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 [RP] Post tenebras lux

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Aliénor
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Messages : 1966
Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: [RP] Post tenebras lux    Jeu 28 Juin - 14:35

Alienor_vastel a écrit:
    Après les ténèbres, la lumière

[Vendôme, 12 juin]

La lueur du jour commençait à peine à faire fuir les ombres de la nuit lorsque les cavaliers franchirent enfin la porte du village. Aliénor rabattit dans son dos la capuche de la cape de laine qui la préservait de la fraîcheur du petit matin, dévoilant un visage aux traits tirés autant par la fatigue que par l'inquiétude.

Ils avaient quitté Tours la veille, après avoir attendu, en vain, le retour de Marine ainsi qu'elle le leur avait promis. Un aller retour à Vendôme, avait dit la petite rouquine, pour voir ses amis qui s'y trouvaient.
Mais l'aller retour durait, et les rumeurs qui allaient bon train sur le marché de la capitale tourangelle où la blondinette s'était rendue pour un lèche-échoppe dominical avait fini de la convaincre qu'il n'était plus temps d'attendre, et qu'il fallait en avoir le coeur net quant au retard inopiné de Marine.

Elle avait bien essayé de se rassurer, de ne pas montrer ses alarmes, de se persuader qu'elle projetait sur la fillette la peur de ce qui leur était arrivé, à Aimelin et elle, un peu plus de deux mois auparavant sur les routes de Champagne. Sans doute Marine avait-elle prolongé un peu son séjour, ou alors son lapin s'était enfui et elle lui courait après, du moins c'était ce qu'elle avait dit à un Marc au moins tout autant préoccupé qu'elle, qu'eux. Sauf que le lapin était resté à Tours.

Mais en vain, il restait au fond d'elle ce petit pincement au coeur, ce regret de l'avoir laissée partir seule sur les routes. Ils en avaient parlé, avec Aimelin, avaient hésité à l'accompagner, mais il ne voulaient pas lui donner l'impression qu'ils la surveillaient, ils souhaitaient lui laisser cette liberté dont, tel un oiseau, elle avait tant besoin.
Et puis elle avait promis de revenir rapidement.

Mais Marine n'était toujours pas revenue.

Et puis il y avait ce rêve...



    [Tours, à l'aube du 10 juin] *

    - Comment ça, poutrée ?

    Les sourcils se froncent, signe chez elle d'incompréhension ou de désapprobation. Les deux, dans le cas présent.

    - Poutrée par l'armée d'Giffard !
    - Bah voyons...


    Ca lui est sorti comme un réflexe. Faut dire aussi qu'elle se défie de la fonction de Connétable, d'abord parce que ça lui a volé son père, bien des années auparavant. Et puis la déroute de Péronne à l'automne précédent, envoyer au casse-pipe des hommes et des femmes contre deux fois plus nombreux qu'eux protégés par des remparts, ça lui est un peu resté au travers de la gorge.

    - J'étais dans la lance de Kay, Esta et tout le reste, ils me ramenaient à Tours...
    - Hmpf. Le Coeur Navré s'est rendu et ils les poutrent quand même !
    - Elouan... Elouan... L'était là aussi... Ils l'ont tué...
    - Et en plus ils s'en prennent à des enfants ! Désespérant...


    Désespérée, mais surtout énervée. Un regard prolongé vers le visage exsangue qui lui fait face, semblant flotter dans l'air léger, et un long silence avant que la voix de Marine ne le brise.

    - L'Très Haut décidera si j'meurs... Ou si j'reviens...
    - Ben j'espère qu'il fera le bon choix et qu'il verra qu'il y a des gens pour qui le fait que tu reviennes est important
    - Ca fait mal ... D'mourir... Ils étaient plusieurs... J'ai rien pû faire...


    Un petit soupir alors que les pensées vagabondent un instant vers cette route champenoise, cette armée champenoise qui les avait attaqués, Aimelin et elle, sans raison valable. Et une petite grimace en même temps qu'elle porte machinalement la main à son flanc, là où ses côtes bien que ressoudées, la font encore parfois souffrir.

    - J'ai connu ça, ma puce... Faut que tu te raccroches à tes raisons de revenir. Moi c'est la main d'Aimelin, et sa voix, qui m'avaient retenue, quand les soldats m'avaient laissée pour morte.
    - Oh...


    Un léger sourire vient s'afficher sur les lèvres pâles de la gamine.

    - Faut que je vois avec les autres, on vient te rejoindre

    Les autres, c'est Aimelin, Ellesya, Marc, Minah, les proches de Marine, ceux qui l'attendent à Tours, ceux avec qui ils sont venus du Mans, première étape de ce tour du Royaume qu'ils veulent faire.

    - Attends Sya...
    - Elle ne sort de chez les soeurs que demain soir
    - Attendez..
    .

    Un silence à nouveau

    - Oh Aliénor... Prend soin de mon lapin, de mes pigeons boule de neige, de Roxy et de Chenapan... Pis aussi de mes vers d'terre ! S'il te plaît ! Pis aussi d'Marc !
    - Oui bien sûr !


    Bien sûr qu'elle le fera, même sans ça d'ailleurs ! Et surtout de Marc, depuis qu'ils se sont retrouvés, une quinzaine auparavant, elle a pu constater le lien qui unissait le jeune homme à la gamine, et elle se doute que l'absence de Marine va fortement lui déplaire. Ce qui est d'ailleurs un doux euphémisme.

    - M'ci Aliénor...
    - De toute façon, au plus tôt, on se ramène avec ta ménagerie !


    Et à propos de ménagerie, cette habitude qu'a Marine de sauter du coq à l'âne.

    - Pourquoi les grands sont méchants...?
    - Si seulement je pouvais te répondre...
    - C'est pas juste...
    - Non c'est pas juste ! On te dira que tu étais au mauvais endroit au mauvais moment... c'est ce qu'on nous a dit quand on avait été poutrés nous aussi. Pour quelques uns, des innocents prennent aussi.


