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 [RP] [Semi fermé] Des traces inachevées

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Aliénor
Admin
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Messages : 1971
Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: [RP] [Semi fermé] Des traces inachevées   Sam 18 Mai - 9:38

Aimelin a écrit:
[hrp]Parce que lorsque l'on a envie d'écrire, le rp est la meilleure façon de laisser glisser ses sensations.

les membres de fatum et leurs amis demandent autorisation par MP pour participer. Sans accord, les post seront supprimés.
Aucun "masqué venu régler ses comptes" ne sera admis, les règlements de compte ayant suffisamment de topics pour ça.

Les post seront balisés – lieu, date – afin de situer chacun dans le temps et l’espace, merci de rester cohérents et de respecter les évènements qui se déroulent actuellement.
Ce rp improvisé raconte les derniers jours du Conseil de Régence de ce printemps 1461. Chacun les vit à sa façon qu'il soit au conseil ou hors conseil, qu'il soit en armée ou pas.
Vous avez envie d'écrire. Soyez les bienvenus.
[/hrp]


[Château de Reims le 2 mai 1461]

"Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit"
(V. Hugo - Demain, dès l'aube...)



La plume qui glissait sur le parchemin semblait chanter ces vieilles contines qui narraient les aventures des chevaliers, tant elle glissait et glissait, ne s’arrêtant que rarement pour quelques instants, avant de repartir de plus belle.
La main qui la guidait était relativement fine bien qu’elle appartienne à un homme dont les prunelles acier la suivait dans ses moindres tours et détours. Une barbe de trois jours encadrait un visage régulier et agréable, surmonté d’une chevelure indisciplinée tirant davantage sur le chatain foncé, et qui laissait totale liberté à quelques mèches rebelles.

L’ébouriffé, puisque tel était son surnom donné cet hivers 56 par Mélissande de Huy, louve de Champagne dict Petitangelot, surnom que depuis il trainait affectueusement comme un signe nostalgique qui le rattachait à son passé, l'ébouriffé donc, alignait les chiffres.
La plume suspendit son vol tandis que le regard l’abandonnait pour se porter vers la fenêtre où l’on apercevait un pan de ciel gris qui semblait poser sur Reims un voile de tristesse.

La Champagne. Qu’en avait il vécu des joies et des peines dans ce duché où il était venu s’installer au printemps 55.
Les visages défilaient sur ce ciel de traine. Sosso, Mayane, Maltea, Magdeleine, Ysa, Lara, Mellisande, Lily, sa petite Lily comme il l’appelait, Bel, Farell, Dicelo, Couq… Shandra, et tant d’autres, disparus ou encore en vie.
Des images de ce quatorze juillet 55 à Sainte Ménéhould où Farell s’était associé à Torras pour enlever les enfants, ce maudit jour de janvier 56 au moulin, et puis la chasse à Torras qui les avait trainée dans la neige, au milieu de mille dangers et puis la guerre Champagne Artois, l’Hospice de Compiègne où il avait cotoyé Siva alors qu’il aidait Bel et les médecins. Un sourire se dessina lorsque les images de la rosière de Champagne apparurent. Cette chère Magd qui l’avait désigné volontaire pour être le président du jury aux côté de nicolboss. Aventure emplie de tensions, mais tant savoureuse. Et puis au milieu de cette guerre et de ce début d’été son histoire passionnée avec Malt qui avait ensuite vu son départ pour le Béarn avec Shan. Shan… qu’était elle devenue ? elle lui avait écrit en Béarn qu’elle partait sur les chemins et puis il n’avait plus reçu de nouvelles depuis cette fin d’année 56. Il s'était résigné, elle avait elle aussi rejoint la bande de Sainte la haut, quelque part.

Un soupir s’échappa doucement de ses lèvres tandis qu’il se secouait pour reprendre son travail.

Bailli de Champagne, voila qui le changeait de Connétable. Il avait découvert cette fonction, d'abord un peu perdu comme toujours devant de nouvelles choses, mais s'était très vite investi, avec l'aide de ses deux acolytes de Cam et de Cac et depuis ce 2 avril, il avait la sensation d'oeuvrer véritablement pour cette Champagne qu'il aimait. Réservé et détestant se mettre en avant, il était néanmoins avide d’apprendre sans cesse, comme il avait appris auprès de Minerve les secrets des joutes, cette passion que sans le savoir lui avait donnée Gnia en l’emmenant comme Ecuyer aux joutes du Lavardin en septembre 57, après l’aventure Vae Victis.

Vae Victis… l’armée des rebelles comme il le disait lui, l'armée des félons comme les appelait avec mépris la populace béarnaise.

Des frissons le parcoururent et il ferma les yeux. Les cris, le bruit des lames qui s’entrechoquent, la poussière et la peur. Nul ne peut aller au combat sans avoir peur, c’est la seule façon de ne pas mourir trop vite. Son épée qu’il levait pour lancer les hommes de sa section, et les mots prononcés avant que l’armée béarnaise ne leur fonce dessus :
bouclier en avant et ne frappez que pour vous défendre ! Que le Très Haut vous protège !

Le Très Haut les avait protégé… deux fois. La troisième fois ils n'étaient plus que quatre. Quatre devant une armée qui fondait sur eux. Un véritable massacre. Le fil qui le reliait à la vie n’avait été sauvé et renforcé que par la volonté d’une Comtesse médecin devenue son amie et puis sa Suzeraine. Elle avait gagné son bras armé pour la vie, la Princesse de Valois, Dotch d'Appérault.

Aujourd’hui d’autres combats se déroulaient, sur d’autres terres, pour d’autres raisons. La vie du Royaume était réglée ainsi, des batailles de mots, des batailles sanglantes, mais ce qui était sûr c’est que des deux guerres, il préférait celle des lames. Abandonnant ses pensées, il reprit le cour de son travail et ne l’arrêterait que lorsque la bougie ne laisserait vaciller qu’un semblant de flamme avant de s’éteindre totalement pour laisser le noir envahir les lieux.



___________________
Rebalisage by {Belphegor}

Maltea a écrit:
[le 2 mai 1461 au matin, Hotel particulier des Favara à Reims]

Acte I: Quand blondie fait un caprice et pas des dieux!

Je n'irais pas, j'ai dit que non et je n'irais pas et puis voilà! On ne peut pas me forcer tout de même!

C'est accrochée au matelas de sa couche, la couverture la cachant tant bien que mal, que la blonde duchesse et accessoirement la régente de Champagne -Pauvre Champagne- vitupérait, faisant un caprice bien plus gros qu'elle.
La raison à cela? Les nouvelles étaient mauvaises, trois armées ennemies marchaient sur la capitale champenoise. Sa Garce ayant déjà eu le « privilège » de vivre deux prises de château ne voulait pas assister à la troisième.


On dit toujours jamais deux sans trois, faut plus compter sur moi! J'en ai maaaarre, pourquoi ça n'arrive qu'à moi? Dio Cane! dites moi pourquoi?

S'accrochant encore plus fortement alors que des mains appartenant à elle ne savait qui, tentait de l'empoigner par les pieds, qu'elle agitait sans cesse bien entendu- sinon c'est moins drôle- pour l'extirper de sa fabuleuse planque et la trainer de gré ou de force au castel de Reims, Maltea hurlait de plus belle.

Je n'irais pas, et quand je dis quelque chose, on m'obéit! A quoi bon y aller? Je suis maudite, je leur avais dit en plus avant de commencer la régence! Qui fait le malin tombe dans le ravin, c'est encore pour ma poire. Façon je m'en fiche, j'ai pris tout l'or et je l'ai caché là où ils ne le trouveront jamais.... eh eh pas folle la guêpe....

Oui Messire je l'ai pris et caché.... enfin dilapidé.... j'avais besoin de robes, il va falloir que je sois à mon avantage quand j'aurais ma trogne en HCJ! Une pour chaque jour d'audience et vu que ça prend des années, il m'en fallait bien autant! Et j'ai été maligne moi, j'ai expédié mes robes hors Champagne, direction Paris! Ils veulent l'or champenois, qu'ils aillent à Paris!


Petit moment d'accalmie, les mains semblaient se désintéresser des fines et jolies chevilles ducales et la pression des griffes acérées de la lionne italienne se faisait un tantinet plus légère sur les bords du matelas. Soudain, les hostilités reprirent sans crier gare. La duchesse ne s'y étant pas attendue, n'eut pas le temps de saisir à deux mains le matelas, une seule réussit à s'y agripper alors que l'autre tentait difficilement de rejoindre sa jumelle.

Mais fichez moi la paix, allez y à ma place, j'aimerai bien vous y voir moi.... ce n'est pas vous qui trainez ces casseroles depuis des années, et voilà qu'on va m'en remettre une de plus!
Aiutatemi, au secours, au meurtre, au voleur, au kidnappage -dieu que c'est moche ce mot-

Les cris redoublaient d'intensité au même rythme que la coiffure élaborée de Sa Garce passait de vie à trépas....

Alienor_vastel a écrit:
[Hôtel Di Favara, Reims - Matin du 2 mai]


Un bruit vint briser le silence de ce moment où la nuit laisse la place au jour. Juste un grattement contre la porte des appartements, mais qui sortit une blonde décoiffée du sommeil où elle était plongée.
Retournement du corps, extension du bras en travers du lit pour n'y trouver que le vide, ouverture d'un noeil du coup, et du second pour faire bonne mesure, et une grimace. La couche était vide si l'on exceptait la blondinette, pas d'Aimelin, sans doute parti au château compter ses moutons -ceux du duché tout du moins- comme tous les jours depuis maintenant un mois. A se demander d'ailleurs comment il arrivait à dormir aussi peu, c'est que compter les moutons ça avait plutôt tendance à faire s'assoupir Aliénor. Encore qu'elle n'ait pas besoin de ça pour s'effrondrer comme une masse, fatiguée comme elle l'était. Les joies de la grossesse il paraissait.

Bref, revenons justement à nos moutons. Ou plutôt au grattement contre la porte, qui se fit plus appuyé, en même temps qu'une voix étouffée passait à travers l'huis.


- Damoiselle Aliénor ?
- Humm ?

Pas bien réveillée, et avec l'humeur de celle que l'on vient de tirer de son sommeil, c'est-à-dire pas vraiment avenante, la jeune Vastel prit une position assise sur le lit en même temps qu'elle aboyait l'autorisation d'entrer. Le temps de passer les doigts dans sa tignasse blonde, une des servantes affectées au service de la Duchesse de Brienne à Reims faisait son apparition. Gênée et la mine embêtée.

- Damoiselle Aliénor... c'est sa Grâce...
- Quoi Sa Garc... Grâce ?

Pas bien réveillée, on vous l'a dit.
Et l'inquiétude de se faire jour sur son visage. Qu'avait donc pu faire Maltea pour que l'on prenne le risque de venir éveiller une Aliénor qui était tout sauf du matin ?


- Elle refuse d'aller au château aujourd'hui. Margaux essaie bien de la... convaincre... nulle précision ne fut donnée quant au moyen employé... mais... voila quoi, elle m'a envoyée vous chercher.

Allons bon, c'était nouveau ça. D'accord, la Duchesse n'avait pas été franchement enchantée d'avoir été nommée Régente alors qu'elle espérait un beau placard, mais de là à dédaigner sa promenade matinale au castel...
Soupir de la petite blonde qui se leva pour prendre, échevelée, vêtue de sa seule chainse et les pieds nus, la direction des appartements ducaux.

