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 [RP] Le lac en sera témoin

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Aliénor
Admin


Messages : 1966
Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: [RP] Le lac en sera témoin   Mar 29 Oct - 16:46

Aimelin a écrit:
[Compiègne, un soir de septembre]

"Ces solitudes dignes au milieu des silences,
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées,
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés" (Goldman - veiller tard)



Ses prunelles s'étaient posées sur le godet qui tournait doucement entre ses doigts. Il écoutait l'homme assis non loin de lui, lui répondait, laissant tournoyer ses pensées autour des mots qu'ils échangeaient. Est ce que tout ça valait la peine.
Des visages défilaient tandis que les deux hommes continuaient à parler meublant le silence de la taverne des Chevaliers de l'Aube, laissant de temps à autre de courts silences prendre le dessus.
Il secoua la tête et sentit une étrange brume l'envahir, de ces brumes qui laissent des sensations de mal être et de solitude.
Etait ce cette étrange ambiance au conseil où deux bonshommes maintenaient volontairement des tensions et se faisaient un malin plaisir à envenimer les choses, juste parce qu'ils pensaient tout savoir. Etait ce le fait qu'elle soit là, qu'elle soit revenue et qu'il ne trouve pas le temps suffisant pour la croiser, la voir, lui parler, la toucher, ce qui le minait même s'il n'en parlait pas. Etait ce le fait de cet enfant qui allait sans nul doute changer tant de choses pour lui, cet enfant qui le ramenait à sa propre enfance, à sa précieuse dont on l'avait privée et qu'il avait retrouvée avec la peur de la perdre à nouveau.

Cette brume qui telle un voile l'enveloppait et se faisait un peu plus pesante de jour en jour. "Je suis déjà ton garde du corps, tu es mon précieux, et s’il fallait donner ma vie pour sauver la tienne, pas un instant je n’hésiterais". Ces mots qu'elle avait prononcés ce soir là et qui l'avait secoué.
Avait il fait les bons choix, avait il raison dans ce qu'il désirait et dont il avait parlé avec Aliénor.

Il soupira doucement. A trop vouloir penser aux autres, à trop vouloir penser à ce Duché qu'il aimait, il en oubliait l'essentiel, les siens. Deux années étaient passées depuis son retour et sa rencontre avec sa blondinette. Deux années pendant lesquelles il avait vécu une épée à la main.

Ses prunelles l'avaient suivi lorsqu'elle était sortie de la taverne des Chevaliers. Sa jumelle, la seule famille qu'il lui restait, du moins celle du sang. Le même sang coulait dans leurs veines, ils étaient semblables.
Jamais il n'avait ressenti cela avant de la rencontrer et de la reconnaitre sur cette place enneigée au début de l'an 60.  
Jamais ça ne s'arrêtera... les mots résonnaient. Jamais. Et pourtant elle voulait repartir pour ne pas sombrer dans l'habitude dangereuse d'une famille. Comment lui en vouloir, lui qui vivait comme elle avant son retour en Champagne, sans attache, avec seulement la liberté au bout du chemin.

Le visage de sa blonde se mélangeait aux autres visages du passé et du présent.
Il devait lui parler, ils devaient le faire avant que quelque chose ne les empêche à nouveau.


[Quelques jours plus tard, Sainte Ménéhould]

Kawa était repartie après lui avoir promis qu'elle serait là en pensée et dans son coeur. S'il avait eu du mal à accepter son absence, il n'avait pas cherché à la retenir. La retenir c'était la perdre et c'était la dernière chose qu'il voulait. Il la préférait loin et dans son coeur, que présente telle un fantôme. Des recommandations de prudence, des silences qui en disaient bien plus que des mots, et il avait regardé la silhouette de sa précieuse, son double, s'éloigner avec un pincement au coeur. Ce qu'il ne savait pas à ce moment là, et qu'il n'apprendrait que plus tard, c'était qu'il la voyait pour la dernière fois. La vermine des chemins se chargerait peu de jours après, de les séparer à nouveau, et ce pour l'éternité.

La journée touchait à sa fin, il avait fermé la porte de son bureau du castel pour tenter de profiter des siens, de cette famille qu'il se créait au fil des mois. Il fallait profiter que les siens étaient réunis ; il devait parler à Aliénor.  
Alienor_vastel a écrit:
[Sainte-Ménéhould, un soir de fin septembre]

    "Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
    Ces désirs évadés qui nous feront aimer
    Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
    Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard"
    Jean-Jacques Goldman - "Veiller tard"

Le retour à Sainte-Ménéhould avait été pour Aliénor comme un grand bol d'air, après ces deux mois et demi passés à Compiègne. Elle avait pourtant, dans les premiers temps, retrouvé le village de son enfance avec plaisir. Déambuler à nouveau à travers ces rues et ruelles dans lesquelles elle avait couru, fillette, longer ce cours de l'Oise qui avait été le témoin, bien des années auparavant, des chevauchées de la défunte Dame de Pomponne et sa fille. Rouvrir les volets de la chaumière du 6 de l'allée Saint-Georges pour y faire entrer une lumière qui en avait été absente par trop longtemps.
La chaumière, celle de ses parents. Elle avait beau en avoir hérité à leur mort, elle n'arrivait cependant pas à se l'approprier. Elle y recelait trop de souvenirs, d'aucuns heureux et d'autres moins, y résonnait encore de trop de rires, de pleurs et de silences. Elle avait été le havre, le refuge de sa mère, et Aliénor continuait de s'y trouver, non jusqu'à être une intruse, mais du moins une invitée.

Et comme à chacun de ses séjours à Compiègne, elle avait rapidement déchanté. Le village avait perdu son âme, celle qu'elle lui avait connu, les odeurs, les bruits étaient tellement différents. Ou alors était-ce elle qui, en grandissant, loin, si loin, avait idéalisé l'endroit...
Toujours était-il que, s'il n'y avait eu Aimelin, elle aurait refermé la chaumière et aurait quitté, une fois de plus, le berceau de sa famille.

