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 La guerre et ses ravages (RP chaumière)

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Aliénor
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MessageSujet: La guerre et ses ravages (RP chaumière)   Sam 5 Mar - 0:44

bigbosspower a écrit:
Un rêve qui n'en finit pas, nulle douleur, nulle crainte, une quiétude que son esprit n'avait jamais connu jusqu'alors. Partir, se laisser bercer par cette lumière si apaisante, mais quelque chose trouble cette vision, la lumière se fait plus vive...Compiègne, une nuit d'hiver, tout a commencé ici....

Cette nuit-là, il s'était arrêté dans une ville aux abords plutôt inquiétants, une demie miche de pain rassi dans son balluchon et à peine de quoi se tenir chaud en cet hiver rigoureux. Il allait à nouveau dormir à la belle étoile puis reprendre sa route, mais pour une raison qu'il ignorait, il fut attiré par l'une des tavernes dont les fenêtres éclairaient la ruelle par laquelle il passait. Sa curiosité attisée, il poussa la lourde porte, accueilli par quelques villageois l'invitant à se joindre à eux, une enseigne où l'on pouvait lire "Au petit compiègne"....
La vision s'efface pour laisser place à une autre, même taverne, mais derrière le comptoir cette fois-ci, en tant que maire de la ville, une villageoise qu'il connaît bien désormais, échange de sourires, bientôt elle saura...Des cris dans la nuit, une naissance qu'il voit s'éloigner dans les ténèbres, des choix à faire, tout est question de choix, "non je ne veux pas que tu partes, pas encore....".

Tendre une main, ne pas la quitter, mais elle se perd dans le néant, ne pas subir, rester digne, un visage qu'il ne faut pas perdre coûte que coûte, mon amour... Relever la tête, rabaisser son casque, ajuster son épée, des cavaliers en armures prêts à livrer bataille devant une ville, ce cri que l'on entend et lit sur les visages....FORCE ET HONNEUR...une douleur qui semble ne jamais vouloir s'arrêter, se résigner à ne plus lutter.... Une main qui se pose doucement sur son épaule et qui le secoue..


- Dis, quand est-ce qu'on va voir maman ?

Cette voix lui semble si familière et pourtant si lointaine, relever à nouveau la tête et voir ce qui serait un ange lui sourire, attendant sa réponse.

Bientôt, elle doit sûrement préparer quelques madeleines, tu en voudras j'espère ?

- Oh ouiiii, on fait la course ? Le premier arrivé a gagné !

Non attends....

La petite fille au sourire angélique n'attend pas de réponse cette fois-ci, son image se perdant dans un rire, tendre vers cette lumière si blanche, ne pas laisser s'échapper ce rêve, se mouvoir malgré tout, mais le corps ne veut pas se débarasser de son carcan, comment bouger...
Magdeleine* a écrit:
Elle avait bien dit au soignant qu’elle avait laissé au chevet de son époux "surtout, s’il se passe quoi que ce soit, tu viens me prévenir ! Immédiatement !".
L’homme l’avait regardée avec étonnement, elle d’habitude calme et posée, avait dans la voix un ton qui n’admettait aucune réplique. Il avait hoché la tête, songeant que les circonstances avaient changé la jeune femme et qu’il avait visiblement plus qu’intérêt à suivre ses consignes…

Mag avait laissé son époux, avec un regret, immense… Ne pas pouvoir rester à ses côtés pour le veiller. Mais que faire de plus qu’attendre un signe, alors que tant de tâches l’attendaient…
Ironie du sort, cette fois c’était elle qui devait partir, le laisser.
Il serait dit que leur devoir serait toujours entre eux, qu’il les séparerait une fois de plus, pour mieux se retrouver l’espérait-elle…
Mais il comprendrait, comme elle avait toujours compris de son côté…

Elle était à la mairie, occupée à envoyer les innombrables missives quotidiennes avant de les confier aux pigeons décidemment efficaces. Compiègne était peut-être assiégée, mais pas isolée, elle était informée de ce qui se passait hors les murs, un peu plus loin…
L’homme qu’elle avait laissé au chevet de son époux arriva en courant.


