser envahir par la douce chaleur de l'astre, humant l'air pur à pleins poumons.
Avec un peu d'imagination, les chênes devenaient pins, la terre se faisait sable et le bruit de l'eau n'était autre que celui des vagues de la mer, comme lors de ces longues chevauchées sur les grandes étendues sableuses du Languedoc. Au grand dam de sa tante d'ailleurs, pour laquelle l'éducation d'une jeune fille ne passait certainement pas par ce genre de "fantaisies", ainsi qu'elle le disait. Mais Aliénor n'en avait cure et n'en faisait qu'à sa tête, cherchant distraction et amusement là où elle pouvait en trouver.

Pervenches qui se rouvrent, et retour à la forêt champenoise. Les chênes reprennent leur place, fermement enracinés dans la terre, et la mer redevient ruisseau. La différence, en revanche, c'est qu'elle n'est pas seule cette fois. Et si elle assumait pleinement la solitude qu'elle s'était forgée autour d'elle comme une carapace qui la protégeait des souvenirs de son passé, elle devait bien avouer qu'elle appréciait de plus en plus la présence d'un compagnon.
Lequel compagnon avait d'ailleurs déjà mis pied à terre ; sourire perplexe de la blondinette en le voyant se pencher pour cueillir quelques brins de muguet avant qu'il ne s'avance vers elle qui le dominait du haut de sa monture.

Et grimace retenue à la première phrase qu'il dit. "La fille de Madg"... Bon sang, fallait-il vraiment qu'il lui rappelle qu'elle était la fille de son amie défunte, ne pouvait-il pas la considérer comme simplement elle-même, Aliénor ! Mais après tout, sans cette ressemblance qui l'avait intrigué un peu plus d'un mois auparavant, peut-être ne se seraient-ils jamais parlé, peut-être n'aurait-il jamais fait halte à Troyes, et peut-être n'auraient-ils jamais connu cette complicité naissante qui n'était pas sans lui déplaire. Ne retenir donc de ses mots que le rappel de cette rencontre, au demeurant peut-être était-ce simplement le fond de sa pensée. Premier brin saisi délicatement, donc, souriant en attendant la suite.

Deuxième brin et le sourire se fit amusé. Talents de cavalière, hmm. Il n'empêchait qu'il avait gagné cette petite course qu'elle lui avait proposée, et elle ne pouvait finalement lui reprocher d'avoir coupé le chemin, puisqu'elle-même avait pris un peu d'avance au départ. Ceci dit, il eut la délicatesse de ne pas le lui faire remarquer et même de vouloir se faire pardonner de sa petite manœuvre en lui tendant le troisième brin.

Devant la révérence qui accompagnait les fleurs, elle hocha profondément la tête d'un air qui se voulait digne et sérieux mais que démentait son regard mutin.


Un grand merci, Messire, pour cette délicate attention avant de se pencher pour effleurer sa joue de ses lèvres mais je reconnais avoir aussi un peu triché, étant partie légèrement avant vous ! Juste un peu, certes, mais voila pour me faire pardonner moi aussi.

Elle accompagna ces dernières paroles d'un grand éclat de rire en se redressant, puis rassembla ses cheveux pour les réunir en un noeud dans lequel elle ficha adroitement les fleurs. Depuis combien de temps n'avait-elle ri ainsi, spontanément, librement ? Depuis combien de temps ne s'était-elle pas simplement amusée de la sorte, avec insouciance ? A bien y réfléchir, au moins depuis son emménagement à Troyes, voire peut-être même un peu avant, et elle s'apercevait que la compagnie d'Aimelin n'était pas pour rien dans la légèreté qui lui revenait.

Le soleil n'était plus loin maintenant de son zénith, mais elle n'avait pas envie de rentrer. Profiter un moment encore de cette quiétude, celle du lieu, et celle de son esprit. Après tout, ils avaient du temps devant eux, rien ne les forçait à retrouver de suite le village et son agitation, pourquoi ne pas rester encore un peu ? Elle planta ses prunelles pervenches dans les grises d'Aimelin.


Que diriez-vous d'une petite pause ici, avant de prendre le chemin du retour ?

Puis sans attendre la réponse -fichue habitude qu'elle avait, finalement !- elle posa ses mains sur le pommeau de la selle, passa une jambe par-dessus la croupe d'Etoile et se laissa glisser de sa monture qu'elle mena vers un arbre près du ruisseau afin d'y attacher les rênes.
Un regard vers l'arrière, pour voir si Aimelin l'imitait, avant de se diriger vers le cours d'eau auprès duquel elle s’accroupit, plongeant ses mains réunies comme une coque dans l'onde. Eau portée à ses lèvres, froide et si rafraîchissante. Le récipient improvisé n'était pas des plus pratiques, et un peu d'eau glissa de ses lèvres jusqu'à son menton, qu'elle essuya d'un revers de la main machinal et naturel, tout en se relevant et s'éloignant de quelques pas.

Avisant un carré d'herbe, elle alla s'y asseoir. Jambes repliées et enserrées de ses bras, menton posé sur ses genoux ; regard légèrement songeur en direction du ruisseau, avant de le tourner vers Aimelin qui venait de la rejoindre.


