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 [RP] Où l’on commence une nouvelle vie.

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Aliénor
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Messages : 1994
Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: [RP] Où l’on commence une nouvelle vie.   Jeu 6 Juin - 10:25

Shandra a écrit:
[hrp][HRP : si vous souhaitez participer à ce RP, vous êtes bienvenus, à condition de respecter le RP en cours et qu’il y ait concordance IG/RP, c’est à dire lieux, dates et évènements qu’ils soient IG ou RP.][/hrp]

[rp]Mai 1461, à quelques lieues de Moulins, Duché du B.A., de bon matin.

La journée s’annonçait belle. Le chant des oiseaux pépiant à l’aube l’avait éveillée en douceur malgré la fraîche rosée perlant sur ce qui lui servait de couverture.
En guise de couverture, une cape. Cape d’aspect vieillot certes mais doublée de futaine à l’intérieur, ce qui lui conférait une certaine résistance à la fraîcheur de la saison, comme le lui avait promis sœur Jeanne, la meilleure et ... bon d'accord, la seule couturière du couvent des Clarisses de Millau, ce qui n'empêche qu'elle fait un travail magnifique, des broderies, des points si fins et ... bref...

Shandra avait donc repris la route après un repas frugal composé de galette un peu sèche, d’un petit carré de viande séchée aussi et une gorgée d’eau d’un ruisseau serpentant non loin. Il faut dire que depuis son départ du couvent, elle avait peu acheté sur les marchés croisés et vivait donc de ce que les sœurs lui avaient donné pour la route, s’accompagnant de ce qu’elle trouvait en sous-bois, notamment des baies et des champignons.

Elle arrivait ainsi à un croisement quand elle entendit arriver derrière elle une petite troupe cavalant à une allure rapide.

Rabattant prestement sa capuche sur sa tête, elle courba le dos en s’enroulant dans sa cape défraîchie, resserra ses doigts sur son bâton de marche et continua d’avancer en la direction qui l’intéressait, la Champagne.
Et le tout en priant Aristote et tout ses Saints que ce ne fussent pas une troupe de brigands, même s’il n’était pas courant qu’ils s’en prennent aux voyageurs en plein jour et si près des villes. Elles les avait évités jusques là, pourvu que cela dure.

Gardant les yeux baissés sur le chemin devant elle, elle s’écarta légèrement pour laisser le passage, ralentissant un peu son pas toutefois et rajustant sur son épaule, le ballot contenant ses maigres possessions.[/rp]

Ptitmec13 a écrit:
[Mai 1461 - Au départ de Moulins vers... des terres mal aimées]

Depuis combien de temps son ex fiancé lui demandait-il une escorte pour quitter l'Artois? Des semaines... Elle avait repoussé et repoussé encore. Peut-être l'appréhension de revoir celui qui avait été son premier émoi, même si elle savait très bien que ces premiers émois justement étaient bel et bien enterré depuis belle lurette.
Une dernière relance et la blondine se décide enfin. Elle partira avec Melusiane, seule Gardien disponible ces temps ci, ainsi qu'avec la jeune Louise, rencontrée lorsqu'elle était encore au service de la Princesse Louise de Mallemort.
Les dernières vérifications faites, chargement de la jument de bat, quoi que frugal au moment du départ, bien fixé, louve faisant déjà des va et vient de ci de là toute contente de pouvoir vagabonder encore, le trio monta en selle et partit au grand galop sur les chemins, plus vites elles seront arrivées plus vite elle pourront revenir. C'est que l'Artois la Ptit elle n'aimait pas ça...

Aller, en route!!!!

Tout juste une poignée de lieues parcourues qu'une silhouette se dessina sur le bord de la route. Elle sembla se vouter à leur approche ce qui attira l'attention de la meneuse. Les chevaux dépassèrent la voyageuse et ce n'est qu'à cet instant que Célénya fit ralentir Belle Dragonne pour revenir au pas vers celle qui n'était qu'une silhouette il y avait encore que quelques minutes. La Grand Mestre se pencha légèrement sur l'encolure de sa jument, qu’elle fit stopper, pour essayer de découvrir le visage de la personne puis finit par mettre pied à terre.

Bonjour.

Un regard vers ses compagnes de routes pour voir si elles avaient ralenti, yeux qui glissent vers les fourrés pour vérifier que Néa n'était pas loin non plus et aussi pour essayer de savoir si la jeune femme était vraiment seule.


Vous m'avez l'air bien seule. Ce n'est guère prudent sur les routes de Bourgogne.


C'est que la blondine elle était bien placée pour le savoir ça, rackettée quelques jours auparavant avec Louise sur cette même route.
Consciente que "l'abordage" puisse être quelque peu impressionnant elle rajouta avec un sourire.


Je suis Célénya mais l'on me surnomme Ptit la plupart du temps. Nous faisons route vers le nord, si c'est votre direction nous pourrions faire un bout de chemin ensemble. Qu'en dites vous?

Shandra a écrit:
[rp][Mai 1461 - En chemin pour la Champagne, la route est longue pfiuu ... mais j'avance un pas après l'autre !]

Epiant du coin de l’œil les cavaliers qui passaient à côté d’elle, Shan vit avec soulagement qu’il s’agissait de trois femmes d’allure plus qu’honnête, voire aisée, et non pas de brigands en puissance. Elle continua alors d’avancer rassérénée, songeant maintenant à la route qu’il lui restait à parcourir pour arriver à destination. Mais son soulagement fut de courte durée quand elle entendit le pas de la troupe ralentir pour finalement s’arrêter et en prime revenir vers elle.

Le visage toujours caché sous la capuche, elle leva à peine son regard sur la cavalière qui s’approchait, observant le coursier, car il ne s’agissait sûrement pas là d’un roussin ni d’un cheval de bât puis finalement redressa un peu la tête, après tout elle n’avait rien à cacher ni à se reprocher… enfin pour autant qu’elle s’en souvienne, mais bon, là dans l’immédiat, c’était le cas.

Le femme lui parla, tout d’abord un peu roide mais son ton se radoucit quelque peu sur les dernières paroles.
Shan releva la tête puis à l’entente de la proposition, il faut le dire elle était étonnée, et voyant le sourire amical, se détendit.
Elle rendit le sourire et se redressa complètement, se présentant à son tour en retirant sa capuche.

Bonjour Madame ceci dit accompagné d’une petite révérence rapide
Je m’appelle Shandra. Enfin je crois rajouta t’elle en pensée.
Et je me rend en Champagne, vers le Nord aussi, à vrai dire je ne saurai exactement dire où en champagne mais … par là-bas en tout cas.

Elle regarda un instant les autres cavalières qui attendaient un peu plus loin, leurs chevaux s’ébrouant après la cavalcade et tentant de grappiller une herbe, ou un branchage voisinant, sans se faire retenir le mors. Son regard se porta sur la jument de bât, qui attendait, indifférente aux événement et essayant discrètement de mâchouiller sa longe qui se balançait doucement, que le voyage se poursuive.

Puis à nouveau la femme face à elle et poursuivit d’un ton plus avenant :

Je serai ravie de voyager en si bonne compagnie, c’est certain Madame, surtout que comme vous le dites, les routes ne sont pas très sûres à ce que l’on en dit. Bon je n’ai pas de monture mais …

Shan hésita un instant puis se disant que puisque la dame avait proposé autant en profiter, cette chance d’arriver plus vite risquait de ne pas se représenter de sitôt, et la route commençait à lui sembler longue et surtout fastidieuse avec pour seule compagnie ses pensées et ses interrogations incessantes. De la compagnie serait la bienvenue et peut être apprendrait elle des choses qui lui éveilleraient quelques souvenirs.
Elle continua donc sur sa lancée …


Mais je vois que vous avez une bête de bât robuste. Je suis légère et peu encombrée *en montrant son ballot* vous voyez … je pourrais jusqu’à la prochaine ville la monter et une fois là-bas voir à y acheter une vieille haridelle ou même un âne à la rigueur qui avancerait plus vite et avec moins de fatigue à force que mes pieds… j’ai quelques écus et un animal est toujours utile ou revendable après.

Elle rajouta encore pour se donner plus de chance de monter sur cette bête : et vous ne serez pas perdantes, je ne suis pas mauvaise cuisinière. J’ai quelques herbes que j’ai ramassées *elle tapota une petite sacoche de cuir attachée à sa taille* et je saurai attraper quelques lapins pour vous régaler sur la route.
Enfin … si vous êtes d’accord …
*termina t’elle pleine d’espoir*[/rp]

Ptitmec13 a écrit:
[Mai 1461 - Après le pas .... bientôt le galop...]

Shandra.. il lui sembla que ce prénom lui été familier mais elle ne tiqua pas plus que cela à vrai dire. Elle en avait rencontré des gens et elle en avait écouté des histoires, alors un prénom ça n'attire pas vraiment l'attention.

Et bien nous passons en Champagne en effet, aux abords de Troyes, puis dans Sainte Ménéhould et pour finir les abords de Compiègne. Vous pourrez choisir votre point d'arrivée...


Un sourire qui s'élargit en continuant.

J'y ai quelques amis en Champagne, et même...

Elle désigna Louise un peu plus loin.


Louise que voilà est de Conflans.


Le flot de paroles repris comme si la jeune femme voulait la persuader de la prendre avec elles. Mais c'est qu'elle prêchait une convaincue de toutes façons sinon elle ne se serait pas arrêtée. Une lueur d'amusement vint illuminer son regard. Pour couronner le cocasse de la situation, la louve au pelage sombre choisit le moment où la voyageuse parlait d'attraper quelques lièvres pour le repas pour sortir d'un fourrée tenant dans sa gueule une poule d'eau, fière de sa prise.
La blondine s'accroupit pour récupérer le gibier et gratouiller Néa derrière l'oreille pour la féliciter puis se redressa tenant la poule par les pattes, la louve se couchant à ses pieds. Se rendant compte que la scène pouvait être impressionnante, surtout par la présence du fauve, l'attention de Ptit se reposa sur la jeune femme.


Mes excuses si elle vous a fait peur. Mais ne vous inquiétez point, elle n'est pas méchante... Enfin en général.

Elle sourit repensant à Aliénor qui ne pouvait s’empêcher de la surveiller de loin quand elle était dans les parages. Aliènor qu'elle espérait bien revoir à son passage à Ste Méné avec son ébouriffé de co-vassal de complice.

Comme vous le constatez pas la peine de courir après le gibier, nous avons notre chasseur attitrée, il ne reste qu'à cuisiner.
Aller, venez que je vous présente la petite troupe. Donc la chasseresse c'est Néa.


Néa qui d'ailleurs repartit pour disparaitre à nouveau dans le sous bois, seuls les mouvements discrets des arbustes où elle se faufilait pouvait attester de sa présence non loin.
Ptit se dirigea vers ses amies, sa jument suivant sans avoir besoin d’être tirée par son licol.


Voici Melusiane et Louise. Les filles, je vous présente Shandra, elle se rend en Champagne ça tombe bien c'est sur notre route. Plus on est de fous.. de folles.. bref. Autant voyager ensemble vu ce qui traine dans les parages....


Louise ne la contredirait surement pas sur ce point là.

Pour le voyage vous avez le choix en fait, soit la jument de bat mais je ne saurais vous assurer le confort, soit avec moi même, mais pareil mis à part le fait que vos pieds et jambes seront épargnés le confort n'est pas spécialement bien présent.

Aimelin a écrit:
[Sainte Ménéhould, le 22 mai 1461 ]

"Mais il est un peu tard
Ote toi du chemin
Vagabond contre moi
Je vais la retrouver
Quelque part je la vois
Qui me touche la main
Y'a-t-il quelqu'un ? "
(Raphael - La Mémoire Des Jours)



Sa main avait lâché celle d’Aliénor lorsque ses prunelles grises s’étaient posées quelques instants sur la bâtisse aux volets fermés qui bordait le chemin des prés, quelques dizaines de pas sur la gauche en descendant du moulin, le faisant stopper sa marche.

La maison des Farell. Des images se bousculaient dans sa tête à chaque fois qu’il passait devant la bâtisse laissée à l’abandon, et qu’il avait fait entretenir par les gens de son Domaine d’Etampes depuis son retour en Champagne en mars 59. Pourquoi ? il n’en savait rien lui-même. Peut être pour garder intact ce souvenir de cette blondinette qui l’avait accueilli avec Sosso, May et d’autres, à Sainte alors qu’il n’était qu’un jeune gars de dix sept printemps ayant traversé le royaume pour venir se poser près de ce lac, où les rires fusaient en abondance, là où il savait qu’il retrouverait Loïs avec qui il avait été élevé au milieu des vergers des environs d’Alais. Et comme à chaque fois qu’il passait devant la bâtisse, les images de ce soir de juillet 55 après cette terrible journée en enfer et le visage de Shan qu’il avait sortie avec son nourrisson du cloître en feu malgré ses protestations, revenaient le hanter.
Si elle l’avait décidé à partir avec elle dans le Sud en direction du Béarn, ce mois de juillet 56, il ne l’avait revue que de rares fois après leur installation à Mauléon. Mais déjà elle n'était plus cette jeune femme pleine de vie et d'insouciance qui lui cachait ses habits près du lac. La mort de Jack après sa trahison, lui avait donné cet air absent qu’il détestait voir dans ses yeux. Un jour elle lui avait dit partir voyager vers la Guyenne, et après quelques missives elle n’avait plus donné signe de vie. Il s’était résigné, comme pour Mélissande, la louve de Champagne, à se dire qu’elle avait rejoint Jack.


Shan son propre murmure le sortit de ses pensées alors qu’il détournait son regard vers sa blondinette pour lui reprendre sa main.

Les fantômes meurent un jour mais certains sont encore là je les sens, je les respire et malgré tout je crois qu’ils m’aident à avancer, à leur manière.

Vivre pour ne pas oublier, mais vivre pour elles, cette phrase que lui avait dite sa douce lors de cette promenade dans les environs de Troyes. Un sourire à son intention, et un baiser déposé.
Ils étaient revenus à Sainte dans la nuit après de longues semaines sur Reims et respirer l’air de cette ville, l’air de ce lac qu’il aimait tant et de ce moulin, lui faisait du bien. Il dévia bien vite la conversation.


Gus a fait approvisionner l’Auberge, ça nous fera du bien de retrouver tout ce qui fait notre chez nous.

Shandra a écrit:
[rp][Mai 1461 - A dada sur mon bidet, quand il trotte il ....]


Son attention concentrée sur la femme en face d'elle, elle ne fit pas attention aux buissons qui s'agitaient derrière elle et son coeur rata un battement quand elle vit l'ombre devenir loup, ou plutôt louve donc, et s'approcher sereinement de Célénya. Elle se retint de faire un pas de recul, sa main de resserrant quand même sur son bâton, prête à se défendre quand elle nota le regard tranquille de la bête et surtout sa gueule encombrée d'une jolie poule d'eau bien dodue. La louve trottina littéralement vers blonde qui l'accueillit d'un sourire avant d'expliquer sa présence.

Shan sourit de façon un peu coincée en gardant son bâton près d'elle au cas où. Le «généralement » de Célénya ne l'ayant qu'à demi-convaincue de la sociabilité de la louve, Néa de son petit nom donc. Le retour de Néa vers les sous-bois acheva de tranquilliser Shan, l'animal ne semblant même pas l'avoir calculée. C'est pas plus mal, pensa Shan espérant que le peu de considération lupine à son égard persiste.

Oui, à elle la chasse à moi la popote, on peut très bien s'en accommoder l'une et l'autre j'en suis sûre … puis elle écouta les présentations de la femme concernant ses deux compagnes de route.