Maîtresse Magdeleine, maîtresse Magdeleine… Il … Phrase interrompue, essoufflé il cherche son souffle alors que Mag, subitement pâle, le presse du regard Votre mari, le capitaine Bigbosspower… un mouvement… il a bougé… Pas beaucoup, mais comme vous m’aviez dit …

Elle n’entend pas la fin de la phrase, une seule chose compte, quitter son bureau, courir, se diriger vers leur demeure…
Arrêt sur le seuil de la porte de la chambre, regard sur le corps inerte allongé sur le lit. Nul changement…

Elle s’avance doucement et s’agenouille à ses côtés. Elle observe son époux, cœur battant, tout en prenant sa main dans les siennes… Léger tressaillement des paupières, discret frisson de ses doigts…
L’espoir revient, son esprit est là, si proche…
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Aliénor
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MessageSujet: Re: La guerre et ses ravages (RP chaumière)   Sam 5 Mar - 0:44

bigbosspower a écrit:
Ce rire enfantin se faisait à nouveau entendre dans la pénombre de son esprit, un instant il avait cru voir en cette petite fille Aliénor, mais ce n'était possible, et pourtant inconsciemment il lui parlait comme à un être proche, sûrement parce que tout cela n'était qu'un rêve. Etre prisonnier de ses rêves semblait aussi difficile par moments que d'être prisonnier tout court, gardé par des geôlliers.

Guidé par le rire, la vision se troubla, des feuillages, des cloches sonnant tout près, deux formes indistinctes se tenaient droites devant ce qui semblait un monument. Au fur et à mesure que la vision se précisait, se distinguaient à présent une femme, et à ses côtés un enfant, peut être le sien, le regard s'approchait sans qu'aucun bruit ne vienne troubler la scène comme figée dans le temps.... Ces cloches sonnaient le glas, et le monument, une pierre tombale devant lequel pleurait doucement la femme, le regard s'approcha davantage pour regarder le nom qui y figurait, les yeux qui se troublent soudain, un cri qui résonne avant la pénombre à nouveau....


NOoooooooooooonnnnnnn.....

Courir pour échapper à l'impensable, des décombres, un sol jonché de cadavres, la vision se fait plus cruelle, trébucher sur des boucliers et épées brisées pour tomber à terre, éreinté, jusqu'à ce qu'une douce brise ne vienne lui caresser la joue, il faut repartir, revenir face à cette lumière différente des autres, le jour... Des paupières qui s'ouvrent peu à peu, une forme qui se précise à ses côtés, encore cette vision qui lui joue des tours, mais ses yeux s'écartent davantage lorsqu'il y voit sa femme. Il essaie d'articuler, tant de choses lui viennent à l'esprit en cet instant mais rien ne vient hormis un seul mot alors qu'il serre doucement sa main sur la sienne...

M....ag....
Magdeleine* a écrit:
Regard fixé sur le visage sans expression, attente, espoir… Elle était si sure d’avoir discerné un mouvement, aussi léger soit-il…
Puis l’incertitude, le doute. Le découragement… Et si ce qu’elle avait cru voir, sentir, n’était qu’une illusion, un effet de son imagination, si elle espérait si fort qu’elle y avait cru…
Elle restait là, à ses côtés, des larmes roulant sur ses joues…

Les souvenirs défilaient dans son esprit, les moments heureux. Ceux où elle avait souffert par sa faute, elle les oubliait…
Des instants anodins, et pourtant si présents. Une soirée en taverne, une promenade dans la forêt, une baignade dans la rivière, un repas ensemble…
Des événements plus forts, qui avaient marqué leur vie pour toujours. Cette journée d’été où leur union avait consacré leurs sentiments. Cette nuit d’hiver qui avait vu la naissance de leur fille…

Aliénor justement… Elle n’avait même pas eu le temps d’annoncer à son mari que contrairement à ses craintes, leur fille n’avait pas disparu. Tout du moins savait-elle où elle se trouvait. Dans la confusion qui avait suivi l’apparition de l’armée artésienne aux pieds des murs de Compiègne, sa cousine Lily avait réussi à quitter le village, emmenant la petite avec elle, en sécurité, loin des combats.
Que deviendrait-elle, sans lui ? Que deviendraient-elle toute deux, sans leur époux, sans leur père ?