Mais il y avait son beau brun, et cet enfant, mélange d'eux, qu'elle portait. Et au fil des jours, à mesure que son ventre s'arrondissait, le regard de la jeune fille sur la chaumière avait changé. Dans les mêmes circonstances, 17 années auparavant, sa mère s'était-elle reposée, tout comme elle, dans le fauteuil à bascule installé près de la fenêtre, sentant sous ses mains les mouvements du petit être en son sein ? Son père avait-il posé sur son épouse, le même regard qu'Aimelin lui adressait parfois, où la joie le disputait aux doutes ?...
Des questions, des doutes, et des peurs ; là où ses parents avaient échoué, réussirait-elle, réussiraient-ils ?

Aliénor reposa la plume après avoir déposé sur le feuillet qu'elle noircissait, le point final d'un verdict qu'elle énoncerait le lendemain au tribunal. Les mains sur les reins, elle s'étira pour soulager son dos douloureux et se leva pour se diriger vers la croisée à travers laquelle elle apercevait le lac de Sainte.
Car finalement ils étaient rentrés. Et les questions, les doutes et les peurs avaient été oubliés sitôt qu'autour du jeune couple, la famille qu'ils s'était créée s'était reformée, comme un cocon rassurant. Seule manquait à l'appel la soeur d'Aimelin, qu'Aliénor n'avait pu croiser alors qu'ils se trouvaient à Compiègne, et qui avait repris la route comme elle l'avait déjà fait une première fois, emportée par l'appel du vent. Elle serait là, en pensée et dans son coeur, lui avait dit Aimelin malgré sa tristesse à la voir repartir. Après tout, aimer, c'est accepter de laisser à l'autre sa liberté, quoi que cela en coûte...

Le soleil n'allait pas tarder à plonger ses rayons dans l'étendue lacustre, les rues commençaient à être désertées au profit de la chaleur des habitations ou des tavernes. D'ailleurs, montait du rez-de-chaussée de l'auberge, des bruits de voix, ce brouhaha qui marquait le début de la soirée, et l'odeur du souper qui mitonnait dans l'âtre.
Un fin sourire étira les lèvres de la jeune fille, qui revint vers la table faisant office de bureau. Triant les vélins, fermant le livre des Lois qu'elle poussa dans un coin, faisant place nette. Du travail qu'elle avait rapporté, elle avait terminé le principal, le superflu attendrait le lendemain.
Un regard dans le miroir en étain, les doigts passés comme un peigne dans ses cheveux tombant en cascade dans son dos pour leur donner un semblant de tenue, une légère grimace en notant les cernes bleutés sous les yeux et elle quitta la chambre pour descendre l'escalier qui menait à la salle principale de l'auberge, une main sur la rampe, l'autre posée sur l'arrondi de son ventre, de la démarche fière et heureuse de celle qui porte la vie.

La journée était terminée, et elle entendait bien profiter de la soirée et de ses proches, de sa famille, celle du coeur à défaut du sang. Et surtout de son fiancé qui n'allait pas tarder à rentrer.
--Angelle a écrit:

[Peu avant, Domaine d’Etampes sur Marne]


- Guuuuuuuusssssssssss !
- Angelle pourrais tu arrêter de me rompre la tête de cette façon


Les deux noisettes qui ornaient la petite moue rieuse de la fillette se levère pour se poser sur le vieil homme qui se tenait debout sur la charrette.

- Jeanne elle m’a dit qu’je pouvais viendre si tu veux
- que tu pouvais viendre ?... tu es sûre ? venir ce serait mieux ma pitchoune


Une petite moue interrogative suivit la réflexion de Gustave.
Pourquoi ce serait mieux de venir elle ne pouvait pas viendre ? La petite moue interrogative se changea donc en moue boudeuse, froncement de sourcils et petite grimace.


- ben tant que je peux viendre moi j’suis contente
- venir … tant que je peux venir… viendre tu ne trouves pas que ça fait un peu bizarre ?
- voué… ‘fin non.. ‘fin tout’ façon j’veux viendre et puis Jeanne elle a d..
- Angelle… la première des choses lorsqu’on veut être une Princesse et surtout avec de jolies robes, c’est de bien parler.  Donc il ne faut pas dire "j’veux viendre" mais je veux venir… et même encore mieux … est ce que je peux venir mon Gustave d’amour à moi préféré ?


Il en faisait un peu trop mais depuis qu’il avait pris la petite orpheline sous son aile en Béarn, elle était devenue sa fille et malgré qu’il ne soit qu’un simple homme, il voulait lui donner bonne éducation. Et de regarder la petite brune avec un sourire malicieux tandis qu’il sautait lestement… enfin descendait comme il le pouvait… de la charrette et se plantait devant elle.

- mon Gustave d’amour à moi préféré que j’aime grand comme… comme… et d’écarter ses bras un maximum en se demandant si ça serait suffisant… comme ça et même plus ! s’c’que je peux vien.. venir ?
- grand comme ça ?  hé bien bonne mère ça c’est gentil. Et puis si Jeanne a dit oui alors je m’incline.


Et il se fendit d’une belle révérence qui fit tomber son chapeau sur la tête de l’enfant qui l’accueillit d’un éclat de rire. Quitter Etampes même pour quelques jours c’était revoir Aimelin et avec un peu de chance Gus lui permettrait de rester un peu et elle reviendrait sur Altaïr mais dans longtemps. Elle savait qu’il y aurait juste trois nuit avant qu’ils ne partent et ses yeux s’illuminèrent à cette seule pensée et elle tourna les talons avant d’enlever le chapeau et de le tendre à Gus.

- j’vais y écrire qu’je viens !