    Un petit reniflement se fait entendre, Aliénor cherche machinalement un mouchoir à tendre à la gamine

    - J'fais quoi...?
    - Tu expliques au Très Haut que tu dois revenir !
    Petite grimace, mauvais souvenir Ca va faire mal par contre
    - M'en fiche !


    Et un sourire de la blondinette face à Marine qui croise les bras, boudeuse

    - Tu es courageuse, c'est une des choses que j'aime en toi ! Et puis on sera là... pour te tenir la main
    - J'sais...
    - Tu vas te remettre, et puis après on continuera ce voyage
    - Ne t'inquiète pas Aliénor... Ca va aller...
    - Ben si je m'inquiète... toujours pour ceux que j'aime !
    - J'souffre plus...
    - Tu laisses pas tomber, hein !


    Un silence. Long, pesant.

    -Marine !!! Faut que j'aille embêter le Très Haut pour qu'il t'aide à revenir ?! Même pas peur !

    Ce qu'on peut jeter comme fanfaronnades quand on rêve ! Quoique...
    Et un souffle léger dans le cou d'Aliénor.


    - Aliénor, ça va aller... Un instant de silence Aimelin...
    - Il va s’inquiéter aussi. On prendra la route de Vendôme au plus tôt.
    - Il ne doit pas s'inquiéter... Ca va aller...
    - On arrêtera de s'inquiéter quand on verra de nos yeux que ça va aller !
    - N'soyez pas choqués...
    - On en a vu d'autres, des gens qu'on aime aussi.


    Là c'est davantage pour se rassurer elle, ne sachant à quoi s'attendre et ne pouvant s'empêcher d'appréhender.
    Et un regard de la rouquine derrière elle.


    - Il faut que je te laisse Aliénor... J'dois parler avec l'Très Haut... Ou j'sais pas qui...
    Tu m'aimeras toujours, hein ?

    - Bien sûr, n'en doute jamais !
    Et dis lui, au Très Haut, que s'il te ramène pas, je me pointe pour lui dire ce que j'en pense !
    - M'ci... Je vous aime...
    - Nous aussi on t'aime, ne l'oublie pas !


    Et Marine, image éthérée qui disparaît peu à peu, de sourire à Aliénor qui lui envoie un baiser du bout des doigts.


[Retour à Vendôme, 12 juin]

La blondinette secoua la tête. Certes, sa mère lui avait souvent raconté comment elle eu la prescience de la grave blessure de Pisan devant Orléans bien des années auparavant, alors qu'elle même combattait à l'autre bout du champ de bataille, comme si un lien invisible reliait alors les deux jeunes femmes, comme si l'une avait ressenti presque physiquement de ce que l'autre avait subi.
Mais c'était par trop irrationnel pour l'esprit cartésien de l'adolescente. Et puis ça ne se pouvait pas, il ne pouvait rien être arrivé à Marine !

A peine le temps de déposer à l'auberge les quelques affaires emportées à la hâte, et le petit groupe se sépara. Les pas d'Aliénor la menèrent jusqu'à une taverne, après tout, avec le marché, c'était là qu'elle avait le plus de chance de croiser du monde.
Et ce fut là qu'elle prit connaissance des nouvelles en blêmissant. L'attaque incompréhensible de l'armée du Connétable sur le groupe de prisonniers qui s'étaient rendus et se dirigeaient vers Chinon, escortés par des soldats tourangeaux. Marine, qui avait profité du convoi pour ne pas prendre seule la route qui devait la ramener à Tours. Et dont plus personne n'avait de nouvelles depuis l'affrontement.
Disparue.

D'une démarche pressée, affichant une mine soucieuse, elle regagna l'auberge pour faire part de ce qu'elle savait. Tournant encore et encore dans sa tête les possibilités qui s'offraient à eux après ce qu'elle venait d'apprendre. Se perdant dans les ruelles de Vendôme qu'elle ne connaissait pas, heurtant par moment un villageois tant elle était plongée dans ses pensées, s'excusant à peine d'un geste de la main.

Le soleil était déjà haut derrière les nuages lorsqu'elle rejoignit enfin le reste du groupe. Quelques mots d'explication, et une discussion à bâtons rompus dans laquelle chacun cherchait à se persuader que Marine allait bien. Oui, surement qu'elle avait eu peur devant la violence du combat, qu'elle s'était cachée et n'osait quitter le refuge qu'elle s'était trouvé, cela ne pouvait être que ça !
Malgré ce rêve qui revenait en boucle, et dont Aliénor tentait de libérer son esprit.

De toute façon, il n'y avait qu'une chose à faire maintenant. Se rendre sur le lieu où Marine avait été vue pour la dernière fois.
Et se mettre à sa recherche.



---------------------
* Ecrit à quatre mains

Aimelin a écrit:
[Quelques jours auparavant]

" Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux..."

(Renaud - Mistral gagnant)


Parfois la vie se plaisait à jouer des tours, semblant faire revivre des évènements déjà vécus, des situations déjà connues, des états d’âme sans cesse ressurgissant.

Tours… Vendôme… Le Mans… un petit tour par Laval pour revenir à Tours… la boucle était elle bouclée provisoirement en attendant qu’ils continuent leur voyage ? C’était sans compter sur la petite rouquine de neuf ans qui tenait plus que tout à aller voir Kay et des amis sur Vendôme.


- j’peux y aller dis j’reviens de suite j’te promets
- tu nous promets d'être prudente
- ouiiii !


Il avait hésité à la laisser partir seule sur les chemins malgré qu’elle en ait l’habitude pour son jeune âge, mais il n’avait pas eu le cœur à la suivre ne voulant pas lui donner l’impression qu’il la surveillait. Il veillait, il la guidait le mieux qu’il pouvait, il répondait à ses questions, ils parlaient beaucoup mais pour lui, il n’était pas question de façonner Marine à leur manière comme avait voulu le faire certains qui aujourd’hui l’avaient reniée. Elle en avait souffert, aujourd’hui elle avait retrouvé un certain équilibre entre Aliénor et lui, Marc son frère de cœur, Minah et Ellesya qu’elle devait sans doute considérer comme une grande sœur plus proche d’une mère. Aimelin aimait à les regarder échanger et il était rassuré de voir les liens que certains nouaient avec elle. Lui n’aimait pas montrer ce qu’il ressentait, il n’avait jamais été habitué à ça, mais il veillait sur elle avec toute la tendresse qu’il avait pour cette petite mioche rencontrée un jour de janvier passé sur une place champenoise enneigée.