Tout cela, elle le lui murmurait doucement à l’oreille. Et sa peine à la pensée de le perdre peut-être. Il ne devait pas abandonner, il devait résister…
Elle ne savait s’il l’entendait, elle se souvenait simplement qu’en pareille circonstance, les rôles étant inversés, les mots qu’il avait prononcés l’avaient aidée à revenir…

Le silence toujours… Puis à nouveau une pression sur sa main… Ses yeux qui s’ouvrent, un mot prononcé...
M....ag....

Alors le rire à travers les larmes, elle pleure encore, mais de joie cette fois Je suis là, mon cœur, je suis là… Ne bouge pas surtout, pas d’efforts, tu as été blessé… Hésite à lui dire qu’il revient de loin, mais non, ce n’est pas le moment. Se rapprocher encore, serrer sa main dans les siennes, caresser son visage, l’embrasser. Rester un long moment à ses côtés, le regarder se rendormir, paisiblement, en sachant qu’il se réveillera à nouveau, qu’il est sauf…

Le soleil se faisait bas sur l’horizon, obscurcissant progressivement la chambre. Mag se releva à regret, elle ne pouvait rester à ses côtés, sa garde l’attendait, là-bas, sur les murailles de Compiègne.
Son époux s’était battu pour que ces artésiens qui faisaient le siège de la ville n’y entrent pas, elle agissait de même. Avec une détermination supplémentaire, qu’il ne soit pas tombé en vain. Qu’aucun de ceux qui avait été blessé, ou y avait laissé sa vie, cette nuit là, ne puisse avoir honte d’eux.

Elle ceignit autour de sa taille le baudrier qui portait son épée, puis se pencha vers son mari endormi, déposant un léger baiser sur ses lèvres.
Un dernier regard, elle sortit de la chambre. L’homme qu’elle avait chargé de le veiller attendait dehors, elle lui donna ses consignes, avant de prendre la direction des remparts.
Une fois de plus, la nuit serait longue, mais Mag avait un poids en moins sur le cœur…
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Aliénor
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MessageSujet: Re: La guerre et ses ravages (RP chaumière)   Sam 5 Mar - 0:44

Pisan a écrit:
[Après la seconde bataille de Compiègne]

Ceinte de l'épée que lui avait donnée BigBosspower, vêtue du flamboyant rose de Compiègne et de l'éternel mantel gris argent dont le fermail manquait, Pisan se rendit à la chaumière de ses amis. BigBosspower avait été amené chez lui, pour être au calme, et surtout, aucun soin ne pouvait désormais lui être prodigué à l'hospice, mais simplement l'amour des siens pourrait faire un miracle et la science de son épouse. Il était couché, les yeux clos et respirait doucement. Elle scruta son visage amaigri, les lèvres pâles et se souvint du fier connétable chargeant sur son destrier. Elle n'avait plus de larmes pour les siens, plus de douleur, juste un grand vide. Elle déposa une rose sur la table avec un billet pour Magdeleine.

Citation :

Ma chère Mag,

Courage, force et honneur pour Compiègne. Je sais que tu prends soin de tous avec Ysa et je te remercie d'être si digne dans ta souffrance et ton combat. Le temps des rires reviendra, tu verras. Le temps de l'insousciance et du bonheur. Le temps des discussions autour d'un verre...Il y aura des absents à la table, mais nous boirons à leur santé. Il y a un temps pour tout mais le nôtre n'est pas encore passé.

Qu'Aristote veille sur nous tous!

Bien à toi.

Pisan
Magdeleine* a écrit:
[Quelques jours plus tard]

Une cavalière qui approche au galop de la chaumière, saute presque de sa monture et rentre précipitamment dans la demeure, avant de s’avancer doucement vers la chambre. A peine le temps de retirer son mantel couvert de pluie. Un regard sur son époux endormi. Si pâle…

Mag avait quitté Compiègne à l’aube du jour qui avait vu flotter devant ses remparts les deux bannières à la fleur de lys. Compiègne était en sécurité maintenant, la défense était organisée les blessés soignés, sa présence n’était alors plus indispensable.