Et quelques moments plus tard une missive était prête et remise avec d’autres à destination du jeune Seigneur.
Citation :
Aim

Gus il a dit que je pouvais viendre non il a dit un autre mot j’me rappelle plus, quand il va venir avec la charrette pour t’apporter des tonneaux et des choses alors j’viens te voir !

Dis y’aura Aliénor ? et puis y’aura des princesses et puis celle que j’ai vu ta sure reine elle sera là aussi ?

J’suis tellment contente qu’je crois je vais aller dans la charrette pour pas que Gus y m’oublie.
Puis je prends mon épée et mon bouclier t'inquiètes pas.
Je t'envoie plein des bisous qui volent comme les anges

Angelle
Aimelin a écrit:
[Sainte-Ménéhould, fin septembre - Auberge des Petits Cailloux]

Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi, nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
qui nous saisit même après les plus grandes joies
(J.J. Goldman - "Veiller tard")



Son visage était marqué de cette expression qu’il prenait souvent, mi étonnée, mi perplexe, éclairé d’une lueur légèrement amusée qui faisait scintiller les prunelles grises de ses yeux. Il y avait des journées comme ça ou malgré l’impression que tout irait mal et que le Très Haut n’avait d’autre occupation que semer des embûches sur son chemin, une petite étincelle venait redonner un peu plus de vigueur à la bougie qui vacillait. Et la petite étincelle, en l’occurrence, avait pour prénom Angelle. Il replia doucement le parchemin qu’il glissa dans la poche de son surcot de cuir, et après une dernière petite tape affectueuse à Altaïr, l’abandonna à l’espace douillet de l’écurie qu’il surveillait lui-même laissant rarement à quelqu’un d’autre le soin de s’occuper de l’étalon.

L’auberge devait commencer à s’animer et le jeune bailli n’était pas mécontent d’être enfin revenu chez eux. Sainte et son lac lui manquaient lorsqu’il en était éloigné trop longtemps, il devait bien le reconnaitre et l’admettre. Il était des lieux où l’on s’attachait inconsciemment, et ce village posé au bord du lac faisait parti des lieux qu’il affectionnait. Un endroit chargé de ce passé qui l'avait fait grandir, et où inconsciemment il avait laissé ses racines prendre en terre, un endroit où lorsqu'il y était revenu après trois ans d'absence, il avait fait face à ses fantômes.
Tandis qu’il refermait la lourde porte de bois derière lui, il laissa son regard embrasser la salle avant de le poser sur la silhouette connue et aimée, dont les formes changeantes au fil des semaines le laissaient à la fois étonné et inquiet. Etonné qu’une femme puisse changer ainsi afin d'offrir à l'autre sans doute le plus beau des cadeaux, inquiet de se demander s’il saurait. Les mots de Kawa lui revenaient à l’esprit "je t’imagine soucieux, je t’imagine souriant aussi."
Ses lettres qu’il gardait précieusement et qu’il relirait aussitôt que le manque d’elle se ferait trop grand, trop pressant et qu’il aurait besoin de la retrouver.

Et c’est souriant qu’il dirigea ses pas vers Aliénor, faisant glisser de ses épaules la cape qui le protégeait de la fraîcheur de l’automne.
Ce soir là il avait une idée dans la tête et il savait que sa précieuse où qu’elle soit, serait heureuse qu’il se décide.


est ce que ma blondinette va bien ?  laissa t il échapper après un baiser déposé avant qu'il ne se pose à son tour sur le banc à ses côtés et ne sorte le précieux petit message d'Angelle.

tu sais que Gus doit nous apporter quelques tonneaux pour l'auberge.
Je pense qu'il sera là d'ici deux ou trois jours, il faut une journée pour arriver d'Etampes.
Hé bien Angelle sera du voyage.


Il lui tendit le message avant de se servir un godet de jus de raisin dont le broc sur la table lui tendait les bras.
Alienor_vastel a écrit:
[Sainte-Ménéhould, un soir de fin septembre - Auberge des Petits Cailloux]

    "Vous aurez d'autres aujourd’hui, d'autres heures de peine
    À la longue on se reconstruit sur des choses certaines
    Le printemps après l'incendie, la planche qui surnage
    Entrez dit-elle et venez vous abriter de l'orage"
    Francis Cabrel - "S'abriter de l'orage"

Alors...

Accoudée au comptoir, côté salle pour ne pas qu'on la confonde avec la tavernière qui lui faisait face de l'autre côté du bar -encore que les habitués ne s'y seraient pas risqués-, Aliénor observait les chiffres reportés sur le livre de compte grand ouvert devant elle. De temps à autre, ses pervenches quittaient le grimoire pour se diriger vers la porte qui s'ouvrait, un léger sourire et un signe de la main saluaient alors l'arrivant ou l'arrivante, puis l'attention de la jeune fille revenait vers Lucienne, la brave femme à laquelle ils avaient confié la gestion de l'auberge.

Bon, pour les légumes, il y a ce maraîcher dont je vous ai parlé. Ses produits sont savoureux, et ses prix tout à fait corrects.
Il reste suffisamment de viande dans la réserve ? Sinon il faudra aller demain à la boucherie de Maltea pour passer commande.
Ah, et pour le pain, je pense demander à Grégoire de passer le livrer plus tôt ici, après tout, maintenant que Shandra a investi dans un moulin, il n'a plus l'excuse du manque chronique de farine pour n'allumer les fours de la boulangerie que dans la matinée.


Petit sourire, c'est qu'avec ça, ils pourraient presque vivre en autarcie !

Quant à la cave, il va falloir la regarnir en tonneaux, à croire que la fraîcheur de l'automne incite à profiter de la chaleur de l'alcool dans les gosiers.
Aimelin a demandé à Gus de venir réapprovisionner en vins d'Etampes.