Allez savoir pourquoi j'ai toujours aimé les endroits comme celui-ci. Il y avait la Marne à Pomponne, le Lez à Montpellier, ou la mer aussi... Un silence avant de reprendre Peut-être parce que je n'ai pas envie d'attendre, pour vivre pleinement, que l'eau ait fini de couler, puisque celle-ci ne s'arrête jamais.(*)



(*)Insipré d'Horace
"Vivendi qui recte prorogat horam
Rusticus expectat dum defluat amnis: at ille
Labitur, et labetur in omne volubilis aevum."
"Qui tarde à vivre bien ressemble au paysan
Attendant pour franchir un cours d'eau que l'eau parte,
Alors que l'eau du fleuve éternellement coule."
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mar 17 Mai - 14:29

Aimelin a écrit:
[Dans la forêt]

"Comme les petits bateaux, emportés par l'eau vive
Dans ses yeux les jouvenceaux voguent à la dérive
Voguez, voguez demain vous accosterez
L'eau vive n'est pas encore à marier"
(Béart - l'eau vive)



Tandis qu'elle prenait les brins de muguet il l'observait, remarquant parfois une hésitation ou un regard légèrement changeant, comme lorsqu'il avait fait allusion à Magd. Il s'en était voulu l'espace d'une seconde, même si pour lui cela s'était signifié le début de leur rencontre et de leur amitié. Un baiser qui effleura sa joue effaça ses pensées, le laissant un sourire sur les lèvres, comme souvent ces derniers temps.

mmm je veux bien pardonner votre petite tricherie Aliénor… alors nous sommes quittes.

Avant d'éclater de rire avec elle et de laisser ses mirettes grises dans celles pervenches. Joli visage, joli regard et joli bouche de laquelle il détacha ses yeux pour revenir les planter dans ceux de son vis-à-vis.

avec plaisir pour la pause, nous avons tout notre temps et l'endroit est si agréable… regard vers Etoile puis Altaïr qui cherchait à machouiller le col de la chemise du jeune homme et qu'il lui retira de la bouche en fronçant les sourcils veux tu laisser ma chemise toi.... ils seront heureux de se reposer un instant eux aussi.

Il la regarda descendre de cheval avec légèreté et attrapa les rênes de son étalon qu'il conduisit au pied d'un arbre à côté de celui de la jument, et auquel il l'attacha, prenant soin de vérifier qu'il pourrait boire au ruisseau serpentant à ses pieds. Une tape sur l'encolure, en suivant du regard Aliénor qui se désaltérait apres qu'il ai fit de même et l'ai rejointe pour s'asseoir à ses côtés, le regard accroché devant lui sur l'eau qui courait en chantonnant gaiment.

que cet endroit est agréable

Il tourna son visage vers elle, l'observant tandis qu'elle lui parlait.

pres d'Alais où j'ai grandi il y a une rivière, le Gardon. Avec Loïs ma cousine, nous y passions nos apres midi pendant les grosses chaleurs… et puis à Sainte Ménéhould, nous allions au lac.

Regard vers l'eau, un instant songeur en pensant aux paroles de la blondinette avant d'ajouter.

la vie coule comme cette eau, parfois calme, parfois tumultueuse et tourmentée mais à la différence qu'elle s'arrête un jour.
C'est pour ça qu'il nous faut la vivre et prendre ce qu'elle nous offre, avant qu'elle ne nous le retire.


Son regard s'attarda quelques instants sur un petit rayons de soleil qui jouait sur ses mains qu'il avait lui aussi nouées autour de ses genoux.. un sourire un peu mélancolique éclaira son visage tandis qu'il murmurait elle sera toujours là puis haussant la voix nous ressemblons un peu à ces cailloux que l'eau entraine au fil du courant.. regardez comme ils sont parfois bousculés et roulent, parfois ils sont plus calmes et parfois ils arrivent même à se glisser dans un recoin où ils sont à l'abri.

Mirettes grises qu'il pose sur elle, toujours avec un certain plaisir, et sourire qui se dessine, cette fois sans qu'elle puisse y déceler la moindre mélancolie, mais plutôt un apaisement.

aujourd'hui je me sens comme ce petit cailloux qui a trouvé un endroit où le courant le laisse un peu tranquille.

Si Dance était toujours là dans son coeur depuis ce terrible jour du dix neuf juillet, il se sentait petit à petit apaisé, au fur et à mesure que les semaines et les mois passaient. Penser à elle lui donnait toutefois la force et le courage d'aller plus loin, comme elle le lui avait demandé dans sa dernière lettre précédent son dernier souffle.

Son regard se porte sur un brin d'herbe à côté de lui, qu'il coupa et porta à sa bouche, le machouillant doucement.


