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  [RP] Y-a-t-il une route que je n’aurais pas encore foulé ?

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Aliénor
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Messages : 1969
Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: [RP] Y-a-t-il une route que je n’aurais pas encore foulé ?    Jeu 6 Oct - 12:40

Kirika a écrit:
[RP Privé, me demander avant de poster, merci]

C’est justement la question que se posait Kirika en préparant son sac de voyage. A peine arrivée à Tarbes qu’une missive l’a revoit sur les routes. Aime, son ami de toujours, blessé au combat…

C’était insupportable pour la brune de savoir qu’elle s’était enfuie de Champagne comme une voleuse, le laissant seul là-bas... Tout ça pourquoi ? Par peur, de quoi elle n’avait su le dire, toujours est-il qu’elle avait eu besoin de s’éloigner… Après tout c’était mieux que de laisser son ami voir dans quel état ses cauchemars la mettaient.

Avouer qu’on a besoin d’aide ? Ah non surtout pas ! Plutôt fuir !

Et c’est ce qu’elle avait fait…Encore. Sauf qu’aujourd’hui elle s’en mordait les doigts parce que son ami avait besoin d’elle et elle n’était pas là.


Vous m’avez demandé ?

La jeune femme se retourna en entendant la voix, et croisa des prunelles azur bien connues.

Ah ! Sœur Anne, oui justement j’ai un énième service à vous demander.

La brune fit une petite pause, attendant l’assentiment de la religieuse pour continuer.

Nous devons remonter en Champagne, je vous confie Angélique, faites la route avec elle, prenez le temps qu’il vous faut. Allez-y avec Murmure, je prendrais un autre cheval, je ne peux pas me permettre de trainer. On se retrouve en Champagne le plus tôt possible.

Et c’est ainsi que Kirika acheta un autre cheval qu’elle n’aurait aucuns scrupules à échanger contre une monture reposée le lendemain matin.

Revoilà notre brune dans un nouveau périple sur les routes, rythmé par les mêmes actions monotones… Galoper, s’arrêter dans une ville, échanger son cheval, boire une chope de bière, et repartir dans la foulée jusqu’à la prochaine ville.

Et malgré le fait que la jeune femme ne s’arrêta pas plus d’une heure par jour, dormant même sur son cheval parfois, malgré tout cela, son voyage durerait encore bien des jours.

Ce qui le laissait le temps à la brune de réfléchir et toutes ses pensées étaient tournées vers son ami. Des questions sans réponse, des peurs, des doutes…

Qu’en était-il de son était de santé ? Était-il seulement encore en vie ? Quelles étaient ses blessures ? Lui en voudrait-il d’être partie comme une voleuse ? Accepterait-il de la voir ?

Le doute s’installa en la jeune femme, peut être Aimelin lui en voulait-il, peut être ce voyage ne servirait qu’a révéler en plein jour une amitié brisée ? A cette pensée, Kirika frissonna, malgré les rayons du soleil caressant son dos, et pressa les flancs de sa monture du jour pour lui ordonner d’aller encore plus vite si cela était possible.


J’arrive…

Aimelin a écrit:
[Quelques jours auparavant, Champagne, mine de Peronne, le 30 septembre]

"Nos visages qui s'effacent à l'orée des silences
Quand nos chemins dévoilent des lueurs pâles qui dansent
Un genou à terre, on oublit qu’on est fier
On est sorti de la ronde en solitaire
Je croise tous ces corps, des sourires qui me frôlent
Oscillant loin de moi toutes ces âmes désinvoltes
Errant je m’éloigne de ma force…"
(Kirsie - Sourire Encore)



Cette bataille va être l’une des plus dures. La fatigue est là, le découragement de voir leurs vies jouées comme des grains de maïs que l’on souffle vers les flammes, pions sur le grand échiquier de la guerre. Un regard vers sa section, du moins ceux encore debouts, Yunab, Lylla, Libre, Armaury... des visages marqués par la fatigue, des armes qui tiennent encore miraculeusement malgré les coups reçus et donnés. Deux femmes, trois hommes, de valeureux combattants de fortune pour les uns, des soldats ayant déjà goûté aux champs de bataille pour les autres, mais tous égaux et unis devant la peur et la rage de défendre leur Duché et ces terres de Champagne.

Mirettes grises qui se reportent sur leur chef d’armée, la blonde Duchesse de Brienne qui ne faiblit pas, obéit aux ordres, toujours présente pour ses soldats, discutant, s’en préoccupant bien plus que ne le font ceux qui les envoient à l’abattoir chaque jour qu’Aristote leur donne à vivre.

Cette fois-ci, ils ne peuvent plus reculer. La charge est là, face à eux devant ce nuage de poussière et de terre que soulèvent ceux qui fondent sur eux.

Un dernier regard vers les deux jeunes femmes qui sont juste derrière lui, un murmure
... qu’Aristote vous garde.. avant de se retourner vers l’ennemi qui s’avance, et de lever son épée vers le ciel.

pour la Champagne !! pour nos terres !

FORCE ET HONNEUR !!


Le reste n’est plus que vacarme et bruits des armes qui s’entrechoquent. Les épées se lèvent, s’abattent, il a l’impression de ne toucher personne comme si le sort s’acharnait encore et encore, comme si leur vie n’était pas digne à défendre.

Des cris, des corps qui s’écroulent, une douleur à cette épaule déja blessée l’été 57, celle qui maintient le bouclier qui le pare des coups qu’il reçoit.
Un cri à ses côtés, Lylla qu’il voit s’effondrer tandis que ses compagnons font bloc, défendent leurs vies chèrement. Une prière qu’on les épargne tandis qu’il se déplace vers la jeune femme et frappe encore et encore.