Elle les salua d'un signe de tête et d'un sourire au fur et à mesure des présentations, fixant Louise un chouilla plus longuement. Après tout elle était champenoise. Il y avait certes peu de chances qu'elles se connaissent, mais si le hasard pouvait donner un coup de pouce … Cependant, la dite Louise ne réagissant pas spécialement en la regardant, Shan se résigna à ne rien en attendre de plus, du point de vu des souvenirs cela s'entend, n'y voyez aucune pensée péjorative.

Puis comprenant enfin qu'elle était acceptée pour faire la route en leur compagnie, elle leur adressa un grand sourire ravi, se retenant de sauter sur place s'exclamant :
Vous ne le regretterez pas je puis vous l'assurez Mesdames ! Je suis excellente cuisinière, même si Mère Marie-Clémence aimait moins ma soupe que celle de soeur Marie-Joseph. Mais je suis sûre que soeur Marie-Joseph mettait davantage de carottes, même si elle n'a jamais voulu l'avouer ! Tout le monde sait bien que la mère Marie Clémence raffole des carottes, même si elle est censée faire preuve de réserve et de ….
Shan se tut et rougit d'un coup en se rendant compte de son pépiage incessant.
Excusez-moi je m'égare ... je … ahem … les euh ... les montures oui... oui bien sûr … alors euh ….

Elle regarda les deux montures, sa tête dodelinant de droite à gauche, comparant les deux bêtes. Puis elle s'approcha finalement de la jument de bât et lui gratta la tête entre les oreilles, ce que sembla apprécier la bête qui remua les oreilles puis redressa a tête pour accentuer la grattouille. Certes le confort serait moindre mais elle avait hâte de monter « seule » autre chose qu'un vieil âne arthritique, pour ne pas citer Gidéon, le vieil âne du couvent qui avançait si bon lui semblait, hors, au vu de son âge vénérable, à moins de lui présenter une carotte bien grosse et savoureuse sous le naseau, vous aviez peu de chance de le voir faire un pas à la demande.

Sans cesser la grattouille, Shan se tourna vers la chef de troupe :
Si cela ne vous ennuie pas je sens que je vais bien m'entendre avec celle-ci et puis ainsi, si le besoin s'en fait sentir, vous aurez plus de facilité de mouvement en étant seule sur votre monture Madame qu'avec une charge dans votre dos. Et puis même avec vous je ne sais pas si je sais... enfin si je saurai monter. Au moins, si je suis brinquebalée par celle-ci, cela ne gênera que moi. Et puis question confort, ce ne sera pas pire que faire tant de lieues à pied. Je préfère avoir le fondement un peu sensible que d'avoir les pied nus à force d'user mes semelles sur la route.

Elle sourit aux 3 femmes, attacha son baluchon à côté des sacs déjà présents et regarda la bête qui allait la trimballer, lui murmurant tout en caressant l'encolure : Allez ma belle, on va vite voir si j'ai appris à monter à cheval. Paraît que ça s'perd pas, alors on va vite savoir … Et puis si t'es gentille, je dois avoir un reste de carotte au fond de mon ballot, je suis sûre que t'es comme le vieux Gidéon, une belle gourmande.

Shan s'accrocha à la crinière et aux rênes, puis prit son élan et, avec aisance, s'installa sur la jument qui n'avait pas bronché. Shan haussa les sourcils un peu étonnée, une petite moue contente aux lèvres en se disant qu'elle avait du apprendre à monter autrefois, le tout à présent serait de savoir en quelles circonstances. Elle remua un peu sur son nouveau siège histoire de conforter sa position.

Du coin de l'oeil, elle vit les fourrés s'agiter légèrement de loin en loin, mais elle ne s'en inquiéta pas, ce devait être la louve de Célénya.

Elle se tourna ensuite vers les 3 femmes avec un grand sourire et affirma :
Vous voyez elle m'aime déjà bien, j'suis sûre !

Ptitmec13 a écrit:
[Mai 61 - La route... ]

Des pauses par ci, des pauses par là, mais toujours autant de lieues parcourues au grand galop. Ptit plaignait intérieurement la jeune femme obligée de s'accrocher sur la jument de bat, sans selle, même si elle semblait s'entendre à merveille. Elle les soupçonnait d'échanges de bonnes augures du genre "une petite carotte à mâchouiller si tu ne m'éjecte pas".
Elles avaient peu parlé en définitive durant ce voyage et la blondine ne savait toujours pas pourquoi Shandra voulait venir en Champagne, ni sa destination finale d'ailleurs, pour l'instant elle suivait.
Le lendemain elles seraient à Sainte Ménéhould, dernière ville où elles feraient escale avant d'entrer en Artois enfin si les autorités du Comté leurs en donnaient l'autorisation.
Le feu crépitait encore de la graisse d'un petit cochon sauvage qu'elles avaient fait rôtir pour leur repas. Célénya s'appuya contre la paroi rocheuse du petit renfoncement de la falaise où elles avaient trouvé refuge pour la nuit et plongea quelques instant dans ses pensées. Vorhy lui manquait bien plus qu'elle ne voulait l'avouer et même si ses nuits étaient parfois emprunt de douceurs dans les bras d'un amant ou l'autre, c'était lui qui peuplait ses songes. Un soupir discret s'échappa entre ses lèvres et elle décida d'engager la conversation pour se changer les idées.


Dites nous Shandra. Pourquoi la Champagne?

Posant cette question, la blondine fouillait dans sa besace pour en sortir des gobelets et un flasque de calva. Elle fit le service, tendant les verres au fur et à mesure à chacune d'elle puis reprit sa position contre la paroi son gobelet entre les mains. Son regard se posa sur la jeune femme.

Shandra a écrit:
[rp][Mai 1461 - Une lumière dans la nuit ... le feu de camp bien sûr ! ]


Comme elle l’avait pensé, son popotin, aussi auguste puisse t-il être, commençait après quelques jour de chevaucher à cru, à être un peu sensible, cependant l’économie du cuir de ses bottes en valait bien la peine. En cet honneur, elle avait rebaptisé sa monture tape-fesse. Enfin en pensée, car elle n’aurait jamais eu l’audace de le dire à ses compagnes de voyage qui avaient déjà la gentillesse de la laisser utiliser la dite Tape-fesse.

Cependant, tout les soirs, elle donnait à croquer à la bête, un petit morceau de carotte. Oh elle n’en avait pas beaucoup, certes, mais elle donnait un petit bout chaque soir et au bout de ces quelques jours, Tape-fesse avait pris l’habitude, après avoir été déchargée pour la nuit, de réclamer sa friandise, en se faisant comprendre d’un petit hennissement suivi d’un léger coup de tête à Shan, si celle-ci tardait à la lui donner.

Ce soir là, après avoir donné son bout de carotte à Tape-fesse, elle s’était installée avec ses compagnes de route et après un copieux repas comme elle n’en avait pas eu depuis trop longtemps de l'avis son estomac, elle était là, allongée à côté du feu, mâchouillant une herbe en regardant les étoiles, bien enroulée dans sa cape.

Elle songeait à la Champagne, à ce qu’elle y ferait, ce qu’elle y trouverait, mais à part quelques visages qui lui revenaient un peu vaguement, rien de bien concret. Elle poussait un petit soupir sur cette réflexion quand elle entendit la question de Célénya.

Elle tourna la tête vers elle et la voyant sortir sa flasque et les gobelets, se redressa pour s’asseoir puis prit le verre avant d’en boire une gorgée.
Un instant se passa sans qu’elle ne parle, elle ne savait trop comment expliquer. Finalement elle se lança et résuma autant que possible.

Parce qu’il semblerait que ce soit ... chez moi.

Elle regarda son verre, faisant tourner le liquide ambré dedans, puis elle se rendit compte que c'était une réponse bien succincte voire trop vite résumée. Elle lâcha un soupir résigné et continua ainsi : En fait... en fait je ne sais pas qui je suis. J’ai été laissée pour morte sur un chemin il y a quelques années de ça. Comment je suis arrivée là ? Je n’en sais rien. On m’a juste trouvée et amenée au couvent des Clarisses. A Millau. Elle haussa les épaules.

Les sœurs ne savaient pas si j’allais m’en sortir, en fait il serait plus juste de dire que personne ne pensait que j'allais m'en sortir. Mais bon, il semblerait que j’ai un bon ange gardien et encore un bout de vie à faire en ce monde. Elle sourit d’un air fataliste.

Ensuite ça a prit du temps et de la patience, surtout pour les sœurs, mais je m’en suis tirée. On va dire "presque" complètement.

Elle regarda les trois femmes puis rajouta lentement, les yeux à nouveau perdus dans son verre comme si les réponses y étaient cachées ...
Oh j'ai tout retrouvé, l’usage de mes jambe, de mes bras, tout ce qui est important quoi. Y'a qu'une chose dont je n'ai pas retrouvé l'usage ... ma mémoire.
Je ne sais pas qui je suis vraiment. Pour l’instant, ma vie commence le jour où je me suis réveillée au couvent …

Pour mon nom, j'avais une médaille, celle là...
elle sort une médaille de son col, accrochée à un bout de cuir et passe un doigts dessus, pensive.

Il y a juste un prénom gravé dessus "Shandra" on s'est dit que c'était peut être le mien et comme j'y ai réagi quand on me soignait il parait ... Elle remet la médaille sous son col de chemise.

Et puis avec le temps me sont revenues des images. Des visages et des lieux aussi, même si je n'arrive pas à mettre de nom dessus.
Jusqu'au jour où un marchand est passé au couvent, il a parlé de la Champagne et je ne sais pas, j'ai eu ... j'ai eu comme un déclic.
Fallait que j'y aille .... voyez c'que je veux dire ? Non c'est pas très clair hein ... ?
Enfin bref... me voilà, sur les chemin et en bonne compagnie.


Elle lève son verre vers les trois verres comme pour porter un toast.
Et je vous remercie de m'avoir acceptée parmi vous pour ce bout de route ![/rp]

Ptitmec13 a écrit:
[Mai 1461 - Discussions au coin du feu...]

La blondine écoutait, laissant à Shandra le temps de formuler ses phrases, acquiesçant de temps à autres avec un doux sourire. Et oui ça lui arrivait de savoir écouter parfois. De petites gorgées en regard fixant les flammes, de phrases en phrases, elle en apprenait un peu plus sur la jeune femme. Un incident de la vie qui au final devenait la possibilité d'un nouveau départ. Elle en avait rêvé elle-même à vrai dire dans ses mauvais moments. Et puis elle avait tout quitté pour se reconstruire en BA, loin de toutes tracasseries et surtout loin de la connerie humaine faite femme.

Elle lui sourit à nouveau en répondant avec douceur.


Si c'est très clair au contraire. Parfois un endroit nous appelle alors que rien ne pouvait le prévoir.


Dernière gorgée de calva avalée, elle se ressert un gobelet laissant la flasque à disposition de quatuor féminin.

Quand ma Suzeraine m'a octroyé la Seigneurie de Lasson, ces terres où nous sommes passées il y a deux jours, je n'avais jamais vu la Champagne, vivant dans mon Béarn natal. Amusant n'est-ce pas de se retrouver avec des terres situées à l'autre bout du Royaume sans jamais en avoir foulé le sol. Certes ce n'est pas la même situation et pourtant, je n'ai eu de cesse de vouloir visiter ce Duché. J'ai mis le temps qu'il a fallu mais j'en ai fait le tour complet, m'y faisant des amis au passage.

Gobelet qui remonte une nouvelle fois vers sa bouche et calva qui envahit doucement la gorge. Un sourire aux remerciements reçus.

Oh ce fut avec plaisir. Les routes sont faites de rencontres en tout genre, et autant en profiter pour tisser tout autant de genre de liens, la vie est tellement courte au final. Ma mère me disait toujours que nous ne faisions pas de nouvelles rencontres par accident, que chaque nouvelle personne croisait notre route pour une bonne raison.
Demain nous serons à Sainte Ménéhould. J'ai espoir d'y revoir mon complice, mon ami, mon co_vassal. Je vous le présenterai. Il a vécu il y a longtemps en Champagne avant de venir s'installer en Béarn. Il y est revenu il y a quelques temps. Il connait pas mal de monde. Il pourra peut être vous aider à remettre certains noms sur des visages ou des noms sur des lieux.

Shandra a écrit:
[rp][Mai 1461 - Elle est des nôtres, elle a bu son verre comme les autres ! hips !]


Shan sourit en l’écoutant et hocha la tête en guise de remerciement.
Je vous remercie d’avance alors. Je reconnais que j’avance un peu à l’aveuglette et avoir une aide, quelle qu’elle soit est toujours la bienvenue.

Puis elle songea au lendemain. Elles arriveraient à Ste Ménéhould. Deux jours auparavant elles avaient fait halte à Conflans les Sens, le temps que Louise y fasse … en fait elle ignorait ce qu’elle avait à y faire, elle-même ayant fait le tour des écuries pour essayer de trouver une monture, comme elle l’avait dit au jour de leur rencontre. Hélas, elle n’avait pas compté sur le prix de ces bêtes et même les généreux dons des sœurs du couvent n’avaient pu couvrir l’achat d’un simple baudet.

Elle avait donc fait un tour du village, essayant de voir si des souvenirs lui revenaient, mais hélas, sa mémoire persistait à lui refuser le moindre lambeau de passé. Conflans n’avait rien donné, peut être que Ste Ménéhould …

Et sur cette pensée pleine d’espoir :
Demain est un autre jour, j’ai hâte d’être à Sté Ménéhould, peut être que là-bas j’y aurai quelques visages où quelques lieux à reconnaître. Mais même si ce n’est pas le cas, je ne désespèrerai pas. Je ferais le tour des quelques grandes villes de la région et peut être que dans l’une d’elle … allez savoir. En tout cas Madame vôtre mère a bien raison. Mère Marie-Clémence elle même me répétait souvent : Il y a, au cours de l'existence, des rencontres imprévues et singulières qui sont les dons de Dieu et de son dessein pour nous.

Elle leva une main pour cacher sa bouche alors qu’un bâillement intempestif la prenait..
Pardonnez moi, je crains que votre calva ne m’ait un peu assommé, les sœurs ont rarement ce genre de cordial et à part le vin de messe un peu fadasse …
En tout cas votre dons à vous
lève son verre vide avec un sourire un peu vaseux et cette journée à cavaler me laissent sur les rotules.

Elle haussa les épaules avec un sourire amusé puis s’allongea sur le côté en se couvrant de sa cape.
Je crois que je vous abandonne déjà pour Morphée, alors je vous souhaite une bonne nuit Mesdames.

Et elle ferma les yeux, ses sens s’estompant entre l'alcool et la fatigue de la journée.[/rp]

Ptitmec13 a écrit:
[Mai 1461 - Sainte Ménehould - Ou quand faut y aller faut y aller...]

Les retrouvailles avec son co-vassal d'ébouriffé fut empli de surprises en tout genre et oula que ça faisait du bien de le retrouver, de discuter, de faire des projets ailleurs que dans un campement de joutes.
A leur arrivée en ville, la passagère avait illico quitté le groupe et depuis elle ne l'avait pas revue, durant deux jours, plus de nouvelles. Du coup elle n'avait pu la présenter à Aimelin, pour qu'il l'aide. A vrai dire cela l'embêtait de devoir partir comme ça.
Un moment de réflexion puis elle sortit de sa besace deux parchemins vierges ainsi que son écritoire de voyage. Elle était assise dans un coin de l'a taverne "Les petits cailloux" et sa plume glissait frénétiquement sur le velin.
La première missive fut pour sa passagère.