Le regard se tourna pour la énième fois de la soirée vers la porte dont l'ouverture venait de faire pénétrer un petit courant d'air frais dans la salle dont le feu de bois qui dansait dans la cheminée réchauffait et les murs et les occupants. Et cette fois, ce fut un grand sourire qui illumina le visage de la petite blonde qui glissa à Lucienne un rapide je crois que c'est tout pour ce soir avant de se saisir de deux godets et d'un broc empli de jus de raisin. Il ne lui fallut que quelques pas pour déposer son attirail sur la table le plus proche et se laisser tomber sur le banc, sans quitter des yeux l'avancée de son beau brun qui se défaisait de sa cape. Les yeux légèrement brillants, anticipant le plaisir qu'elle aurait à faire glisser le reste des vêtements lorsqu'ils auraient regagné l'intimité de leur chambre, plus tard dans la soirée, elle savoura la douceur des lèvres sur les siennes avant de le regarder s'asseoir à ses côtés.

Ta blondinette... va bien ! De plus en plus au ralenti, mais je n'en suis pas encore à devoir rouler pour me déplacer, donc je ne me plains pas !

Une petite plaisanterie qui cachait sa contrariété toute féminine à voir son corps se déformer jour après jour, à la fois heureuse et inquiète de ces changements, autant qu'elle l'était aussi à la pensée de ce que serait leur vie une fois que le "pépin" aurait pointé son minois.
Un regard curieux suivit son geste tandis qu'il sortait ce qui semblait être un parchemin, dont elle se saisit après qu'il le lui ait tendu, le tout accompagné d'un hochement joyeux de la tête.


C'est une bonne nouvelle ! Un léger rire et elle enchaîna J'imagine qu'elle a dû harceler Gus et Jeanne pour obtenir d'eux qu'elle puisse venir.

Les pervenches parcoururent les lignes tracées et une petite mimique attendrie s'afficha sur les lèvres de la jeune fille avant qu'une petite moue faussement contrariée ne vienne la remplacer.

Je me demande si je dois être vexée à ce qu'elle doute que je sois là. Comme si je pouvais être ailleurs qu'à tes côtés, depuis deux ans maintenant, elle devrait y être habituée.
En fait, je la soupçonne d'être amoureuse de toi et d'espérer place nette à son arrivée !


Un grand éclat de rire ponctua sa dernière phrase en forme de taquinerie, et Aliénor posa sa main libre sur la poitrine de son fiancé, au niveau du coeur qu'elle sentit battre sous ses doigts à l'unisson du sien, son visage redevenu sérieux.

Sauf que j'y suis et que j'entends bien y rester.

Tout comme lui s'était installé dans le sien, tout doucement, tout simplement. Et malgré cette peur de ce que demain pourra être fait, ou à cause d'elle, peut-être ; parce que face aux doutes sur leur chemin, ce qui les unissait était à ses yeux une certitude.
Aimelin a écrit:
[Sainte-Ménéhould, fin septembre - Auberge des Petits Cailloux]


Tu sais qu’Angelle n’est certaine que les personnes seront là que lorsqu’elles sont en face d’elle.
C’est sa façon de dire qu’elle a hâte de nous voir et j’avoue que c’est réciproque.


Et de boire une gorgée avant de fixer les pervenches.

J’ai pensé à quelque chose… en fait j’y pense depuis des semaines.
Le travail au castel m’a empêché d’en parler avec K. et son départ pour les chemins m’a un peu secoué.  


Et de prendre sa main doucement, laissant ses doigts caresser la bague offerte par Maltea sur laquelle il posa son regard.

Elle est belle cette bague... avant de lever ses prunelles grises vers elle... tu te souviens de notre discussion à Honfleur ? d’un mariage sur la plage avec seulement nos proches et les étoiles pour témoin.
Nous ne sommes plus à Honfleur mais nos proches sont là… enfin presque tous
ajouta t il à voix basse… et nous avons un superbe lac.

Et de sourire doucement alors j’ai pensé que nous pourrrions nous y marier devant le Très Haut pour lui montrer que nous sommes décidés depuis tant de mois.
Je sais que des épousailles ça n’est pas un jeu et ça n’est pas pour quelques jours.
J’ai suffisamment foi au Très Haut pour savoir qu’il me donnera les armes pour affronter les embûches qui nous barreront le chemin parce qu'il ne faut pas se leurrer, le destin aime bien nous malmener par moment.
Et il se passe tant de choses dans ce duché que le temps passe et je ne voudrais pas qu’il arrive malheur sans qu’on ai pu vivre ce jour là.

Et puis vu l’intérêt de l’église pour répondre à nos demandes j’ai pensé que ce serait un symbole pour nous
…  et de lui déposer un baiser avant de murmurer… et puis ça rassurerait jolie maman sur mes intentions parce que je n’ai pas changé d’avis depuis son mariage.

Et d’afficher un air amusé en repensant à cette journée mémorable et à ces murmures échangés pendant que la Duchesse de Brienne répondait à la demande, voulez vous prendre pour époux blablabla  : faut voir…
Alienor_vastel a écrit:
[Sainte-Ménéhould, un soir de fin septembre - Auberge des Petits Cailloux]
    "Vivre à 100 à l'heure tout passe comme dans un film
    Ne plus voir passer les heures à marcher sur un fil
    C'est me myself et moi, égoïste malgré moi
    Mais attrape le train ou sans toi il ira"
    Shy'm - "Tourne"

Les pervenches restaient fixées sur la bague qui ornait son annulaire droit et qu'Aimelin caressait de ses doigts. Et c'était vrai qu'elle était belle, cette bague. Pas seulement par la qualité du métal, l'arrangement des pierres, mais surtout par ce qu'elle représentait pour la jeune fille. Cette bague que Maltea lui avait remise, le jour où Aliénor était devenue officiellement sa vassale, le symbole de ce lien entre elles, et de cette promesse que la blondinette avait faite ce jour-là, elle qui jusqu'alors avait toujours fui tout attachement. Pour ne pas souffrir, ne plus connaître la douleur de la perte de ceux qu'elle aimait.
Et pourtant, elle avait accepté de s'engager, tout comme, quelques mois plus tard, c'était à la proposition d'Aimelin qu'elle avait acquiescé, lorsqu'il lui avait demandé d'envisager des demains et des surlendemains ensemble. Parce qu'entre temps, l'idée avait fait son chemin qu'il fallait oser, dépasser ses doutes et ses peurs lorsque le bonheur était à portée de main.