Dernière édition par Alienor le Jeu 19 Mai - 11:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mer 18 Mai - 7:21

Alienor_vastel a écrit:
[Dans la forêt, toujours]

"Comme une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau"
M. Legrand - "Les moulins de mon coeur"



C'était curieux, cette manie qu'ils avaient tous les deux de parler par métaphores. L'eau qui coule, les cailloux. Et pourtant, les images étaient parfois plus explicites que des explications sans fin. Etrange sensation de se comprendre de la sorte, sans avoir besoin de préciser leurs pensées, expérience inédite mais ô combien captivante pour la petite blonde qui n'avait jusqu'à présent jamais rencontré personne avec qui elle partageait une telle connivence.

Retour des pervenches vers le ruisseau à leurs pieds. L'eau, source de vie, à laquelle l'on peut se désaltérer sans fin, mais aussi terrible piège dans lequel l'on peut se laisser couler jusqu'à se noyer si l'on ne trouve pas la volonté de remonter à la surface. Ou une main pour vous secourir... Elle s'y était débattue par deux fois, et à chaque fois avait réussi à en sortir, aidée en cela par des proches et des amis, sauvée mais changée...

Les paroles de son compagnon de promenade la sortirent de sa contemplation. La vie était-elle vraiment comme cette eau ? D'une certaine façon, oui, l'image était juste, et pourtant elle secoua la tête négativement.


Elle ne s'arrête pas vraiment, elle continue de couler, là, elle se tourna vers Aimelin, tendant sa main pour la poser sur la poitrine du jeune homme dans le coeur de ceux qui restent, tant que ceux-ci continuent de penser à ceux qui sont partis. Même si cette eau-là n'est plus la même à leurs yeux, elle ne tarît pas... la main vint rejoindre l'autre autour de ses jambes, petite pause avant de continuer Et c'est bien pour cela qu'il faut s'en abreuver à pleines gorgées, parce qu'on ne sait jamais quand son cours en sera dévié.

Regard qui s'attarde sur le visage du jeune seigneur, dont l'expression vient de changer. Elle sait à qui il pense, il lui en a déjà parlé, tout comme ses pensées à elle reviennent pour un instant quelques années en arrière, dans cette même Champagne. Les êtres chers qu'ils ont perdus, blessures qui cicatrisent mais ne s'oublient jamais. Léger hochement de la tête comme en réponse à son murmure, oui, ils seront toujours là...

Ecoute silencieuse et attentive de la suite. L'image des cailloux lui plaisait bien, elle reflétait bien ce qu'elle avait vécu. A la mort de ses parents, ou plus récemment, ces désillusions qui lui avaient fait perdre pied et remettre en question certains choix qu'elle avait faits. Bousculée, oui, submergée même, comme ces cailloux, avant de rencontrer cet abri qui lui permettait enfin de reprendre confiance en elle, et dans les autres.


Une sorte de sérénité tranquille et réconfortante, qui redonne la force de continuer à avancer. Ce n'était pas une question, juste l'expression de ce qu'elle ressentait elle aussi ; elle ajouta à voix plus basse moi aussi, j'ai enfin trouvé ça, je crois.

Ses yeux suivirent sa main quand il cueillit le brin d'herbe et le porta à sa bouche, s'y attardant furtivement avant de revenir sur les mirettes grises avec un léger sourire accompagné d'une petite moue amusée. Et une envie de le taquiner qui lui vint.

L'encas que nous avons pris était trop frugal pour vous, qu'il vous faille le compléter ainsi ? Pourtant, c'est moins bon qu'une pomme ou que du raisin !

Puis prenant appui sur ses mains, elle se releva avec souplesse et fit les quelques pas qui la séparait du ruisseau, où une légère courbure dans le cours d'eau faisait comme une petite mare tranquille. Pervenches qui fouillent attentivement l'onde claire avant de s'éclairer et que la blondinette ne se penche, plongeant la main dans l'eau pour saisir un caillou légèrement aplati. Paume ouverte pour en estimer le poids, regard approbateur sur les formes arrondies.

Aliénor se retourna vers Aimelin avec un sourire un brin facétieux, avant de reporter ses yeux vers le galet sur lequel elle referma sa main, puis de les diriger vers la berge opposée. Hm...la distance entre les deux rives n'était pas très grande, le cours d'eau tenant davantage du ruisseau que de la rivière, c'était parfait ! Encore qu'elle n'avait plus fait ça depuis quelques temps déjà, mais elle excellait alors à l'exercice, saurait-elle encore ?
D'un mouvement vif et précis de poignet, elle lança le caillou vers la surface de l'eau où il ricocha plusieurs fois, dessinant des ondes circulaires à chaque rebond, avant d'atteindre l'autre bord. Mains posées sur les hanches et sourire satisfait avant de faire volte-face et de plonger ses prunelles dans celles du jeune homme


Comme quoi, même les cailloux qui ont été chahutés par l'eau peuvent rebondir, s'il se trouve la bonne personne pour leur donner l'impulsion qui leur permettra de se poser. Au moins pour un temps...

Elle se pencha à nouveau et prit un autre galet qu'elle tendit vers lui dans sa main encore fraîche et humide du contact avec l'eau, un sourire mutin sur ses lèvres.