[rp]Bonsoir Shandra,

Voilà deux jours que nous ne nous sommes plus croisées et donc que je n'ai pu faire ce dont je vous avais parlé, vous présenter à mon ami.
Je dois reprendre la route dès ce soir, mon passage en Artois ayant été autorisé. Cela dit, j'ai laissé un message à mon très cher ami. Vous pourrez le rencontrer à l'Auberge "Les Petits Cailloux" sur la place du village. Il se prénomme Aimelin, et avec sa fiancée il vous accueillera les bras ouverts. Surtout n'ayez aucune hésitation.

Je vous souhaite une bonne continuation dans votre quête de la mémoire et surtout tout plein de bonnes choses.
J'ai été plus que ravie de faire votre connaissance, soyez en persuadée.

Amicalement,
Ptit
[/rp]

On saupoudre pour sécher l'encre, on roule le parchemin et.. et.. Ha mais non.. Même si la louve était le meilleurs moyen pour la retrouver, elle ne pouvais l'y envoyer seule. Elle se souvenait du mouvement de recul la première fois où elle l'avait vue et Ptit ne pouvait être persuadée qu'en la voyant seule elle ne prendrait pas ses jambes à son cou. Son regard, dubitatif, se posa sur Néa.
Elle se leva enfin et siffla pour que le fauve la suive. Prenant 5 écus dans sa poche elle avisa un gamin qui jouait non loin de la taverne. Elle s'approcha de lui et se mit à son niveau.

Bonjour toi, ça te dirait de gagner 5 écus? Le gamin acquiesça volontiers avec un large sourire.
Tu vois ma chienne? Oui je sais elle ressemble à un loup mais faut pas t'inquiéter d'accord? Le oui de la tête fut moins franc pour le coup.
Elle va te guider à une personne et tu lui donneras ce message. D'accord? Tu as bien compris? Tu suis Néa, oui elle s'appelle Néa, jusqu'à une dame qui se nomme Shandra et tu lu donnes ce parchemin. Le gamin fit signe une nouvelle fois de la tête qu'il avait compris.
Consignes furent murmurer à l'oreille de la louve de trouver la dame aux carottes. Ptit regard ensuite le duo s'éloigner, louve en tête, gamin qui suivait en gardant ses distances ce qui fit sourire la blondine.

Elle retourna à l'intérieur de la taverne et s'attaqua à la seconde missive.


[rp]Salut Beau brun

J'ai reçu l'autorisation de traverser l'Artois je file donc avant qu'ils ne changent d'avis. De toutes façons je repasserai par Sainte Méné au retour, espérant que tu y sois encore avec Alie.
J'aurais souhaité te présenter ma passagère, la jeune femme que j'ai intégré au groupe en chemin. Elle a perdu la mémoire et elle cherche tout ce qui est possible de la lui faire retrouver. Elle n'avait qu'une idée en tête, venir en Champagne. Comme je sais que tu y as longtemps vécu, je me suis dit que tu pourrais l'aider, voire même que tu la connaissais peut être. Je lui ai envoyé un message pour lui dire qu'elle pouvait venir te trouver à ton auberge. Elle se prénomme Shandra. Je te la confie. C'est une personne très agréable et j'ai vraiment apprécié voyager en sa compagnie.

Voili voilou, j'espère te revoir très bientôt.
Je t'embrasse très fort et j'espère que tu n'as pas défait ta tresse.
Bises à Alie aussi bien sur.
Prenez bien soins de vous.
Belle blonde.
[/rp]

Maintenant, trouver un endroit évident pour que l'ébouriffé trouve le message au premier coup d’œil? Elle tourne lentement détaillant chaque recoin de la taverne et s'arrête les yeux sur la pile de chopes frappées aux armes de la Champagne. Là!!! C'était évident que le nombre de ces chopes était vérifié chaque matin. Parchemin roulé et maintenu avec le même lien de cuir que celui qui tenait serré la tresse faite la veille sur le crane du beau brun, elle le posa en long en travers de plusieurs chopes.
Elle rassemble ses affaires et après un dernier regard sort dans la nuit noire pour rejoindre la petite troupe, la louve revenue de sa mission y compris, et repartir au galop.

Aimelin a écrit:
[Mai 1461 – le lendemain matin]

"C'est comme quand on retombe un jour
Sur une photo ancienne
Le papier a un peu jauni
Mais les couleurs reviennent
Alors on fait les yeux fermés
Un retour en arrière "
(Fiori - Marseille)



Les mirettes grises fixaient la fine tresse qui avait été attachée par un petit cordon de cuir sur la droite de ses cheveux ébouriffés, tandis que le jeune Bailli finissait d’attacher les derniers liens de sa chemise claire. Un sourire étira ses lèvres avant qu’une mimique perplexe ne s’affiche sur sa bouille mal réveillée.

me voila bien pour aller au castel avec une tresse.
Enfin avec un peu de chance personne ne remarquera. Elle n’est pas si grande que ça.


Il avait murmuré en secouant la tête, se remémorant leurs retrouvailles et la danse dans laquelle il avait entrainé la Poursuivante d'Armes de Minerve. Ils avaient ri comme des gosses heureux de se retrouver sous le regard amusé de sa blondinette. Et puis Célénya s'était mise en tête de lui faire une petite tresse dans ses cheveux ébouriffés, et de la terminer par une petite lanière de cuir afin d'apporter la petite touche finale à son oeuvre.
Il se retourna et regarda quelques instants la belle endormie qui ne semblait pas vouloir quitter le pays des songes. Quand pourraient ils enfin vivre ailleurs qu’à Reims ou dans une armée ? Reims… s’il aimait la Champagne il ne supportait plus cette ville où par la faute d’un sans honneur, se nourrir sans se ruiner relevait de l’exploit. Il attrapa son pourpouaint de cuir marron qu’il enfila sur sa chemise, et s’assit quelques secondes sur le bord du lit contemplant le visage apaisé d’Aliénor avant de rapprocher doucement son visage pour déposer un baiser sur son front. Cette levée de ban lui causait soucis même s’il n’en parlait pas. Laissant échapper un léger soupir il se leva, attrapa son ceinturon muni du fourreau qui abritait son arme et sortit doucement de la chambre qu’ils occupaient à l’Auberge des Petits Cailloux.
Son regard balaya les lieux lorsqu’il fut au bas de l’escalier et il salua la brave Lucienne d’un sourire alors qu’elle s’affairait à ranger de bon matin et lui avait déjà préparé son coin de table. Et comme à son habitude, avant d’aller s’installer pour se remplir l’estomac avant la journée, il se dirigea vers les chopes avant de marquer un temps d’arrêt lorsque ses yeux se posèrent sur le parchemin roulé avec un lacet de cuir.

Son épée déposée comme à son habitude derrière le comptoir, c'est avec un petit sourire étonné qu'il prit le message et le déplia tout en se dirigeant vers sa table avant de s’arrêter et de regarder ce mot que la belle blonde avait écrit… Shandra.


ce n’est pas possible... Shanle murmure lui avait échappé, et une deuxième lecture dut le convaincre qu'il avait bien lu, avant d’aller s’asseoir et de tourner son regard vers la fenêtre ouverte qui laissait entrer la fraîcheur de ce matin de mai.

ça ne peut pas être elle, elle a disparu depuis plusieurs années.

Comment oublier le départ de la blonde Shan alors que tout s’écroulait autour de lui. C’était forcément quelqu’un qui avait le même prénom, même s'il n'était pas courant. Ca ne pouvait être que cela, le même prénom. Ne pas espérer, ne pas être déçu lorsqu’une étrangère se présenterait à lui en prononçant ce nom.
Son regard se posa à nouveau sur le parchemin qui tremblait légèrement entre ses doigts. " Elle a perdu la mémoire et elle cherche tout ce qui est possible de la lui faire retrouver. Elle n'avait qu'une idée en tête, venir en Champagne........... Elle se prénomme Shandra."


Et si c’était vraiment elle ? d’étranges sensations lui trituraient le ventre, la peur mêlée à l’impatience de voir ce visage et d’être fixé une fois pour toute, et puis l'envie de ne pas la voir pour ne pas être déçu de voir un visage étranger. Ne pas espérer quelque chose qui n’était peut être pas. Il posa le parchemin à côté de son godet qu’il attrapa, sourit aux derniers mots de Célénya concernant sa tresse qu’il n’avait pas l’intention d’enlever et s’adressa à Lucienne.

Une jeune femme risque de venir elle se prénomme Shandra.
Dites lui que je serai là vers le moment où le jour finit, et préparez la chambre à côté de celle de ma soeur si elle veut rester ici
avant de murmurer si c’est celle que je connais, elle est ici chez elle.

Son travail l'empêcherait de trop penser, et puis il fallait qu'il parle de tout ça avec sa blonde. Il lui avait déjà parlé de ses amis du passé que connaissait aussi Magdeleine, sa mère, et elle savait l'importance que ça avait pour lui. La journée allait lui sembler interminable.

Shandra a écrit:
[rp] [Mai 1461 - Sainte Ménehould - Le dormeur doit se réveiller... ]

Les dernières lieues pour arriver à Ste Ménéhould lui avait parues longues et pesantes. Tape-fesse semblait prendre un malin plaisir à s'agiter plus que de coutume, peut être le fait d'arriver bientôt à l'écurie ? A moins que ce ne fut le calva de Célénya la veille ? Ou alors tout à la fois. En tout cas, elle se sentait vaseuse et l'air printanier de ce jour n'y changeait strictement rien.

Arrivant enfin à Ste Ménéhould, elle descendit de sa monture et fouillant son ballot donna un restant de vieille carotte à la jument de bât qui l'avait portée. Puis elle remercia ses compagnes de routes de l'avoir menée jusque là. Elle savait qu'elles continuaient vers l'Artois, donc leur voyage commun s'arrêtait ici, à son plus grand regret.
Elle les salua donc et promit de les retrouver plus tard, le temps de faire un tour dans la ville qui lui semblait bien grande comparée à d'où elle arrivait qui elle, ne comptait, en tout et pour tout, entre village et couvent, que 38 âmes. Elle y compris.

Ste Ménéhould lui semblait peu accueillante, mais à dire vrai, cela venait plus probablement du fait qu'après quelques minutes de marche, son état vaseux du matin se transformait petit à petit en gros coup de fatigue. Elle se sentait nauséeuse et frigorifiée. Pas en forme quoi.
Se sentant de plus en plus fourbue, elle entra dans la première auberge qu'elle vit et y demanda une chambre, essayant de garder une attitude « normale » pour ne pas se faire jeter hors de l'établissement. Reconnaissez qu'accueillir quelqu'un avec mauvaise mine n'était pas de bonne augure pour quelque établissement que ce soit. Elle paya 3 nuits d'avance, puis monta enfin à la chambre qui lui fut allouée par un homme qui ne sembla pas faire grand cas d'elle, et tant mieux.

Elle y entra et pensant qu'un petit somme lui ferait le plus grand bien, s'allongea sous la couverture en mâchouillant une herbe tirée de son sac. Elle ne s'en rappelait plus le nom, mais sœur Marie-Edwige la lui avait fourrée dans sa bourse avec ses herbes aromatiques en lui disant qu'elle serait bénéfique pour les grands coups de fatigue.

Bref, elle s'endormit là-dessus et ne se réveilla qu'au soir. Enfin le pensa t'elle. Par la fenêtre elle voyait que la nuit était tombée. Elle mourrait de faim alors elle piocha dans son ballot, ce qui lui restait de comestible et pas trop sec, un crouton de fromage et un reste de morceau de pain que lui avait généreusement donné Célénya. Elle resta ensuite allongée sur son lit un moment écoutant les bruits alentours. Mais bon, vu le silence dans l'auberge, elle réalisa que les clients avaient du en partir depuis un petit moment. Il devait être tard.

Elle s'approcha de la fenêtre en entendant un bruit dehors, poussa légèrement le rideau et nota que la lune déjà se couchait et que le soleil bientôt ne tarderait pas. Ce devait donc être le petit matin. Le bruit entendu était en fait le cliquetis des armes et armures de la patrouille de la ville qui passait sous ses fenêtres. Elle revint à son lit et s'y allongea, espérant dormir jusqu'au petit déjeuner qu'elle prendrait ici. Après tout un bol de lait avec une miche de pain encore chaude et du beurre frais serait un luxe qu'elle n'avait pas eu depuis longtemps.

Elle somnola finalement jusqu'à une heure bien avancée de la journée et se leva de nouveau affamée. Elle se changea prestement, autant rester présentable tout de même, puis descendit dans la salle principale de l'auberge. Elle commanda et paya un repas à l'aubergiste qui la regarda bizarrement, mais n'en tenant pas compte elle s'installa à une table et commença à réfléchir à ce qu'elle allait faire. Le tavernier lui amena sa commande et au lieu de s'éloigner comme tout bon tavernier qui a largement à s'occuper avec ses verres sales, il resta là, à la regarder. Elle haussa un sourcil …
oui ? Aurais-je oublié un écu dans le montant ?

L'homme secoua la tête :
Non ma bonne dame, y'a juste que vous z'êtes pas sortie d'vôt'e chambre d'puis plus de 2 jours … 'lors j'me d'mandais si c'est qu'vous z'êtes pas malade, parce que les malades ici on en veut pas, c'est pas bon pour les affaires !
Il termina son envolée, le regard un peu sévère.

Shan resta un moment abasourdie … Plus de deux jours … elle avait dormi au moins deux jours ! Bon sang ! Les herbes de sœur Marie-Edwige étaient sacrément fortes...
Puis elle songea à Célénya et se dit qu'il ne faudrait pas qu'elle tarde à la retrouver ... avant de s'apercevoir que le tavernier continuait à la fixer de plus en plus agacé d'attendre.


Euh... non ! Non ! Je ne suis pas malade, je voyage depuis plus de 10 jours et je crois que j'ai surtout eu besoin de récupérer dans un bon lit. Qui était absolument parfait, confortable et accueillant et ... propre et ... très bien quoi ...essaya-t'elle de le convaincre avec un sourire.

Le tavernier grommela un vague mmmm.... avant de s'éloigner plus ou moins suspicieux.

Shan haussa les épaules en soupirant de soulagement de ne pas se retrouver à la rue, puis reprit le cours de ses pensées en commençant à manger, se régalant de ragoût chaud, de pain frais et de lait en guise de boisson. Une fois son repas achevé, repue comme elle ne l'avait été depuis longtemps, elle sortit de l'auberge avec un grand sourire confiant au tavernier qui la salua quand même d'un signe de tête, lui accordant le bénéfice du doute.3 Elle commença par arpenter les rues, essayant de se repérer et peut-être de retrouver Célénya et ses compagnes de route.
La nuit serait bientôt là, il fallait qu'elle se presse. Plus de deux jours qu'elle dormait, ses compagnes de route avaient du croire qu'elle les lâchait comme ça sans un mot … elle grommela d'agacement après elle-même mais s'arrêta en voyant la louve de Célénya s'avancer vers elle. Si Néa était là, il y avait une chance que Célénya soit encore en ville. Aux basques de la louve, un jeune garçon qui suivait l'animal à distance. Shan s'arrêta et la louve également, à deux mètres l'une de l'autre.
Euh... bonjour Néa … saurais tu me dire où je puis trouver ta maitresse ?

Elle soupira devant le regard silencieux de l abête. Non elle ne lui dirait pas où se trouve sa maitresse. Elle regarda ensuite le garçon qui attendait quelques pas plus loin. Il se trémoussait d'un pied à l'autre en regardant à tour de rôle l'animal puis Shandra. Il demanda, de loin toujours :

Vous la connaissez ? Vous z'y seriez pas madame Shandra p'têt ?
Elle acquiesça étonnée et il se dépêcha de lui fourrer un pli dans la main, le tout sans un mot et après avoir bien contourné Néa, avant de filer sans attendre.

Shandra ouvrit le pli et regarda en premier la signature.