Mais l’inquiétude avait grandi au sein du petit groupe lorsque le jour prévu la petite voyageuse n’était pas revenue et que les rumeurs parlaient déjà de voyageurs attaqués par une armée royale. Aucune missive et ils avaient pensé qu’elle avait voulu rester un peu plus. Mais les inquiétudes n’étaient pas des sentiments qui s’envolaient comme les feuilles en automne et le petit groupe avait quitté Tours pour Vendôme bien décidé à retrouver leur petite sœur de cœur.

Leur arrivée à Vendôme s’était faite sans soucis malgré l’appréhension de savoir les chemins si peu sûr et le souvenir de ce jour vers Compiègne quand une armée champenoise s’était fait un plaisir de les prendre pour cible sans qu’aucun des soldats de n’arrête et ne leur porte secours. Ils n’avaient eu la vie sauve que grâce à Kawa, la sœur du jeune Etampes, qui s’inquiétant de ne les voir arriver était venue à leur rencontre et les avait trouvé inanimés sur le bord du chemin.
Des guerres il en avait fait plus que de raison du haut de ses presque vingt deux années et il savait la stupidité des hommes lorsque leur raisonnement ne se faisait entendre que par la force des armes.

Le petit groupe s’était retrouvé après avoir en vain cherché à savoir si quelqu’un avait aperçu Marine. Le forgeron chez qui il était passé pour Altaïr n’avait vu que des soldats, ce qui était loin d’avoir rassuré l’ébouriffé.

Tout ce qu’ils avaient pu glâner comme informations, c’était qu’un groupe de prisonniers du Cœur Navré, ainsi que deux gosses qui profitaient de voyager en sécurité, se dirigeaient vers Chinon, escorté par des soldats tourangeaux, et que ce groupe avait été attaqué par l'armée royale. Il n’avait pas fallu longtemps pour deviner que Marine était l’un des deux gosses. La peur s'était emparée d’eux, comme la détermination à refuser que le Très Haut la rappelle à lui, et ils avaient décidé de partir à sa recherche le lendemain. En partant de Tours, ils avaient voulu couper à travers la campagne pour aller plus vite, et sans doute étaient ils passés plus loin que le lieu du drame.

Mais cette fois-ci, ils reviendraient sur Tours en suivant le chemin qu’empruntaient les groupes et armées, et ils la retrouveraient à tout prix.

--Les.paysans a écrit:


[Le 12 Juin 1460 - Sous les remparts de Vendôme, lieu de l'affrontement- ]

Chanceux comme ils étaient, les trois copains aimaient bien revenir chaque jour sur les lieux de l'affrontement. En effet, un peu après la bataille, ils s'étaient approchés des corps, ne sachant pas quoi faire pour venir en aide aux blessés. Le plus idiot des trois trébucha sur le corps d'un des blessés, l'achevant par la même occasion et tomba nez à nez devant la bourse pleine d'écus d'un corps ! Et c'est là qu'il eut une idée grandiose d'après lui ! Et s'ils prenaient les bourses des morts ? De toute façon, s'ils sont morts, ils s'en fichent ! Bien évidemment, il soumit ses idées à ses copains !

Un était d'accord mais le deuxième avait peur que les morts viennent les hanter, parce que ce n'est pas du tout bien ce qu'ils font. La vue des écus suffit par le convaincre et bien que les corps finissent par être ramasser, les paysans fouillaient encore parmi la terre et la chair pour trouver quelques écus.

Chaque écu qu'ils ramassaient, ils s'agitaient car pour eux, ils allaient devenir riches ! Ils pourront quitter papa et maman, ne plus travailler aux champs et épouser de belles femmes ! D'ailleurs, ils ne se sont pas contentés de prendre que des écus mais aussi des armes et de belles montures. Parmi les chevaux, on peut apercevoir un poulain avec une couleur grise, légèrement blessé au niveau du flanc et une besace particulière attachée à la selle. En effet, Marine avait dessiné des trucs sur sa besace avec du charbon. Bien évidemment, les dessins ne ressemblent plus à rien mais le sac de la mioche a une particularité, une patte de peluche en ressort ! Quand le plus idiot, a vu la patte de la peluche, il a été pris d'un léger remord mais il s'est bien vite consolé en se disant que ça ferait sans aucun doute rougir la fille qu'il convoitait depuis quelques temps déjà.

Bien évidemment, les copains n'étaient pas les seuls à chercher quelques écus, sous le regard méfiant de certains passants qui s'éloignaient à grande vitesse, ayant peur d'avoir des problèmes quoiqu’il soit. Les trois copains s'en fichaient de tout, car tout ce qu'il compte, c'est qu'ils deviennent riches ! Adieu la morale ! Après tout, si ça se trouve, c'est le Très-Haut qui les récompense !

Alienor_vastel a écrit:
[12 juin - Près de Vendôme]


Ils avaient donc remis le pied à l'étrier. Si, pour venir, ils avaient coupé à travers la campagne, cette fois c'est la route qui relait Vendôme à Tours qu'ils prendraient. Après tout il paraissait logique que ce fut celle empruntée par une armée en déplacement.
La détermination de retrouver Marine remplaçait peu à peu l'impuissance qui avait saisie la blondinette en apprenant la disparition de la rouquine à laquelle elle s'était tant attachée. Ils y passeraient le temps qu'il faudrait, mais ils ne reviendraient pas dans elle ! N'osant même pas songer à un échec, ou pire. Le pire serait de retrouver son corps sans vie et Aliénor ayant déjà, malgré son âge, perdu de nombreux êtres chers, qu'il soit arrivé la même chose à Marine n'entrait pas dans le champ des possibilités qu'elle envisageait.