Puis les pervenches se relevèrent, pour venir croiser les mirettes grises, et un léger sourire accueillit le baiser avant qu'elle ne réponde
je ne suis pas certaine que "jolie maman" soit très inquiète quant à tes intentions.
Le ton devint pensif en même temps qu'elle ajoutait un mariage sur la plage avec nos proches et les étoiles pour témoin... je m'en souviens, j'avais eu peur que tu ne trouves ça stupide mais tu m'as alors répondu souhaiter la même chose. Tant d'événements se sont passés depuis, le temps nous a manqué...
Profiter de ce que la vie nous offre, vivre le jour présent comme s'il devait être le dernier... c'était ce que nous voulions, c'était même une des choses qui nous avait rapprochées lorsque nous avons fait connaissance et pourtant... je crois que nous nous sommes laissés déborder.

Sa main serra celle de son fiancé et son sourire s'agrandit Moi non plus, je n'ai pas changé d'avis, et tu as raison, pourquoi retarder ? Ce n'est pas parce que tout se ligue contre nous en ce moment, que nous ne pouvons pas échanger nos voeux, au moins devant nos proches !

Son regard se porta vers la croisée, à travers laquelle la lune éclairait la nuit de sa lueur blafarde Il est un peu tard pour improviser ça ce soir, et puis il n'est pas sûr que ceux dont nous voudrions la présence soient rentrés. Voyons ça d'ici quelques jours, je me charge de leur écrire pour les convier.

Un instant de silence, une pensée pour l'absente et un murmure, sachant qu'il comprendrait qu'elle parlait de Kawa Elle sera là elle aussi, en pensées et dans nos coeurs...


[Sainte-Ménéhould, un soir de début octobre]
    "Et c'est tellement rare qu'on en profite
    Dans ce rôle en soliste
    J'oublie mon spleen et je cours, cours"
    Shy'm - "Tourne"

C'est seule qu'elle avait souhaité se préparer, à son retour du tribunal. Une chainse de lin blanc, une cotte, blanche elle aussi, qui dépassait de son surcôt de velours azur fendu, choisir une tenue immaculée aurait été pure hypocrisie.
Aliénor posa sur sa tête, le fin cercle de métal destiné à retenir ses cheveux laissés libres dans le dos et vérifia l’agrafe de la fibule en argent et gravée de ses initiales qui fermait son corsage. Un regard dans le miroir en étain, l'image qui lui fut renvoyée était celle de la simplicité, et elle afficha alors un sourire satisfait.

Il ne manquait plus qu'à poser sur ses épaules la cape fourrée, et elle quitta sa chambre. Un instant de pause sur la seuil de l'auberge, une grimace, l'enfant venait de se réveiller, donnant de vigoureux coups de pieds dans son ventre, et elle vint à songer que, lui aussi, désirait participait à sa façon. Elle leva la tête, le jour n'avait pas encore totalement laissé la place à la nuit, mais le ciel était dégagé et déjà l'on apercevait l'étoile qui guidait les bergers.
Ces témoins-là seraient présents, les autres avaient été prévenus, et elle dirigea tranquillement ses pas dans la direction du lac alors que les cloches de l'église sonnaient les sept heures du soir.
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Aliénor
Admin


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Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: Re: [RP] Le lac en sera témoin   Mar 12 Nov - 15:17

Shandra a écrit:
[rp][Sainte-Ménéhould, un soir de début octobre]


Depuis une semaine, Shan était excitée comme une puce, courant à droite et à gauche pour réunir les derniers éléments dont elle avait besoin pour la soirée. Ce n’était pas tout les jours qu’elle allait participer à une soirée de ce genre. Elle avait tempêté chez le boutiquier qui recevait les tissus de la région. Ses livraisons ayant pris du retard et elle n’avait eu sa commande que deux jours auparavant. Sa commande ? Un rouleau de velours vert foncé accompagné d’un rouleau de galon doré et brodé. Toutes ses économies ou presque y étaient passées mais tant pis, elle saurait en faire bon usage.

Et tout ça pour quoi me direz-vous ? Mais pour un événement magnifique, magique !
En fait, tout simplement parce que ses amis, Aimelin et Aliénor, à défaut de mariage officiel qui tardait du fait du contexte politique et clérical, allaient prononcer des vœux d’amour l’un pour l’autre, ce soir, dans quelques heures à peine !
Ce n’était certes pas un mariage officiel, celui là viendrait plus tard.
Et cette soirée allait les lier, si tant est que quoique ce soit puisse les lier plus qu’ils ne l’étaient déjà. Ces deux là quand on les voyait ensemble, on devinait … non pas deviner. Leur amour réciproque était tel qu’il vous sautait aux yeux, vous aveuglait même.

Shandra avait en effet reçu quelques jours auparavant, une missive de la part d’Aliénor. Missive qui l’invitait à les rejoindre pour être témoin de leur serment, sous les étoiles et sur les berges du lac de Sainte Ménéhould, ce soir à la tombée de la nuit. Le jour déclinait rapidement et sa robe à présent était terminée et prête à être enfilée.