Ah ben quand on perle du loup, sans vouloir t'offenser Néa hein ... Voyons ce qu'elle me dit... disparue pendant 2 jours ... oui je sais je suis une grosse flemme j'ai roupillé ... moi qui lui avait dit que je les rejoindrais plus tard …pour qui je passe sacré nom d'une pipe en bois ! Elle lâcha un petit soupir résigné et reprit sa lecture.

La louve voyant que la jeune femme lisait sans problèmes (il ne lui manque vraiment que la parole à cet animal ! ) s'éloigna rapidement retrouver sa maitresse, à moins que ce ne fut pour aller chasser dans les bois alentours.

Lisant un mot sur deux à voix haute ... vous présenter à mon ami... reprendre la route dès ce soir... ah bah bravo Shan tu les as loupées, elles sont surement reparties déjà... l'Auberge "Les Petits Cailloux" ... la place du village... se prénomme Aimelin... fiancée ... n'ayez aucune hésitation.


Shan releva la tête et regarda autour d'elle réfléchissant et regardant un bout de rue plus loin murmura :
Bien bien bien … alors la place du village, ça doit être euh … voyons par là-bas …

Elle se perdit un peu dans les ruelles et arrivée dans une énième ruelle elle se s'énerva contre elle-même: bon sang j'étais sûre que c'était par là, cette rue y mène j'en suis sûre …
Elle s'arrêta net, déconcertée. Mais oui je connais cette rue … je suis déjà venue ici … Elle regarda mieux les détails autour d'elle, même si le jour commençait à bien baisser, ici un pignon de maison et là un jardin à côté de la maison avec des légumes qui commençaient à sortir de terre. Elle fronça les sourcils essayant de se rappeler. Et là, une sensation étrange la parcouru quand elle revit la maison dans ses souvenir, sauf que les volets étaient moins abimés par le temps évidemment. Elle commença à sourire. Elle connaissait la ville …

A partir de là, elle s'avança, pleine d'espoir, laissant le hasard (ou autre chose ? ) la guider. Elle regardait avidement ce qui l'entourait essayant de se souvenir d'autres choses. Et elle arriva effectivement à la place du village sans plus avoir d'autre souvenir malheureusement.

Là elle avisa la taverne des petits cailloux de l'ami " Aimelin " de l'autre côté de la place et s'en approcha, rangeant le courrier de la femme dans une poche de son vêtement.

La nuit commençait à bien tomber à présent, les marchands rangeaient leurs étals ou fermaient les volets de leurs échoppes. Seules les fenêtres et les portes de la taverne restaient ouvertes et lumineuses. Elle s'en approcha et regarda à travers une des fenêtres.

Elle vit quelques visages sans reconnaître quiconque, mais elle n'avait pas vraiment un bon point de vue.

Elle s'approcha donc de la porte et la poussa tranquillement avant d'entrer. Un bouquet de bonnes odeurs de ragoût et de bière ainsi que le bavardage diffus des clients l'accueillirent. Elle s'approcha du comptoir et s'adressant à la femme qui s’y trouvait derrière demanda avec un sourire :


Ahemm... Pardonnez moi, pourriez vous me dire où je peux trouver le propriétaire de cette taverne, Messire Aimelin ?

[/rp]

Alienor_vastel a écrit:
[Mai 1461 - Sainte Ménéhould, Auberge des Petits Cailloux]

La clé tourna dans la serrure, enclenchant le pêne dans un bruit métallique et fermant la porte de la boulangerie qui resterait close pour une durée indéterminée. Les fours avaient été éteints, faute de combustible pour les alimenter. Ils n'avaient été rallumés que quelques jours depuis leur retour, épuisant le stock de bois qu'Aliénor avait conservé par devers elle et les quelques stères qu'elle avait réussi à se procurer.
Juste le temps pour Grégoire, l'homme à tout faire de Lesmont qu'elle avait fait venir à Sainte pour l'occasion, de pétrir et cuire quelques fournées sous la supervision de la blondinette pour fournir les habitants et voyageurs de passage, et l'auberge.

Grégoire s'en était retourné au Domaine, et Aliénor l'avait suivi du regard alors qu'il quittait le village jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une silhouette ténue sur le chemin. Avant d'être à son service, il avait été apprenti dans la boulangerie de sa défunte mère, apprenant le métier auprès d'elle, et ses secrets. A y bien songer, il devait être le seul encore vivant à détenir la recette des fameuses -en leur temps- madeleines au calva de la Dame de Pomponne. Une recette que sa fille n'avait pas voulu apprendre, et encore moins mettre en oeuvre, tant dans son esprit elle était liée à ce fantôme qui la hantait encore parfois, malgré sa vie, malgré la famille qu'elle s'était choisie, malgré l'avenir qui s'annonçait.
Mais regarder vers l'avant n'empêchait pas de parfois songer au passé, bien au contraire même, ce passé faisait ce qu'elle était, dictait inconsciemment ses choix.

Elle partageait cet état d'esprit avec Aimelin, et alors qu'elle prenait la direction de l'auberge, de leur "chez eux", hâtant le pas pour y rentrer avant que le soleil n'ait totalement disparu derrière l'horizon, un petit sourire apparut sur son visage en songeant que c'était l'un des points qui les avaient rapprochés. Lui aussi avait ses fantômes, et si pour la petite blonde, compiégnoise d'origine et qui n'était jamais venue à Sainte avant son retour en Champagne deux ans et demi auparavant, ils reposaient dans sa mémoire, pour le jeune homme ils étaient aussi présents dans les lieux, les rues, les maisons du village où il avait déjà vécu avant qu'ils ne décident de s'y installer.
Le lac, le moulin, ou encore, sur le chemin qui menait à ce dernier, cette maison aux volets clos, autant d'endroits chargés de souvenirs pour son fiancé, des fantômes avec lesquels il avait enfin fait la paix lorsqu'ils avaient séjourné ici à l'été 59, mais qui resurgissaient parfois à la faveur d'une balade, d'une conversation.

La main posée sur la poignée de l'huis de l'auberge, la jeune fille se prit à songer avec une pointe d'amertume que, ce séjour deux ans auparavant avait été finalement le plus long qu'ils aient fait au village. Et pourtant, à cette époque, ils n'en étaient pas encore résidents, juste des voyageurs. Du Béarn pour lui, de Troyes pour elle, refuge après un court passage à Compiègne où elle n'avait pu rester, étouffée par les souvenirs que sa ville natale faisait remonter en elle.
Ce n'était que quelques semaines plus tard, après avoir rejoint l'armée de la Duchesse de Brienne à Conflans et en remontant vers le nord de la Champagne, qu'ils avaient décidé d'y poser leurs bagages. Depuis, ils n'y avaient fait que quelques pauses de quelques jours avant de repartir. Et d'ailleurs, une fois de plus ils ne resteraient pas longtemps, et elle pensa en soupirant que bientôt ils leur faudrait regagner la capitale pour assurer leurs tours de garde.

La porte fut finalement poussée et la jeune fille accueillit avec bonheur le léger brouhaha des clients, un éclat de rire, les effluves d'un civet. Un sourire aux lèvres, elle ôta sa cape, balayant la salle du regard. Ne pas penser à demain, mais profiter de l'instant présent, de celui-ci, où elle rentrait chez elle, chez eux.
Un signe de la main pour saluer les habitués, quelques mots échangés, une plaisanterie accompagnèrent son avancée vers l'escalier qu'elle gravit pour rejoindre leur chambre après avoir demandé à Lucienne de lui préparer le souper.
Elle l'aurait bien fait par elle-même, tout comme elle aurait bien aimé jouer à la tavernière, mais Maltea lui serinait suffisamment que c'était dérogeance que de travailler, et elle ne souhaitait pas la contrarier outre mesure en ce moment, la blonde duchesse ayant déjà du mal à digérer le pépin qui se développait dans le ventre de sa fille adoptive.

Lorsque, quelques instants plus tard, après s'être débarrassée de sa cape et avoir passé un coup de brosse dans ses cheveux que le vent avait emmêlés, elle redescendit, une écuelle fumante et une chope emplie l'attendaient sur une table, préparées par la brave femme.
Passant à côté du comptoir, une phrase la fit s'arrêter, intriguée.


Ahemm... Pardonnez moi, pourriez vous me dire où je peux trouver le propriétaire de cette taverne, Messire Aimelin ?

Son regard s'attarda sur la jeune femme qui s'adressait ainsi à Lucienne et demandait après son fiancé ; une inconnue, du moins il ne lui semblait pas l'avoir déjà croisée dans les rues de Sainte, blonde, étrangère de passage peut-être.
La réponse de Lucienne ne se fit pas attendre


Messire Aimelin n'est pas encore rentré mais il ne devrait pas tarder, il m'a dit ce matin qu'il serait de retour vers la tombée de la nuit.

Aliénor fit alors les quelques pas qui la séparaient des deux femmes, prenant la parole sourire aux lèvres, une lueur de curiosité venant faire briller ses pervenches.

Peut-être puis-je vous aider ? Je suis Aliénor, sa fiancée.

Et désignant de la main la table où était disposé le repas, elle ajouta

Voulez-vous partager le souper avec moi ? Cela nous fera à toutes deux un peu de compagnie en l'attendant.


Dernière édition par Aliénor le Jeu 6 Juin - 10:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] Où l’on commence une nouvelle vie.   Jeu 6 Juin - 10:27

Shandra a écrit:
[ Mai 1461 – Auberge des Petits Cailloux - Ste Ménéhould ]

Messire Aimelin n'est pas encore rentré mais il ne devrait pas tarder, il m'a dit ce matin qu'il serait de retour vers la tombée de la nuit.

Shan hocha la tête avec un sourire et juste après avoir remerciée la tavernière, entendit une voix de femme, teintée d’une pointe de curiosité derrière elle et … s’adressant à elle ?

Peut-être puis-je vous aider ? Je suis Aliénor, sa fiancée.

Elle se retourna et vit une belle jeune femme, blonde comme les blés, le regard franc et avenant, lui sourire et effectivement lui parlant à elle.
Euh … enchantée Dame Aliénor. Je m'appelle Shandra et... je ne crois pas connaître encore votre fiancé, enfin je ne pense pas.

Voulez-vous partager le souper avec moi ? Cela nous fera à toutes deux un peu de compagnie en l'attendant.


Elle regarda la table que lui désignait la jeune femme et avec un sourire lui répondit :
Je ne voudrais pas vous déranger. Mais le temps d'attendre votre fiancé … bien volontiers, je vous remercie.

Malgré sa collation de tout à l’heure, elle se voyait bien encore grignoter un petit quelque chose. Après tout, après plus de 10 jours de routes et plus de deux jours à roupiller, son corps lui criait à cor et à cri de reprendre des forces et donc de se bâfrer copieusement chaque fois que l’occasion s’en présenterait, ce qui semblait être le cas présentement.

Elle s’installa donc en face de la jeune femme, dos à la porte, un peu gênée tout de même. Celle-ci lui semblait de condition assez aisée et avec sa vieille cape et ses vêtements un peu froissée, Shan ne se sentait, pour l’heure, pas très à l’aise.  Elle se tortillait les mains sous la table en regardant tout autour d’elle, réfléchissant à tout allure. Pour un peu, on aurait pu voir ses oreilles fumer, tandis que ses joues étaient un peu rosies d’embarras. La décoration de la taverne était sobre mais soigneuse, les clients tranquilles, et la tavernière derrière sont comptoir efficace et appliquée. Son regard revint sur la jeune femme en face d’elle et ses réflexions reprirent de plus belle.  "bon alors elle a de beaux vêtements hein, si c’est la fiancée de cet Aimelin, elle doit être aussi la patronne de cette taverne, surtout Shan pas de boulette, tiens toi bien et sois polie "


Entre-temps la tavernière, en entendant sa patronne, avait amené à Shan une écuelle fumante et odorante à souhait, ainsi qu'une chope bien remplie, le tout agrémenté de pain frais. Shan la remercia d'un sourire puis regarda Aliénor.

Comme je disais, je m’appelle Shandra et à ce qu’on m’a dit Messire Aimelin, pourrait m’aider, enfin …
Mais attendez, je vais vous montrer …un instant je l'ai là... !


Et là elle commença à retourner ses poches, un caillou ici, très joli au demeurant, c’est pour ça qu’elle l’avait gardé, là un lacet de cuir, on sait jamais ça peut servir, un sourire embarrassé sur un visage aussi embarrassé, un petite pelote de ficelle, pareil, ça peut toujours servir, et finalement elle sortit un papier de sa poche, l’air ravie.

Je le tiens !

Elle reprit vite toutes ses affaires qui avaient atterris sur la table pour les remettre dans une poche et releva la tête vers Aliénor, qui la regardait faire. Shan était un chouilla gênée, mais on va dire que personne n’a rien remarqué hein :

Je … ahem… voilà je … c’est Dame Célénya qui m’a dit de passer voir messire Aimelin… qu’il pourrait peut être m’aider vu qu’il connaît du monde ici, elle m’a dit. Alors elle m’a laissé ce mot…vous la connaissez peut-être … bon là elle a du repartir vers l’Artois à ce qu’elle m’a dit. Mais …euh … bref … elle m’a dit de passer voir Messire Aimelin et comme je ne connais personne ici, enfin je crois… donc voilà

Shan se sentit rougir sous le regard d'Aliénor. Elle posa le papier sur la table et doucement le poussa avec un doigts vers elle. Ensuite ne sachant que faire de ses mains (c’est fou ça, elle en a deux et dix doigts en prime, et ne sait pas où les ranger parfois) elle épousseta la table, là où elle avait posé le contenu de ses poche, puis prit un bout de pain qu’elle commença à émietter dans son écuelle. Ses pensées s’emballèrent à nouveau. Et si la dame là, l’envoyait bouler, comme quoi son fiancé avait d’autres occupations plus importantes que perdre du temps avec une inconnue, mal fagotée et sans manières, hein ? Bref, Shan était, comme on dit, dans ses petits souliers …

Alienor_vastel a écrit:
[Mai 1461 - Sainte Ménéhould, Auberge des Petits Cailloux]

    "Une coïncidence n'est qu'une explication qui attend son heure" - Kate Atkinson


Une légère grimace s'afficha sur le visage de la blondinette à la réponse à sa prime question. Réponse dont elle n'avait retenu que ce "Dame" qui avait une fâcheuse propension à la chafouiner.
Consciente que sa moue pouvait être mal interprétée, comme une distance hautaine avec son interlocutrice, ce qu'elle ne souhaitait pas, elle se hâta d'expliquer à mi-voix et avec un petit sourire complice, alors qu'elles se dirigeaient vers la salle après que la jeune femme ait accepté sa proposition de partager table et repas


Je vous en prie, Aliénor suffira. Ajoutant dans un petit rire J'ai toujours la sensation, lorsque l'on m'appelle "Dame", que l'on s'adresse à une vieille rombière !

C'est vrai quoi, du haut de ses dix-sept années, elle avait bien le temps de s'entendre qualifier de la sorte !

S'asseyant, elle jeta un bref regard en direction de la porte qui lui faisait face, mais celle-ci restant close, ses pervenches revinrent vers la jeune femme. Cette dernière observait les lieux, et son attitude, gênée, embarrassée, étonna Aliénor qui se demanda alors si elle avait fait quoi que ce soit pour la mettre mal à l'aise. Certes, elle avait toujours vécu dans une certaine aisance, fille de nobles et noble elle-même, mais jamais elle n'avait fait usage de son statut pour prendre les gens de haut. Si elle pouvait parfois se montrer arrogante, froide ou dédaigneuse envers quelqu'un, la raison n'en était pas qu'ils ne se fournissaient pas chez le même tisserand ou qu'elle avait la chance de ne pas avoir à travailler pour gagner sa vie, elle ne s'attachait pas à cela, mais en réponse à un comportement qui lui avait déplu, et pour l'heure, ça n'était pas le cas. Bien au contraire, la jeune femme semblait comme perdue, et face à cela, son envie était de l'aider plutôt que de l'envoyer balader.