Un arrêt à la porte du village, pour demander à ceux qui les gardaient s'ils savaient où s'était déroulé l'affrontement, ne recueillant qu'un haussement d'épaules en signe d'ignorance, et un geste vague vers la direction qu'ils comptaient prendre de toute façon.
Un soupir s'échappa des lèvres de la blondinette, songeant qu'ils ne devraient compter que sur eux-même pour retrouver Marine. Un léger coup de talons dans les flancs de sa frisone, et ils se mirent en route. Les pervenches observaient, scrutaient, fouillaient les alentours, à la recherche d'un indice qui pourrait les aider dans leur quête.
A quoi pourraient-ils identifier le lieu qu'ils cherchaient, surtout deux jours après ? Une armée qui déferle sur un groupe, ça doit bien laisser des traces ! Un peu comme quand ils avaient été attaqués par cette armée de leur duché, sauf que la blondinette ayant sombré dans l'inconscience sitôt blessée, on ne pouvait pas dire qu'elle avait le souvenir de l'état du terrain après l'attaque.

Ils n'eurent pas à aller bien loin au final. Terre retournée, buissons foulés aux branches arrachées, débris épars, tout indiquaient qu'ils approchaient de l'endroit où l'on avait vu Marine pour la dernière fois. Aliénor tira légèrement sur les rênes d'Etoile pour la faire s'arrêter, se dressant sur ses étriers pour observer les lieux. Une grimace en imaginant sans peine la violence de ce qui s'y était déroulé. Un massacre, lui avait-on dit dans cette taverne, et elle arrivait sans mal à le concevoir.
Pervenches qui se voilent un bref instant en songeant à Marine, gamine perdue au milieu de la folie des hommes, et cette phrase de son rêve qui lui revient. "Pourquoi les grands sont méchants...? " Non, vraiment, avec ce qu'elle avait sous les yeux, elle n'avait pas de réponses à apporter.

La blonde adolescente avisa quelques hommes, des paysans visiblement si elle se fiait à leur vêture, et fronça les sourcils à la vue de leur comportement, réalisant ce qu'ils étaient en train de faire.
Se tournant vers Aimelin, elle pointa la main vers eux.


Des charognards, de ceux qui vont sur les champs de bataille pour dépouiller les morts et récupérer ce qu'ils peuvent ! S'ils sont déjà venus juste après l'attaque contre le groupe dont Marine faisait partie, peut-être auront-ils des choses à nous dire ?

Et la main redescendit, les doigts venant froler la poignée de la dague accrochée à sa ceinture. S'il fallait faire pression, elle n'hésiterait pas à s'en servir. Même si au fond d'elle elle préférerait ne pas avoir à le faire, non par peur, mais sa petite corpulence n'était pas en sa faveur face à ceux vers lesquels ils se dirigeaient maintenant à vive allure après avoir talonné leurs montures.

Elouan. a écrit:
[Où ? Quand ? Comment ? Mais apres la bataille c'est sur ! Ce qu'il reste d'un p'tit porte drapeau...]


La douleur, comme avant, comme lorsqu’il était tout petit entre les grosse pattes de son paternel. La douleur des coups, des os qui se brisent, le gout du sang dans la bouche, cette sensation de manquer d’air, d’étouffer et la tête prêt à exploser. La douleur.
Et puis… Le froid, comme avant, comme ses premiers jours dans ses ruelles insalubre dans lequel le père l’avait jeté. La morsure sur sa peau, cet air glacé qui s’immiscé dans sa peau, tétanisant tout ses muscle, embrumant son esprit un peu plus. Le froid.

Etait-ce ainsi la mort ? Ressemblait-elle à cela la grande faucheuse comme il l’avait entendu appeler ? A vrai dire le môme s’en foutait pas mal, complètement frigorifié, il ne voyait plus rien et n’entendait plus rien, la seule chose qu’il sentait était simplement la douleur battre, au même rythme que son cœur et rien d’autre.

Où était-il exactement ? Et ses compagnons d’armes ? Et Marine ? Parce que ça, sa princesse il s’en souvenait ! Il l’avait vu, à moins qu’il ne fût déjà mort en tombant. Oui, peut être qu’il était mort finalement. Il avait même parfois l’impression de sentir la Tatoué tout près de lui…


-Mamma….

Où était-il… Il faisait si froid…

Marineblanche a écrit:
Les yeux de l'enfant restent désespéremment clos, même si parfois on peut voir une légère crispation au niveau des paupières. Le corps est inerte et blessé par les différents coups de lames qu'elle a reçu. Parfois, elle ressent un froid désagréable envelopper tout son être et cette sensation d'os brisés.

Elle a mal mais ça ne dure jamais très longtemps, ou du moins, elle ne s'en rend plus plus compte de rien. Est-elle morte ? Est-elle entre la vie et la mort ? Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il est arrivé quelque chose de très grave. Elouan était-il bien avec eux ? Où est-il ? Et les autres ? Elle l'ignore et elle ne reste pas bien "consciente" longtemps pour pouvoir s'interroger plus.

Les paupières se crispent soudainement et la respiration se fait plus forte avant se calmer. Que se passe-t'il ?

Est-elle en train de mourir ou bien est-ce qu'elle rêve ?

L'enfant est dans la nature, des papilles volent et le chant des oiseaux parviennent à ses oreilles, mais tout semble bizarre. Si lointain et si iréel... Où est-elle ? Elle regarde l'endroit perdue. Qu'est-ce qu'elle ressent ? Quelque chose qu'on ne pourrait pas décrire. Qu'est-ce qu'il passe ? Elle se souvient d'avoir été attaqué... Alors que fait-elle au beau milieu d'une forêt ? Il ne s'est rien passé alors ? Et d'abord, comment est-elle arrivée là ? Elle ne sait plus rien... Elle est juste perdue...


Bonjour Marine*

L'enfant se retourne et ses yeux s'ouvrent en grand à cause du choc.

Du... Ducan...?

Le jeune clerc qu'elle eut connu autrefois se tenait tout juste devant elle, vêtu de blanc.