Et la vue de Margaux tentant d'attraper les pieds de Maltea pour la faire sortir de sa simili cachette lui fit mordre sa lèvre pour ne pas éclater de rire. Les vociférations qui accompagnaient les efforts des deux jeunes femmes mettaient une touche finale sonore au spectacle, expliquant par la même occasion le pourquoi du caprice de sa suzeraine et môman adoptive.

D'un geste de la main, Aliénor fit signe à Margaux de cesser ses tentatives et de s'éloigner un peu, et s'avança à pas de loup pour prendre le relais alors que Maltea ne s'y attendait pas. Et en même temps qu'elle agrippait les chevilles ducales, la benjamine n'hésita pas à faire connaître le fond de sa pensée à son aînée.


Ça suffit maintenant, tu vas aller au château faire acte de présence! Nan mais franchement, ça aura l'air de quoi, si tu te caches ! D'accord, tu as déjà connu deux prises de château, et alors ? Tu devrais commencer à en prendre l'habitude !
En plus, les fois précédentes, tu étais duchesse, là tu es régente et contre ton gré qui plus est. Ceux qui t'ont nommée n'auront qu'à s'en prendre qu'à eux même, après tout on dit jamais deux sans trois, ils le savaient !

Et puis de toute façon, les armées n'y sont pas encore, au château, avant ça, faut qu'elles arrivent à Reims

bon d'accord, elles avaient la route ouverte devant elles
qu'elles passent les portes
et pour ça, y'avait du monde derrière pour empêcher que lesdites portes ne s'ouvrent
et ensuite qu'elles trouvent le chemin, et vu le nombre de poteaux indicateurs avec des fausses directions qu'on a mis dans les rues, ça donne encore un peu de marge.

Moué.

Et comme les arguments ne semblaient pas porter, que Maltea ne semblait pas écouter ni vouloir arrêter de gigoter, alors Aliénor la lâcha et se recula de quelques pas, avant d'annoncer tout en posant les poings sur ses hanches


Et si tu n'y vas pas... je t'appelle Môman en public !

Déjà qu'elle n'aimait pas ça dans la sphère privée. Alors oui d'accord, là c'était bas comme manœuvre, mais au grands maux les grands remèdes.

Et ce fut à ce moment-là qu'elle percuta sur une chose qui avait été énoncée peu auparavant. Haussement de sourcils


T'as vraiment tout dilapidé l'or de la Champagne en robes pour toi ? C'était donc ça ces chariots qui ont quitté Reims il y a deux jours ?
Concluant avec une petite moue boudeuse t'as même pas pensé à prévoir des robes pour moi. Comment je vais m'habiller du coup, pour les audiences en HCJ ?

Cedmisc a écrit:
[J-2, 2 Mai 1461 au matin, dans une salle du château de Reims]


Debout dans son bureau, devant une fenêtre, les yeux étaient rivés sur l'horizon scrutant au loin un éventuel étendard ennemi qui flotterait au vent. Étendards qui tenteraient sous peu à coup sur de prendre la ville et le château et qui y réussirait probablement au vu des forces en présence. Peut être pas en un jour, la résistance étant tout de même mobilisée, mais certainement quand le nombre de défenseurs serait moins important, tombés sous les multiples coups des assaillants.

Il n'avait pas fermé l’œil de la nuit et c'était levé bien avant que l'aube ne pointe. La proximité du combat, les incertitudes de l'avenir, tout cela trottait dans sa tête. Au moment présent, il se demandait ce qui pouvait expliquer que tant d'hommes et de femmes se regroupaient pour semer le chaos. Certes il était bien plus facile de détruire que de construire mais de là a rassembler tant de personnes dans ce but. On pouvait penser au premier abord que c'était l'appât du gain qui les animait, mais les meneurs devaient être suffisamment intelligents et renseignés pour savoir que dans le cas de Reims cela ne leur rapporterait presque rien. Les suiveurs peut être pas mais de toute façon ils étaient toujours plus mal lotis que ceux qu'ils suivaient.

Il se détacha de la fenêtre pour reporter son attention sur son bureau. Il rangea les différents papiers qui y étaient posés, tantôt lettre privées ou publiques, tantôt rapports sur la situation du duché. Il n'avait pas été très sollicité durant ce mandat, n'étant qu'adjoint à la communication, au contraire de bons nombres des autres conseillers qui avaient ouvrés sans relâche pour remonter la situation du duché et des champenois. Malheureusement encore une fois des bandits ne pensant qu'à eux allaient réduire leurs efforts à néant. Quel gâchis...

Ses pensées se portèrent ensuite sur sa famille. Sa femme qui devait en ce moment même organiser la défense de la capitale avec Amory, du moins l'imaginait-il. Ses proches et vassaux, tous mobilisés et qui connaitraient donc la fureur des armes. Sa nièce, simple habitante de ce village fantôme qu'était devenu Conflans. Ah! Conflans... Qu'il y faisait bon vivre à son arrivée, il y a de cela des années. Il avait entamé un voyage comptant exploré le royaume de France avant de s'attaquer à l'Empire et à d'autres terres lointaines. L'aventure avait tourné court après une mauvaise rencontre, heureusement pour lui, à cette époque les bandits ce contentaient de prendre l'argent et non de tuer sans but. C'est ainsi qu'il avait finit en Champagne, bien décidé à réussir dans la vie. Et il avait plutôt bien réussi; non pas tant parce qu'il était devenu noble, statut qui donnait presque plus de contraintes que d'avantages; mais parce qu'il avait rencontré des personnes fantastiques et avait été heureux. Mais hélas tout avait bien changé en Champagne. Adieux les Suzana, Kaarolane, Scomino, Atalan, Belphegore, et autres personnages ayant animé la ville et sa vie. Heureusement qu'il était encore bien entouré, au contraire de sa ville d'adoption.

Tandis qu'en songe il se revoyait maintenant dans sa Savoy natale avec ses parents, on toqua à sa porte. Un garde à la porte lui tendit un message qu'il lut rapidement. Plissement des yeux ce qui était signe de contrariété chez Cedmisc avant de dire pour lui même.

"Il semblerait que la duchesse ait du mal à supporter la pression aujourd'hui."
Soupire qui ponctua sa phrase. Il rangea la missive dans sa poche, se leva et prit son chapeau et son épée qu'il mit en son fourreau. Mieux valait prévoir: les voleurs de vie pouvaient attaquer à tout moment, y compris en plein jour. Ainsi paré il sortit du château et s'engagea dans les ruelles de la ville.


[Quelques minutes plus tard, hôtel particulier des Di Favara]

Ambiance agitée en ce jour, la maîtresse de maison avait décidé de faire des siennes. Des serviteurs courraient en tous les sens tandis que d'autres restaient prostrés, préférant éviter de subir les foudres de la duchesse. Un de ces derniers lui expliqua rapidement la situation. En d'autres temps il aurait été amusé ou n'aurait pas prêté attention mais en ce jour d'hui il ne put que réagir. Montant les escaliers quatre à quatre, il se dirigea vers la chambre ducale dont il ouvrit la porte à la volée, s'arrêtant prêt du lit, bras croisé.

"Qu'entend-je ce matin? Madame ne veut pas se lever? Elle ne veut pas aller au château? Plutôt que d'assumer ses responsabilités, elle préfère parler robe avec sa fille?"

Amory a écrit:
[Sur la route entre Langres et Reims]

Charles Baudelaire

L'horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! "



Sortie indemne de l’attaque qu’avait subis le griffon il avait pu rapidement prendre la route laissant derrière lui ses compagnons d’infortunes et de combat. Il avait en tête chaque visages tombés cette maudit nuit. Jouarre avait trouvé deux fous pour le suivre et prendre la route en même temps que les armées Fatum. Ils avaient réussit à se faire assez discret pour passer sans se faire faucher.

Avec ses nouveaux compagnons de voyages dont une jeune femme qui poussait souvent des cris de guerre le faisant sursauter ils avançaient par de petits chemins détournés. La route était plus longue mais il fallait bien arriver entier.

Il râlait car son espèce de chose qui lui servait de monture avait une fois de plus décidé de l’envoyer dans les ronces sur le chemin. Panzani comme il l’avait surnommé allait bientôt finir dans un plat spécialité de sa mère les boulettes façon Ikea. Il se l’était promis mais pour l’heure il lui fallait qu’il fasse avec lui.

Il allait remonter sur sa carne quand un pigeon vit s’écraser sur le derrière de sa tête. Encore un myope laissé du temps de Ghost qui avait tellement régné sur tout au castel ducal que même les pigeons avaient été acheté au rabais et étaient porteur de tare inavouable.

Rageant il arracha la missive de l’animal et devint tout rouge. Voila ti pas que la régente faisait un caca nerveux et ne voulait pas rejoindre le castel.


"Mais elle est pas bien, mais pas bien du tout. Y a des coups de cannes qui se perdent je vous le dit" Le cri du cœur était sortie tout seul et à haute voix.

"Elle va entendre parler du pays si j’apprends qu’ils n’ont pas réussit à la sortir."

Il manqua s’étouffer en lisant la suite. La blonde avait dilapidé l’argent du castel pour s’acheter des robes.

"Nan mais elle va pas bien, je sais qu’elle est large et qu’il en faut du tissus pour faire le tour de tout mais quand même, dépensé l’argent des impôts champenois et des rentrés pour des morceaux de chiffon ça démontre bien qu’elle est blonde."

Il le va les yeux au ciel et remonta encore plus vite sur sa monture.

"On va devoir presser le pas, vote blondisime amie nous fait du boudin et devient complètement folle. Elle refait sa garde robe. Bon d’accord ce n’est pas du luxe on peut admettre qu’elle en avait bien besoin parce que ces robes commençaient à faire vraiment mémé la."

Maltea a écrit:
Acte I: Suite et fin... enfin normalement!

Cette voix.... vile traitresse! Sa propre fille.... enfin pas vraiment mais sur papier si! Oui parce bon, elles n'avaient pas grand écart d'âge, ce qui était marrant au final. Prendre l'habitude, beh oui, c'était ça le problème, et elle n'aimait pas avoir l'habitude de quelque chose, la monotonie la rendait dingue! Et là cela ferait la troisième fois.... misère.... là elle allait détenir le record du Royaume de France voir du monde entier! Peut-être qu'elle aurait une médaille.....

Pas encore, pas encore... ça me fait une belle jambe!

Maltea se tournant sur le dos relève ses jupons et lève sa jambe, la regardant sous toutes les coutures....

Beh en fait, elle est toujours pareille, mais tu vas me dire que c'est normal puisqu'il est impossible de rendre encore plus beau la perfection!

Délaissant sa gambette et revenant à ses moutons, les jérémiades reprirent de plus belle.

Arriver à Reims, c'est les deux doigts dans le nez, passer les portes.... autant les laisser ouvertes non? Les poteaux ça..... Vous les avez envoyé vers où? Attention parce que les routes ont changé, je le sais de source sure.... par le Capitaine Royal d'Alençon je crois... mais ne le répètes pas, que Reims est devenu Rouen, sans parler du fait que Conflans ne relie plus la Bourgogne à la Champagne. Ca faut pas le dire aux vilains mécréants qui veulent piller des caisses vides, parce qu'ils se retrouvent à Rouen, là ca risque d'être différent.