Elle la laissa tranquillement à son examen des lieux, ne voulant la désorienter davantage pour l'instant en l’assommant de questions et de bavardages. Chaque chose en son temps.
Ce fut la jeune femme qui la première brisa le silence après que la tavernière ait déposé devant elle de quoi se sustenter, en se tournant de nouveau vers la petite blonde.


Comme je disais, je m’appelle Shandra et à ce qu’on m’a dit Messire Aimelin, pourrait m’aider, enfin …  

Eh bien, enchantée de vous connaître, Shandra, et bienvenue à Sainte et aux "Petits Cailloux" ! Ainsi que l'a dit cette brave Lucienne, Aimelin devrait rentrer bientôt, vous pourrez ainsi lui expliquer votre souci.

Mais attendez, je vais vous montrer …un instant je l'ai là... !

Et pendant que la jeune femme fouillait ses poches et en sortait des objets divers et variés sous le regard amusé d'Aliénor, la blondinette après avoir émis un petit Désolée je commence tant que c'est chaud, j'ai trop faim ! en profita pour satisfaire son appétit-fallait qu'elle mange pour deux paraissait-il et elle ne s'en privait pas- en se saisissant d'un morceau de pain qu'elle fit tremper dans la sauce du ragoût avant de le porter à sa bouche pour le savourer, passant sa langue sur ses lèvres pour en recueillir les quelques gouttes qui s'y étaient attardées.
Un sourire s'afficha de nouveau sur son visage en voyant Shandra brandir enfin un morceau de papier tel un trophée avant de remballer caillou, lacet et ficelle qui l'avaient précédé.

Posant les coudes sur la table, le menton appuyé sur ses doigts entrelacés, elle écouta les tentatives d'explications de la jeune femme, opinant du chef ça et là en signe d'acquiescement, avant de s'exclamer avec un franc sourire.


Ah ! C'est donc vous, la "passagère" de Célénya ! Elle nous a effectivement parlé de vous, du fait qu'elle vous avait rencontrée sur le chemin et vous avait proposé de vous joindre à elle et ses compagnes de voyage. Il est toujours plus prudent de voyager en groupe, l'on ne sait jamais qui l'on peut croiser sur les routes.
En effet, elle est repartie en direction de l'Artois et...


... et tout cela ne lui expliquait pas pourquoi elle voulait voir Aimelin. Mais si Célénya avait adressé Shandra au jeune homme, il devait y avoir de bonnes raisons et en définitive elle n'avait pas besoin d'en savoir davantage. Et elle ne regrettait pas l'impulsion qui l'avait poussée à lui proposer de rester l'attendre ici avec elle, au moins la jeune femme serait sure de ne pas le rater lorsqu'il rentrerait.

Son regard s'attarda sur le papier poussé vers elle, hésitant à en prendre connaissance. Mais curieuse un jour, curieuse toujours, elle termina néanmoins de le faire glisser vers elle, et ses pervenches parcoururent les lignes qui y étaient couchées.
S'attardant sur une phrase qui donnait tout leur sens aux hésitations de la jeune femme, à ses doutes exprimés sur le fait qu'elle croyait ne connaître personne ici.

Les yeux toujours fixés sur le contenu de la missive, elle murmura...
"votre quête de la mémoire" avant de relever le visage pour observer Shandra avec davantage d'acuité.

Si je comprends bien... vous cherchez à vous souvenir... de quoi elle n'en savait trop rien, tout ceci était réellement bien confus... et Aimelin pourrait vous aider pour ce faire...

Les sourcils légèrement froncés, elle ne quittait pas son vis-à-vis du regard. Un déclic venait de se faire dans son esprit, le prénom sous lequel la jeune femme  s'était présentée ne lui était pas inconnu, à double titre.
Tout d'abord pour l'avoir lu dans le journal de sa défunte mère qui avait côtoyé une dénommée Shandra au Comité des Fêtes avant que celle-ci ne lui en confie les rênes. Aliénor était trop jeune alors pour l'avoir connue, mais cette époque de la vie de la dame de Pomponne était marquée par l'insouciance et la légèreté, bien loin de l'image que sa fille avait gardée de la femme triste et résignée qu'elle était devenue par la suite.

Et puis surtout, cette même Shandra, Aimelin lui en avait aussi parlé. L'amie avec laquelle il avait partagé des bons moments, et des plus dramatiques, ici à Sainte-Ménéhould, celle avec qui il avait quitté la Champagne pour rejoindre les terres béarnaises où il s'était installé. Celle dont il était sans nouvelles depuis longtemps, et qu'il pensait morte comme tant d'autres de son passé champenois.

La coïncidence était décidément troublante. Quelles étaient les probabilités pour que ce soit justement cette Shandra-là qui se trouve à l'instant présent face à elle ? Infimes... Coïncidence, hasard ou autre chose, elle n'aurait sur le dire, et se rendant compte que son attitude pouvait ajouter au malaise de la jeune femme, elle se reprit et un sourire bienveillant vint alors remplacer son air déconcerté.


Célénya a eu raison de vous adresser à Aimelin. Il a vécu en Champagne il y a quelques années avant de partir pour le Béarn puis de revenir il y a deux ans. Il a de nombreuses relations, et je suis certaine qu'il pourra vous orienter vers des personnes susceptibles de vous aider dans... votre quête.

Elle s'avançait un peu, quoique connaissant son fiancé elle ne doutait pas qu'il acquiescerait à la demande. Pour l'heure, il suffisait d'attendre son retour, qui en outre répondrait aux questions qui venaient d'assaillir la jeune fille après ce qu'elle venait d'apprendre.
Et son regard se détourna un instant de Shandra pour se porter vers la porte qui venait de s'ouvrir.

Aimelin a écrit:
[Ste Ménéhould, auberge des Petits Cailloux - fin mai 1461]

"C'est comme quand on reste
Trop longtemps
A fixer le soleil
On ouvre les yeux doucement
Et les couleurs reviennent
Un peu plus belles"
(Fiori - Marseille)




La journée avait été longue et le parchemin n'avait pas quitté ses fontes, même si son attention avait souvent été distraite par son contenu qu'il se remémorait, fronçant les sourcils ou laissant quelques instants son travail pour partir dans ses pensées. Et puis il s'était laissé submerger par les chiffres et les vélins comme chaque jour et la fin de journée l'avait vu galoper sur le chemin comme pour lui faire oublier ces rêves qui restaient bien souvent inaccessibles. Il avait déjà parlé de Shan à sa blondinette, du moins ce qu'il était raisonnable de raconter sur ce passé qui l'avait fait grandir et devenir sans doute ce qu'il était aujourd'hui. Et puis il savait que Magdeleine la connaissait, comme ses autres amies dont il parlait de temps en temps au gré de quelques souvenirs ou anecdotes.

Tandis qu’il refermait les lourdes portes des écuries jouxtant l’Auberge, Aimelin s’adressa à l’homme à qui il avait remis un de ces petits gibiers qu’il se plaisait à poursuivre sur le chemin qui le ramenait à Sainte, et qui ferait le bonheur de l’homme et son épouse, la Lucienne qui veillait sur les lieux.


Je n’ai eu besoin que d’une seule flèche, Lucienne te fera un bon civet.

Et de le rappeler se tournant à nouveau vers lui.

Mathurin pourrais tu me faire porter une charrette de bois ?
il fait encore frais, la cheminée chante toujours et la réserve diminue bien trop vite
ce sera fait Petit. Cet hiver n’en finit plus …  
j’ai vu quelques plantes nouvelles en chemin, il est bientôt fini


Il le regarda s’éloigner avant de prendre la direction de la porte qu’il poussa, laissant quelques secondes son regard balayer la salle, avant de refermer derrière lui, saluant les quelques personnes présentes puis esquissant un sourire lorsqu’il aperçut Aliénor installée à une table. Il était dans ses habitudes de discuter ça et là, et il ne s’étonna point de la voir avec une jeune femme qui tournait le dos à la porte, et dont il ne capta que vaguement la silhouette, étant préoccupé depuis le matin par ce pli laissé par son amie.

Tout en se débarrassant de sa cape il se dirigea vers la table, posa ses fontes et son vêtement sur la table à côté, et sortit le parchemin roulé qu'il garda dans sa main, avant de se pencher vers sa blonde pour lui déposer un baiser accompagné d’un sourire.


j’ai fléché un beau lièvre sur le chemin, il fera le régal de Mathurin.

Et de tourner son regard vers la jeune femme qu'il n'avait pu encore saluer.

Bonsoir et bienvenue.
je suis Aim…


Les dernières lettres de son prénom ne purent franchir le seuil de ses lèvres lorsque ses prunelles grises se posèrent sur le visage qui s’était levé vers lui.
Pareille ressemblance n’était pas possible et il connaissait ce visage pour l’avoir cotoyé si longtemps. Si ce matin il avait pu douter que quelqu’un puisse porter le même prénom, à ce moment là il n’avait plus de doute sur celle qui se trouvait face à lui. Shan, celle qui lui avait dispensé cent mille conseils à son arrivée au village en mai 55.
Mais les mots ne semblaient pas décidés à le sortir de son silence, et seules ses prunelles grises semblaient murmurer ce prénom qu’il avait peur de prononcer à haute voix de peur qu’elle ne s’évapore. Combien de fois avait il imaginé des retrouvailles avec des personnes chères à son cœur qu’il savait disparues ? Combien de fois s’était il imaginé ces mots qu’il dirait, ces rires ou ces gestes qui s’ensuivraient ? Ce qu’il ressentait à cet instant lui noua la gorge et déposa devant ses yeux un léger voile, tandis qu’un  tremblement imperceptible qu’il ne parvint pas à maîtriser, s’empara de sa main qui tenait le parchemin.

S'il avait imaginé tant de choses à dire, il n'avait jamais imaginé l'effet que cela faisait de se retrouver face à un fantôme de son passé, et un flot d’émotions le submergea sans qu’il ne puisse prononcer un seul mot.

Shandra a écrit:
[rp][Ste Ménéhould, auberge des Petits Cailloux - fin mai 1461]


Shan se détendit enfin en entendant la réponse d’Aliénor. Cependant, ne sachant plus quoi répondre tant elle lui en était reconnaissante et son pain étant déjà émietté dans l’écuelle, elle lui fit un immense sourire et prit sa cuillère. Elle commença à touiller le ragoût et le pain, puis le goûta, hochant la tête de plaisir. Elle relevait le regard vers la jeune femme quand un homme s’approcha tranquillement d’Aliénor et l’embrassa tendrement. Sûrement son fiancé se dit-elle et elle se frotta rapidement la bouche avant de le regarder.

Elle sourit au jeune homme quand il tourna la tête vers elle, sauf qu’à cet instant précis, en le voyant, elle eut un flash, rapide mais très net.

"Flash"
Des flammes … partout des flammes. Elle sentait son cœur se déchirer, battre à tout rompre.
Puis un cri …Son cri. C’était elle qui hurlait. A la mort. Comme une hystérique. De peur. De douleur.
Et puis des bras qui la retenaient… elle se tournait vers l’homme qui la tenait et le frappait, se débattait comme une forcenée pour qu’il la lâchât…
"Fin du flash"


Et cet homme était là en face d’elle …

Bonsoir et bienvenue.
Je suis Aim…


Shandra le regardait, les yeux écarquillés, pâle comme la mort. Sa cuillère éclaboussa la table, tombant dans l'écuelle, quand elle oublia qu’elle la tenait. Elle sentit son cœur battre à cent à l’heure. Des sueurs froides l’étreignaient. Qui était il ? Qu’étaient ces flammes ? Pourquoi se rappelait-elle de ça ? Elle ressentait encore la peur et la douleur qui l’avait étreinte de ce souvenir, sans se rappeler du pourquoi ou du comment ou même du où et du quand. Mais en elle, quelque chose la retenait. Voulait elle savoir ? Cette peur inconsciente qui lui revenait au souvenir de ce flash de mémoire la liquéfiait presque sur place. Elle murmura à peine audible :

Je … vous …  vous étiez là …alors … alors vous me connaissez …

Elle ne put rien rajouter de plus. Elle se leva brusquement, affolée, bouleversée et en même temps si pleine d’espoir, elle ne savait plus vraiment ce qu’elle ressentait, tellement de choses tourbillonnaient dans son esprit. Des millions de questions y affluaient. Elle avait le regard fixé sur Aimelin.
C'est alors qu'une douleur insoutenable lui épreignit la tête, qu’elle se prit entre les mains avec une grimace douloureuse. Un râle lui échappa sans qu’elle s’en aperçoive. Et là rideau ! Son esprit, assiégé par trop d’émotions, de questions, de craintes en même temps que d’espoirs, se déconnecta complètement et elle s’effondra inconsciente.
[/rp]

Aimelin a écrit:
[Ste Ménéhould, auberge des Petits Cailloux - fin mai 1461]

"Il y a des luttes dans mon royaume
Mais elles ne sont pas éternelles
Je ne veux plus être un fantôme
Un simple gamin sans rêves"
(Kirsie - A bout de force)



Il en avait pourtant des choses à lui dire, des choses à lui demander, mais plus un seul mot ne semblait décidé à sortir. Mais tu étais où ! qu’est ce qui t’a pris de disparaitre ! De la colère mêlée à de la joie, et puis cette peur qui remplaça ce flot de sentiments lorsqu’elle le regarda.
Pâle, elle semblait à son tour avoir vu un fantôme et ça n’était pas un regard pétillant et rieur qu’elle lui offrit mais un regard où se devinait quelque chose qui ressemblait à une mauvaise surprise.

Il allait ouvrir la bouche enfin lorsqu’elle se décida à baffouiller quelques mots qu’il ne comprit pas.

Elle le vouvoyait et à cet instant il se rendit compte qu’elle ne le reconnaissait pas. Immédiatement l’image de Marine envahit ses pensées, ses réactions et son attitude lorsqu’ils s’étaient retrouvés face à face à Etampes.


Shan .. c’est moi

Sa phrase n’eût pas plus de succès que la première. Elle se leva d’un bond, une air bouleversé sur le visage alors qu’elle ne le quittait pas des yeux. Il fit un pas en avant lorsqu’elle porta ses mains sur sa tête et poussa un cri, le laissant décontenancé par ce qui se passait sous ses yeux.
Il n’eut que le réflexe de la retenir lorsqu’elle perdit connaissance afin qu’elle ne se retrouve pas sur le plancher de l’auberge, et la seule image qui passa devant ses yeux à ce moment là, fût celle du cloître où elle s’était évanouie pareillement, avant qu’il ne la transporte hors du brasier.
Lui avait il fait peur aujourd’hui ? c’était il trompé ? Ça ne pouvait être ça, il était certain que celle qu’il tenait maintenant dans ses bras en regardant Aliénor n’était autre que son amie disparue.


Shan ouvres les yeux… Shan !

Il regarda autour d’eux, un peu perdu, avant de croiser à nouveau les pervenches de sa blondinette et de laisser ses prunelles grises filer vers les escaliers de bois.

Alienor_vastel a écrit:
[Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould, Auberge des Petits Cailloux]

    "Ce que la voix peut cacher, le regard le livre." - Georges Bernanos


Ah, justement le voila !

Le sourire s'élargit à la vue de son beau brun qui venait effectivement de franchir le seuil, et ses pervenches ne quittèrent pas son avancée vers elles. Shandra, pendant ce temps, en avait profité pour commencer à déguster le souper, le nez plongé dans son écuelle, leur laissant un instant d'intimité que la blondinette mit à profit pour savourer le baiser déposé sur ses lèvres.