Oui c'est bien moi

Ducan était en effet un clerc qu'elle avait connu à Autun et avec qui, elle s'est très vite liée ! Elle l'aimait beaucoup et elle adorait l'entendre lui raconter des histoires sur les uns et les autres, parce que c'était souvent drôle et il lui avait aussi parler de son projet de forger pour les armées saintes. Le jeune clerc fût le premier grand qui réussit à apprivoiser la petite fille si insolente et téméraire qu'elle était et est toujours. Elle fuguait chaques nuits pour aller en taverne afin qu'il lui raconte encore des histoires.

Un jour, il partit et c'est ainsi qu'elle apprit la terrible de nouvelle de la disparition de Ducan. Les rumeurs disaient qu'il était mort.

L'enfant lève un regard vers Ducan, même si elle était contente de le revoir parce qu'elle avait été vraiment triste lorsqu'elle avait appris la nouvelle, elle n'est pas du tout rassurée...


Maiiis... La voix qui se coupe sur le moment. Comment...?

Le jeune homme s'approcha doucement de Marine, et mit un genou contre terre, et une main réconfortante sur son épaule.

Tu es passée de l'autre côté Marine.

Pendant ce temps-là, le corps ne bougeait pas et tout ce qu'on pouvait voir en premier lieu, est la pâleur sur le visage de l'enfant.

Rêve ? Entre la vie et la mort ?



-------------
*Post écrit à quatres mains.

Aimelin a écrit:
[Sur le lieu du massacre]


Peste soit de ces hommes sans cervelle ! le jeune Etampes ne décolérait pas après ces individus à qui on confiait des armées alors qu’ils étaient incapables. Ah il était beau le royaume de France qui laissait mourir les innocents sans se soucier d’eux. Et encore ce serait leur faute, à n’en pas douter. Quelle idée de se jeter sur des épées ! Les reynes et les rois allaient ils se succéder de la sorte en passant de vie à trépas, sans qu’aucun ne soit ce qu’il promet… là pour le peuple que l’on soit roturier ou noble ? Peut être que c’était pour cela que le Très Haut les rappelait plus tôt, afin de les sermoner.

Il en tournait des questions dans la tête de l’ancien garde comtal et soldat qu’il était. Il s’était attaché à cette gamine insolente, capricieuse par moment, mais pleine de vie et d'affection à donner, et dont l’intelligence n’était plus à démontrer. Il aimait à discuter avec elle, lui expliquait ce qu’elle lui demandait, sauf quand elle le coinçait avec des sujets desquels il s’échappait avec une pirouette. Il riait de son côté rebelle mais il savait qu’au fond d’elle, elle souffrait de l’attitude qu’avaient pu avoir certains adultes se pensant supérieurs. Sa colère ressassée s’interrompit lorsqu’ils arrivèrent à l'endroit où sans aucun doute il y avait eu bataille. Ses mirettes se posèrent sur la moindre des pierres tandis que son cœur se serrait en imaginant la violence des combats et ses mains se crispèrent sur les rênes.


Pourvu qu’elle soit en vieles seuls mots qu’il murmura tandis qu’il suivait du regard le geste d’Aliénor.

Ils ont forcément vu Marine si elle est là il mit pieds à terre, ne lâchant pas les rênes de l’étalon tandis que sa main se posait sur le pommeau de son épée et se dirigea d’un pas ferme vers eux, sans cesser de chercher autour d’eux, le moindre détail qui pourrait leur montrer une piste.

Hola vous trois !

La voix s’était faite sure d’elle et assez forte pour que les trois charognards l’entendent. Vêtu d’une cape sombre, si la capuche masquait ses yeux, on pouvait difficilement ignorer l’épée accrochée à sa ceinture. Aimelin les observa avant de se planter devant eux. La question lui faisait mal au ventre mais il se devait de la poser. Il jeta un regard rapide à sa blondinette avant de s’adresser à eux.

Avez-vous trouvé une petite rouquine de neuf ans environ.
elle monte un poney
il porta son regard autour de lui scrutant les quelques bêtes qui étaient encore là quand l’une d’elle attira son regard.

--Les.paysans a écrit:


[Le 12 Juin 1460 - Sous les remparts de Vendôme, lieu de l'affrontement- ]

Les trois copains ne font pas attention aux gens autour d'eux, car tout ce qui compte, c'est le nombre d'écus qu'ils trouvent. La misère et l'argent perdre le peu de dignité que l'être humain possède. Voler les morts est immoral mais l'appel de la faim qui gronde dans leur estomac est plus importante. Sortir de la misère est une option qu'ils aimeraient bien obtenir. Ils continuent alors à dépouiller les morts quand une voix masculine les fit sursauter. Ils s'affolèrent en se retournant et regardent l'homme dont ils n'arrivent pas à distinguer le visage.

Chiabrena, c'est qui ?!

J'en sais rien ! On est dans la m'rde si c'est un de la rousse !

Tu as vu l'allure qu'il a ? M'étonnerait qu'il soit de la rousse, le bougre. J'dirais plutôt un brigand.

J'te dis qu'il est d'la rousse ! L'est taillé comme eux, j'te dis !

Beûh dis donc ! La donzelle là, elle a l'air trop bonne !


Les trois copains chuchotent, s'agitent et ne sont pas discrets pour un brin. Ils regardent l'inconnu d'un drôle d'oeil et surtout, son épée. Ils avaient volé des armes, certes mais ils ne savaient pas s'en servir. L'homme devant eux, ils ne le connaissaient pas et ils ne se séparent pas, prêts à prendre leur jambes à leur cou ou bien se jetter dessus, s'il fait le moindre geste.

Est-ce qu'ils ont trouvé une petite rouquine d'environ neuf ans qui monent sur un poney ? Le plus idiot prit d'abord la parole pour dire une connerie, bien évidemment.


Pas vu une p'tite rouquine !

Un copain lui donna un sérieux coup de coude dans le ventre, ce qui le fit tousser après lui avoir arraché un cri de douleur.

Tu racontes quoi toi ?

Ca va ! V'cherchez une fille ou un garçon ? Parce qu'il y'avait les deux, hein ! Deux p'tits mioches qui puent encore l'lait !