Envie d'essayer ? Arriverez-vous à atteindre la berge en face ?
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Jeu 19 Mai - 11:15

Aimelin a écrit:
[Dans la forêt, pres de la rivière]

"on allait en forêt au lac faire des ricochets
tu trouvais super qu'elles coulent pas les pierres
oui mais voila un peu plus tard, un peu plus tot
tous les cailloux finissent au fond de l'eau."
(Bénabar : Les ricochets)



Même si son regard semblait distant ou perdu, il l'écoutait. Il aimait bien leurs discussions faites de non dits et de toutes ces choses que l'on peut faire passer dans des silences et des regards. Ils ne se connaissaient pourtant pas depuis longtemps, mais il avait l'impression de la connaitre depuis toujours. Etrange sensation de savoir que l'on pouvait parler à cœur ouvert sans être obligé de tout dire, ou sans être obligé de taire certaines choses non plus.
Aliénor l'apaisait, c'était un fait indéniable et il l'observait souvent durant leurs discussions ou leurs jeux. Bien sûr qu'elle était jolie et agréable à regarder, mais il y avait tant de questions qui taraudaient le jeune lieutenant que parfois il se forçait à ne pas trop penser, pour ne voir dans cette relation, que ce qui en découlait naturellement, comme leur complicité.

Bien sûr également qu'il était quand même étonné de son propre comportement face à la jeune femme, comme s'il ne voulait pas dévoiler certaines faiblesses, ou certains doutes, qui semblaient s'être nichés tout au fond de lui, dans l'attente de peut être remonter un jour.
Un sourire amusé lorsqu'elle fit allusion à leur encas et une petite grimace en réponse, sans arrêter de machouiller son brin d'herbe. Combien de brins d'herbe avaient ils subi le même sort lors de ses ballades, et combien de brin de paille s'étaient ils perdu dans sa chevelure.

Regard qu'il tourna vers elle accompagné d'un sourire taquin…
je préfère un grain de raisin vous avez bien raison tout en la suivant des yeux tandis qu'elle se dirigeait vers l'eau semblant chercher quelque chose, avant de glisser sa main dans l'eau pour en ressortir une pierre. Il la regadait faire amusé, sans parler, se contentant de savourer la scène qui se déroulait sous ses yeux et de répondre à son sourire, tout en se relevant pour suivre la course du galet sur la surface de l'eau.

Il haussa les sourcils, riant de la voir si fière de son exploit, et ne lâcha pas ses pervenches. Belle comparaison que ce caillou qui avait défié le fil de l'eau pour bravement aller se poser où il l'avait décidé. Un regard curieux tandis qu'elle se baissait pour ramasser un autre galet dans l'eau et le lui tendre, accompagné de son sourire mutin.

Il s'avança vers elle et se saisit doucement de la pierre, s'attardant quelques secondes sur la main fraichement mouillée et plongea ses mirettes grises dans ses pervenches.


hmmm… et si je tombe avant la berge pensez vous que … je serai emporté par le courant ?

Il fronça les sourcils et regarda le galet qu'il tenait à présent dans sa main et l'approchant de sa bouche lui murmura.

ne décevons pas la jolie demoiselle, et puis ton ami t'attend de l'autre côté…puis se plaça aux côté de la blondinette, le regard fixé sur l'autre berge apres avoir balayé le cours d'eau du regard un court instant.

Mouvement du poignet rapide tandis que le galet s'envole pour se poser à la surface de l'eau avant de rebondir laissant derrière lui traces de son passage, et venir se poser sur l'herbe, tout au bord de l'eau comme pour le narguer. Sourire victorieux en se tournant vers Aliénor.


j'ai l'impression d'être comme ce caillou qui a réussi à braver le courant pour se poser au bord de l'eau et narguer ceux qui l'imaginaient coulant en ses abysses.
La même envie de me poser pour savourer ce que m'offre la vie.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Jeu 19 Mai - 19:13

Alienor_vastel a écrit:
[Dans la forêt, les pieds dans l'eau ou presque]

"Je n'emporte rien vraiment
Je veux vivre d'autres mues
Je suis riche du temps
De tout ce que j'ai perdu"
Jenifer - "Tourner ma page"



Contact de sa main sur la sienne, sensation douce et légère alors qu'il se saisit du galet qu'elle lui tend, et qui se prolonge quelques instants avant que leurs doigts ne s'éloignent. Et ses yeux à nouveau dans les siens alors qu'il lui pose une question. Oui, qu'arrivera t'il s'il tombe avant la berge?... Bref instant de réflexion, visage redevenu sérieux et tête légèrement penchée sur le côté, avant que la réponse ne vienne.

Et bien... je crois qu'on ne peut le savoir qu'en osant se lancer. Après tout, il faut oser prendre des risques, sinon jamais on ne pourra savoir si l'on réussira...

Et de le regarder, sourire revenu sur les lèvres, reproduire le même mouvement qu'elle a fait quelques instants plus tôt. Pervenches qui suivent les rebonds du galet et qui se mettent à pétiller lorsqu'il atteint sa cible, l'autre rive, avant de revenir sur le jeune seigneur. La petite blonde hocha la tête et se mit à rire comme il l'avait fait un peu auparavant, en voyant son sourire triomphant.