Ce fut au moment où Aimelin se tourna vers Shandra, où leurs regards se croisèrent, que tout bascula sous les yeux effarés d'Aliénor. Chacun des deux regardait l'autre comme s'il avait vu... un fantôme ?!
La présentation interrompue, le tremblement de la main, et l'émotion qui transparaissait dans les prunelles de son fiancé. Le silence assourdissant qui suivit, brisé par le bruit de la cuillère qui retombait dans l'écuelle. Les mots murmurés qui émanèrent de la bouche de la jeune femme, que seuls les plus proches d'elle purent entendre à défaut de les comprendre.

Les pervenches d'Aliénor passaient de l'un à l'autre, teintés d'incompréhension et de perplexité. Le temps semblait s'être arrêté. Il se passait quelque chose entre eux, quelque chose qui la dépassait et qu'elle n'arrivait pas à assimiler, et si Aimelin semblait connaître, reconnaître la jeune femme, dans l'attitude de celle-ci au contraire, dans sa pâleur, c'était la peur, l'effroi qui ressortait. Et lorsque cette dernière se leva brusquement, portant ses mains à sa tête tout en émettant un râle, la petite blonde resta un instant sans réaction. Avant de quitter sa chaise à son tour au moment où son fiancé s'avançait pour retenir Shandra qui venait de perdre connaissance.

Alors que ses pervenches rencontraient les prunelles grises, elle retrouva enfin ses esprits


Monte-la dans une des chambres en haut, je vous y rejoins dans un instant.

Le temps de passer rapidement aux cuisines pour y prendre un broc d'eau fraîche et un linge, de repasser tout aussi rapidement par la salle avec un petit geste destiné à Lucienne et aux clients genre "tout va bien pas d'inquiétude" et de gravir les marches quatre à quatre en essayant de ne pas s'emmêler les pieds dans sa robe, et elle franchit la porte ouverte de la chambre où Aimelin déposait délicatement Shandra sur le lit.
Aliénor se dirigea vers la desserte située à côté de la croisée, et tandis qu'elle versait le contenu du broc dans la bassine qui s'y trouvait, dans un léger clapotis de l'eau contre les parois en étain du récipient, elle tenta une plaisanterie afin d'essayer d'alléger l'ambiance pesante.


Eh bien, quel effet tu fais aux femmes, qu'elles te tombent dans les bras !

Un petit sourire contraint pour accompagner sa taquinerie, en même temps qu'elle plongeait le tissu dans la bassine emplie d'eau avant de l'essorer et de se diriger vers le lit, sur lequel elle s'assit aux côtés de Shandra. Les mèches blondes qui barraient le visage de la jeune femme furent alors délicatement écartées de son front que la petite blonde se mit à effleurer du linge humide. Du même geste qu'on ferait avec un enfant, du même geste qu'Aliénor avait fait avec Marine, lorsqu'enfin ils l'avaient retrouvée après qu'elle ait été grièvement blessée par une armée royale près de Vendôme, une année auparavant.

Et elle se tourna enfin vers Aimelin, ses pervenches emplies d'interrogations et de questions dont une seule franchit ses lèvres.


C'est elle n'est-ce-pas ? C'est ton amie, Shandra ?

Shandra a écrit:
[rp] [Mai 1461 - Ste Ménehould - Auberge des petits cailloux – Chambre au 1er étage ]


Bien évidemment, Shan ne se rendait absolument compte de rien de ce qui se passait autour d'elle.
Sa réception dans les bras d'Aimelin ... la montée des marches (non ce n'est pas Cannes), l'entrée dans la chambre ...
Bref, quand on est dans les choux, on est dans les choux !

Après un long moment elle commença à s'agiter. Elle reprenait lentement conscience, mais son esprit qui précédemment, rappelons-le, avait surchauffé, lui renvoyait, dans sa semi-inconscience, des images, comme un cauchemar.
Plus fournies cependant que la brève vision des quelques minutes auparavant.
Des flammes encore. Cette fois, en plus, les cris d'un bébé qui hurlait quelque part. Ensuite des ombres qui se battaient derrière le rideau de flammes. Et puis des visages.
Des visages qui défilaient et se superposaient les uns aux autres, qu'il lui semblait connaître sans toutefois arriver à mettre un nom dessus. Certains étaient souriants et la saluaient de la main, d'autres moins avenants lui tournaient le dos sans un regard.

Puis tout s'effaça et elle revint petit à petit à elle. La première sensation, fort agréable au demeurant, fut celle du lit sous elle, moelleux, confortable, accueillant.
Ensuite le calme, il n'y avait plus ce brouhaha présent en permanence dans les salles d'auberge.
Enfin des chuchotements, légers, à peine perceptibles, qu'elle ne comprenait pas.
Elle ne cherchait d'ailleurs pas à comprendre, comme si son cerveau, après avoir tant bouillonné, se reposait et tenait juste compte de ce qui l'entourait sans y interagir pour autant.
Et dernière chose, la plus importante. Elle sentait son front baigné d'un linge humide et frais. Le bien que cela lui procurait était inimaginable.
Le mal de tête qui l'avait assaillie si brusquement avait tout bonnement disparu. Une main passait doucement sur ses cheveux, les repoussant, puis le linge frais revenait.
Elle soupira de bien-être et ouvrit lentement les yeux. Sa vision cependant était floue et la pénombre de la pièce, à peine éclairée d'une bougie de l'autre côté du lit, était apaisante.

Elle fixa son regard sur la personne qui tenait le linge frais contre son front et essaya d'améliorer sa vue en clignant des yeux plusieurs fois de suite. Sa vision s'affina et elle mit un petit instant à se remémorer les évènements.

Déjà se rappeler, ou au moins découvrir, où elle se trouvait ?
A priori dans une chambre, coquette et confortable à première vue, en témoignait le matelas moelleux qui la supportait.

Ensuite avec qui ?
Une jeune femme qu'elle avait rencontré depuis peu, ah oui Aliénor, se rappela t'elle. La fiancée d'Aimelin.
Fiancé qu'elles attendaient à l'auberge, avec une bonne écuelle de ragoût.
Elle ferma les yeux un instant, essayant de se remémorer davantage. Décidément sa mémoire … un vrai gruyère.
Ah oui voilà, le fiancé qui arrive embrasse la femme et se tourne vers elle et là, la douleur, les images effrayantes et … et puis le noir.
Complet.
Total.
Reposant en fait.

Elle rouvrit les yeux sur la jeune femme et tourna doucement la tête. Elle aperçut un homme se tenant au pied du lit.
Celui qui avait déclenché tout ça.
Aimelin.
Le fiancé d'Aliénor.
Celui qui devait l'aider à Ste Méné d'après sa compagne de route, Célénya.

Son esprit mit 15 secondes en le voyant pour réagir, allumer un signal d'alarme en quelque sorte.
Elle réalisa alors ce qui l'avait amenée ici, enfin probablement amenée ici dans cette pièce, le souvenir du feu, les sentiments de peur et de douleur...
Et le noir. L'inconscience ... bon sang de bois, elle était tombée dans les pommes !
Manquait plus que ça ...
Elle supposait que c'était pour ça qu'elle se retrouvait ici, "à la merci" de ces personnes qu'au final, en y réfléchissant bien, elle ne connaissait pas ou probablement pas.
Satané mémoire ! Elle ferma les yeux en soupirant, de toute façon, quoiqu'il se passe, elle était là seule, ils étaient deux et en y pensant, s'ils lui avaient voulu du mal, ce serait déjà fait.

Elle se redressa sur les coudes, repoussant gentiment et à regret le linge sur son front en même temps que la main qui le tenait, sans quitter l'homme du regard cependant.  
Elle plissa les yeux, incertaine toujours. Le visage lui semblait à présent familier. Mais elle ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose.
Demeurant cette fois lucide, sans vision ou quoi que ce soit d'autre, elle demanda d'une voix un peu rauque, d'émotion sûrement ou bien de soif plus probablement.


Qui êtes vous ? Je vous  connais n'est ce pas ?  


[/rp]

Aimelin a écrit:
[Ste Ménéhould, auberge des Petits Cailloux - fin mai 1461]


Il l’avait déposé délicatement sur le lit de la chambre qui jouxtait celle qu’il occupait avec Aliénor, et tandis que cette dernière s’affairait à préparer un tissu humide, ses prunelles ne quittaient pas la jeune revenante. Elle n’avait pas changé, peut être un peu maigri depuis ces cinq années qu’il ne l’avait vu. Mais si elle venait de traverser la moitié du royaume, ça n’était guère étonnant.
Il suivit des yeux les gestes d’Alie après avoir souri à sa plaisanterie. Deux fois que Shan lui tombait dans les bras, s’en souvenait elle ? pourquoi cette peur qu’il avait lu dans ses yeux ?

Le prenait elle pour quelqu’un d’autre ? Autant de questions qui se bousculaient dans la tête du brun avant qu’il ne réagisse à mi voix à la question posée, secouant la tête dans l’affirmative.


je la pensais morte

Pouvait-il en être de même pour ces amies dont il n’avait plus de nouvelles ? Mel et tant d’autres. Certaines avaient rejoint le Très Haut, d’autres s’étaient volatilisées sans que personne ne puisse lui confirmer leur disparition définitive. Un léger sourire étira doucement ses lèvres tandis qu’il se plaçait aux côtés d’Aliénor, s’agenouillant près du lit pour prendre la main de Shan.

Pourquoi cette peur dans son regard ?
Je ne comprends pas. C’est comme si ….
il s’arrêta quelques secondes, jouant avec les doigts de la jeune femme, espérant un signe…elle ne m’a pas reconnu… comme Marine.

Et Marine où était elle ? bien trop de temps sans recevoir de nouvelles pour qu’il commence à s’inquiéter à nouveau pour sa petite sœur d’adoption qui avait promis de passer les voir après son installation dans son nouveau duché.

Quelque chose s’est passé. Elle ne se souvient plus.
Et ces mots qu’elle a murmuré… vous étiez là…


Il secoua la tête et se releva doucement, se plaçant au pied du lit, ses prunelles fixées sur l’endormie, tout à ses réflexions qu’il laissait s’échappermais où ? … où m’a-t-elle vu pour avoir si peur ?

Le silence se fit lorsqu’elle sembla bouger et ouvrit les yeux qu’elle laissa posés sur Aliénor avant de les refermer pour les rouvrir à nouveau. Le jeune Etampes n’osait bouger essayant de rassembler ses idées qui s’éparpillaient en tous sens, jusqu’à ce que le regard de Shan vienne à nouveau croiser le sien. Des secondes de silence qui lui parurent une éternité ni l’un ni l’autre ne semblant décidé à prononcer le premier mot. Peut être allait elle encore s’évanouir s’il disait quelque chose et c’est soulagé qu’il la vit se redresser sur ses coudes, le fixant toujours, semblant chercher au fin fond de sa mémoire quelques souvenirs de lui.

Il esquissa une ébauche de sourire, se sentant d’un coup mal à l’aise lorsque la question fusa et il se contenta d’un petit
oui.

Son regard glissa vers Aliénor avant de revenir se poser sur Shan, et qu’il décide de venir  doucement s’asseoir sur le bord du lit laissant ses mirettes grises plantées dans les siennes. Le regard ne trompait jamais et son regard à lui était rempli d’incompréhension et de questions.

tu m’as accueilli ici en mai 55 lorsque je suis arrivé un peu paumé. Il y avait toi, Sosso, Totor, Mayane, Loïs, Coucouque, Diceloil s’arrêta quelques secondes avant de continueret sur Compiègne, il y avait Magd, Lily, Ysa et tant d’autres que j’oublie.

Il évita le prénom de Jack, se rappelant le choc que lui avait causé sa mort  cet été là.
Son regard se posa sur Aliénor


Alie est la fille de Magdeleine. T’en souviens tu ? la Présidente du Comité des Fêtes.

Que t’est il arrivé pour que tu ne te souviennes plus de tout ça.
Tu étais en Béarn comme moi, l’été 56 et puis tu es partie vers la Guyenne, et je ne t’ai plus jamais revue et les missives se sont arrêtées.


Il marqua une pause avant d’ajouter à voix basse ou teintait un soupçon de fatalité… je t’ai cru morte toi aussi.

Alienor_vastel a écrit:
[Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould, Auberge des Petits Cailloux, dans une chambre à l'étage]

    "Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus." - S. Freud


La réponse d'Aimelin à sa demande confirma ce qu'elle soupçonnait. La jeune femme dont Aliénor était en train d'éponger le visage avec délicatesse était bien Shandra, l'amie de son fiancé, l'amie aussi de sa défunte mère. Disparue et maintenant réapparue de façon si imprévisible, si inattendue.
Mais cela ne répondait pas à une autre interrogation qui s'était fait jour en elle. Que s'était-il passé pour que la jeune femme ne reconnaisse pas les lieux dans lesquels elle avait vécu ni ceux qu'elle y avait côtoyé ? Et surtout, pourquoi cette peur dans son regard ?

Cette dernière question qu'elle se posait, Aimelin la formula à voix haute, comme si leurs pensées suivaient le même chemin, et la blondinette hocha la tête en signe d'assentiment à l'évocation de leur petite rouquine de sœur de cœur.


Comme Marine, oui... Et comme pour elle, il va falloir y aller avec douceur, avancer avec ménagement pour ne pas qu'elle se braque. Et là... je ne pourrai pas t'être d'une grande aide, tu la connais, vous avez vécu des choses ensemble, pas moi. Je ne sais que ce que j'ai lu d'elle dans le journal de ma mère, principalement de leur activité au Comité des Fêtes.

Pour l'instant de toute façon... nous ne pouvons rien faire d'autre que d'attendre qu'elle revienne à elle...


Un regard vers la belle évanouie qui choisit ce moment pour ouvrir les yeux. Instinctivement, les deux jeunes gens gardèrent le silence, les yeux fixés sur ceux de Shandra qui clignèrent plusieurs fois avant de rester ouverts, dirigés vers Aliénor. Elle semblait fouiller dans sa mémoire, à la recherche de souvenirs, et la main de la petite blonde suspendit son mouvement, de peur de l'effrayer et qu'elle ne retombe à nouveau dans l'inconscience, tandis que la jeune femme tournait la tête vers le pied du lit et se mettait à observer Aimelin.

Souffle suspendu, dans l'attente de ce qui allait venir.
Shandra aurait-elle la même réaction que précédemment ? Mais elle se contenta de se relever sur les coudes, repoussant la main d'Aliénor qui se leva alors, pour ne pas l'étouffer par sa proximité et s'éloigna de quelques pas afin de se rapprocher de la fenêtre et reposer le linge sur le bord de la bassine.

Le regard de la jeune femme était cette fois concentré sur Aimelin, et le malaise entre eux deux était palpable alors que la première brisait enfin le silence. Un malaise déjà vécu, ressenti par Aliénor lorsqu'ils avaient revu Marine après que la mémoire de celle-ci se soit échappée, mais ainsi qu'elle l'avait dit au jeune homme juste avant, pour cette fois elle ne pouvait qu'être spectatrice.

Une spectatrice qui s'absenta un court instant alors qu'Aimelin venait se poser sur le bord du lit, à l'endroit qu'elle-même avait quitté un moment auparavant. A peine une minute, le temps de se rendre dans leur chambre, juste à côté, pour y prendre un des gobelets qui y étaient rangés. Choisissant celui gravé de son nom et des armes d'Etampes et qu'Aimelin avait fait faire à l'occasion des joutes qu'ils avaient organisées dans son Domaine pour célébrer leurs fiançailles.
Les portes ouvertes, elle entendait les paroles de son fiancé, et alors qu'elle franchissait à nouveau le seuil de la chambre de Shandra, le coin de ses lèvres remonta en un léger sourire lorsque certains noms furent mentionnés. Lily, sa tante ; Ysa, sa marraine, même si les liens s'étaient distendus depuis la mort de ses parents ; Dicelo, son grand-oncle. Et Magdeleine, sa mère.