Shan avait travaillé d’arrache pied pour se coudre une robe digne de ce nom et surtout digne de cet événement. Grâce en soit rendue aux sœurs du couvent Ste Clarisse qui lui avaient appris à tenir une aiguille et surtout à s’en servir. Le galon doré et brodé ressortait joliment sur le velours vert foncé et en se mirant dans le petit miroir, certes un peu flou, qu’elle avait retrouvé dans sa chaumière en fouinant, elle sourit. Elle ne ferait pas honte à ses amis.

Après rajouté une bonne bûche dans la cheminée pour ne par retrouver un logis froid au retour, elle fit un tour sur elle-même regardant les plis du tissus s’envoler pour retomber en douceur sur ses jambes, puis remonta la capuche pour se prémunir de la fraîcheur  de la soirée, faisant attention à ne pas déplacer trop le ruban qui retenait ses mèches folles. Dieu que ses cheveux avaient poussé … Elle souffla la dernière bougie de la chaumière, puis sortit enfin et se dirigea vers le lac, se hâtant de peur d’arriver en retard, les cloches sonnant à présent les sept heures.

Elle mit dix bonnes minutes pour s’y rendre, trébuchant sur quelques cailloux ou racines malgré la lanterne qu’elle avait prit soin d’emporter pour s’éclairer. Et enfin elle vit bientôt les eaux du lac se refléter sous la lune, des petites vaguelette allant et venant au gré de la brise douce de cette soirée d’automne. Le clapotis se l’eau se fit enfin entendre, claquant à chaque ressac sous les barques des villageois amarrées, signe qu’elle arrivait bientôt au point de rendez vous.

Elle avança le long du lac, un instant rêveuse devant la beauté de la nature qui s’était comme parée de ses atours nocturnes, étoiles et lune se reflétant dans le lac, pour fêter avec les hommes l’union de l’amour, fusse par un simple vœux entre deux âmes.

Elle espéra ne pas être en retard, cherchant du regard si d’autre personnes étaient arrivées.[/rp]
--Angelle a écrit:


[Sainte-Ménéhould, un soir de début octobre]


Une robe de princesse et de la même couleurs que les habits d'Aimelin, il n'aurait pas pu lui faire plus beau cadeau. Impatiente, elle regardait la vieille dame qui lui avait apporté la robe et finissait de  nouer dans son dos, le ruban d'étoffe écrue qui en resserait doucement la taille.

Waouhhh !

Taillée dans un tissu de velours tout doux au touché, la robe était de couleur marine avec un empiècement écru sur le devant,  un col rond à lacets écrus eux aussi. Le tout se posait avec douceur... ou pas... sur les chausses noires de l'enfant. Et parce qu'on n'était jamais trop prudent, une petite pélerine aux mêmes tons marine, munie de sa capuche, venait recouvrir les épaules enfantines.
Un grand sourire sur les lèvres, Angelle regardait son reflet dans le miroir, trépignant d'impatience d'aller montrer sa tenue à Aimelin.


Waouhhh

Le vocabulaire était limité, tant sa bouche restait ouverte devant son reflet. Sitôt la gentille dame reculée d'un œil satisfait, en lui faisant signe que tout était fini, la petite brune sortit en trombe de la chambre pour venir toquer contre la porte derrière laquelle elle savait que son ami se préparait.
Et d'entrer en trombe alors qu'il lui faisait face, sa cape venant de tomber mollement sur ses épaules.


Aimeliiiiiiiiiinnnnnnnn !  … et de s'arrêter face à lui le regardant quelques instant crocheter le fermoir..... waouhhh !

Petit froncement de sourcils avant d'afficher un grand sourire... chuis prête t'as vu ? et de tourner sur elle même en riant.


Aimelin a écrit:
[Sainte Ménéhould, un soir de début octobre]

" si d'aventure je quittais terre
tu es mon sang, mon double aimant,
mon adn"
(Farmer – Je te dis tout)



Une petit mimique satisfaite sur le visage, Aimelin regardait le miroir posé contre le mur de cette chambre à l'Auberge des Petits Cailloux, chambre qui faisait face à la leur, qui était et resterait quoi qu'il arrive celle de Kawa, sa jumelle, sa précieuse. Se préparer dans cette pièce lui donnait l'impression qu'elle était là, jugeait sa tenue d'un mouvement approbateur, souriait ou fronçait les sourcils si un détail clochait, lui faisait signe de se tourner, pour finalement poser sur lui ce sourire satisfait qui faisait briller ses prunelles grises teintées de vert, assorties à celles de son frère.

Un léger soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'il essayait de chasser le voile qui venait de se poser sur son regard. Elle lui manquait mais elle ne le quittait pourtant pas, toujours là dans son cœur, son visage sans cesse dissimulé dans le moindre recoin, ses phrases résonnant lorsqu'il ne savait que choisir, lorsqu'il doutait. Il était certain qu'à chaque fois qu'elle s'éloignait hors de son champ de vision, elle laissait cette moitié d'elle tant ressemblante avec son frère, en lui. Il se sentait différent à chaque fois, comme s'il grandissait, acquérant sa sagesse et sa force, son calme et cette faculté qu'elle avait de ne pas laisser ses émotions la trahir.
De ce côté là ils étaient semblables, il ne laissait que très rarement s'exprimer ses émotions, si ce n'était dans les prunelles de ses yeux. Combien de gestes tendres avait elle eu envers lui alors qu'elle se les interdisait pour ne point montrer ses faiblesses. Il passa doucement ses doigts sur sa joue comme elle le faisait avec lui, et ferma les yeux, imaginant les doigts féminins qu'il savait accompagnés d'un sourire protecteur. Au fil des jours, tout doucement comme ces feuilles d'automne qui venaient se poser sur le sol après avoir virevolté dans les airs, il prenait modèle sur elle, se façonnait sans s'en rendre compte, pour n'être plus qu'un, ce mélange de cette sœur et ce frère nés le même jour, élevés trop loin l'un de l'autre mais dont cette ressemblance troublante pour qui savait les observer, et ce lien qui les unissait et ne se briserait jamais, les rendaient indissociables,et les rendaient indubitablement plus forts.