La fatigue, le besoin de se retrouver après ces dix jours où elle s’était dépensée sans compter. De prier aussi, pour l’âme de ceux qui avaient péri pour Compiègne. Elle n’aurait dû passer que quelques jours au couvent, mais à peine arrivée, l’épuisement de ces jours sans repos, allié à un mal qu’elle avait dû attraper lors de ses tours de garde nocturne sur les remparts, avait eu raison d’elle. Elle s’était écroulée sur son lit, prise d’une fièvre qui l’avait fait délirer plusieurs jours.

Elle revoyait en boucle le premier assaut des artésiens, les valeureux paysans et artisans de Compiègne qui l’avait repoussé, au prix de premiers blessés. L’embuscade le lendemain contre l’armée de son époux, les corps sans vie de la Dame d’Artonges, d’Alcrapone et d’Albator, ceux, blessés, de son mari, Lancre, Nk, Bourguigon, et tous les autres…

Lorsqu’enfin elle avait repris conscience de ce qui l’entourait, ce fut pour apprendre ce qu’il s’était passé, la seconde bataille de Compiègne.
Elle avait voulu retourner dans son village sur le champ, mais les sœurs ne l’avaient pas laissé faire, attendant qu’elle soit parfaitement rétablie avant de la laisser partir.

C’était donc à peu près remise, mais toujours pâle, qu’elle avait repris le chemin de Compiègne.
Sa première halte était évidemment pour voir son mari. Elle n’avait eu que peu de nouvelles, et voulait s’enquérir de son état. Lorsqu’elle était partie, il était sorti de son inconscience, mais la gravité de ses blessures était telle qu’il mettrait du temps à s’en remettre.

Elle s’avança aux côtés du lit, et s’agenouilla aux côtés de son époux. Il était amaigri, affaibli, pâle… Mais sa respiration était calme, ses plaies commençaient à cicatriser.
Elle caressa tendrement son visage, dégageant une mèche de cheveux sur son front, et déposa un doux baiser sur ses lèvres, prenant garde de ne pas le réveiller. Du repos, et reprendre des forces, voila ce qu’il lui fallait.
La présence de son épouse aussi, mais pour l’heure, celle-ci avait à faire.

Elle retourna dans la pièce principale, et remarqua alors une rose déposée à côté d’un message. Elle sourit, une rose, cela ne pouvait être que Pisan. La fleur avait séché, faute d’eau, mais elle n’avait pas fané.

Mag déposa la rose séchée dans un vase, et entreprit de lire le billet de Pisan. Le temps des rires, l’insouciance, le bonheur… Tout cela lui paraissait si loin. Cette guerre l’avait changée. La jeune femme effacée, ayant en horreur les conflits quels qu’ils soient, avait senti en elle une rage et une détermination jusque là inconnues. Cela durerait-il, ou n’était-ce que passager et lié aux événements ? Seul l’avenir le dirait…

Et les absents… Les Chellois avaient payé un lourd tribut à cette guerre, Mag avait appris par les missives qu’Ysa lui faisait parvenir au couvent que d’autres étaient tombés lors de la seconde bataille. Mais ceux qui restaient n’en étaient que plus déterminés à agir.

La jeune femme replia la missive de son amie, et commença à rédiger une lettre pour son époux.


Citation :
Mon cœur,

Je suis rentrée à Compiègne, et passée te voir. Je n’ai pas voulu te réveiller, il te faut du repos, il n’y a que comme cela que tu pourras te rétablir.

Je ne peux rester auprès de toi pour l’instant, j’ai appris par Ysa que Mariotte avait été blessée, je dois aller la voir, et lui porter mon aide si besoin.

Aliénor est toujours auprès de Lily, qui veille sur elle, en sécurité. Je n’ose aller la chercher pour la ramener auprès de nous, tant que tout ceci ne sera pas terminé.

Je reviens dès que possible. En attendant, repose-toi, reprends des forces, c’est le médicastre qui te l’ordonne !

Je t’aime, mon cœur. A très vite.