Par contre ton môman, tu sais où tu peux te le mettre? Moi vivante jamais on ne m'appellera comme cela en public, je suis bien trop jeune! Tu m'as bien comprise ma fille du quasi même âge que moi. Après tout tu me dois obéissance! Aliénor Luce Cielmarcheur , je suis ta mère! Je ne t'ai pas pondu, mais c'est tout comme!

Mais déjà un sujet passionnant faisait son arrivée sur le tapis, son achat de robe. Un sourire radieux répondit à l'interrogation de la jeune femme, et la duchesse se leva précipitamment et se dirigea vers l'énorme armoire dont elle ouvrit les grandes portes et y prit des morceaux de tissus qu'elle tendit à la blondine avant de s'asseoir sur son lit.

Pour sure, je n'allais pas me gêner. Je me suis dit, quitte à remplir les poches de brigands autant remplir ma garde robe. L'argent aura au moins été utile. Elles sont magnifiques, tu les verrais! Regarde la qualité des tissus, je ne pouvais rêver mieux. Bon d'accord, elles ont couté un os mais tant pis!
Et elles ont quitté Reims avec une personne de confiance, elle est chargée d'aller les mettre en lieu sure à Paris dans mon appartement de l'hotel Saint-Paul. Par contre tu as raison, non je n'ai pas pensé à toi, à quoi bon, tu ne sauras quand même pas entrer dedans avant des mois, tu as vu ton tour de taille?


Sourire se voulant innocent à la pauvre Aliénor.... ah elle avait osé la tirer par les pieds et lui faire du chantage..... elle allez continuer de plus belle quand elle fut freinée dans son élan par son époux.... celui là, il ne manquait pas d'air et il allait très vite rabattre du plat avec elle!


Si si ma dame veut bien se lever, puisqu'elle était déjà levée, habillée, coiffée, et ce même si ça ne se voit plus messire! De plus ma dame vous demande de la boucler, elle n'a pas d'ordre à recevoir d'un mari qui parle de responsabilité alors qu'il n'est même pas fichu d'assumer les siennes! Mais je vais y aller au château et en chantant même!
Allez on se bouge, on y va tous ensemble!


La blonde duchesse refit tout de même une retouche à sa coiffure ainsi que remit en état ses atours.... manquerait plus qu'on croit qu'elle avait fait une chevauchée derrière un fourré avant de rejoindre le castel!

Yunab a écrit:
[le 2 mai 1461 ,quelque part sur les routes Champenoises]

Le petit convoi avait quitter Reims quelques jours plus tôt pour une mission top secrète , elle ne savait pas ce qui l'énervait le plus, se retrouver là ,perdue au milieu de nul part avec son époux ou le chargement qu'elle avait pour tâche de mettre en sécurité a Paris, l'obligeant par la même occasion a s'éloigner de la capitale champenoise.
Enfin si , sans aucun doute possible , c'était lui qui attisait sa mauvaise humeur, il fallait bien avouer que l'idée de sa suzeraine était loin d'être stupide, il était bien plus aisé de traverser la Champagne avec quelques malles plutôt qu'une dizaine de charrettes pleines a craquer de marchandises diverses .
Vous avez déjà vu un brigand vous arêttez en vous hurlant ' vos robes ou la vie vous ?!'


Non mais je te jure, elle m'aura tout fait!
Une personne de confiance, pffff , elle sait surtout que ça n’attirera les soupçons de personne que le chef de cabinet se rende a Paris!
Non mais, elle aurait put pensez a ses vassales aussi quand elle a été dilapider l'argent du Duché pour des robes! Je n'ai quasi plus rien a me mettre!


Sur ce point c'était la stricte vérité, sa garde robe ne c'était plus vue étoffée depuis qu'elle avait quitter l'homme qui se trouvait a ses cotés en ce jour, maître incontestable dans le genre j’essaye de me faire pardonner en lui faisant des cadeaux.

Elle soupira légèrement, certes l'idée de voir leur travail partir dans des froufrous ne la ravissait guère mais il valait encore mieux cela que de laisser quoi que ce soit dans les caisses qui pourrait être volé; c'est que la brune, elle commence a en avoir un peu ras le bol de voir le duché se relever pour mieux retomber par le vouloir de certain, a quoi bon passer ses journées a travailler pour en revenir toujours au même point?

Son regard se porta sur les paysage champenois qui défilait tandis que milles pensées envahissaient son esprit dont une qui lui redonna l'espace d'un instant un sourire aux lèvres avant de brisé le silence entre eux.

Tu crois qu'elle m'en voudrais si je les revendais ses robes?
a Paris, il y a moyen de se faire un joli bénéfice là dessus, si je lui en garde une ou deux de coté ca devrait passer non? On en aura bien besoin de cet argent!

Alienor_vastel a écrit:
[Appartements ducaux, hôtel Di Favara à Reims - Matin du 2 mai]


Gagné ! Aliénor savait bien que son coup de gueule ferait réagir Maltea et lui sortir le minois des couvertures dans lequel il était fourré. Pas que le minois d'ailleurs, puisqu'elle eut droit dans la foulée à une exhibition de gambette qui lui fit lever les yeux au ciel. Non sans être rassurée sur le fait que l'esprit combatif de la blonde revenait. Après tout, il n'y avait qu'elle pour dévier le sujet sur sa prétendue perfection.

Le regard impassible, elle la laissa continuer. Surtout qu'en ce qui concernait les panneaux de signalisation elle aurait été bien en peine de répondre, vu son sens de l'orientation déplorable et ses lacunes en géographie.
Un hochement de tête genre "oui oui je t'écoute attentivement" lorsque Maltea réagit à l'odieux chantage que la blondinette lui avait fait. Evidemment qu'elle ne le lui ferait jamais en public, l'appeler môman. Quoiqu'une gaffe involontaire serait toujours à prévoir s'agissant d'Aliénor, mais là n'était pas le sujet.

Le sujet, au contraire, devenait plus intéressant. Les robes ! La petite blonde suivit sa suzeraine des yeux qui devinrent pétillants lorsque l'étoffe fut mise entre ses mains. D'un air connaisseur, elle en apprécia la finesse et la qualité, et allait approuver lorsque les paroles qui furent alors dites manquèrent de la faire s'étouffer.


Mais... mais... mais...

Allons bon, voila qu'elle s'exprimait comme les moutons d'Aimelin -enfin ceux du duché !
Persuadée qu'elle pouvait faire mieux, elle reprit son souffle pour se lancer dans une diatribe virulente.


Quoi mon tour de taille ? Qu'est-ce qu'il a mon tour de taille ? Il est très bien mon tour de taille pour l'instant encore du moins !!! C'est juste le corsage que j'ai du mal à fermer !
Et puis justement ! Sachant que je vais m'arrondir dans les prochains mois, tu aurais dû me prévoir toute une garde robe en conséquence. Parce que j'ai peut-être un devoir d'obéissance envers toi, mais tu en as un de subsistance envers moi, je te le rappelle !


Elle était partie et allait continuer, mais l'entrée de Cedmisc l'interrompit dans sa lancée. Une mine boudeuse affichée sur son visage, elle assista à leurs échanges et allait se retirer lorsque Maltea annonça que finalement, elle allait se rendre au château, et que même ils y allaient tous.
Haussement de sourcils, pourquoi elle, après tout elle n'était pas au conseil. Mais après tout, peut-être vallait-il mieux l'accompagner, dès fois qu'il lui prenne l'envie de faire demi-tour. Et puis, ça lui permettrait par la même occasion de passer embrasser son fiancé et de voir les bestioles avec lesquelles il passait ses journées -pas les conseillers, les moutons. Et concernant lesdits moutons, une petite idée venait de lui passer par la tête, qu'elle avait bien l'intention de mettre à exécution.

Et le temps que Maltea se redonne une apparence convenable, Aliénor fila dans ses appartements s'apprêter rapidement -elle ne se voyait décemment pas se balader dans les rues vêtue de sa seule chainse, dépeignée et non chaussée- avant de retrouver tout ce petit monde à l'entrée de l'hôtel.
Direction, le château.

Clelia a écrit:
[Sur la route entre Langres et Reims - 2 Mai aussi...]


"Mais elle est pas bien, mais pas bien du tout. Y a des coups de cannes qui se perdent je vous le dit"


Sursaut... Qu'avait-elle donc encore fait pour que le Duc de Jouarre crie ainsi? sans prévenir?

Prête à détaler pour échapper à la menace - incompréhensible- des coups de canne, Clelia retint son souffle quelques secondes.



"Elle va entendre parler du pays si j’apprends qu’ils n’ont pas réussit à la sortir."


Gné? Relâchant le bride de son cheval, la Penthièvre vint discrètement se placer derrière le Duc vociférant. Curiosité féminine oblige!


"Nan mais elle va pas bien, je sais qu’elle est large et qu’il en faut du tissus pour faire le tour de tout mais quand même, dépensé l’argent des impôts champenois et des rentrés pour des morceaux de chiffon ça démontre bien qu’elle est blonde."


Les paroles du Duc lui semblaient incompréhensibles en fait. Impôts, chiffons... Pas évident de faire le lien entre les deux.


"On va devoir presser le pas, vote blondisime amie nous fait du boudin et devient complètement folle. Elle refait sa garde robe. Bon d’accord ce n’est pas du luxe on peut admettre qu’elle en avait bien besoin parce que ces robes commençaient à faire vraiment mémé la."


Clignements d'yeux de la Penthièvre... Elle a compris de qui il était question.

C'pas mon amie... Léger grommellement Elle est méchante... D'un autre côté... Maltea, ça commence par la même lettre que Méchante, après tout... Gniark!

Reprenant d'un ton un peu plus intelligible...


Du coup, on prend d'assaut votre cargaison de robes??? celle dont vous parliez là???

Les yeux en pétillent rien qu'à l'idée. Tout plein de robes... faites en écus champenois certes.. Mais tout plein de robes quand même!

Je vous suis! Quel est le plan? On attaque en groupe? Ou on se divise?

D'un autre côté, ils n'étaient que trois, voire bientôt, deux seulement...

Ereon a écrit:
[le 2 mai 1461 ,quelque part sur les routes Champenoises]

Ereon avait quitté Reims pour escorter Yunab et l’aider dans le transport de robe. La vie était bizarre, mais se voyage aller lui permettre de vérifier les mines quand il passerait non loin et il savait que Yunab aurait la paix durant ce temps.

Elle parlait, elle parlait et Ereon l’écouter sans dire un mot, pourquoi parler, a chaque fois, il terminer à s’engueuler, car il y avait toujours l’un des deux pour remettre un sujet sur la table.

Quand soudain Yunab prononça les mots suivants
« Je n'ai quasi plus rien à me mettre! » Ereon serra des dents et avait envie de la baffer pour lui faire comprendre l’erreur qu’elle avait faite, mais aucun intérêt aujourd’hui.

Ereon aperçut l’approche d’une mine champenoise et sourit quand soudain Yunab lui posa une question. Ereon perdit le sourire à la question et la regarda même pas pour la réponse.