Ouais ! C'est vrai d'abord !

Ouais mais l'a dit rouquine là ! Il cherche la fille, j'crois !

Pouah ! Devrez plutôt chercher l'mioche ! Les pisseuses, ça sert pô à grand chose sauf à procréer...! Les garçons, ça, ça rapporte des z'écus à la maison ! Surtout que l'petit mioche là, l'est pas des plus moches...

Un autre coup de coude vient couper la parole à l'idiot.

Y'avait deux p'tits mioches, deux p'tits rouquins... Une fille et un garçon, du même âge, j'crois ! Ils ont été emporté mais la p'tite mioche n'était pas sur un poney parce qu'il y'avait pô d'poney ici donc j'sais pô si c'est de la même que vous parlez là ! Mais l'poulain là, l'a des affaire d'miochette. D'un geste de menton, il montre le poulain gris avec la drôle de besace attachée à la selle. Les deux gosses ont été salement amochés mais z'ont été transporté ailleurs, j'me souviens.

C'est vrai ! Z'ont été emmené par l'tavernier d'la taverne. Sans doute qu'il voulait d'la viande pour sa taverne.

Et voilà que les copains se mettent à rire, de nouveau.

Huhu ! Au pire, v'retrouvez vos mioches dans z'une assiette ! Oh les copains... Et si on allait en taverne manger un coup ? Doit faire un sacré prix sur l'ragoût l'bougre. S'est prit de la viande gratos là !

T'parles ! Z'avez la peau sur les os les mioches ! Hey m'sieur ! On peut garder l'poulain ? Vos mioches, z'en auront pû b'soin !

La ferme ! Z'allez pas bien les gars... Un regard vers l'étranger Pouvez reprendre ce qu'il y'a aux mioches ...

Là, pour le coup, l'idiot se tait un petit moment avant de reprendre la parole parce qu'on ne le referra pas.

Si v'pouviez nous donner une p'tite pièce, seriez gentil...On vous a aidé quand même...

Et hop, une main tendue.

Alienor_vastel a écrit:
[12 juin – Sous les remparts de Vendôme]


Suivant Aimelin, Aliénor s’était approchée des paysans, laissant le jeune homme leur parler. Après tout, du haut de ses cinq pieds à elle, sa frêle silhouette était nettement moins persuasive que lui, qui était armé qui plus est.

Le visage se voulait impassible, masquant les sentiments qui l’assaillaient à écouter la logorrhée émise par les hommes qu’ils avaient rejoints. Colère, dégoût, l’espoir aussi lorsqu’ils annoncèrent avoir vu deux enfants, roux. Bien sûr, ils ne cherchaient que Marine, mais dans le rêve de la blondinette, la rouquine avait évoqué Elouan. Et si la jeune fille n’avait jamais rencontré ce dernier, la gamine lui en avait si souvent parlé que la description qui leur était faite ne pouvait que lui correspondre.

Pensées qui se bousculent, allant au-delà de la rationalité, se raccrochant à ce qui venait d’être dit. Et puis des enfants pris dans cette bataille, il ne devait pas y en avoir des masses non plus.

Les pervenches quittèrent les visages qui leur faisant face, se dirigeant vers le poulain à eux désigné. La pâleur envahit les joues d’Aliénor en reconnaissant Pilligrimm sans aucun doute possible, et la sacoche si caractéristique accrochée à la selle, confirmant par là même que l’enfant dont les paysans venaient de leur affirmer qu’ils avaient été présents durant le massacre, et emportés par la suite, était bien celle dont ils s’étaient mis en quête.

Un pas vers l’avant, le regard froid et le ton affirmé pour leur demander avec impatience


Où ont-ils été transportés ? Vite !

Réponse qui vient, et déjà Aliénor se dirigeait vers le poulain pour le récupérer, Marine leur en voudrait s’ils ne le lui ramenaient pas. Et de revenir vers les hommes au moment où l’un d’eux quémandait sans vergogne une pièce pour le renseignement qui leur avait été donné.
Une réponse d’une voix sèche


Vous aurez une pièce si l’information s’avère exacte, et si nous retrouvons l’enfant… les enfants, en vie.

Pied à l’étrier, la blondinette se hissa sur sa selle, et d’un mouvement du poignet fit faire demi-tour à sa frisone, s’éloignant sans un regard, Pilligrimm trottinant à ses côtés.
Il ne leur fallu que peu de temps pour regagner le village, encore moins pour sauter de leur monture et attacher les rênes à un arbre devant l’auberge avant de pénétrer dans celle-ci.

Et d’élever la voix dans la salle vide.


Ohé, y’a quelqu’un ?!

Marineblanche a écrit:
Apeurée, l'enfant regarde Ducan. Elle est passée de l'autre côté ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Elle ne comprend pas. Ses petits yeux s'arrondissent en le regardant, parce que c'est alors qu'elle s'imagina être dans une forêt des fées où elle serait passée de l'autre côté d'une rivière. Ah non... Ce n'est pas possible. Il lui fait une blague ! Les grands lui font toujours des blagues et cette fois-ci, elle est certaine qu'il en fait une !

Maiiis naaaaa ! C'est pas vrai ! J'te crois pô !

Ducan se mit à rire de bon cœur et caressa doucement l'épaule de la petite

Tu es plus précisément entre les deux... Et tu as un choix à faire... c'est la raison de ma venue à toi

Elle le regarde, ne comprenant pas vraiment ce qu'il veut dire. Un choix ? Entre les deux ? Mais elle ne peut pas être entre les deux, parce qu'entre les deux, ça veut dire dans la rivière et si elle était dedans, elle serait pas sur la terre ferme ! A moins que...

T'me manque beaucoup... T'es vraiment mourru alors....?

Il lui sourit tristement

Oui Marine. Et comme je t'ai dit, tu as un choix à faire, repartir, ou venir avec moi
Y'a des fleurs qu'on mange au Paradis, dis ? Pis on peut aussi manger les z'arbres, hein ?