Mag

Elle confia la missive à Grégoire, son apprenti à la boulangerie qu’elle avait promu garde-malade afin de veiller sur son époux le temps qu’il se rétablisse alors qu’elle serait occupée ailleurs, puis mit dans sa trousse des simples et des onguents qu’elle avait rapporté du couvent, ayant épuisé tous les siens lors des soins qu’elle avait donnés avant de partir, et prendre la direction de l’hospice.
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Aliénor
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MessageSujet: Re: La guerre et ses ravages (RP chaumière)   Sam 5 Mar - 0:44

bigbosspower a écrit:
Les journées semblaient passer bien plus lentement dans la chaumière qu'à l'extérieur, dans la ville, où régnait une agitation que Bigboss ignorait depuis qu'il était allité, ses blessures demandant seulement du temps à se refermer.
Sorti de ses songes par un rayon de soleil qui frappait la fenêtre de la chambrée, il s'éveilla peu à peu, tentant de se mettre de côté pour mieux observer ce qui se passait au dehors.
La chaumière était étrangement silencieuse... Les bandages sur ses côtes, où les deux épées des assaillants l'avaient frappé, n'arrangeaient rien à ses efforts. Mais il fallait pourtant se lever, rester couché sans nouvelle quelconque sur la suite de la bataille l'inquiétait au plus haut point, qui sait s'il n'y avait eu d'autres combats ou victimes depuis.....

Après de multiples contorsions, il enfila une chemise aussi minutieusement que possible et se leva d'un bond, cherchant à quitter la chambrée. Alors qu'il franchissait le seuil de la porte, il sentit le sol se dérober sous ses pieds un court instant, ne pouvant que s'accrocher au chambranle pour éviter de tomber au sol. Sa jambe droite ne le portait plus, sensation étrange, il lui fallait trouver un soutien, alors que son regard se portait sur un long bout de bois desséché mais robuste. S'appuyant sur celui-ci, il parvint à la table où une lettre d'une écriture familière attira son attention.


Elle était rentrée à Compiègne...rentrée...son esprit n'avait pas souvenir qu'elle l'ait quittée depuis qu'il avait émergée de son profond sommeil. Cela l'inquiétait davantage, il reprit sa lecture, apprenant ainsi que Mariotte était arrivée pour défendre. Triste guerre qui enlève chacun des êtres chers, sa fille était au moins en sécurité, cela le soulageait de l'entendre depuis le début du siège, il n'avait eu de cesse de penser à elle... Soupirant, il lut les dernières lignes de sa lettre.

Me reposer...comment le pourrais-je, alors que je ne sais ce qu'il se passe au dehors et que j'ai autant d'aisance à me mouvoir qu'un pantin...

Alors qu'il parlait, une de ses blessures lui fit rappeler combien ces paroles étaient censées, il ne pouvait que se résoudre à subir désormais, quelque soit l'issue des prochaines batailles s'il y en avait.... Il s'appuya à nouveau sur le bâton pour regagner la chambrée, ses efforts l'avaient épuisé sans qu'il ne s'en rende compte.
Lily a écrit:
[10 mars 1456. Aliénor. Lily.]


A Varennes, Maïly avait chargé sa petite charrette de diverses denrées qu'Ysa lui avait demandées expressément. Heureusement qu'un de ses gentils sergents de la maréchaussée l'avait aidé... Elle y serait encore. Lily n'était pas bien grande, Lily n'était pas bien forte, Lily était très maladroite de ses mains sauf avec un métier à tisser et une aiguille. Elle s'était donc contentée de surveiller du coin de l'œil Aliénor qui jouait avec Ortie, de fermer sa petite maison vide après le départ de Soazic, de donner quelques recommandations et hop ! de partir malgré les quelques réticences de ses amis. Lily avait confiance : le chemin ne pouvait pas être pire que la dernière fois, lorsqu'elle avait du l'emprunter en sens inverse, il y a déjà trois bonnes semaines.


En s'approchant de la ville, elle ne reconnut pas tout de suite le paysage familier. Il y avait des tentes, beaucoup d'hommes, beaucoup d'hommes et de femmes venus prêter main forte à la ville meurtrie. Elle pensa à son parrain, sourit et se promit de fermer les yeux si l'urgence s'en faisait sentir !! Dans la ville, il y avait comme une agitation bouillonnante et tellement de monde, aucun visage de sa connaissance à première vue. Elle continua donc sa route, au rythme lent de la monture jusqu'au lieu où les parents du gentil démon habitaient.