La duchesse Maltea t’a confié une mission. Les ordres, c’est les ordres. Je te laisse, je vais avec Lancelot (sa nouvelle monture) voir la mine un peu plus loin. Je te rejoindrai rapidement.

Ereon arrêta le carrosse et descendit avant de partir au galop voir la mine. Une duchesse avec un tel caractère ne risque rien. Les brigands lui donneraient des écus pour qu’il la récupère.

[le 2 mai 1461 ,La galerie dix-sept du nœud vingt-cinq]

Ereon n’avait pas de soucis à se faire pour elle, mais une fois devant la mine, Abeline disparue de ses pensées. Il attacha Lancelot et entra dedans.

La galerie dix-sept du nœud vingt-cinq. Une galerie en ruine, mais pas pour longtemps, car il avait déjà dessiné les plans pour la réhabilitation et calculé les coûts pour la remettre en état. Il imaginait la mine remplie de mineur qui pioche avec des rails qui parcourt le sol pour sortir la pierre. Ereon avait imaginé là un projet magnifique pour la Champagne. Un projet à la hauteur de Sa Grandeur. Oui la Champagne est grande et elle le serra encore plus dans un avenir proche.

Ereon s'assise contre la parroie de la mine et sorti une bouteille de vin blanc de Maligny qu'il dégusta tranquillement en imaginant l'avenir des mines de Champagne.

Amory a écrit:
[Nœud et encore des Nœuds]

La jeune Clélia s’était approché et avait tendu son cou pour zieuter la missive. Il bougonnait toujours. La Duchesse bleue allez se faire secouer les plumes. Des robes misères de misères mais elle était complètement fada.

"Elle n’est pas méchante, elle est vieille et comme toute vielle femme elle ne sait que rouspéter. Déjà jeune les femmes ne savent faire que ça, alors quand l’âge les prends et atteint leur beauté physique je ne vous raconte pas l’effet que cela a sur leur caractère. Rose qui se fane prend de plus grosses épines. Faudra vous y faire ça va pas s’arranger. Mais delà a se passer son caprice et à acheter des robes tout ça pour tenté de se mettre en valeur quand même ça dénote chez elle un gros problème. Va se prendre un coup de canne toute duchesse qu’elle ai sa tête ou pas, je vous le dit.

Bon ma tite Clélia va falloir qu’on avance. Ca commence à puer la charogne la, les fatums ne doivent pas être loin. On va se retrouver face à face contre eux. Faut qu’on fasse attention. Nous allons devoir passer discrétos."


Il était entre temps remonté sur sa monture et chevauchait tranquillement quand il arrêta Panzani.
La lumière venait de s’éclairer à l’étage supérieur.
Comment détourner l’attention de ces brigands ? C’était simple, qui dit brigands dit beuverie, femme donc sexe.


Petit sourie en coin des lèvres du duc. Restait plus qu’a faire entendre raison à la jeune femme et la s’était pas gagné.

"Dite vous voulez qu’on passe? Donc j’aurai bien une idée mais bon va falloir donner de vote personne . Moi avec ma barbe de trois jours je doute pouvoir y arriver. Vous avec votre jeunesse vous avez des atouts que je n’ai pas. Vous n’avez pas quelque chose de plus affriolant à vous mettre ?"

Ben quoi? A la guerre comme à la guerre fallait bien trouver le moyen de passer.

Cedmisc a écrit:
Un bonjour à sa fille adoptive tout en écoutant sa Garce déblatérer ses propos. Toujours aussi prévisible, le coup des responsabilités. La rengaine à chaque fois répétées commençait sérieusement à lui courir sur le haricot. d'autant plus que la donzelle était plutôt mal placé en ce moment pour parler des responsabilités conjugales, vu son temps passé au castel. Soupire qui lui échappe tout en relevant un chandelier qui avait basculé dans l'affrontement avant de répondre d'un air calme mais déterminé.

"Oh... Madame est aimable aujourd'hui comme à son habitude. Elle nous fait encore sa représentation façon comedia del arte, si bien que toute la ville est à présent au courant de son spectacle. La diva va calmer ses ardeurs et garder ses frasques pour son public habituel qui l'attend surement sous le chêne ducal. Ou mieux elle garde ses répliques et sa fougue pour les gus qui pointent leur nez à l'horizon et qui viennent la virer manu militari à la manière coup de pied dans le fondement.

Quant à mes responsabilités je les assume du mieux que je peux moi madame; seulement quand on a pour épouse une régente qui est plus préoccupée par ses fonctions que par son époux cela devient compliqué de trouver un moment pour cultiver le jardin, si madame voit ce que je veux dire. Je sais bien que selon les us et coutumes c'est l'homme qui doit faire les efforts et mais à un moment donné faut aussi que la dame mette du cœur à l'ouvrage. Elle passe plus de temps avec son garde qu'avec son mari en ce moment. Et pour toucher le pactole c'est une autre paire de manche. Pour résumer pour pouvoir accéder au Graal, je dois retrouver où se planque la dame, arriver quand elle est disponible et quand elle en a envie; c'est déjà un sacré défi; puis passer à l'action tout en faisant attention à la contenter et à ne pas avoir de môme car elle n'en veut pas. A ce niveau, c'est plus de l'amour qu'il faut, mais une bonne dose d'inconscience."

Petite pause pour reprendre sa respiration, avant de conclure:

"Et je la boucle si je veux!!!"

Maltea a écrit:
[Toujours à l'hotel des Favara à Reims, toujours la même date....]

Acte I: cette fois c'est bien la fin!

Ses yeux s'agrandirent sous l'effet de la surprise. Le Fontanaz avait pris la parole et n'y allait pas de main morte. Jamais la blonde garce ne l'avait entendu lui parler de la sorte. Les paroles de l'époux firent mouche... Et vlan, prends toi ça dans les dents Malty, pensa la jeune femme. Bon d'accord, il n'avait pas forcément tord, mais plutôt crever que de lui avouer. Alors qu'il parlait de son garde, elle se mordilla la lèvre, signe chez elle d'une certaine tension. Ainsi donc il avait remarqué.... pourtant elle pensait que sa façon d'être avec Alphonse ne se remarquait pas.... alors si un aveugle comme Cedmisc avait pu remarquer, elle n'osait imaginer ce qu'Alphonse avait pu percer à jour. Pourtant elle tentait de l'éviter le plus possible, mais ce n'était guère aisé en ce moment, alors que la situation d'alerte, les obligeaient à se fréquenter lors des surveillances. De la faute aux finances du duché ça! Pour ne pas gaspiller trop d'argent en payant les défenses, même la régente devait mettre la main à la pâte au lieu de rester bien tranquillement chez elle, à dormir sur ses deux oreilles!
Mais bon sang, ce n'était tout de même pas de sa faute si son garde était aussi attirant, transpirant la sensualité par tous les pores de sa peau... qu'elle rêvait de toucher d'ailleurs!
Garder son calme, ne pas afficher de culpabilité, c'était primordial, sinon elle serait prise la main dans le sac. Non il lui fallait juste faire semblant de rien concernant le discours de celui avec qui elle avait été unie devant le Très Haut... ce qu'elle fit mais à sa façon.... beh oui quoi, faut pas rêver tout de même!


Ca y est? Tu as fini tes gamineries? Terrible tout de même, il n'y a que moi dans cette famille qui réagisse comme une adulte!
Allez c'est bon, on y va j'ai dit et la bonne nouvelle c'est que tu vas pouvoir l'ouvrir....


Il ne pourrait rêver mieux, foi de Maltea di Favara!


[Sur le chemin du castel de Reims.... heureusement que ce n'est pas loin!]

Acte II : un deux trois nous irons au bois, quatre cinq six cueillir des cerises.... se faire zigouiller oui!


Ah ils l'avaient forcé à se bouger, ils allaient maintenant comprendre leur souffrance! En comparaison, se prendre trois armées sur la tronche ne serait qu'une partie de plaisir pour ces deux là!
Sa Garce commença à chanter le refrain, articulant du mieux possible... oui elle avait encore un léger accent italien quand elle était énervée, stressé, ou quand... enfin bref.... ce qui n'arrangeait rien....


Citation :
*Comme d'habitoude
On veut me spolier
Prendre mon château
Sans prendre de gant
Comme d'habitoude
Ils vont m'éjecter
Comme d'habitoude
Ils vont tout piller
Comme d'habitoude
Je finirais en HCJ
Oui Comme d habitouuude!

Elle s'arrêta un instant et les regarda fixement....

Vous avez bien entendu et compris? Maintenant vous reprenez avec moi tous en choeur! Et je vous écoute, celui qui ne le fait pas, je retourne d'où je viens! Vous allez comprendre votre erreur!

Reprenant sa marche, elle relança le refrain tout en saisissant au passage, une fine baguette qu'elle arracha d'un arbuste. Elle la regarda un moment et y passa son doigt avant de l'ôter précipitamment et de le porter à sa bouche.... bigre, c'est qu'il se défendait ce morceau d'arbuste mort! En effet, en y regardant de plus près, on pouvait voir des épines parcourant sa surface.... il était parfait, tout comme elle en fait!
Tout en marchant, elle battait la mesure, mais elle avait une autre idée en tête.... le premier qui arrêterait de chanter ou se tromperait dans les paroles, bam, ça lui tomberait sur les fesses!
Heureusement, le déplacement fut court et il n'y eut que quelques légères flagellations qui tombèrent, directement suivies par un « oups pas fait exprès, l'émotion! »
le château fut en vue et la régente y fut introduite.... elle pressa le pas, ayant des ordres à donner, ce qu'elle fit à peine arrivée au sein de la salle du conseil.


[Salle du conseil, Castel de Reims]

Bonjour à tous, aujourd'hui, nous allons mettre en place les défenses. Les heures passent et j'ai peur que nous ne soyons point opérationnels. Grosdan, Hersent, Mayouche, Poppa, Cedmisc... enfin bref, tous les conseillers présents sauf Ysa, vous allez faire quelque chose de très très important.... vous voyez mon superbe trone là? Et bien vous allez le déplacer et aller le placer tout en haut, vous savez là où l'on balance la poix sur l'ennemi. Je veux être installée confortablement et avoir une vue d'ensemble sur ce qu'il se passera en bas.
Chut pas un mot, les ordres sont les ordres!
Vous allez me dire, mais pourquoi la duchesse de Jouarre ne participe t'elle pas? La réponse est simple.... nous devons terminer notre partie de carte! Nous jouons à bataille et il est grand temps que l'un de nous deux en sortent vainqueur. Ensuite, nous projetons de faire une partie de pendu et après peut-être un morpion, je ne sais pas encore!
Allez les conseillers, pensez à la Champagne, c'est un acte des plus importants.... promis, je vous décernerais une médaille.... une de plus oui, je sais, mais c'est joli les médailles et on peut les faire fondre!


Ah oui, encore une petite chose, apprenez donc cela par coeur, ca va être notre chant du mort.... après tout, y a pas que les cygnes qui peuvent chanter quand ils passent l'arme à gauche!

La duchesse rechanta la chansonnette avec laquelle, elle avait déjà cassé les pieds à son époux et à sa fissale adoptive -oui fissale, contraction de fille et vassale!- et qui risquait d'en faire de même avec ses conseillers.

Citation :
Comme d'habitoude
On veut me spolier
Prendre mon château
Sans prendre de gant
Comme d'habitoude
Ils vont m'éjecter
Comme d'habitoude
Ils vont tout piller
Comme d'habitoude
Je finirais en HCJ
Oui Comme d habitouuude!