L'enfant fait un grand sourire et le sourire triste de Ducan s'effaça de ses lèvres pour dessiner un sourire amusé*


Il y a bien plus que des arbres et des fleurs à manger... mais tu devras renoncer à tes amis, tes proches, et ceux qui t'aiment très fort.

Renoncer à ses amis, ses proches et ceux qui l'aiment très fort ? Mais pourquoi ? Pourquoi ? C'est...

C'est pas juste...

Le regard de l'enfant change pour laisser apparaître de la tristesse.

Ils peuvent pô venir m'voir, hein ?
Dans quelques années oui, et toi tu devras attendre quelques années aussi avant de me revoir, si tu ne me suis pas
Si j'te suis, on jouera ensemble, hein ? Pis on sera tout le temps tous les deux ?
Et bien si tu me suis, tu auras l'éternité pour le faire oui
Mais Marc...
Tu ne pourras plus voir Marc pendant un temps, et lui non plus
Il va être triste...
Et mes vers d'terre...? Vont mourir...?

Ils finiront par mourir, comme tous les autres... oui
Maiiis...
Tu dois prendre une décision, et dans les deux cas tu perdras quelqu'un ou quelque chose. Mais rassures toi, quoi que tu décides, on se reverra
J'veux pas choisir ! J'veux pas ! T'comprends ?! J'veux pas !
J'veux que t'reviennes avec moi !
Je vais toujours être là Marine, toujours, juste à côté de toi


Les yeux du défunt se firent plein d'amour, et il lui serra la main

Maiis... Pourquoi les méchants m'ont attaqué, hein...?

Alienor_vastel a écrit:
[Toujours le même jour, taverne vendômoise]


Les dents mordillaient nerveusement la lèvre, les pervenches balayaient la pièce, s'arrêtant en direction de la porte menant vers l'arrière salle où des pas lourds venaient de se faire entendre. Dans la foulée, leur propriétaire apparût sur le seuil, essuyant ses mains sur son tablier à la propreté plus que douteuse.

Ouais y'a quelqu'un, c'pas la peine d'crier comme ça !

Un léger sourire sur les lèvres d'Aliénor, songeant que l'année qu'elle avait passée en tant que courrier de Champagne durant laquelle elle criait les nouvelles du Duché dans son village, lui avait permis de compenser sa petite taille par une voix qui se faisait entendre de loin, en même temps que le tavernier -car c'était bien lui- les détaillait, arborant un visage qui se voulait avenant en supposant, à leur mise, qu'il avait devant lui deux clients qui pourraient lui rapporter le bénéfice de sa journée.

V'voulez manger ? Large geste du bras pour indiquer les tables vides Pouvez vous installer où v'voulez, c'pas le choix qui manque !

Signe de dénégation de la blondinette.

Manger non, mais un renseignement. Il y a deux jours, l'attaque d'une armée royale devant Vendôme une moue qui vient ponctuer le début de la phrase, elle ne se ferait jamais à ce qui était arrivé ce matin là il nous a été dit que vous aviez trouvé deux enfants, une fille et un garçon, roux tous les deux, une dizaine d'années à peine ?

Regard inquisiteur et teinté d'impatience qui observe l'expression du bonhomme et attend sa réponse.

Les deux mômes ? Ouais, j'les ai ramassés, même qu'ils étaient dans un sale état ! Si c'pas malheureux, laisser deux gosses comme ça sur l'bord de la route sans s'arrêter. 'Reusement que j'suis passé par là avec ma charette, j'était allé r'faire l'plein d'fûts pour la taverne. J'les ai ram'nés ici et la Louise (Louise c'ma femme), ben l'a lavé leurs blessures, et y'en a un paquet ! Mais s'sont toujours pas réveillés. S'vous voulez les voir, sont à l'étage.

Pervenches croisant les mirettes grises d'Aimelin, expression mêlée d'espoir et d'inquiétude, avant de se précipiter vers l'escalier et d'en monter les marches quatre à quatre. La première porte fut ouverte à la volée, pour découvrir une pièce vide, la seconde fit apparaître à leurs yeux un spectacle qui serra le coeur de la blondinette. Dans le grand lit qui trônait dans un coin de la chambre, les deux enfants étaient couchés, les yeux clos, leur chevelure de feu contrastant avec leur visage pâle aux couleurs du drap blanc.
Quelques pas pour aller doucement d'asseoir sur le lit du côté de Marine, dégageant avec tendresse une mèche de ses cheveux collée sur son front. Aliénor se tourna alors vers le tavernier qui les avait suivis et dont la forte silhouette restait campée sur le seuil.


Trouvez quelqu'un pour prévenir nos amis, ils sont arrivés ce matin avec nous. Ils sont trois, une jeune femme, Ellesya, un jeune homme, Marc, et Minah, une gamine à qui il manque une partie du bras droit. Un regard vers les enfants avant d'ajouter Il faut les transporter à l'auberge où nous sommes descendus, trouvez aussi des personnes pour ça, et un médicastre ou une guérisseuse.

Plongeant la main dans l'aumônière accrochée à sa ceinture, elle en sortit une poignée d'écus.

Vous serez payé en conséquence !

L'homme acquiesca, murmurant un "ça sera fait" avant de disparaître sans avoir oublié de prendre l'argent qui lui était donné.

Aliénor le suivit un instant du regard, avant de reporter ses pervenches vers Marine et Elouan. Et de se pencher vers l'oreille de la rouquine inerte, prenant avec douceur et précautions sa main dans la sienne.


Marine, laisse pas tomber et reviens, n'oublie pas qu'on t'aime...

Marineblanche a écrit:
Oui, pourquoi les grands l'ont attaqué ? Elle n'avait rien fait de mal, pourtant. Pourquoi ? Sont-ils méchants comme les méchants dans les histoires ? Ou bien comme celui qui l'a mise au monde et qui l'a frappé alors qu'elle était sage ? Elle n'avait jamais compris pourquoi il était méchant avec elle ou pourquoi il était toujours en colère quand il l'a voyait. Marine n'a pas toujours été une peste qui embête les grands. Au contraire, elle voulait faire plaisir en se montrant serviable ou en étant gentille. Seulement, la vie a été injuste... Pourquoi ?