Elle arrêta la voiture devant la maisonnette, descendit, pris Aliénor dans ses bras en lui disant qu'elles allaient voir maman et à la porte, frappa un peu timidement. La jeune fille attendit quelques instants puis ne voyant rien venir, elle toqua à nouveau plus fort. Toujours rien. Voilà qui était inquiétant. Non. Magdeleine devait être sortie, voilà tout. Elle pensa qu'elle aurait peut-être mieux fait d'aller à la mairie pour y retrouver Ysa. Voilà qu'Aliénor commença à s'agiter. Lily posa l'oreille sur la porte, n'entendant aucun bruit, s'empara de la poignée et entra dans la maison.


-Je dirais que c'est de ta faute, si on me pose une question sur notre intrusion, chuchota-t-elle à Aliénor avec un ton complice. A toi, on te dira rien, hein ? On ne va pas t'empêcher de rentrer chez toi quand même !

Aliénor ne devait pas comprendre grand chose, mais ça n'avait aucune importance. Dès l'instant où Lily lui avait parlé, la fillette s'était calmée. En montant d'un ton, Lily dit :


-Eh oh ! ? Il y a quelqu'un par ici ???
.Grégoire a écrit:
Grégoire suivait les instructions de sa patronne Magdeleine en son absence. Ce n'était guère facile de passer de la boulange en tant qu'apprenti à celui de garde malade dans cette chaumière qu'il ne connaissait guère. A peine fut-il revenu du marché, où les étals étaient à nouveau fournis, que son attention se porta sur la porte entrebaillée de la chambrée, le mari de sa patronne s'était donc réveillé en son absence.

A peine eut-il le temps de voir celui-ci assoupi que des coups se firent entendre à la porte, qui cela pouvait-il bien être, sa maîtresse peut être... Il attendit encore un peu, les circonstances faisaient que deux précutions valaient mieux qu'une, du moins c'est ce qu'il pensait. Les coups répétés eurent finalement raison de sa méfiance et il se dirigea vers l'entrée, entendant une voix frêle et quelques gazouillis entrer finalement.


- Oui, voilà, j'arrive un instant...

Une jeune femme, un jeune enfant dans les bras, cela lui rappelait sa patronne et sa jeune fille alors qu'il travaillait dans la boulangerie. Curieusement, il reconnut le même air sur le visage de l'enfant, mais il ignorait par contre tout de la jeune femme. Se rappelant les formules d'usage que lui avaient dit sa patronne, il prononça les mots d'usage en de telles circonstances.

- Hum, oui, il y a du monde ici, que puis-je pour votre service ? Mais....ne serait-ce pas la petite Aliénor que vous portez ? Vous êtes de la famille ?
.Alienor a écrit:
La petite fille avait dormi pendant une grande partie du chemin. Tata Lily lui avait dit qu’elles rentraient à Compiègne, même si elle ne se souvenait plus de pourquoi elles en étaient parties. C’est que ça remontait à loin, dans sa mémoire d’enfant… Elle se rappelait simplement que la nuit était noire, et froide, et que tata Lily lui avait dit de ne pas faire de bruit.
Elle avait été triste de laisser comme ça son papa et sa maman, mais elle avait pris avec elle sa poupée, et elle lui racontait tout plein de chose.

Et puis chez tata Lily, il y avait Ortie. Aliénor s’était bien amusée avec le petit chat, même que dès fois, tata Lily la grondait parce qu’elle faisait trop de bruit. Alors elle lui faisait son plus joli sourire, et ça passait, les gronderies faisaient place aux câlins. Parce qu’elle aimait bien les câlins, Aliénor. Mais ceux de sa maman et de son papa lui manquaient…
Alors quand tata Lily lui avait dit qu’elle allait les revoir, elle avait été toute heureuse.

Elle s’était réveillée à peu de distance de Compiègne. Elle ouvrait grands ses yeux d’enfant. Le paysage était tel que dans ses souvenirs, mais il y avait plein de monde, ça elle ne s’en souvenait plus. Elle babillait, faisait ses commentaires à sa poupée qu’elle avait prise sur ses genoux.