Tout en se dirigeant une nouvelle fois vers la desserte, elle songea alors qu'à évoquer ces connaissances communes, peut-être leur mémoire en reviendrait à Shandra. Mais plus tard, si l'occasion s'en présentait, pour l'heure, comme pour Marine, il conviendrait davantage à Aimelin à évoquer les souvenirs des moments passés avec son amie.

Et elle emplit le gobelet du reste de l'eau qui restait dans le broc, avant de se rapprocher du lit et de le tendre à Shandra, avec un sourire rassurant.


Tenez, buvez, cela vous fera du bien. Et si cela ne suffit pas, je dois pouvoir trouver quelque chose de plus fort, il y a du calva dans les caves de l'auberge.

Du calva, comme celui dont sa mère parfumait ces madeleines qui faisaient sa réputation autrefois et dont elle avait toujours avec elle un coffret à partager.

Shandra a écrit:
[rp] [Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould - Auberge des Petits Cailloux - Une chambre à l'étage]


« Le souvenir commence avec la cicatrice.  »
Emile Chartier



Shan écoutait très attentivement Aimelin. Il détenait visiblement des clés de son passé.
Mais les yeux de Shan étaient, cette fois, fixés sur le bout de la courtepointe du lit, sans vraiment la voir.
Elle entendit le froufrou de la robe d’Aliénor sortir de la chambre discrètement.  
En même temps, elle essayait d’intégrer ces noms et de les associer à ces visages qu’elle voyait parfois en rêve.
Et puis lui, Aimelin, pour commencer. Si ce qu’il lui disait était vrai, alors elle le connaissait, et même bien.
Et ces noms. Ils lui semblaient, non pas familiers, mais plutôt ils résonnaient dans son esprit comme … une évidence.
Shan était quelque peu déconcertée. Ressentir ces noms comme des évidences plutôt que de tout simplement s‘en souvenir était troublant.

Elle s’assit en tailleur sur lit, se répétant les noms sans cesse, comme une litanie.
Sosso, Totor, Dicelo, Coucouque, Mayane, Loïs, Magd, Lily, Ysa …

Perdue dans ses songes elle devina plus qu’elle ne la vit, Aliénor revenir doucement et lui tendre un gobelet. Elle le prit et hocha la tête en guise de remerciement avec un semblant de sourire. Elle en but une gorgée qui lui fit du bien.

Alie est la fille de Magdeleine. T’en souviens tu ? la Présidente du Comité des Fêtes.

Le regard de Shan se tourna à nouveau vers Aliénor, se fixant intensément  sur son visage, détaillant chaque trait, mais aucun souvenir ne se manifestait.
Shan secoua la tête et soupira en murmurant …
Non … non, je ne m’en souviens pas …
Mais .. les noms que vous m’avez donné … j'ai l'impression de les connaitre oui.


Que t’est il arrivé pour que tu ne te souviennes plus de tout ça.
Tu étais en Béarn comme moi, l’été 56 et puis tu es partie vers la Guyenne, et je ne t’ai plus jamais revue et les missives se sont arrêtées.
je t’ai cru morte toi aussi.


Elle regarda le fond d’eau dans le gobelet, le vida et le posa sur le lit devant elle, s’appliquant consciencieusement pour le poser bien droit, se laissant ainsi un temps de réflexion. Puis elle se passa les mains sur les yeux et se les frotta un instant, avant de porter la même main derrière sa tête en grimaçant.

Je ne sais pas … je me suis réveillée un jour dans un couvent en Rouergue et je n’avais plus aucun souvenir.
Je ne savais même plus mon nom, d’où je venais, qui j’étais …
Plus rien. Il ne me restait plus que les vêtement que je portais quand on m’a trouvée.
Et cette cicatrice derrière la tête.


Elle tourna la tête en repoussant ses cheveux, leur montrant le bourrelet d’une cicatrice fine certes, mais bien présente, sur dix bons centimètres de longueur, slalomant entre les racine blonde.

Sûrement à cause de ça que je ne me rappelle de rien …

Elle relâcha ses cheveux et le regarda avec une moue résignée.
Alors on peut dire que j’ai été laissée pour morte…

Elle eut un petit rire de dérision.
Sœur Marie-Claude disait que j’avais un ange gardien sacrément attaché à moi.
Elles ont eu du mal à me guérir, je suis restée sans reprendre conscience pendant des mois.
D’après elles, on m’a trouvée à la fin de l’automne 56 et je me suis réveillée au début de février 57.


Elle secoua la tête et fixa son regard sur le gobelet, notant cette fois les gravures.
Elle le souleva et le regarda d’un air un peu absent avant de murmurer d’un ton aussi absent :
Joli gobelet …

Puis elle redressa la tête en fronçant les sourcils, sautant du coq à l’âne.
Le seul souvenir que j’ai, ça vous concerne. Je vous ai vu. Tout à l'heure. Quand on était dans la salle de l'auberge.

Elle hésita un instant avant de continuer, qui sait si ce qu’elle allait dire n’allait pas la mettre en danger. Il avait l'air d'un homme gentil, sa façon de lui parler l'était également, mais bon allez savoir, quelqu'un lui avait bien fichu ce coup sur le coin de la binette. Il fallait qu'elle fasse un minimum attention en retrouvant son passé.
Il y avait un grand feu et vous me teniez … non plutôt vous me reteniez. Je sais pas, comme si je voulais m’enfuir.
Et … et vous dites qu’on était amis ?


Son regard était à présent un peu plus froid et méfiant. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle pourrait faire si ça tournait mal.
Mais, aussi bizarre que cela puisse paraître elle se sentait confiante à se défendre.
Sentiment pour le moins étrange quand on pense qu’elle n’avait pu éviter un sacré coup sur la tête.
Et que sa seule arme, présentement, était un gobelet, joli certes, mais un gobelet tout de même. Et à ce jour, on n'a, pour ainsi dire, que très peu entendu parler d'aventures de guerriers se défendant à coup de gobelets ... à part pour saouler l'ennemi. Mais dans le cas présent il lui manquait la moitié de ses fournitures... l'alcool!

Sur le coup elle repensa au calva dont avait parlé Aliénor et se dit qu'une bonne gorgée lui aurait, à cet instant, donné un peu de courage, non pas qu'elle en manque, mais à deux contre un, ça n'était jamais un luxe.

Elle fixait donc Aimelin, le défiant du regard.
[/rp]

Aimelin a écrit:
[Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould -
Auberge des Petits Cailloux - Une chambre à l'étage]


Se souvenir, c'est s'écorcher.
(Françoise Giroud)



Ses prunelles s’étaient posées sur Shandra observant ses réactions, détaillant ses silences et ses gestes, cherchant dans ses réponses quelque chose qui pourrait le guider. Il sourcilla lorsque repoussant quelques mèches elle afficha une cicatrice tout en continuant d’expliquer, affichant tantôt une moue dubitative, tantot laissant échapper un petit rire et il ne put s’empêcher de sourire lorsqu’elle complimenta le gobelet, ce fameux gobelet qu'il avait proposé à la reine Nebisa pour palier au manque d'armes.
 
Son sourire se figea pourtant lorsqu’elle évoqua le feu et tandis qu’elle parlait, des images du cloître revenaient envahir ses pensées se mêlant à des cris, atténuant la voix de la blonde jeune femme qui semblait venir de si loin, comme à travers le temps. Ses mirettes se posèrent machinalement sur le gobelet. Le feu, les cris, la louve et Farell sur les toits, le vacarme des poutres qui s’écroulaient et leur craquement sinistre au milieu du brouhaha des flammes qui s’attaquaient à tout ce qui pouvait assouvir leur faim. Il n’entendit pas lorsqu’elle s’arrêta et il ferma les yeux au souvenir du bruit sourd du corps de Jack sur les pavés de la place. Quelques années étaient passées mais les images qui revenaient semblaient terriblement réelles.

Il mit quelques secondes avant de réagir au silence qui s’était installé et leva son regard gris vers elle, croisant un regard qu’il ne lui connaissait pas. D’habitude si rieuse et complice, il avait en face de lui quelqu’un qui le craignait ou du moins se méfiait de lui. Le feu, il devait lui expliquer mais comment expliquer tout ça sans peut être risquer qu’elle ne s’enfonce un peu plus. Ne pas parler de Jack et de Robin, pas maintenant, rester vague. Laisser juste échapper quelques noms afin qu’elle puisse s'y accrocher pour essayer de les ranger dans le bon coin.

  
le feu du cloître…  il laissa s’échapper ces quelques mots avant de poursuivre, guettant chacune de ses réactions.
  
 ça c’est passé l’été 55 au milieu du mois de juillet.
 Sainte était en effervescence parce qu’un dénommé torras avait enlevé avec l’aide de quelques hommes de main, des enfants au village et nous étions une poignée à les chercher. Deux silhouettes sur les toits de la chapelle en feu avait attiré notre attention avec une amie et nous avons voulu rejoindre le cloitre pour leur porter secours.
  
 Il marqua quelques instants de pause, puis continua doucement lui laissant le temps d’assimiler toutes les informations qu'il lui donnait, espérant réveiller quelques souvenirs.
  
Le feu était partout, les poutres tombaient,  le vieux bâtiment craquaient de toute part et la fumée nous empêchait de respirer. Nous sommes parvenus dans le cloître et c’est là que je t’ai vu sur le sol. Des larmes silencieuses coulaient sur tes joues. Tu avais du défendre ta vie et une femme gisait sur le sol.
J’ai voulu te faire sortir mais tu semblais totalement perdue, tu ne me reconnaissais plus. Tu t’es débattue à grands coups de pieds et de poings avant de sombrer dans l’inconscience.
J’en ai profité alors pour te porter et t'emmener et nous avons réussi à sortir du bâtiment en feu avant que Sosso, une amie, ne t’accompagne chez toi où nous t’y avons retrouvée plus tard.

  
 Il s’arrêta à nouveau et la regarda cherchant cette petite étincelle qui lui montrerait qu’elle le reconnaissait.
  
 c’est moi Aim’ comme tu m’appelais.
 Je suis ton ami, oui…  tu dois me faire confiance

Shandra a écrit:
[rp][Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould - Auberge des Petits Cailloux - Une chambre à l'étage]

Toujours assise sur le lit, les sourcils froncés, son regard se perdait sur un point imaginaire, essayant de replacer les évènements qui lui étaient contés. Ils trouvaient d’une certaine façon, échos dans sa mémoire.
Elle n’arrivait pas à se rappeler exactement les évènements, mais son esprit les acceptait comme une impression de « déjà-vu ». Au fil du récit d’Aimelin, des souvenirs de moins en moins fugaces affluaient.
Elle se rappelait en effet d’un bâtiment pouvant être ce cloître. Oui les détails lui revenaient petit à petit.

Elle revit alors la scène que lui décrivait Aimelin, notamment son arrivée après la mort de la femme, dont elle n’arrivait pas à se rappeler encore le visage et encore moins l’identité, pas plus que les circonstances de sa mort.

Shan releva la tête vers Aimelin et commença à le regarder attentivement, cherchant à se rappeler davantage encore de lui. A cet instant, il y eut comme un déclic, accompagné d’une légère douleur, mais rien de comparable à celle du début de soirée. Elle eut une légère grimace puis sa respiration s’accéléra et sa vue se brouilla légèrement. Elle cligna des yeux, se rendant compte que cette gêne venait de larmes que l’émotion lui faisait monter aux yeux.
Elle se rappelait de lui ! D’aimelin ! Et pas que dans le cloître cette fois. Elle le revoyait discutant avec elle ou bien riant pendant que d’un geste il l’aspergeait avec l’eau tirée du puit. Ou encore en train de faire des risettes à un petit bébé, l’air plus ridicule que jamais mais attendrissant tout de même.

La gorge serrée de se rappeler de lui ainsi, elle se frotta les yeux de sa manche, reniflant doucement, elle le regarda, puis se tourna vers Aliénor qui se tenait encore à côté de la desserte . La blonde lui semblait à présent familière, quelque chose dans son visage lui semblant familier, mais encore elle ne savait quoi. Son regard revint donc sur Aimelin. Elle lâcha son arme improvisée, pour mémoire le joli gobelet, sans y faire plus attention et se leva lentement du lit pour s’approcher de lui, les larmes coulant doucement sur ses joues, malgré un léger sourire tremblant.

Elle s’arrêta devant lui et murmura d’une voix pleine d’espoir :
Oui … Aime … mon ami … ça y est … je me souviens de toi … oh seigneur merci …

Et sans lui laisser le temps de réagir plus, elle l’étreignit et se serra contre lui, la tête posée contre son épaule, ses larmes coulant à flot à présent et coulant sur la chemise de son ami retrouvé.
Elle avait l’impression que les souvenirs, encore tronqués de son passé, revenaient petit à petit, par bribes. Mais le sentiment le plus fort à cet instant était la confiance qu’elle sentait pouvoir avoir en lui.

Elle murmurait à travers ses larmes des mots sans queue ni tête qui se perdaient dans les plis de la chemise, sans cesser de le serrer contre elle, oubliant Aliénor la fiancée à côté d’eux. Elle ne savait et ne sentait qu’une chose.
Elle était arrivée chez elle et allait retrouver ses amis, même si elle ne se rappelait pas parfaitement d’eux.
Pendant son étreinte avec Aimelin, elle revoyait petit à petit les visages de son passé se préciser. Le visage de Sosso, elle la reconnaissait ! Elle voyait et se rappelait aussi de Totor et de Dicelo. Et ses souvenirs revenant elle laissait son émotion la submerger, pleurant tout ce qu’elle savait.


[/rp]

Alienor_vastel a écrit:
[Fin mai 1461 - Toujours au même endroit...]
    "L'esprit oublie toutes les souffrances quand le chagrin a des compagnons et que l'amitié le console." - William Shakespeare, "le Roi Lear"


Finalement, Aliénor se demandait si c'était une bonne idée que d'avoir apporté le gobelet à Shandra. Oh bien sûr, cela avait permis à cette dernière d'étancher sa soif, mais il n'en demeurait pas moins que ce truc-là pouvait se révéler une arme de lancer redoutable. Et à croiser le regard de la jeune femme, vide de méconnaissance la concernant, à entendre ses explications quant à sa perte de mémoire, à observer la cicatrice qui courait de sa nuque dans ses cheveux blonds, à ressentir sa froideur et sa méfiance soudaine, et surtout cette lueur de défi dans ses yeux lorsqu'elle fixa Aimelin après avoir rappelé le seul souvenir qui avait jailli au moment où elle l'avait vu, la blondinette décida de rester sur le qui-vive.

Parce dans l'état d'esprit où Shandra était, la peur le disputant à la défiance et la suspicion, ses réactions pouvaient être imprévisibles. Si elle associait Aimelin à cette grande frayeur qui s'était immiscée en elle, à ces souvenirs douloureux, rien ne garantissait qu'elle ne les considérait pas comme... des ennemis... ou tout du moins des personnes qui lui voulaient du mal... et qu'elle ne voudrait pas se défendre d'eux.

Prudente, Aliénor se recula de quelques pas, s'enfonçant dans la semi-pénombre de la chambre baignée par la nuit, affichant sur son visage seulement éclairé par la lumière de la bougie, un air qui se voulait cependant sécurisant.
Par discrétion elle aurait pu s'éloigner encore, quitter la chambre et laisser Aimelin trouver les mots pour que Shandra le redécouvre, et redécouvre par la même occasion l'ami qu'il avait été pour elle. Mais la curiosité l'emporta, elle aussi voulait comprendre cette histoire de feu. Y avait-il des parts d'ombre dans le passé de son fiancé, qu'il ne lui aurait pas relatées ? Elle en doutait, après tout il lui avait raconté nombre d'événements qu'il avait vécus, et pas toujours des plus glorieux ; il avait toujours été honnête avec elle tout comme elle l'était avec lui, mais il n'en restait pas moins que cela l'intriguait.