Les cloches qui sonnaient les sept coups du soir le firent sursauter.


Nom de zeus je vais être en retard... pesta t il en finissant fébrilement d'attacher la boucle de ceinture toute simple mais qui faisait partie de ses trésors.
Un cercle, et les paroles prononcées par Aliénor le soir où elle lui avait offert cet objet :  "j'ai parfois l'impression que la vie prend un malin plaisir à vouloir nous faire boucler des boucles. .. c'est aussi un peu notre histoire... tu as connu ma mère et maintenant tu es avec moi... toi comme moi avons vécu en Champagne puis l'avons quittée puis nous y sommes revenus... mais à chaque tour on avance, on change, on évolue... et c'est aussi une façon de te dire combien je suis attachée à toi".

Il resta quelques secondes sans bouger, ses mirettes posées sur le reflet de la boucle dans la glace, avant de se saisir de la cape à la même teinte marine posée sur le lit. Pas de cape rectangulaire attachée à l'épaule droite, mais une simple cape munie de sa capuche qu'il posa sur ses épaules lorsque la porte s’ouvrit en trombe après deux petits coups frappés.

Et de sourire amusé devant la fillette.


Une vraie princesse.

Et de jeter dans le miroir, un dernier coup d'oeil à son apparence.

Un pantalon de couleur marine, comme le ciel de cette soirée d'automne qui enveloppait doucement la Champagne, un surcôt court de velours assorti dont les boutonnières laissaient briller quelques broderies d'argent, surcôt posé sur une chemise de coton blanc aux fines broderies grises dont les lacets avaient laissé libre le cou du jeune Etampes où l'on pouvait apercevoir les reflets d'une chaine en argent à laquelle pendaient précieusement un anneau et une médaille gravée d'un soleil, soigneusement abrités sous le tissu.

Pour terminer le tout, des bottes noires, et sa cape dont la large capuche le protègerait de la fraicheur du soir jusqu'au lac.

Il se saisit d'une petite bourse en cuir dont il vérifia le contenu après un regard entendu vers Angelle a qui il tendit la main.


Princesse voudriez vous m’accompagner près de ma promise ?

Et de lui saisir la main en l’entrainant vers le couloir, refermant la porte derrière lui. Saluant d'un sourire les personnes présentes dans l'auberge ils quittèrent les lieux et prirent la direction du lac.


[Les bords du Lac]

Ils étaient les premiers, chose dont il n’était pas peu fier… sauf si quelqu’un se cachait dans les environs.
A peine le temps de poser son regard sur l'eau calme de cette fin de journée que des pas lui firent tourner la tête. Deux silhouettes s'approchaient et il n'eût aucun mal à reconnaître la première. Ses formes arrondies, son allure, il la reconnaitrait entre mille. Tenant toujours Angelle par la main, il la laissa s'approcher, un sourire éclairant enfin son visage tandis que ses prunelles se posaient sur l'autre silhouette qu'il reconnut lorsque son visage fût à proximité. Deux blondinettes, dont l'une serait liée à lui, et l'autre en serait témoin.

Et de jeter un regard vers Angelle qui n’aurait pas assez d’yeux ce soir.
Alienor_vastel a écrit:
[Sainte-Ménéhould, un soir de début octobre]
    "Presque rien, un silence
    Qu'il faut écouter
    Un chemin, une chance
    Qu'on peut partager"
    Y. Noah - "Ose"

La voix d'Angelle avait passé à travers la porte close de la chambre qui faisait face à la leur lorsqu'Aliénor avait gagné le couloir, indiquant à la jeune fille qu'elle prenait de l'avance sur Aimelin et l'enfant. Et pourtant, elle ne serait sans doute pas la première au lac, sans doute même arriveraient-ils un peu avant elle. Non qu'elle traînât particulièrement, encore que son pas n'était pas très pressé compte tenu de son état, mais avant d'arriver au lac, elle avait un détour à faire.

La boulangerie n'était située qu'à une cinquantaine de pieds de l'auberge, et bientôt la blondinette l'atteignit. Mais là n'était pas sa destination, et elle contourna le bâtiment aux volets clos. Compte tenu de l'heure, l'échoppe était fermée et il faudrait attendre les premières lueurs de l'aube le lendemain, pour qu'à nouveau le four soit rallumé et qu'embaume dans la ruelle, la bonne odeur du pain en train de cuire.
La soirée était claire, et ne l'eut-elle pas été que de toute façon Aliénor savait où porter ses pas. Dans le jardin attenant, elle avait aimé y jardiner aux beaux jours, et y avait planté au printemps, quelques rosiers. Son choix s'était porté sur des variétés remontantes, et bien que l'automne se soit installé depuis peu en Champagne, elle avait eu la surprise, quelques jours auparavant, de voir éclore quelques boutons encore, les derniers de l'année sans doute.

S'approchant encore, elle put constater qu'il n'y en avait pas suffisamment pour faire un bouquet. Une petite moue contrariée s'afficha alors sur son visage, qui se transforma bientôt en grimace, l'enfant venant de se manifester violemment.
Une large inspiration, un soupir, et elle resta immobile, les yeux dans le vague, songeuse. Machinalement, sans même qu'elle ne s'en rende compte, ses doigts vinrent caresser la gravure de son médaillon, cette rose et ce chardon entrelacés qui ne la quittaient jamais...



    [Pomponne, quelques années auparavant]

    - Encore celle-ci, Aliénor, pour compléter le bouquet, la dernière. Le vase ne pourra en contenir davantage !