Songeant qu'à les voir faire des ricochets ainsi, on aurait pu croire à deux êtres insouciants s'adonnant à un jeu innocent. Et pourtant, ce petit jeu-là entraînait des discussions plus sérieuses, à mi-mots, mais qui faisaient constater à l'adolescente que sur nombre de points tous deux pouvaient se ressembler. Même conception de la vie, même envie d'y croquer à belles dents, même plaisir pour des choses qui pourraient paraître insignifiantes à d'autres, comme leur collation dans la taverne ou leur chevauchée. Plaisir de sa compagnie aussi, pouvoir parler avec lui librement, même si c'était par images. Une sorte de complicité et de compréhension naturelle, malgré leur rencontre récente.


Je comprends, très bien même... Son regard quitta celui d'Aimelin pour se plonger dans l'eau du ruisseau, un peu songeur A la mort de mes parents, j'ai eu l'impression d'être entraînée par le courant, sans pouvoir me débattre pour en sortir. Retour des prunelles pervenches vers les grises, regard empreint de gravité. Ce qui allait suivre, elle ne l'avait jamais exprimé à haute voix. Couché une fois sur le papier, mais jamais vraiment extériorisé. Pourquoi allait-elle lui en faire confidence, là maintenant ? Peut-être parce qu'elle savait qu'il comprendrait, peut-être parce qu'elle avait confiance en lui aussi. Une confiance qu'elle n'accordait plus à la légère pourtant, trahie qu'elle avait été par quelqu'un qui en avait joué. Et néanmoins, elle allait lui dévoiler un élément de son passé, pas tout bien sûr, certaines choses se devaient d'être tues encore, mais qui expliquait en partie ce qu'elle était aujourd'hui.

Comment une enfant, ce que j'étais alors, peut-elle comprendre que ses parents l'abandonnent de la façon la plus définitive qui soit, pour des valeurs qu'elle a du mal à appréhender ? La loyauté, la fidélité, l'amour... J'ai ressenti de la colère, envers eux, envers ceux qui n'étaient pas en mesure de m'expliquer. Mais lorsque je suis revenue à Compiègne et que je me suis réinstallée dans la demeure qu'ils y possédaient, j'ai retrouvé une lettre au fond d'un coffre. La dernière lettre d'une mère à sa fille.

Nouvelle pause, dirigeant à nouveau son regard vers le ruisseau en même temps qu'elle porta la main vers une mèche de ses cheveux qui s'était détachée du noeud qu'elle en avait fait pour y glisser les brins de muguet, mèche qu'elle entortilla machinalement autour de son doigt. Elle continua d'une voix plus détendue. Pourquoi ne me l'a t'on pas remise à sa mort, je l'ignore, toujours est-il que j'y ai compris beaucoup de choses. Le pourquoi de cet acte insensé qui lui a coûté la vie, par exemple. De la même façon que ces cailloux que j'ai sortis de l'eau à l'instant, j'ai émergé et j'ai retrouvé cet air sans lequel aucune vie ne serait possible. J'ai pu respirer sereinement à nouveau.
Mais surtout, ses dernières phrases couchées sur le papier, je les connais par coeur à force de les avoir lues. "Vis, avec honneur et courage, fais tes propres choix, apprends de tes erreurs, et sois heureuse. Voici mes seules consignes."


Et de tourner une nouvelle fois son visage vers son vis-à-vis, en lui souriant. J'essaie de les appliquer, de suivre ces consignes... et un petit rire malicieux de lui obéir en quelque sorte, pour une fois ! Même si elle n'est plus auprès de moi, je sais qu'elle veille sur moi, d'une certaine façon.
Je fais mes choix. Des erreurs aussi bien sûr...
Petite hésitation, pervenches songeuses dirigées vers les cailloux qu’ils venaient de lancer sur la berge opposée avant de poursuivre. Chacune de ces erreurs est comme la rencontre de ces galets avec l'eau, on croit qu'ils vont y sombrer, mais l'élan initial, les souvenirs de ce que j'ai perdu et de ce qui me donne la force et le courage d'avancer encore et toujours, leur permet de continuer à ricocher. J'apprends de ces erreurs, j'en tire des leçons, j'en sors changée, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Et de même que ces galets sur l'herbe, là en face l'adolescente tourna à nouveau son visage en souriant, son regard plongeant dans celui du jeune seigneur de même que vous, je veux moi aussi me poser et prendre ce que la vie me présente. Des belles rencontres, des moments agréables, des amitiés précieuses, des instants volés... Sans me questionner de savoir si demain, une forte pluie ne fera pas déborder le ruisseau qui engloutira à nouveau ces cailloux. Ou si au contraire, ils resteront ainsi, au calme, sous la chaleur bienfaisante du soleil.