Allez hop, chantez là en portant le trône, ça vous donnera du courage!

Elle se replongea dans sa partie de carte.... rien de tel pour aiguiser son instinct de tacticien militaire!

Après de longues heures (ce qui fait qu'on est dans la nuit où les armées ennemies arrivent, parce qu'il faut bien abréger^^), elle se décida à monter voir le spectacle que lui offrait le haut des remparts vu de son trone....


Regardez comme c'est beau! La lune brille et illumine parfaitement la ville et ses environs, les pavillons des armées flottent au vent, que c'est moche tout de même ce gueules avec la croix d'argent.... ce gueules.... c'est pas l'Helvetie ça?

Tournant la tête, elle repéra un autre pavillon dans l'enceinte de la ville, celui portant le lys et la duchesse blêmit.

Mamamia, on est dans le caca, les ennemis sont là, les ennemis vont nous renverser, les ennemis vont nous spolier, et nous ne sommes pas prêt!

Elle scruta les armées hors de la ville et repéra de l'animation....

Je pense qu'ils établissent leur campement.... ils ont peur de nous, ils ne nous attaquent pas.... ou alors ils sont fatigués d'avoir trop marché, ça se peut aussi. Trouvez moi un cor, je vais attirer leur attention pour leur faire un petit coucou....

Voilà que la blonde duchesse à bulle - © Strakastre- faisait la maligne.... tout, elle aurait tout fait subir à la Champagne celle là.... en passe de perdre son castel, elle préférait fanfaronner....



[* faut cliquer]

Aalanna a écrit:
[le 2 mai, là ou elle n'aurai pas due être...]

Planquée dans le convoi!
Comment aurait-elle put résisté? Elle avait réussie à se faufilée incognito après avoir entendue sa marraine parlé de robes et de froufrous à Paris. Et elle ne lui en avait rien dit comment avait-elle osée?
Elle n'avait pas hésité un instant à s'incrustée même si pourtant ses armoires débordaient déjà. Mais le rose étant passé au noir ses derniers temps celle ci se retrouvait en manque de froufrous en tout genre.


Sur, il lui aurait suffit de leur faire ses petits airs triste et déplorés pour qu'ils l'invite a se joindre à eux mais 'était nettement plus drôle de jouée l'incruste cachée.

Elle aurait peut-être mieux fait de se montrée aussi, ses parents adoptifs faisaient au moins semblant de se supporté quand elle était là, haussement de sourcils assise sur une malle dans l'arrière du carrosse, en entendant sa marraine déploré l'état de ses gardes robes encore plus remplies que les siennes. Enfin c'est vrai qu'elle avait grossie mais bon, elle devait bien réussir a rentré dans certaines encore et puis si elle rentrait plus dedans elle n'avait qu'à lui donné après tout.

Le convoi s'arrête et repart d'un coup, elle trébuche par manque d'équilibre et se retrouve au milieu du carrosse sur les fesses devant les yeux écarquillés de sa marraine.

Petit sourire amusé aux lèvres

On triera tes robes dis?

Alphonse_tabouret a écrit:
[Reims, 02 mai 1461, A sa place, dans les pas de La Duchesse Di Favara]


La guerre l’avait ramené, fatalement, inexorablement vers la Champagne et les cheveux blonds de l’italienne. Il ne servait finalement parfois à rien de chercher à fuir et le chaos, qu’il soit personnel ou étranger, et les femmes que l’on désire sans pouvoir les toucher, car l’on était toujours rattrapé par le désordre que la Vie se prenait avec joie à disperser le long des chemins parcourus, et les femmes que l’on désire le sont encore plus dès lors qu’on constate qu’elles ont survécu sans vous.
Il avait rejoint la garde, évidemment, retrouvé parfois, quand l’occasion se présentait un lit dans lequel se jeter, retouché du doigt une vie faite d’ordres, et de directives simples où il n’avait plus à penser, et il en était à un point satisfait qu’il n’osait même pas se l’avouer.
L’affrontement se profilait aux portes de la ville et occupait tant l’esprit qu’elle vidait le sien de tout le reste, et si tant d’autres la redoutait, il l’attendait, placide, , remettant le fil de son destin à d’autres, plus aguerris. Paris l’avait rendu à la petite déesse à cheval imperceptiblement changé, l’insouciance altérée sous le masque parfait qu’il apposait pourtant aux autres. Le froid avait infiltré ses veines, avait saisi sur le vif une existence dédiée à l’absolu et lorsque le message de Sa Grace lui était parvenu, c’est presqu’avec soulagement qu’il avait quitté les murs de l’Aphrodite pour la rejoindre, elle, son ombre protectrice, sa première chance lorsqu’il n’avait rien, celle qui lui avait donné le refuge de son rire et la satisfaction égoïste de ses joues roses.
Il n’avait pas su mourir avec le Lion, alors l’idée de mourir pour la blonde lui avait plu, et s’il avait songé se laisser aller jusqu’à ce qu’on ne le transperce, Maltea avait réussi l’exploit au détour d’une taverne à lui arracher une série de rires qui lui avait ravagé les côtes d’une douleur lancinante, ne pouvant se résoudre, encore endeuillé d’un amour de dix ans, à s’en satisfaire comme il aurait dû le faire.
Et pourtant… Et pourtant c’était un tel délice de suivre l’italienne le long des chemins de gardes, ses hanches chaloupant sous son nez, tandis qu’il gardait cette sainte distance respectueuse entre eux. Tantôt ses cheveux ondulaient au vent, sauvages, tantôt nattés sautillant joyeusement le long de son dos cambré, et il avait délaissé derrière ses visions enchanteresses l’épaisseur de sa mélancolie, retrouvant chez Maltea la même sensation première que quand elle lui était apparue, juchée sur son étalon.
En ce crépuscule, la ville fourmillait encore d’activités, frémissait le long d’angoisses bien compréhensibles, au son des rumeurs qui enflaient jusqu’au château. A peine sorti d’un énième tour de garde, tout juste rafraichi d‘un peu d’eau fraiche et d’un repas rapidement avalé, il avait rejoint les braves qui affluaient, une pomme à moitié croquée encore dans la main quand il rejoignit le château, entendant, médusé,qu'on avait demandé que le trône soit hissé sur les remparts, à ciel ouvert.

S’il eut pu un instant se demander quelle folie avait traversé les tempes adorables de sa Grâce, ce fut définitivement l’amusement qui céda sur ses lèvres et d’un pas pressé, délaissant le fruit au profit d’un cheval stationnant dans la cour, passa divers couloirs et diverses portes jusqu’à rejoindre le firmament et son étoile la plus proche.
Nez froncé, air soucieux, l’italienne jugeait d’un air qui n’augurait rien de bon, l’ensemble des troupes adverses. Saluant d’une inclinaison courtoise de la tête les gens qui ne manquaient jamais de l’accompagner, il glissa à ses côtés en essayant de passer inaperçu dans ce flot de corps qui observaient la scène depuis les créneaux, se permettant de se pencher doucement vers ce sol grouillant de dizaines d’ombres dissonantes, se retrouvant à sa hauteur

- Un cor, dites-vous ? Sa tête pivota juste assez pour croiser son regard, un sourire diffus aux lèvres, ne comprenant pas bien pourquoi aux cotés de la blonde, le monde avait ce gout pétillant. Souhaitez-vous que nous leur jetions aussi quelques torches pour espérer voir leurs mines réjouies dès qu’ils vous entendront pousser la note ?


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MessageSujet: Re: [RP] [Semi fermé] Des traces inachevées   Sam 18 Mai - 9:40

Maltea a écrit:
Quelques mots et son monde s'écroula. L'euphorie feinte, la nonchalance et l'audace afin de masquer sa peur commencèrent à la quitter. Elle n'osait regarder dans sa direction, sentant la présence de son époux non loin d'elle.... c'est qu'il venait, quelques heures auparavant, de lui passer un savon en appuyant bien sur le fait qu'elle était tout le temps fourrée avec son garde.... si seulement cela pouvait être vrai! D'ailleurs, elle allait mourir sans avoir pu se glisser entre ses bras et consommer le désir ardent qui la dévorait depuis des mois.
La jeune femme ne put néanmoins résister et son regard croisa celui de l'homme qui lui avait volé la raison à défaut d'un coeur qu'elle ne possédait pas. Malgré l'horreur de la situation, le sentiment d'impuissance qui étreignait la duchesse depuis qu'ils savaient qu'une attaque était imminente sur Reims et que forcément le sang champenois coulerait, laissa la place à cette sensation de chaleur qui véhicule le long des reins lorsque le désir s'annonce. Déjà que la simple pensée d'Alphonse avait généralement cet effet sur elle, sa présence des plus proches, ne l'aidait pas du tout à occulter ces sentiments et sensations.
Maltea garda ainsi le silence une poignée de seconde qui lui sembla durer des heures.... forcément, alors qu'elle devait donner le change pour éviter que son époux et les personnes présentes, surtout Alphonse d'ailleurs, ne détectent quoi que ce soit, elle n'y arrivait pas. Peste soit cet homme qui l'empêchait de contrôler ses actes comme elle en avait pourtant l'habitude depuis de longues années maintenant! Ses émeraudes toujours accrochées au regard masculin finirent par le quitter et se reposèrent sur le camp ennemi. Il lui en avait fallu de la volonté pour réussir à ne pas se noyer dans cet océan qui semblait lui promettre la passion dont elle avait besoin pour se sentir exister.
Enfin le silence fut rompu, mais le ton était loin d'être celui dont elle faisait preuve quelques instant plus tôt. La retour à la dure réalité des choses, au tableau qui n'augurait rien de bon.


Si j'avais un souhait, ce serait qu'ils brulent tous en enfer, cela est certain.... je me demande s'ils ne tentent pas un siège.... il sera difficile de se faire réapprovisionner dans ce cas. J'aurais pensé les voir attaquer mais non.... j'avoue que cela me destabilise quelque peu. Je déteste attendre!

Son regard glissa une fois de plus sur Alphonse avant de chercher la silhouette de son époux afin de se rendre compte s'il la voyait ou pas.... elle avait tant envie de le toucher.... juste une fois, juste un effleurement furtif....

Bon ce n'est pas tout cela, mais il y a des ordres à donner et vu que j'ai encore fait ma mauvaise tête en déclarant à la curia que je reprenais mes droits sur les armées champenoises, je n'ai donc pas d'autre choix.

Se levant de son trône, elle profita de ce mouvement pour effleurer de son corps tendu, celui de son garde qui lui donna l'impression d'être braise incandescente. Ses yeux se fermèrent un instant alors qu'elle humait l'odeur se dégageant d'Alphonse. Comment après tout ce temps, parvenait il encore à lui faire tourner la tête à ce point? Peut-être le fait que jamais elle n'avait pu concrétiser....
C'est d'une voix quelque peu troublée par ce contact ô combien furtif, qu'elle ordonne que le trone soit descendu.... pauvres conseillers... en espérant qu'ils aient la bonne idée de faire se charger des valets cette nouvelle corvée.