Laissant ses pervenches passer alternativement du gobelet à Shandra et à Aimelin, elle posa machinalement une main sur son ventre en même temps qu'elle écoutait parler le jeune homme. La "chasse à Torras"... bien sûr qu'il avait déjà mentionné cette aventure ! Mais sans entrer dans les détails toutefois, et sa gorge se noua à la pensée de ce qu'ils avait pu subir alors.

La petite blonde ferma ses paupières un court instant, et lorsqu'elle les rouvrit, les posa sur Shandra, instinctivement, cherchant dans son attitude un signe qui pourrait indiquer que ces souvenirs rapportés éveillaient quelque chose en elle. Et un semblant d'espoir apparût, lorsqu'elle nota le reniflement, les yeux embués de la jeune femme.
Elle esquissa un sourire tandis que leurs regards se croisaient à nouveau, et que dans celui qui lui faisait face affleurait une petite lueur, comme si elle lui était familière à défaut de la reconnaître. Quoique pour la reconnaître, il aurait fallu qu'elles se soient déjà croisées avant que les souvenirs de Shandra ne s'enterrent au plus profond de sa mémoire, or leur première rencontre ne remontait qu'au moment où Aliénor l'avait abordée dans la salle de l'auberge, même si cet intervalle de temps qui les séparaient de l'instant présent lui semblait une éternité tant ils avaient été chargés d'émotions diverses. Mais, à l'exception de la couleur azur de ses yeux qui lui venait de son normand de père, la jeune fille avait les traits de sa mère, bien que plus jeune qu'à la période où les deux femmes avaient travaillé ensemble au CDF. Qui pouvait savoir, si, en la regardant, ce n'était pas le visage de Magdeleine que Shandra discernait ?

Elle ne poussa pas cette pensée plus avant, et, toujours observatrice silencieuse, jouant nerveusement avec une mèche blonde qu'elle faisait tourner autour de son index, la suivit du regard tandis que la blonde se levait, lentement, et se dirigeait vers Aimelin. Ne pouvant s'empêcher de froncer les sourcils en la voyant étreindre le jeune homme, les yeux baignés de larmes. Partagée entre le soulagement à constater que la situation semblait s'apaiser, que les souvenirs enfouis remontaient à la surface, et... une pointe de jalousie ?
Le visage de Terwagne passa à cet instant fugitivement devant ses yeux. Terwagne et Aimelin, et cette attirance entre eux qu'ils avaient refoulée par affection pour elle. Mais les choses étaient alors différentes à l'époque, il n'y avait pas encore ces promesses de vie, ni cet enfant qui grandissait dans son ventre et même si elle avait douté alors, elle n'avait pas, comme aujourd'hui, cette peur de voir disparaître leurs projets, leur avenir.

Cette peur qui la poussa, au bout d'un moment de silence tout juste brisé par les sanglots de Shandra, à émettre un léger toussotement, histoire de leur rappeler sa présence.
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MessageSujet: Re: [RP] Où l’on commence une nouvelle vie.   Mer 11 Sep - 9:28

Aimelin a écrit:
[Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould - Auberge des Petits Cailloux - Une chambre à l'étage]


Il s’était tû mais son regard n’avait point quitté Shandra et ses réactions, n’ayant pas prété garde au fait qu’Aliénor se soit mise en retrait. Raconter ce jour de juillet 55 avait fait revivre des images et des cris qu’il essayait d’enfouir tout au fond de lui bien qu’elles ressurgissaient par moment, comme elles le faisaient à cet instant. Repenser à cette période lui ramenait en mémoire bien des visages dont la plupart avaient aujourd’hui disparus.

Ses prunelles grises qui croisèrent celle de son amie le sortirent de ses pensées. Il y avait décelé cette petite étincelle qu’il attendait, ce signe qu’elle le reconnaissait, il ne pouvait pas en être autrement, ils étaient amis depuis tant d’années. Une petite grimace s’afficha sur son visage tandis qu’elle l’observait avant qu’elle ne se lève laissant couler ses larmes qui le laissèrent désarmé et malhabile ne sachant plus quelle contenance prendre

Ses bras s’écartèrent machinalement lorsqu’elle tomba dans ses bras et c’est doucement qu’il les referma sur elle sans rien dire jusqu’à ce qu’un toussotement bien connu lui fasse doucement tourner la tête vers sa fiancée avec une petite lueur imperceptible au fond des yeux. Le bonheur de retrouver quelqu’un de cher qu’il croyait disparu à tout jamais.

Et de continuer à parler doucement à Shan au milieu de tout ce qu’elle bafouillait.


Il nous est arrivé tellement de choses cet été là et les mois qui ont fini l’année.
Il y a des personnes qui seront heureuses de te retrouver j'en suis sûr.


Cette fin de cinquante cinq avait des relans de colère, de tristesse et de découragement pour le jeune gars de seize printemps qu’il était alors. Et puis la disparition de May qui l’avait réveillé de cette torpeur, l’armée Farell, celle des morts vivants, ses échanges avec Beeky qui l’avait secoué gentiment, l'aide de Malt, les paroles de Pisan lorsqu’il avait reçu sa médaille de Loup de Champagne à Argonne au printemps cinquante six.
Bien sûr qu’il mourrait d’envie de lui demander ce qu’était devenu Robin, son fils mais il n’en trouva pas le courage. La jeune femme était revenue seule et pourquoi réveiller peut être quelques douleurs enfouies au fond d’elle. Ils avaient bien le temps d'en parler.

Il posa doucement ses mains de chaque côté du visage de la blondinette pour qu'elle lève son regard vers le sien.


C’est fini maintenant.
Quelles que soient les épreuves que tu as traversé, nous sommes là et tu pourras toujours compter sur nous.


Et de sourirece que je suis heureux de te revoir ma Shan

Et de regarder Aliénor parce qu’il connaissait bien la demoiselle di Favara et sa jalousie.

Tu vas pouvoir faire davantage connaissance avec Aliénor, parfaite ressemblance avec sa mère hormis ses pervenches.
Il y a quelques mois aussi, nous sommes allés chez Beeky pour l’annoblissement de Dicelo devenu son vassal.
Te souviens tu d’elle aussi ? Elle a été Duchesse de Champagne au printemps 56 si je ne me trompe pas.

Je suis certain que tu vas retrouver des visages connus et nous t'aiderons à te souvenir.
Shandra a écrit:
[rp][Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould - Auberge des Petits Cailloux - Une chambre à l'étage]


« Entre le passé où sont nos souvenirs et l’avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs.  »
Henri Lacordaire



Les sanglots de Shan se calmaient lentement.
La voix d'Aimelin était douce et rassurante. Apaisante en somme. Et cela lui permettait d'accepter les souvenirs qui, à présent, revenaient doucement.

Elle s'écarta de lui avec un sourire à la fois perdu et heureux, mais au final plein d'espoir, car les souvenirs, bien qu'encore assez confus pour certains, revenaient. Elle espérait tant les retrouver depuis si longtemps. Les mots du jeune homme lui permettaient de rassembler et lier ces réminiscences du passé.

Elle le regarda, puis sa fiancée, essuyant ses yeux avec sa manche de chemise. Malgré la pénombre de la pièce, elle voyait le regard indécis d'Aliénor posé sur eux. Elle s'approcha de la jeune femme et reniflant légèrement encore, la regarda attentivement, plissant un peu les yeux, un sourire hésitant s'étirant sur ses lèvres.
Oui ... je me rappelle à présent... Magdeleine ... et tu lui ressembles tant ...

Elle l'avait tutoyée sans même y prendre garde, comme si elle parlait à sa mère, son regard se fit un peu vague puis son sourire s’agrandit comme si un souvenir lui revenait ... un ange passa ...
Shan secoua imperceptiblement la tête, semblant s'éveiller et se tourna vers Aimelin.
Oui je me rappelle de tout ces noms, de certains plus que d'autres, mais ça revient ... enfin !
Je ne sais pas comment vous remercier tout les deux … je vous dois mon passé... et mon avenir aussi ... c'est ... c'est tellement ...


Elle les regardait alternativement, ses yeux s'humidifiant à nouveau. Elle renifla une fois ... puis à nouveau un peu plus fort … Finalement elle se pencha vers sa jupe et souleva le bliaud sous lequel elle portait un jupon avec tout plein de poches. Poches qu'elle fouilla et après un couinement de souris qui a trouvé sa proie, en sortit un mouchoir. Elle tourna aussi sec le dos à Aimelin et Aliénor, en murmura un :
S'cusez moi ... snfffff (renifle encore) l'émotion et tout ça ...

Elle se frotta les yeux doucement, pas la peine de les rougir davantage, ils sont déjà en bon état tiens …  puis sans plus se soucier de ses yeux, elle ouvrit grand le mouchoir et ...

PPPRRRRRFFFFFFFF

... elle se moucha dans un bruit de trompette de Jéricho, avant de se racler la gorge et de se retourner vers ses amis, un peu gênée, le joues rosées.
Euh... désolée ... dit-elle, gardant son mouchoir dans ses mains, histoire d'avoir les mains occupées.

Shan ne savait plus trop quoi faire maintenant. Elle se sentait plus ou moins remise de ses émotions. Et puis elle se rappelait  à présent qu'Aimelin était un vieil ami. Et au vu des souvenirs qu'elle avait de lui, elle savait qu'elle pourrait toujours compter sur lui, comme lui sur elle. Mais bon ... de l'eau avait coulé sous les ponts. Elle ne voulait pas non plus devenir un poids pour ses amis. Si sa mémoire ne la trompait pas (et vu le contexte c'est pas gagné les amis ! ), donc il était fiancé à la jeune femme ici présente, avait donc une vie de famille et des responsabilités. Pas la peine de lui en refiler encore sous prétexte qu'elle avait plus toute sa mémoire, pour ne pas dire toute sa tête.

A cet instant là, on entendit dans la chambre un gargouillis qui, de discret, se mua en ... pas discret du tout en fait !
Shan rougit davantage et regardant Aime qui, elle en était sûre ! se retenait de sourire, elle marmonna ...
Pff ... Rigole pas ! Tu sais très bien que l'émotion ça m'a toujours affamée ... [/rp]
Aimelin a écrit:
[Fin mai 1461 - Sainte Ménéhould - Auberge des Petits Cailloux - Une chambre à l'étage]


Une petite mimique amusée éclaira le visage d'Aimelin tandis qu'il regardait Shandra lui tournant le dos occupée avec son mouchoir. Un coup d'oeil complice vers sa blonde avant de se retrouver à nouveau face à l'autre blonde ressurgit de son passé et d'éclater de rire en entendant son estomac crier famine.

Je ne me permettrais pas de rire tu me connais

et de s'approcher d'elle pour poser sa main sur son épaule, un franc sourire sur les lèvres.
Après tout il venait de retrouver sa complice de l'été 55, celle avec qui il avait néanmoins fait les quatre cent coups jusqu'à ce qu'elle disparaisse au début de l'an 57. Lui avait continué dans des aventures assez cocasses en Béarn.

Et de penser soudainement à leur départ pour le Béarn, et leur arrivée à Tonnerre se rendant compte qu'ils avaient perdu un gars parti de Sainte avec eux. Et lorsqu'il les avait rejoint, il était en haillons, les brigands l'ayant délesté de ses affaires. Les deux amis avaient dû l'aider à se refaire une petite santé, et ils avaient passé plusieurs jours à Tonnerre, à peine la Champagne hors de leur vue.

Et d'essayer de se retenir de rire à ce souvenir, en répondant …


je pensais qu'un client mécontent tapait sur le comptoir mais si tu as faim
il y a de quoi te caler l'estomac à l'auberge.


Et de regarder Alie en souriant avant de revenir vers Shan ... nous serons mieux assis autour d'une table pour discuter non ?
Tu dois avoir plein de questions à nous poser.
Alienor_vastel a écrit:
[Fin mai 1461 - Toujours au même endroit - Clap de fin, ou le début d'une nouvelle histoire]
    "Les larmes du passé fécondent l’avenir." - Alfred de Musset - Extrait de "Sur la naissance du comte de Paris"


Qu'aurait-elle pu dire, qu'aurait-elle pu faire de plus, pour ne plus ressentir cette désagréable impression d'être en dehors de l'histoire, de ne pas avoir sa place ? Rien d'autre que ce petit toussotement au final. A ce léger bruit, Aimelin tourna le visage vers elle tout en continuant à parler à Shandra, lui faisant partager la joie qu'elle pouvait lire dans ses yeux, entendre dans ses intonations.
Des paroles qu'Aliénor écoutait toujours silencieuse, notant toutefois ce "nous" dont il accompagna ses mots de soutien à la jeune femme. Un simple "nous", mais qui pourtant finit de balayer d'un coup les craintes que la petite blonde avait pu avoir un instant.

Le sourire revint alors sur ses lèvres alors qu'elle ne moquait
in petto de cette foutue jalousie, de ces moments de doute, et qu'elle soutenait le regard que Shandra avait posé sur elle après avoir quitté les bras d'Aimelin pour s'approcher d'elle.

Oui ... je me rappelle à présent... Magdeleine ... et tu lui ressembles tant ...

Un pli amer vint barrer ses lèvres un court instant, à toujours être comparée à cette mère disparue. Mais après tout, elle n'avait pas de raison de prendre ombrage de cette filiation qui lui avait ouvert bien des portes, facilité bien des démarches, permis de rencontrer bien des personnes... son fiancé en premier lieu, et cette petite moue fut bien vite effacée au profit d'un nouveau sourire, plus large cette fois, et d'un signe de la tête en guise d'acquiescement.

Il paraît, oui...

Tout comme le "nous" d'Aimelin peu aurapavant, ce "tu" qu'utilisa la jeune femme pour s'adresser à elle lui mit du baume au cœur, le ressentant comme une façon de l'intégrer dans cette amitié qui avait survécu à l'éloignement et au silence.
Et alors que Shandra bataillait avec jupons et mouchoir, Aliénor échangea un sourire avec Aimelin. Avec la jeune femme, c'était une part de son passé à lui qui resurgissait pour prendre part à leur avenir à eux... et elle aimait bien l'idée. Tout comme instinctivement elle appréciait la blonde, son naturel, sa spontanéité -surtout maintenant qu'elle ne représentait plus une quelconque "menace".

Une spontanéité qui lui fit même se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire lorsque l'estomac de Shandra se manifesta bruyament. Envoyant à Aimelin un regard faussement réprobateur, la blondinette alla alors glisser son bras sous celui de la jeune femme tout en lui disant


N'écoute pas ce vilain moqueur, je n'ai pour ma part -presque- rien entendu ! Et puis j'ai faim moi aussi, et une table nous attend en bas, il n'y aura qu'à faire réchauffer le ragoût.
Un clin d’œil espiègle à l'intention d'Aimelin et elle ajouta si la compagnie de deux affamées ne te dérange pas, tu es le bienvenu, évidemment !

Un instant, une fraction de seconde avant que ces trois-là se dirigent vers l'escalier menant à la salle de l'auberge, le regard d'Aliénor se fit pensif quand celle-ci songea qu'une fois de plus le hasard s'était fait surprenant à remettre les deux amis en présence l'un de l'autre, et que du passé naissait un avenir dans lequel cette amitié s'écrirait maintenant à trois.

Ce qui n'était pas pour lui déplaire.
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