    Un éclat de rire accompagna cette phrase de la Dame de Pomponne, sous le regard étonné de la fillette tant il était rare qu'elle voit sa mère heureuse. La main qui tenait le petit couteau en resta même suspendue un instant dans l'air, avant que finalement l'attrait du jardinage auquel la femme et l'enfant s'affairaient ne reprenne le dessus et qu'elle ne coupe délicatement la tige de la rose incarnat et ne la tende fièrement à sa mère.

    - Il est beau ce rosier, j'en ai pris bien soin ! Tu crois que papa rentrera bientôt, pour que je le lui montre ?

    Le regard mordoré s'obscurcit, et la lueur joyeuse qui y brillait juste auparavant, disparut, faisant revenir cette tristesse qui y régnait habituellement.

    - Je ne sais pas, ma puce... Tu sais, ses charges...

    A l'instar de sa mère, l'expression d'Aliénor avait aussi changé dès les premiers mots maternels. Point de résignation, mais la contrariété, et bientôt la colère. Sourcils froncés, poings sur les hanches et un ton rageur pour l'interrompre.

    - Tu dis ça à chaque fois, ses charges, ses fonctions, gnagnagna... mais je m'en fiche, moi de tout ça, je veux un papa, pas un coténnab... connéta... je sais plus quoi !
    Je me demande bien pourquoi vous vous êtes mariés et pourquoi vous m'avez faite, si c'est pour te voir tout le temps triste, et ne jamais le voir, lui !


    Elle fit volte-face dans un bruissement de jupons, et allait s'éloigner lorsque, d'une poigne ferme, la Dame de Pomponne la rattrapa par le bras et l'entraîna sur un banc à proximité, la forçant à s'asseoir. Ses yeux plongés dans ceux, humides, de sa fille, elle resta un moment silencieuse devant le visage buté que lui présentait l'enfant, avant de soupirer.

    - Nous nous sommes mariés parce que nous nous aimions, que nous voulions vivre ensemble, avoir un foyer à nous. Ta naissance a été un bonheur immense, et ton père t'aime, comme il m'aime aussi et comme je l'aime encore. Malgré la distance, malgré l'absence. Il m'écrit régulièrement, tu sais, et dans chacune de ses lettres, il me le rappelle. S'il fait tout cela, c'est pour nous, pour nous offrir une bonne et belle vie.

    Les boucles blondes volèrent dans l'air alors qu'Aliénor secouait la tête.

    - En attendant, on ne l'a pas, cette bonne et belle vie, puisqu'il n'est jamais là.
    Je n'aimerai jamais, je ne me marierai jamais, ça fait vraiment trop mal !


    Un pâle sourire apparut sur les lèvres de la jeune femme.

    - On n'est pas maître de ses sentiments, ça se saurait sinon. Et puis tous les hommes ne sont pas comme ton père, et tu n'es pas comme moi.
    Tu sais, le mariage, c'est un peu comme cette rose rouge, la passion de sa couleur, la douceur de son odeur, la souffrance de ses épines. Il faut faire attention, en permanence. Moi j'ai laissé les épines me blesser, toi tu as davantage de personnalité pour t'imposer et être vigilante.

    Elle laissa passer un instant de silence avant de reprendre d'une voix grave et sérieuse. Promets-moi une chose, Aliénor Vastel d'Assas. Soutiens, encourage, mais ne laisse surtout pas partir seul celui à qui tu donneras ton coeur et qui t'ouvrira le sien. S'il te laisse derrière, s'il ne t'écoute pas, si tu sens qu'il n'a pas besoin de toi, alors il ne te mérite pas. Décider de s'engager avec quelqu'un, c'est une sorte de pari, celui de parcourir à deux le même chemin. Ton père et moi nous en sommes écartés, peu à peu, sans faire d'efforts pour tenter d'y revenir, ne fais pas la même erreur.

    Elle s'arrêta alors, scrutant le visage de sa fille qui semblait réfléchir à ses paroles, puis reprit sur un ton malicieux destiné à revenir à une conversation plus légère entre elles Et surtout, choisis-toi un compagnon de route que ton sale caractère ne fasse pas fuir !


[Lac en approche]
    "Pas de doute, pas de peur
    Tu peux avancer
    Fais ta route
    Il est l'heure"
    Idem

Et à défaut de bouquet dans les mains, Aliénor avait le sourire aux lèvres en approchant du lac, au souvenir de cette discussion lointaine avec sa mère. La vie n'était pas un long fleuve tranquille, l'engagement qu'ils voulaient prendre non plus, au moins en était-elle consciente et ferait-elle tout ce qu'il fallait pour que ni Aimelin ni elle ne s'écartent du chemin. Sans compter qu'il semblait supporter son sale caractère, et ses humeurs qui ne s'étaient pas arrangées depuis qu'elle était enceinte, loin de là !

La vue de son promis, aux côtés d'Angelle dont il tenait la main, élargit son sourire et l'accélération des battements de son cœur à cet instant n'était pas due uniquement à la cadence qu'elle mit dans ses pas pour les rejoindre, ainsi que Shandra dont l'arrivée venait d'agrandir la petite troupe.
Une bise affectueuse à leur blonde amie, un baiser déposé sur le front de la fillette, et un autre enfin, qu'elle vint cueillir sur les lèvres de son beau brun avant de se reculer d'un pas pour mieux embrasser du regard l'assemblée déjà présente.


Et bien, que vous êtes tous fort élégants ! Damoiselle Angelle, vous êtes à ravir, quant à toi, Shan, je vais finir par te confier mes robes, tu as des doigts de fée ! Ajoutant particulièrement à l'intention de cette dernière Merci d'être venue

Et elle vint glisser son bras sous celui d'Aimelin Quant à vous Messire, vous voila charmant comme mon prince que vous êtes ! avant de balayer les alentours d'un regard circulaire.

Les autres ne devraient pas tarder... du moins j'espère.
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[RP] Le lac en sera témoin
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