La brienne se dirigea vers les étroits escaliers de pierre... il était grand temps de rejoindre les soldats et prendre place parmi eux, mais aussi d'aller se changer.... guerroyer en robe, aussi jolie soit elle, ne l'aiderait surement pas à sauver sa peau, si un quelconque espoir perdurait.


Vous venez Alphonse? Ce n'est pas comme si je comptais sur vous pour me servir de bouclier....

Alors qu'elle prononçait ses mots, sa pensée était toute autre, et elle priait pour que le très haut lui laisse la chance d'une première et surement ultime étreinte avec lui.

Aimelin a écrit:
[Le Castel de Reims, J-2 … avant les soldes]


Et pendant que certaines parlaient chiffons et froufrou, que d'autres trainassaient, du verbe trainasser sur les chemins, lui comptait les écus qu'il avait retiré de sa caissette, tel l’avare comptant son trésor.

Une… deux….  Dix… quatorze… dix septet de secouer le coffret en le retournant dix sept ?

Et de regarder sur le bureau en soulevant les parchemins qu’il venait de remplir avant de se lever et de regarder autour de son fauteuil et autour de lui puis de se baisser pour vérifier si aucune piécette n’était tombée sous le bureau. Et c’est ce moment que choisit Ernest, garde du Millelieues pour faire son apparition dans le bureau après avoir comme à son habitude frappé lourdement et ouvert pour en franchir le seuil. Booumm.  

- Ouch

Une grimace avant de hisser son regard, suivi de sa bouille c’est mieux, au-dessus du bureau pour regarder l’importun qui osait le surprendre, tel un vil brigand avec des bottes à clochettes et de croiser son regard navré.

- v..vou.. vous êt.. êtes f… fai…fait ma.. mal Seig..gne..gneur
- mal ? pourquoi veux tu que je me sois fais mal


Et de se lever en se frottant la tête.

- aucune raison que je me sois fait mal. Mon crâne a juste rencontré le bois massif de ce bureau et le son qui a suivi en a été la preuve.

C’tait pas de la mauvaise qualité les bureaux du Castel de Reims, ça il pourrait en attester.

- tiens puisque tu es là vérifie s’il n’y a pas quelques pièces qui seraient tombées autour du bureau.
- la .. la ré.. la rég..
- hum ?


Il tourna la tête vers Ernest pour attendre la suite non sans continuer à vérifier le sol.

- régen.. gente.. v… veu.. ve..
- la régente est là ? déjà ?  
- ou..oui et elle… el.. veu
- elle veut une nouvelle plume pour rédiger une annonce c’est ça ? hier elle est venue m’en piquer une
- n.. n… elle v... vous at... tend d’urgence !
- elle m’attend d’urgence ?
- ou .. oui
- et tu me le dis que maintenant ?
alors allons y. Prends ma caissette avec toi et veilles sur ses dix sept écus comme sur la prunelle de tes yeux. Tu ne la donnes à personne même pas à la Duchesse de Brienne c’est compris ?
 


[Salle du conseil]


Allez hop, chantez là en portant le trône, ça vous donnera du courage!

S'il n'avait pas haussé les sourcils c'était qu'il aurait été malade. Ses mirettes suivirent le geste de Maltea à propos de son trône.
Déplacer le trône sur les remparts ? La régence leur avait tous tapé sur le ciboulot et ils étaient dingues. Faut dire qu’avec tout ce qu’ils prenaient sur la tronche y’avait de quoi. En y réfléchissant bien cela pouvait être un avantage non négligeable devant le roi. La Champagne ? je n’en veux plus ! et hop hors DR et tout le monde les acclamerait tels des héros.

Il sortit de ses rêves et regarda ses compagnons de galère avant d’aviser le superbe coussin ducal aux couleurs champenoises, placé sur le trône. Ben oui c’était ça le secret de l’attrait du trône. Un coussin pour y poser ses fesses. Il n’y avait que sur le trône où était posé un coussin bien rembouré et confortable, alors que les fauteuils des conseillers n’en avaient point. Ben oui il l’avait essayé le trône et il s’y serait bien endormi si Malt n’était entrée et ne lui avait jeté un regard noir de peur qu’il ne lui pique son coussin. Car  passer des heures assis à même le bois, ça tanne le cuir j’vous l’dis. D’un autre côté ça muscle, fallait voir le bon côté des choses, les conseillers avaient donc tous de belles fesses. Bande de jaloux va.


Allez les conseillers, pensez à la Champagne, c'est un acte des plus importants.... promis, je vous décernerais une médaille.... une de plus oui, je sais, mais c'est joli les médailles et on peut les faire fondre!

Faire fondre ses médailles. Il pensa rapidement aux siennes et se sortit bien vite cette idée de la tête en pensant à celle d'Aristote. Avec la chance qu'il avait, le Très Haut ne manquerait pas de lui envoyer représailles. Ses réflexions fûrent interrompues par une chanson et il ouvrit grandes ses mirettes.  Pour sûr cette fois-ci ils étaient vraiment devenus dingues.

Il se contenta de mimer les paroles, du moins celles qu’il avait eu le temps de retenir, c'est-à-dire juste "comme d’habitoude".. et lorsque le trône fût en place il se pencha comme tout le monde par-dessus les créneaux.. pas de noix bande d’incultes mais ceux des remparts et scruta la pénombre tandis que Maltea parlait et lorsqu'elle marqua une pause prit la parole.


Et si on faisait le coup du bouclier humain ?  Par exemple, Amory et moi on fait semblant de te prendre en otage : on te met une dague sous le cou et on traverse le camp adverse en gueulant : " Bougez pas, bougez pas ou on bute la Régente ! "*

Bon c'était vrai qu'il y avait de fortes chances que les ennemis les laissent faire, mais Aimelin n'était pas en manque d'imagination.

Ou alors, faut faire comme avec les scorpions qui se suicident quand ils sont entourés par le feu, faut faire un feu en forme de cercle, autour d’eux, comme ça ils se suicident, pendant que nous on fait le tour et on lance de la caillasse de l’autre côté pour brouiller... Non ? *

Mais ses plans furent brûlés et éparpillés au vent à son grand désappointement. Pourtant ça n'était pas une mauvaise idée pensait il en jetant un dernier coup d'oeil vers les campements disparates que l'on pouvait apercevoir du haut des remparts.

La nuit allait être chaude mais pas d'une bonne chaleur.



* adaptation de Kaamelott

--Jean_Poucet a écrit:
Une oreille attentive trainait ci et là, une pair d'yeux fouineur se posait à tour de rôle sur l'assemblée regardant du haut des remparts. Petite ombre que personne ne voit jamais. Il aurait aussi bien pu les pousser et voir chuter leur corps sans même se faire remarquer. Cette idée fit pétiller les deux billes sombres qui s'enfonçait dans les yeux du gamin. Ce n'était pas la première fois qu'il se glissait ainsi silencieux parmi les conseillers. Il les suivait suivant, les épiait pendant leur garde, connaissait leur moindre fait et geste. Il les filait un par un d'habitude. Il aimait bien voir le dénommé Aimelin compter ses pièces. Il y en avait toujours beaucoup quand il revenait des ventes du bétail. La jolie brune et le fou blond, étaient eux aussi très intéressants. L'homme hurlait souvent aussi des mots étranges tels que: niveau 17, c'est parfait, amélioration je veux, je suis le meilleur! Et la brune, ce qui était attirant chez elle, c'est le fait qu'elle se promenait souvent avec une bourse bien remplie. Mais le plus drôle était quand ces deux là étaient côte à côte. La brune affichait toujours une mine désespérée alors que le blond la regardait avec des yeux de merlan frit. Y avait aussi un zigoto avec une canne qui râlait toujours et bien souvent sur une brune avec des yeux étranges. Oui il savait tout ce qui se passait dans le coin. L'homme brun près de la blonde qui était le chef de file qui ne pouvait détacher son regard des fesses de celle-ci lorsqu'ils patrouillaient et tout ça sous le nez du mari qui semblait ne rien remarquer, bien que parfois il avait l'impression de voir de la nervosité chez celui-ci, lorsqu'il les voyaient ensemble. Oui une belle brochette à filer, et il attendait d'avoir assez de renseignements pour les offrir au plus offrant! Alors qu'il s'approchait en catimini d'Aimelin afin de lui dérober une petite pièce ou deux, comme il en avait l'habitude, il entendit les paroles de celui-ci. Il enregistra rapidement les mots de celui-ci, sa mémoire était étonnante, il irait loin dans la vie ce petit, il en était sur! Ni une ni deux, il courut après la blonde régente. Aujourd'hui c'était son jour, aujourd'hui, la belle dame lui offrirait une bourse emplie d'or pour lui avoir donné ce renseignement.

Dame Régente, Dame Régente, j'ai la solution!
Dites à deux de vos hommes de faire semblant de vous prendre en otage et de se rendre dans le campement adverse en hurlant « bougez pas ou on bute la régente! » ou alors encore mieux, faut faire comme avec les scorpions qui se suicident quand ils sont entourés par le feu, faut faire un feu en forme de cercle, autour d’eux, comme ça ils se suicident, pendant que vous, vous faites   le tour et vous lancez  de la caillasse de l’autre côté pour brouiller.


Il était fier le gamin, et aujourd'hui il pourrait manger à l'auberge un bon repas en plus d'avoir aidé son duché. A moins d'aller dire à l'ennemi la même chose, ça ferait deux bourses comme ça!

Alphonse_tabouret a écrit:
Aux onyx s’opposèrent les jades, étincelants, comme deux miroirs pleins dans lesquels il trouvait le reflet de mille pensées se bousculant, et s’il savait les lire, étrangement, il s’y refusait.
Maltea n’était pas comme les autres, il en avait toujours eu conscience. Sa façon d’être, ce double jeu qu’elle distillait tantôt forte, si forte qu’il lui semblait qu’à elle seule elle aurait pu soulever la voute du ciel, la trouvant trop basse de plafond pour l’éclairer à sa juste mesure,  et cette fragilité, ses hésitations qui se décelaient, infimes, derrière le masque ducal qu’elle affichait.  Il n’expliquait pas ce qui retenait les gestes qu’il distillait aux autres sans même y penser, sachant pertinemment que ce n’était pas qu’une affaire de rang, de respect et autres hiérarchies. Les bouches qu’il avait pris tout au long de sa route avaient tantôt l’accent des paysannes, tantôt celle des bourgeoises, tantôt celle de la noblesse et il n’avait jamais refréné ses instincts pour une quelconque bienséance due aux gens bien nés, bien au contraire…
Alors qu’est ce qui le retenait, qu’est ce qui le fascinait au point qu’il n’ose jamais un geste trop déplacé, se contentant d’observer ce rose colorant les joues blondes à un mot chuchoté lors d’une confidence passagère, lui qui ne vivait d’habitude que pour susciter cet air conquis et offusqué que seules les femmes savent offrir.