Parce qu'ils sont idiots, voilà tout

Elle regarde Canibal tristement, semblant réfléchir à ce qu'il avait dit. Parce qu'ils sont idiots ? Elle baissa le regard, c'est peut-être vrai si Canibal le dit. Ceci dit, elle ne resta pas bien triste longtemps, parce qu'une idée lui vient en tête toute à coup.

T'crois que les grands vont finir par manger mes vers d'terre, dis ? Parce qu'ils veulent jamais et c'est trop nul !

Oui, les vers de terre sont une passion pour Marine. Elle adore creuser et les voir se tortiller ! Ces bestioles-là intriguent fortement la mioche car ce n'est pas comme un chien, ça n'a pas de pattes ni rien...Alors comme tout ce qui est bizarre, la gamine les collectionne et n'a qu'une seule envie : Faire manger aux grands les vers de terre ! Pour l'instant, qu'une seule personne a mangé ces vers de terres, la Mémé de Minah.

J'veux d'venir vendeuse d'vers d'terre, plus grande !

Et peut-être même qu'elle deviendra riche ! Oui, même entre la vie et la mort ou dans ses rêves, la mioche espère toujours.

Je crois que tu ne pourras jamais les convaincre de les manger si tu viens avec moi Marine

Bé au Paradis, on mange pô d'vers d'terre ? Y'en a pô ?

Bah oui ! Peut-être qu'au Paradis, les gens sont plus gentils et voudront bien acheter ses vers de terre. Qui sait ?

On a pas besoin de manger, mais si tu le souhaite, tu le pourras

C'est nuuul ! Ça a l'air trop chiant l'Paradis !

Il faudra un jour ou l'autre que tu y viennes, alors retourne chez toi, tu pourras y vivre ta vie
J'ai pô d'chez moi...
Tu finiras bien par en trouver un, et Canibal, il n'a pas un chez soi à partager ?
Canibal ? Il m'déteste, lui !J'parie qu'il pense que j'suis une crevarde !
Ducan sourit
Il a voulu t'adopter et te protéger Marine, c'est toi qui as pris fuite

Elle plisse les yeux, se souvenant des personnes qui l'attendent. Si elle part avec Ducan, elle ne les reverra plus... Elle ne pourra pas jouer avec eux et ils seront tristes...

C'est vrai...Pis y'a aussi Sya ... Pis y'a Marc, Alienor et Aimelin… Si j'meurs, vont être triste, hein...? Pis Canibal aussi...? Et et… Guillaume, Maelia pis Amarante aussi…

L'enfant se tait, parce qu'elle pense ensuite à ses animaux... Bah oui, c'est quand même important les bêtes dans la vie d'un gamin. Elle ne pourra plus jamais les caresser...

Pis Roxy m'verra pû... Pis Chenapan, mes vers d'terre, Pilligrimm et et... la lapine, non plus...

Et c'est pour toutes ces personnes que tu prendras la bonne décision

Elle le regarde en serrant ses petits poings, pensant à toutes les grands choses qu'elle veut faire.

Z'auront jamais mangé mes vers d'terre ! Pis j'veux devenir vendeuse d'vers d'terre, comme ça tous les grands du Royaume en mangeront pis z'aimeront ça !

Alors retournes d'où tu viens et change le monde Marine

Il lui sourit mais comme ça ne suffit pas, elle en rajoute une couche, comme pour crier son envie de survivre et de vivre.

Pis aussi, j'veux lancer des boules d'neige sur la goule des grands, c'est drôle quand ils crient ! C'est trooop chouette ça, Ducan !

Elle le regarde avec un grand sourire. Bon, peut-être qu'au Paradis, il y'a des batailles de boule de neige mais c'est qu'elle a déjà choisi ses victimes la mioche ! Ducan lui posa une main sur l'épaule et la poussa à se retourner pour regarder derrière elle

On se revoit bientôt Marine, et n'oublie jamais que je veille sur toi

Elle sentit une petite poussée...

Et elle ouvrit les yeux, se retrouvant dans une pièce qu'elle ne connaissait pas, proche d'Elouan, d'Aimelin et d'Alienor.

Aimelin a écrit:
Laissant les dépouilleurs à leur sale besogne, après avoir récupéré le jeune cheval, ils s'étaient dirigés vers l'auberge la plus proche et tandis qu'Aliénor questionnait le tavernier, le jeune homme laissait son regard faire le tour de la grande pièce.

Il regarda à nouveau l'homme lorsqu'il parla des deux gamins en sale état. Ils étaient donc en vie et il sentit ce poids qui l’opressait depuis des jours, se soulever un peu. Il emboita le pas de la dame de Lesmont, gravissant les marches deux à deux pour s’engouffrer dans la deuxième pièce où les deux petits blessés reposaient inconscients sur un lit.
Laissant Aliénor régler les détails avec l’aubergiste il s’agenouilla près du lit et posa ses doigts sur la gorge de Marine afin d’en écouter sa respiration. Le pouls était faible mais elle était vivante. Il fit de même avec le garçonnet, bénissant le Très Haut de les avoir laissé avec eux.


ils sont vivants mais en piteux états et faibles… ses prunelles parcoururent doucement le petit corps de la rouquine tandis que son visage affichait un air soucieuxil faut les emmener à l’auberge et leur faire donner des soins au plus vite.

Il ne quittait pas des yeux le visage de l’enfant, imaginant ce qu’ils avaient du vivre et subir l’un et l’autre cette nuit là et ses poings se crispèrent en pensant à cette armée dite royale qui était partie les laissant crever comme des chiens. Quelle honte pour ce royaume ! Un léger mouvement de la fillette le fit lui aussi se pencher un peu vers elle.

Marine… c’est nous… tu es en sécurité.

La peur avait laissé place à la colère et maintenant au soulagement. Doucement il posa sa main sur le front enfantin, un sourire sur les lèvres guettant le moment où elle pourrait peut être prononcer quelques mots, tandis que son regard se portait de temps à autre sur le garçon encore inconscient.
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