La charrette s’arrêta enfin, et tata Lily la prit dans ses bras. Ca aussi, elle aimait bien, mais pas trop longtemps. Elle savait marcher, elle était une grande !
Tata Lily frappa à la porte, mais personne ne répondait, alors elles entrèrent. Un monsieur était là, mais ce n’était pas son papa, il n’y avait ni papa ni maman d’ailleurs. Elle mit un peu de temps à le reconnaître, il faut dire que sans son tablier et son drôle de chapeau blanc, ça le changeait, l’apprenti de maman à la boulangerie.

Elle s’agita dans les bras de tata Lily, qui la déposa à terre. Elle regarda autour d’elle alors que tata Lily expliquait à Grégoire qu’elle était la cousine de maman, et qu’elle était de retour à Compiègne pour la ramener.
La porte de la chambre de papa et maman était entrouverte, elle s’y dirigea et la poussa doucement. Papa était allongé sur le lit, il dormait. Il avait l’air bizarre, pas comme le papa dont elle se souvenait, mais c’était bien lui pourtant.

Elle s’approcha du lit, et se hissa sur la pointe des pieds, pour déposer un petit bisou sur la joue de l’endormi. Sa petite voix brisa le silence qui régnait dans la pièce.


Papa ? Suis là !
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Aliénor
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MessageSujet: Re: La guerre et ses ravages (RP chaumière)   Sam 5 Mar - 0:45

Lily a écrit:
Maïly retint avec peine un sursaut en attendant cette voix étrangère. Elle virevolta vers la jeune personne. Quand il reconnut Aliénor, elle se détendit un peu. Aliénor trouva le moment opportun pour s'agiter à nouveau dans ses bras, et Lily la posa par-terre en répondant :

-Je suis Lily Le Marec, la cousine de Magdeleine. Je suis revenue avec Aliénor pour la ramener à ses parents entre autre. J'ai aussi des denrées à remettre à Ysa pour la mairie.


Lily lança un autre regard autour d'elle et demanda :


-Magdeleine n'est pas ici ? Et où est BB ? Et vous qui êtes vous ?


Le jeune garçon dit se prénommer Grégoire et fut interrompu par la petite Aliénor qui venait de parler dans une pièce voisine.


-Papa ? Suis là !


Lily suivit sa petite voix cristalline et pénétra dans la chambre où le père d'Aliénor était étendu. Elle comprit que son état s'était peu amélioré depuis que Kyllie lui avait donné des nouvelles de la famille. Elle prit Aliénor par la main et chuchota :

-Papa est fatigué, il est malade. Il faut le laisser dormir.

bigbosspower a écrit:
Bigboss fut tiré de ses songes par un léger frisson puis une voix fluette qui allait en s'élevant "Papa ? Suis là !". Il ouvrit peu à peu les yeux, tournant la tête vers une petite fille à la mine inquiète qui se tenait devant lui. Sur le moment, il eut du mal à la reconnaître tant elle avait grandie, mais elle était bien là, leur fille, Aliénor... Tant de mois s'étaient écoulés au fil de ses absences, sa mère s'occupait d'elle, jusqu'au moment où ils croyaient qu'elle s'était perdue parmi la foule du marché de la ville. Mais il n'était plus question de crainte ou d'inquiétude dans ses yeux désormais, juste la joie de la revoir après avoir frôlé la mort. Il se redressa du mieux qu'il put avant de lui dire quelques mots, en l'invitant à se rapprocher près de lui :

- Oui, tu es là, ma petite princesse, tu es bien là, nous étions si inquiets de ne pas te revoir...

Lily entra à son tour, il lui semblait que son sommeil avait duré une éternité, s'habituer à nouveau à voir des visages familiers n'était guère aisé, mais il fallait s'en accomoder désormais.

- Bonjour Lily, heureux de te voir, même si j'aurais aimé que cela soit en d'autres circonstances, je me remets doucement et....

Au dehors, le glas funèbre des cloches de l'église résonnait...

- Que se passe t'-il dehors ? Et que s'est-il passé depuis ? Les artésiens ont tenté d'attaquer à nouveau à ce que j'ai entendu...
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