En parlant de soleil justement, un nuage élevé passa à ce moment-là devant l'astre et en assombrit légèrement la lumière, alors qu'une petite brise commençait à se lever et vint caresser le cou de la petite blonde, la faisant frissonner.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Sam 21 Mai - 8:15

Aimelin a écrit:
[Dans la forêt, pres de la rivière]

Tout c'que tu n'm'as pas dit
C'que tu n'm'as pas écrit
Dans la pudeur de tous ces non-dits
J'crois qu'j'ai beaucoup appris
Sur le sens de ma vie
(Phil Barney)




Les pervenches qui plongeaient en lui étaient comme un livre dont les pages étaient quelquefois effacées par le temps, où les mots couchés étaient devenus presque illisibles comme pour échapper aux regards. Il aimait ses yeux, leur couleur mais surtout leur vérité. Il en croisait des regards qui pouvaient vous deshabiller et vous dire le meilleur comme le pire. Le sien faisait parti de ceux qui se taisaient tout en hurlant et qui vous écrivait tant de mots qu’il en devenait parfois bien difficile de les déchiffrer.

Comme ce geste qu’elle faisait en jouant avec une mèche de ses cheveux, et qu'il lui avait vu faire aux joutes de Vincennes, comme s’il l'aidait à dire des choses bien trop dures, un peu comme lui lorsqu’il jouait avec l’anneau ou la médaille de Dance.

Un silence lorsqu'elle évoqua la lettre de sa mère trouvée au fond d'un coffre.


On ne vous l’a pas donné avant parce qu’il n’y a qu’aujourd’hui que vous pouvez la comprendre et la ressentir, telle que que vous l’a écrite votre mère. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des évidences.
Elle attendait à l'abri dans ce coffre, le jour où vous sauriez la trouver.


Il laissa un sourire éclairer un peu son visage, sans lâcher la blondinette du regard alors qu'elle se tournait à nouveau vers lui.

Pourquoi suis je ici avec vous à faire des richochets ? comme un gosse insouciant malgré mes presque vingt et un printemps, alors qu’il y a presque une année celle pour qui j’aurais pu mourir me disait je t’aime dans un dernier souffle... sa voix se fait plus douce lorsqu’il baisse les yeux, murmurant comme dans un souffleétudies pour moi, pour nous…. souris comme j’aurais aimé te voir sourire, aimes comme j’aurais aimé pouvoir t’aimerprunelles grises qu'il lève à nouveau vers ellece sont les mots qu'elle m'a écrit avant que la vie ne quitte son corps à jamais, me laissant dans une douleur qui je pensais me serait fatale tant mon cœur a volé en éclats.
Ces mots sont écris sur un parchemin qui ne me quitte pas, mais je les connais par cœur… et ils guident mes pas, mes choix, mes doutes.


Un léger sourire

comme vous je suis sorti changé de cette épreuve, ni tout à fait le même mais pourtant ni tout à fait différent. Sans doute un peu plus sage pour les uns, peu moins pour les autres… tout est affaire de point de vue. Mais ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui cette épreuve m'a rendu plus fort et m'a fait prendre conscience de ce qui m'entoure, m'a fait prendre conscience de ce qui est important et ce qui ne l'est pas.
Elle repose là bas en Béarn, non loin d'un petit bois, mais où que je sois elle est là quand je l'appelle et que j'ai besoin de lui parler.


Il laissa son regard se diriger vers l'eau comme cette eau je continue mon chemin, je bouscule des cailloux, parfois je les aide à se mettre à l'abri, parfois j'accepte leur aide et parfois mon tulmulte se fait onde calme.

La vie est faite d'erreurs et d'épreuves, et ce sont elles qui nous font avancer. Je vous dirai sans doute d'autres choses une autre fois.


Il leva les yeux au nuage qui venait un peu assombrir et voiler les rayons du soleil remarquant qu'Aliénor frissonnait et posa sa main sur son épaule.

voulez vous que nous rentrions ?

Un regard vers leurs montures dont la brise agitait doucement leur crinière avant de se diriger vers Altaïr et le détacher, tournant son visage vers la jeune femme.

mmm… préférez vous chevaucher tranquillement pour le retour… ou faire à nouveau la course ?
et promis, je ne tricherai pas cette fois.


Petit sourire taquin en l'observant. Il y avait sans doute bien des choses que les deux jeunes gens ne se disaient pas, des choses enfouies au fond d'eux qui ressortaient doucement à mesure que leur amitié et leur complicité se faisaient plus fortes. Sans la quitter des yeux, il mit un pied à l'étrier et se hissa en selle.
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Lun 23 Mai - 10:34

Alienor_vastel a écrit:
[Dans la forêt, un petit coin de tranquilité]

"C'est un regard de soie qui se passe de mots
Quand le silence est roi, le reste est de trop
On retrouve le goût des paradis perdus
Tout ce qu'on ne croyait plus"
I. Boulay - "Ton histoire"



Donnant donnant, petit jeu du "tu me dis, je te dis" ? Non, c'était plutôt confidences pour confidences, et cette impression de se comprendre, d'avoir vécu des évènements similaires quoique différents, d'en avoir tiré les mêmes enseignements, d'attendre et d'espérer la même chose, vivre malgré l'adversité. Ou à cause d'elle peut-être.
Ils étaient jeunes encore, et pourtant avaient traversé plus d'épreuves que nombre d'autres n'en rencontreraient jamais dans toute leur vie. Et ça les rapprochait, sans nul doute, tout du moins était-ce l'une des raisons qui faisaient que la petite blonde recherchait et appréciait la compagnie du jeune homme.