Oui, il savait. Il savait qu’il lui plaisait et il ne doutait pas une seconde qu’elle avait senti sur ses courbes délicates, son regard s’attarder de trop, prenant le temps de détailler avec une parcimonie d’esthète ce qu’il pourrait emmener au creux de la nuit à défaut d’y gouter jusqu’à ce que l’aube ne pointe… mais le statut quo résistait… peut-être à cause de l’ombre de l’époux, distante, lointaine, mais bel et bien présente, respectée et pourtant désespérante…  peut-être parce qu’une fois qu’ils auraient cédé, ce serait jusqu’à se consumer, incapables de cacher plus que ce que leur pudeur ne dévoilait déjà…
Voilà peut-être où était le nœud du problème… Une fois touchée, une fois dévorée à ses lèvres, une fois goutée jusqu’à l’extase des sens, il ne saurait plus refréner les gestes qu’il jugulait déjà, il ne saurait plus s’empêcher de poser sur cette hanche joliment courbe, une main visant à la faire frémir, à amener dans ce regard la muette supplication d’une étreinte immédiate à laquelle il se savait déjà incapable de résister.
Brièvement distrait d'un sourire par les propos d'Aimelin, le mouvement froufroutant de l'italienne le ramena à l'ordre dés qu'elle commença à parler.

Se levant, dans un frôlement furtif aiguisant tous ses sens, déchainant un frisson le long de sa nuque, il la regarda faire quelques pas en annonçant la suite des festivités macabres prévues pour la nuit avant qu’elle ne l’interpelle, faisant naitre à ses lèvres un sourire tendrement carnassier tandis qu’il la rejoignait d’un pas :


Vous venez Alphonse? Ce n'est pas comme si je comptais sur vous pour me servir de bouclier....

-Je viens votre Grâce, bien sûr que je viens
, répondit-il en lui adressant un regard où l’amusement se disputait la raison. Mon bras est à vous… mon corps, n’en parlons pas, rajouta-t-il  à mi-voix, assez bas pour qu’elle seule l’entende, regardant droit devant lui, indubitablement trahi par le dessin de ses lèvres

Maltea a écrit:
Deux émeraudes qui s'écarquillent, un feu qui s'empare de son être.... son corps lui appartient.... que dire du sien qui ne brule que pour lui? Par chance, une diversion, même si fantasme et image de corps à corps torride ne s'effacent totalement de son esprit.
Mais qui était donc ce gamin? Et qu'est ce qu'il racontait? Des scorpions? La prendre en otage au milieu du campement ennemi?
Lui il n'a pas du trouver ce genre d'ânerie tout seul, du moins il fallait l'espérer pour lui! Ça ressemblait plus à son conseil de joyeux lurons. Son regard se pose sur ses conseillers qui ont l'air des plus calmes, bien qu'un seul regarde vers les remparts.... elle aurait pu croire que c'était encore un coup du Ereon, mais non, il n'était pas présent, il était parti en mission top secrète avec son épouse, afin d'aller planquer ses robes à Paris.
Aimelin, elle ne voyait que lui! C'est d'un ton amusé qu'elle s'adressa à lui.


Dites moi Etampes, vous en avez beaucoup des comme ça? Non parce que je vais proposer votre nom à la connétablie de France, avec des tactiques comme ça, le Royaume en serait révolutionné et gagnerait toutes les batailles! Digne successeur du Giffard, en plus comique, si j'ose dire!

Elle se retenait de rire mais y réfléchissait tout de même... après tout, pourquoi pas....

Vous vous dévouez pour la mission suicide? Par contre, pas la régente, prenez plutôt le Jouarre, ce serait plus drôle. D'ailleurs où est il celui là? Toujours en route avec tête de bois? J'espère qu'ils arriveront à temps!

Regardant le gamin qui se tenait toujours devant elle, courbé...

Et donnez lui donc une bourse, il l'a bien mérité! Vous devriez le prendre à votre service, vous formeriez un superbe duo.

Cette fois, elle ne se retint plus et éclata de rire. Elle les imaginait lancer des cailloux sur le camp adverse, il fallait avouer que c'était une image qui marquerait les esprits et qui pourrait déstabiliser grandement l'ennemi. Bon leur réputation qui n'était déjà pas glorieuse en prendrait un coup, mais au point où ils en étaient.... après tout, il fallait oser dans la vie.

La tension de par cet éclat de rire, s'était quelque peu atténuée, mais malheureusement en se retournant pour reprendre son chemin, elle buta contre Alphonse qui l'attendait dans l'ombre de l'escalier, caché à la vue de ceux qui étaient encore sur les remparts. C'est alors qu'elle commit une erreur et que le masque tomba... prise d'une pulsion trop longtemps refrénée, son corps au lieu de s'écarter, s'y colla étroitement et ses lèvres gorgée de désir s'appuyèrent sur celles de son garde, avides de passion. Etait-ce cette sensation de mort qui rodait qui avait fait que la blonde duchesse n'avait pu cette fois se retenir? Peut-être bien, mais le mal était fait, il lui était impossible de revenir en arrière. Le monde autour d'elle n'existait plus, seule, elle était seule au monde avec l'homme qui avait allumé le brasier ardent de ses sens. Ses lèvres, sa bouche, se firent plus passionnées dans ce baiser alors que ses mains s'étaient glissées dans la chevelure soyeuse d'Alphonse... son corps réclamait beaucoup plus encore que son adorable bouche.... comment arriva t'elle à s'arracher de ses puissante étreinte? Elle ne pouvait le dire, mais elle se rendit compte que le silence en cet instant n'était pas normal. Quelqu'un les avait ils surpris? Elle n'osait regarder du côté des remparts.... et si c'était son époux? Son coeur battait la chamade.... pour cet instant volé, mais aussi la crainte d'avoir été aperçue.
Elle hésitait à continuer son chemin, l'air de rien, altière et fière malgré la situation dérogeant complètement à une femme de son rang, ou à se retourner afin de vérifier par elle même si une quelconque menace planait.... en cet instant, elle se sentait comme une petite fille prise en faute, coupable de n'avoir su résister à la tentation.... et quelle tentation! Le corps d'Alphonse, qu'elle avait pu sentir contre le sien, dégageait cette chaleur animale dont elle avait toujours eu besoin pour se sentir exister.... sa bouche attirante et passionnée, qui excellait dans ses baisers.... elle ne put s'empêcher de l'imaginer parcourant son corps et elle réprima un léger gémissement d'envie....
Non, elle ne pouvait s'imaginer que leur moment avait été partagé par une tierce personne et surtout pas son époux.... il leur appartenait à tous deux!

Aimelin a écrit:
[Nuit du 2 au 3 mai... nuit de la grande attaque attendue]


"Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?"*
Ce à quoi il aurait pû répondre dans un premier temps pour un peu qu'il se soit prénommé Anne :
"Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie" .

Sauf également qu'il aurait été un fieffé menteur car de soleil il n'y en avait point, vu qu'il faisait nuit et que de plus au bas des remparts de la capitale, ça n'était pas de l'herbe verdoyante mais de la mauvaise herbe, qui s'abritait sous quelques tentes battant pavillon quineluidisaitrienquivaille.

Il marmonna.


vont se décider à attaquer où ils attendent qu'on leur ouvre les portes

Certains avaient même été signalés en taverne, sitôt leur barda posé aux pieds des remparts. Il soupira pensant que tout se perdait. Et puis la majorité du conseil, n'avait pas confiance au maire et les discussions étaient allées bon train sur une éventuelle trahison. Ce qui était certain c'est que le bougre n'aurait pas assez de semelle à ses chausses, pour courir le restant de ses jours à travers le Royaume, s'il jouait un sale tour à la Champagne.

Mais ses pensées furent interrompues par le retour non du Jedi mais de la Régente.


c'est qu'on en a gros Régente **
ho je peux encore chercher d'autres moyens pour faire diversion


Courir nu au milieu des ennemis ? Il se mit à rire tout en l'écoutant imaginant l'effervescence dans le camp adverse.
Et de regarder autour de lui si une tête de bois était là.


Ils ne devraient pas tarder, à moins que Clélia ne s'arrête en chemin pour décimer le camp adverse à elle toute seule.

Il jeta un regard en direction du gamin plié en deux.

ne reste pas courbé comme ça c'est mauvais pour le dos... tout en lui parlant il avait sorti quelques pièces de sa poche pour les lui donner.... ma fortune du jour. Restes dans le coin et si tu vois quelque chose de louche tu viens m'avertir.

Et pendant que la Duchesse se retournait il regarda une autre fois par dessus les remparts, ce qui fit qu'il n'assista pas à la scène se déroulant à quelques pas dans la pénombre sinon il aurait bien été capable de les balancer sur sa blonde chieuse les cailloux plutôt que sur l'ennemi.
Profitant d'une accalmie dans les discussions, il prit place sur le petit mur qui longeait le chemin de ronde, et sortit son épée de son fourreau afin de la nettoyer.
Il fallait toujours tuer les ennemis proprement, c'est ce qu'il avait appris durant sa carrière de soldat.




*C. Perrault - Barbe bleu  
**Kaamelot

Alphonse_tabouret a écrit:
[Dans le sillage de Maltea]


Elle invectivait les derniers ordres, le laissant prendre seul la première volée de marches, dans laquelle il trouva une ombre bénéfique, une bulle de calme au creux de cette tempête qui menaçait le dehors comme le dedans, au fracas des armes et de ses pulsions. Un sourire s’affina à ses lèvres en pensant un instant  ce que l’obscurité offrait aux amants  quand la lumière, elle, se chargeait de révéler, songeant que l’une avait le parfum suave de choses que l’on se soit de deviner, d’étendre dans toute la fureur du temps compté quand l’autre assouvissait le regard sur le corps jeté en pâture, l’indécence d'une prunelle consumée d’envie…
Les pas de la duchesse retentirent, identifiés aux oreilles du félin qui depuis des mois qu’il était entré au service de la blonde italienne, savait rapidement l’identifier : légers, aériens, toujours un peu précipités, comme si elle retenait constamment au fond d’elle une envie de courir  comme le font les enfants, accompagnés d’un froissement de tissus, dans un rythme cadencé à chaque fois que sa cheville se mouvait… Et Alphonse ne broncha pas, l’esprit tendu vers une rencontre comme il les aimait, chaotique, éphémère, au gout de « peut-être », laissant le choix à sa proie de s’extirper de ses griffes si elle le souhaitait, ravivant la frustration d’une proximité dont il se découvrait l’envie brutale de consommer. Maltea avait l’incroyable pouvoir de déclencher chez lui ses instincts les plus primaires, réveillant de son regard le désir enseveli du flamand, extirpant de son âme flétrie par son deuil l’envie saugrenue de la possession et quand leurs corps se heurtèrent à la faveur de l’ombre jetée là par un bienveillant hasard, il se laissa brièvement dépasser par le frisson qui lui parcourut l’échine, incapable, au même titre qu’elle, d’échapper à la brusque brulure de cet imprévu faussement fortuit.
La chaleur de la blonde l’irradia en un instant et lorsqu’il comprit dans l’impulsion de son corps que cette fois ci elle ne s’échapperait pas, qu’enfin, acculée elle aussi par le dedans et le dehors, à l’heure la moins propice qu’il soit, elle lui cédait dans sa toute splendeur, le félin ronronna au creux de son ventre, baillant comme seuls les chats savent le faire, promettant un réveil tout en dents et en morsures. Ses lèvres accusèrent les siennes et les butinèrent d’abord avec toute la délicatesse de la surprise que l’on attendait plus, saisissant ce moment si bref où l’on goute l‘autre pour la première fois, mais s’égarant  sans s’en rendre compte une sauvagerie de plus en plus vive, goutant à son souffle et à sa langue sans plus accorder aucune importance au reste, à ce qui n’était pas la divine créature au creux de ses bras. Sa dextre la cueillit au creux du dos pour la presser contre lui, pour l’enferrer plus encore à sa bouche, palpitant d’un désir neuf à sentir sous l’entrelacs des tissus, le dessin de son ventre collé au sien, de ses seins écrasés à son torse, les tempes martelées par une énergie sourde et avide qui, comme il l’avait craint, ne s’apaisait pas d’un baiser, mais s’ouvrait bien au contraire aux affres d’envies adultères encore plus foudroyantes.
Seuls, ils l’étaient. Dévoyés, aussi. Vus, peut être… mais l’espace d’une seconde cela ne comptait plus, rien n’avait d’importance que cette senestre qui glissait sur elle pour se régaler des courbes sur lesquelles ses onyx s’étaient tant égarés, pour promettre à la chair de l’italienne le frémissement avant l’apothéose, la torture la plus ludique… elle glissait cette main, propriétaire pour si peu de temps, et ne se refusait rien, délaissant  la rondeur de ses reins que pour mieux s’approprier celle de ses hanches, se sachant inconsciemment muselé par un  temps qu’il savait s’écouler non loin d’eux, retenant l’envie furieuse de les faire pivoter pour leur offrir le mur en guise de support à une étreinte plus lascive, où ses mains auraient pu gouter à la peau, où il aurait pu prendre le temps de regarder le visage ravagé de désir de l’italienne , de s’y abimer quelques secondes de plus pour y noyer le sien…