Debout face à lui, auprès de ce cours d'eau tapi au milieu de la forêt troyenne, Aliénor l'écoutait parler, ses pervenches fixées sur son visage. Léger sourire empreint de gravité et hochement de la tête lorsqu'il fit état des mots couchés sur une dernière lettre, de ceux que l'on garde précieusement en mémoire, et qui d'une certaine façon dirigent nos pas. Ô combien elle pouvait savoir que parfois les mots sont plus que des mots, qu'ils sont comme des guides pour nos actions, nos choix. Après tout, ne venait-elle pas de lui dire la même chose ?

Il posa sa main sur l'épaule de la blondinette en réponse à son frisson, geste protecteur et prévenant en même temps qu'il lui proposait de rentrer. Elle acquiesça d'un signe de la tête.


Rentrons, oui Et sourire qui se fait malicieux à la suite de sa proposition, alors que ses pervenches balaient la forêt Hm... une nouvelle course ne serait pas sans me déplaire, mais partant d'ici je serais quasiment assurée de gagner, puisque je connais les yeux fermés le chemin qui permet de retrouver la route de Troyes. La forêt est épaisse, et je m'en voudrais si vous vous perdiez !

Elle le rejoignit auprès de leurs montures et détacha les rênes d'Etoile, caressant doucement au passage la marque blanche entre les yeux de la frisone. Pied à l'étrier, mouvement vif du corps, elle s'installa sur sa selle et regarda souriante le cavalier à ses côtés. Le nuage s'était éloigné, le soleil avait retrouvé sa clarté, les inondant à nouveau de sa lumière. Un rayon traversa les feuilles de l'arbre sous lequel ils se tenaient, et se posant sur Aimelin, fit briller un éclat sous son visage. La petite blonde y porta son regard, attirée par le scintillement, reconnaissant dans l'échancrure de la chemise du jeune homme la chaîne à son cou.

Comme un réflexe, un souvenir en appelant un autre, elle porta machinalement sa main sur le médaillon posé au creux de sa poitrine et qui ne la quittait jamais, rose et chardon entrelacés. Regard vers le ruisseau, se remémorant la fois où elle avait songé à s'y débarrasser du bijou. Combien elle était heureuse aujourd'hui de ne pas avoir cédé à cette facilité, de sentir toujours contre son coeur ce rappel de qui elle était, de ce qu'elle était. Il était comme l'impulsion donnée au galet pour qu'il ricoche de bond en bond pour atteindre l'autre rive. Et cette autre rive, elle y reposait aujourd'hui. Le ruisseau déborderait-il à nouveau de son lit, elle ne le savait, et finalement ne voulait pas le savoir. "Carpe diem quam minimum credula postero"
(*) Ne pas se poser la question de savoir ce que demain réserve, ne savourer que l'instant présent...

Sa main continua son mouvement en direction de ses cheveux et saisit les trois brins de muguet qu'il lui avait cueillis, pour les glisser dans son corsage, décolleté agrémenté des clochettes des fleurs dont elle pouvait ainsi sentir le doux parfum. Puis elle défit son chignon improvisé, ses cheveux blonds retombant en cascade dans son dos, avant de reprendre les rênes, et que l'adolescente ne donne un léger coup de talons dans les flancs d'Etoile, souriante.


Allons-y !

Tandis qu'ils chevauchaient sous les arbres, ce qu'il lui dit à propos de la lettre de sa mère la fit réfléchir un instant. Sa mère se doutait-elle, lorsqu'elle l'avait écrite, que sa fille reviendrait un jour à Compiègne, dans la maison de ses parents ? Etait-ce pour cela que sa lettre s'y trouvait ? C'était possible, oui, après tout, elle ne devait la trouver que lorsqu'elle serait en mesure de comprendre, il avait sans doute raison.

Elle aimait parler avec lui, échanger et s'ouvrir, lui dévoiler certaines fêlures enfouies au plus profond d'elle-même, qui remontaient doucement à la surface, et qui se refermaient lentement, lui permettant de trouver enfin une certaine forme de paix intérieure. Ses paroles étaient comme autant de réponses à certaines questions qu'elle pouvait se poser, comme autant d'échos à ses propres pensées.

Tant de choses avaient été exprimées ce jour, dans les mots, mais aussi et surtout les silences et les regards, sans toutefois que tout ne soit dit. "Le silence est parfois plus éloquent que les mots"
(**) Dans le grand livre à peine entamé de leur amitié, de leur relation qui commençait, de nombreuses pages restaient encore à écrire, du moins l'espérait-elle, emplies de ces discussions, de ces promenades, de ces taquineries qu'ils partageaient. Et de ces confidences qu'ils commençaient à se faire, en gardant d'autres pour plus tard.

D’ailleurs... Alors que les portes de Troyes apparaissaient à leur vue, elle tourna son visage vers Aimelin


Je dois m'absenter prochainement quelques jours de Troyes, aller à Reims... Quelques emplettes à faire, des amis à voir... Voudriez-vous m'y accompagner ?

Pervenches interrogatives plongées dans les mirettes grises, espérant qu'il accepte.



(*)Horace, encore : "Cueille le jour sans te préoccuper du lendemain"
(**)Thomas Carlyle
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MessageSujet: Re: [RP] Troyes... ni une ni deux, faisons halte !    Mar 24 Mai - 12:43

Aimelin a écrit:
[Dans la forêt, aux environs du 10 avril]


"On m'avait dit que tout s'efface
Heureusement que le temps passe
J'aurai appris qu'il faut longtemps
Mais le temps passe, heureusement, heureusement"
(Cabrel - je pense encore à toi)



Il n'avait pas pensé à ça, que le chemin du retour risquait d'être plus long s'il se retrouvait seul. Oh pas qu'il ne soit pas débrouillard mais ne connaissant pas les lieux, il mettrait surement un peu plus de temps qu'elle pour arriver aux portes de la ville.

Un sourire malicieux en réponse au sien tandis qu'il la regardait monter en selle. La main qu'elle porta à ce médaillon qui avait attiré son regard à ces fameuses joutes de Vincennes, fit dévier son regard vers lui, un instant pensif tandis que doucement elle posait le sien sur le ruisseau. Ill aurait bien donné deux sous pour ses pensées à ce moment là, si elle n'avait pas eu cet air si préoccupé. Main gracieuse qui prit les brins de muguet de ses cheveux pour les poser sur un décolleté qu'il évita du regard pour remonter sur les cheveux qu'elle détachait et qui ravirent son regard. Cascade blonde qui ornait joliment le minoi déjà bien agréable à regarder.

Il fallut quelques secondes à Aimelin pour se rendre compte qu'elle avait déjà pris quelques distances et il sorti de ses rêveries dare dare pour intimer à Altaïr conseil de la rejoindre au trot, avant de se poser nonchalemment à ses côtés, souriant en regardant le chemin qui s'ouvrait devant eux, protégé par une arche de verdure que formaient les arbres qui semblaient se pencher sur eux afin de les protéger d'un quelconque danger, où peut être tout simplement du soleil.
Il leva les yeux, cherchant la lumière jaune encore visible aux travers des branchages, rassuré par les quelques poussières qu'elle faisait encore danser dans la pale lumière qui descendait peu à peu.

Il jetait de temps à autre un regard vers la cavalière à ses côtés pensant qu'il ne serait pas assez riche pour acheter toutes les pensées qui semblaient s'être nichées dans sa tête et il sourit. Il ne pouvait s'empêcher de penser à ce galet parti se poser sur l'autre rive comme pour narguer la rivière. Les paroles qu'il lui avait dites tournaient encore dans sa tête… "comme cette eau je continue mon chemin, je bouscule des cailloux, parfois je les aide à se mettre à l'abri, parfois j'accepte leur aide et parfois mon tulmulte se fait onde calme. …
La vie est faite d'erreurs et d'épreuves, et ce sont elles qui nous font avancer. Je vous dirai sans doute d'autres choses une autre fois."

Des choses à dire, des choses à taire, d'autres à faire et à ne pas faire, il en avait une mutlitude qui occupaient ses mots et ses silences. Bon nombre avaient été dites au bord de ce ruisseau, bon nombre avait été tûes.. mais comme ces galets qui défiaient le courant, il avançait, et il savait qu'avec Aliénor, bon nombre de mots et de silences seraient encore au rendez vous, et ce pour leur plus grand plaisir.

Mirettes grises qui se tournèrent vers la blondinette.


vous accompagner à Reims ? ce sera avec grand plaisir si Dame Lylla ne voit pas de problème à ce que je quitte la défense de Troyes.

Sourire qui conclua sa réponse, tandis qu'il reportait son regard au devant d'eux. Une ballade à la capitale voila qui lui ferait grand bien et puis peut être plus tard pourraient ils aller vers Sainte. Il y avait des lieux qu'il avait envie de revoir, besoin de fouler de ses pieds. Le moulin… était il à l'abandon depuis qu'il en avait gardé la clé et s'y était posé quelques nuits avec Quasi cette fin d'année 56. Et la maison de Shandra et la forge qu'elle lui avait donnée cet été 55 apres la disparition de Jack, et qu'il avait laissé en partant avec elle en Béarn l'été suivant. Shan, tous ces souvenirs qui revenaient d'un coup rejaillir dans sa tête comme le torrent qui affluait et vrombissait effaçant les voix autour d'eux.

Il était étonnant qu'apres ces années passées loin de ces terres, il y revenait de plus en plus apaisé, avec ce besoin de retourner ne serait ce que quelques moments sur les lieux de son passé. Peut être un jour, pourrait il retourner vers ce petit cimetière à l'orée d'un bois béarnais, avec le cœur aussi serein.



"J'aurais dû me méfier des vents qui tourbillonnent
De ces pierres qui taillent cachées sous l'eau qui dort
De ces bouts de ruisseaux qui deviennent des ports

Je pense encore à toi."
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