Un mouvement imperceptible, une bouffée d’air plus fraiche qu’une autre… Il sentit, comme elle,  que le cours de leur temps et de celui du monde, menaçaient de rentrer en collision, et sans rien pouvoir y faire, abasourdi par le feu qui terrassait sa chair, il la libéra de ses bras, sentant les doigts fins de la jeune femme quitter la chevelure à laquelle ils s’étaient noués avec ferveur et s’éloigner de lui.
Le regard un instant rivé au sol plutôt que sur elle craignant que leur baiser encore si frais à ses sens le rende incapable de refréner l’étincelle qu’elle venait d’y allumer, il prit quelques secondes pour recouvrer son masque le plus approprié avant de sortir à son tour de l’obscurité tentatrice.
Mourir ce soir ?
Impossible.
Il accorda ses pas à celui de la Duchesse pour la rejoindre, comme l’exigeait son métier, le regard porté devant lui, un air presqu’impassible affiché, si ce n’était cette étrange lueur de satisfaction qui lui grignotait la chair qu’un innocent aurait pu attribuer à la joie qu’ont parfois les hommes à aller se battre, mais que Maltea avait le loisir d’interpréter bien plus justement.
Il ne mourrait pas ce soir. Même le Très haut n’était pas assez cruel pour enlever et l’amour et le désir dans une même vie.
Le chat, éveillé désormais, s’agita en son ventre, faisant naitre un sourire en coin, fantomatique mais pourtant espiègle.


-Votre Grace,
fit il à mi-voix en la dépassant d’un pas tandis qu’ils se dirigeaient vers les combattants qui s’activaient dans leurs derniers préparatifs , ce soir,  exceptionnellement , je ne vous autorise à me passer dessus que si je suis mort… En attendant, soyez prudente et tachez de rester derrière vos soldats, conclut-il d’un air où le conseil se mélangeait à la demande. Il savait bien qu’il lui était à peu près impossible de faire rentrer dans ce si joli crane un concept tel que l’ordre indiscutable, mais s’il ne pouvait pas prendre sa bouche d’un baiser pour lui demander de rester en vie au moins jusqu’à l’accalmie leur permettant de plus amples retrouvailles, peut être pouvait il lui faire comprendre qu’il s’inquiétait pour elle… Quoique l’on en dise, la place de la femme que l’on désire n’est jamais sur un champ de bataille…

Alienor_vastel a écrit:
[Pendant ce temps, Hôtel di Favara]

Une chambre, une petite blonde, et le bruit sourd d'un livre refermé sèchement. Pourquoi avait-elle voulu lire ce passage du journal de la Dame de Pomponne, justement maintenant ?
Orléans, juin 1456, et les armées royales qui tentent de reprendre la ville tombée aux mains des bretons. Une aspirante Dame Blanche qui marche au combat avec ses soeurs, et qui va en perdre l'enfant qu'elle porte. Sa mère. Pas l'adoptive, mais celle qui l'a mise au monde, et qui verra sa deuxième grossesse interrompue brutalement sous les coups des épées ennemies.

Pourquoi maintenant, alors que les armées brigandes sont aux portes de la ville, campent au pied des remparts ?
Peut-être pour se persuader que ce qui s'est déjà passé ne peut se reproduire, que l'histoire ne peut se répéter pour la génération suivante. Elle y aspire, elle le désire, elle le souhaite. Elle veut y croire.

Les pervenches se portèrent sur la ville, à travers la croisée. Aliénor avait pris un peu de repos, mais bientôt allait venir l'heure de rejoindre son groupe de défense. Par acquis de consicence, un peu plus tôt, elle était allée prendre les ordres de la journée. Tout en se doutant bien qu'il faudrait retrouver ses compagnons, et qu'aujourd'hui ce ne serait pas broderie. De toute façon, elle était nulle à l'exercice, l'aiguille se plantant plus souvent dans son doigt que dans l'étoffe.
Etonnament, elle était plus à l'aise avec une épée, sans doute son éducation, et les leçons de maniement de l'arme que sa défunte mère avait tenu à lui donner au grand dam de sa gouvernante. Au moins celà lui servirait-il ce soir.
Car ce soir il y aurait combat, ils étaient tous persuadés que les brigands ne voudraient pas ne pas mettre le château de Reims à leur tableau de chasse après avoir fait tomber celui de Dijon.

Et l'épée justement, fut glissée dans le fourreau accroché à la taille d'Aliénor. Elle avait encore un peu de temps avant de rejoindre son poste mais elle voulait avant passer trouver un peu de chaleur auprès de ses proches. Pour la première fois, ils seraient séparés. Aimelin, Maltea et Cedmisc étaient dans l'armée, Aliénor quant à elle avait été afffectée aux défenses civiles.
Encore un sujet qui ne la rendait pas sereine, les savoir loin d'elle et elle loin d'eux. Ne pas connaître leur sort, devoir combattre en ignorant s'ils avaient été blessés, ou pire. Il faudrait garder la tête froide, écarter cette inquiétude de son esprit sous peine de voir ses réflexes amoindris, elle en était consciente, mais elle n'était pas certaine d'y arriver.

Elle avait besoin de se rassurer, avant la bataille, et c'est dans cettte optique que ses pas la portaient alors, à travers les rues de Reims, vers la partie des remparts où on lui avait indiqué que les conseillers et les membres de l'armée se trouvaient.
Bien vite, elle se trouva au pied de l'escalier menant au chemin de ronde, et elle commença à en gravir les degrés, le coeur battant, réfléchissant à ce qu'elle leur dirait. Elle releva le menton, il était hors de question de leur montrer ses angoisses, elle trouverait bien à prendre la situation à la légère, à dédramatiser, même si elle doutait de berner ceux qui la connaissait bien.

Ses yeux commençaient à s'habituer à l'ombre qui y régnait, et elle distingua en haut des marches, un couple enlacé. Le sourire qui s'était affiché sur ses lèvres à la pensée qu'il devait s'agir d'un couple d'amoureux oubliant l'instant d'un baiser -passionné à ce qu'elle en distinguait- la tempête qui allait s'abattre sur eux tous, s'effaça lorsqu'elle devina, dans le contre-jour, l'identité des protagonistes.
Le sang reflua brutalement de son visage et elle mordit violemment l'intérieur de ses joues à la vision de ce qu'elle n'aurait jamais dû, voulu voir. Un moment immobile, figée de stupéfaction, elle fit cependant volte face dans une envolée de cheveux blonds et redescendit précipitamment, le claquement de ses bottes sur les marches de pierre se répercutant contre les murs de l'escalier.

Un vertige une fois arrivée au bas, et elle posa la main contre le mur le plus proche, tentant de reprendre ses esprits, incertaine quant à l'attitude à tenir. Devait-elle remonter, glisser à Maltea ce qu'elle venait de surprendre pour que celle-ci sache que cela ne serait jamais divulgué, que cela resterait comme l'une des confidences qu'elles partageaient ?
Un regard par derrière elle vers l'escalier, mais finalement, elle repartit à l'opposé, en direction de  l'endroit où elle devait rejoindre les autres membres de son groupe.

Elle serait un peu en avance, mais qu'importait au final. La nuit allait être longue, et éprouvante. Parce qu'en plus de tout le reste, venait de s'y ajouter le poids du secret qu'elle détenait.

Maltea a écrit:
Elle n'avait pas vu le halo de cheveux blonds virevoltant en bas de l'escalier de la tour. Elle n'avait aucune idée du mal-être qui s'était emparé d'Aliénor qui avait surpris ce moment de passion entre Alphonse et elle. Alors qu'elle tentait de remettre de l'ordre dans ses atours mais aussi calmer les battements emportés de son coeur, les fourmillements ayant pris d'assaut son ventre, le silence se rompit. Les mots prononcés lui causèrent un pincement au coeur... comment était-ce possible? Peut-être était-ce la situation périlleuse, les combats à venir qui amplifiaient les sentiments. Elle chassa très rapidement de son esprit le mot amour. Ça c'était impossible. Elle n'aimait pas, pour ça, il faudrait avoir un coeur, et elle n'en avait plus depuis quelque temps déjà. Ce sentiment était désormais banni de son vocabulaire. Par contre, elle aimait la passion, les picotements provoqués par des étreintes interdites ou pas d'ailleurs.

Je vous interdis de mourir, suis-je assez claire? J'ai d'autres projets pour n.... vous!

Autant ne pas rajouter le fond de sa pensée qui était qu'elle voulait gouter à son corps avant que celui-ci ne pourrisse sous terre, ce serait un énorme gâchis.

Et puis ne vous en faites point pour moi, je suis une anguille en temps de guerre, je passe sans cesse au travers des mailles du filet, au grand dam de mes adversaires. Bon j'avoue que la chance finit toujours par m'abandonner, mais il faut bien à un moment ou un autre, se prendre un coup et être marquée d'une belle cicatrice. Ma vie ne m'a jamais quittée, c'est déjà ça.
Et puis je dois montrer l'exemple.... et je ne suis pas une faible femme, potiche de salons mondains feutrés!


Et quel exemple.... celui d'une femme mariée attirée par son garde.... magnifique! Côté positif, elle pourrait se défouler et déverser sa frustration sur les ennemis, en les massacrant un par un!

Bon, ce n'est pas tout ça, mais si nous restons ici, je ne réponds plus de mes actes, et je dois garder mes forces pour les combats à venir.... rejoignons donc le campement, il est temps je pense... de plus, si les autres descendent, ils vont se demander la raison de notre présence en cet escalier alors que cela fait quelques minutes déjà, que nous l'avons emprunté afin de rejoindre les autres soldats....

Petit regard enveloppant et pénétrant, suivi d'un soupir de désir inassouvi.... dieu qu'il était tentant... elle se retint de se blottir contre son corps qui l'appelait et de reprendre là où ils s'étaient interrompus, mais le devoir l'appelait, malheureusement.
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