Une autre douleur quand son bouclier vole en éclats... un goût de déja vu... Vae... le bouclier de Lily.. rempart dérisoire qui l’avait abandonné. Aujourd’hui, en Champagne sur cette mine de Peronne où sont tombées Magdeleine et sa fille Aliénor, il lutte pour sa vie à son tour. Ironie du sort, destin qui s'acharne à rappeler ce qui a été, et ce qui est.

Le bouclier n’est plus qu’un tas de débris, son épaule le lâche il serre les dents, son épée se lève, un autre coup sur la cuisse droite lui entaille les chairs à nouveau, il se retourne essaie de rendre coups pour coups mais ne peut éviter la lame qui fond sur ce flanc déjà blessé pendant Vae et que Dotch lui a refermé. Lame qui laboure à nouveau ses chairs, douleur qui lui fait lâcher l’épée qui vole elle aussi en éclat. La douleur est insupportable lorsqu’il tombe à genoux près de Lylla, hébété de voir encore la mort venir le provoquer. Yunab est tombée elle aussi, ils ne peuvent pas mourir aujourd’hui ça n’est pas leur jour, ils sont jeunes, ils ont encore des choses à vivre.

Tout devient flou, elle lui a demandé d’être prudent, il a encore promis comme à Dotch... décidément il a du mal à tenir ses promesses parfois. Il tombe sur le côté la main posé sur la blessure d’où le sang s’écoule.. son visage contre le sol, des visages amis défilent devant ses yeux, des sourires, des paroles à peine perceptibles... encore ce voile qui descend lentement, cette odeur de mort qui traîne.

Les bruit s’estompent doucement, tout devient flou avant que ses yeux ne se ferment.

Et puis le noir.

Alienor_vastel a écrit:
[Tente médicale de Compiègne - Matin du 1er octobre]


Deux jours... Deux jours qu'elle était là, coincée dans ce lit, un bandage autour de la tête masquant la blessure qu'elle avait reçue. Deux jours qu'elle souffrait, de cette douleur lancinante dans les tempes, de ces vertiges qui l'empêchaient de se lever sans défaillir, de ces absences qui lui faisaient perdre le cours de ses pensées durant de brefs instants.
Deux jours qu'elle rageait, que la colère ne la quittait pas, contre ceux qui donnaient ces ordres insensés d'aller se battre alors qu'au fil des jours on était de moins en moins et qu'en face, on nous attendait bien à l'abri des remparts de Péronne, et qu'on se renforçait même sans aucun doute. A se demander si certains ne voyaient pas là l'opportunité de se débarrasser des contradicteurs en les envoyant à ce qui ne pouvait que se terminer par un massacre. La grande et fière Champagne n'était plus, et elle sortirait encore plus affaiblie de ce qui se passait là-bas, au nord de ses frontières.

Deux jours aussi qu'elle s'inquiétait, de ses amis, de ses proches qui continuaient malgré tout le combat, par honneur, un mot dont certains, loin du front et à l'abri des tourments de cette guerre avaient perdu le sens.

Réveil en sursaut d'un sommeil en pointillé, troublé par la douleur et l'angoisse. Réveil en sursaut par le bruit, les cris, les gémissements. Pas pressés des soignants, bousculades, fourmilière en ébullition. Des mots qui circulent, les armées champenoises ont été défaites, de nombreux blessés, pire peut-être.

Aliénor se redressa vivement, mouvement qui lui tira une grimace tant la douleur à sa tempe se fit vive et violente. Main portée à son front, et un éblouissement devant les yeux, pervenches qui se referment alors que la tête vient retrouver le lit. Maudite blessure, maudite faiblesse qui refusait à son corps ce que son esprit voulait.

Savoir. Savoir qui était tombé, savoir qui était en vie de ses compagnons d'armes, de ses amis. Faire appel à toute sa volonté, dépasser sa souffrance et ses malaises pour savoir.
Alors l'adolescente se leva à nouveau, plus lentement. Tournant doucement sur le lit jusqu'à s'y trouver assise, les jambes pendantes. Combien elle voulait aller plus vite, se précipiter, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas, qu'il lui faudrait prendre son temps sous peine de chanceler une nouvelle fois.
Personne pour l'aider à faire les pas qui la séparaient de ceux qui venaient d'arriver, gisant sur des civières de fortune, tous étaient occupés auprès des blessés. Des pas titubants, incertains, faiblesse et douleur qu'elle ressent encore, des secondes, des minutes qui lui semblèrent une éternité, tant elle voudrait déjà se trouver auprès d'eux.

Pervenches qui cherchaient, qui fouillaient, qui exploraient, souffle court de l'effort fourni à avancer ainsi, au hasard, et l'espoir qu'il ne serait pas là, sous cette tente. Espoir qui s'écroula tel un château de cartes qu'un courant d'air balaye lorsqu'elle l'aperçut, inanimé.

Derniers pas avant de se laisser tomber à ses côtés et de lui prendre la main, y posant son front.


    "Laisse couler quelques pleurs
    Pour adoucir tes peurs
    Juste quelques pleurs
    Comme on arrose une fleur
    De quelques pleurs"
    Isabelle Boulay - "Quelques pleurs"

Et ce doute, ce terrible doute qui brutalement assaillit la petite blonde. Tant d'êtres qu'il avait aimés et qui avaient disparu, ces fantômes, et s'il voulait les rejoindre. Il était si facile, paraît-il, de se laisser aller... Sa mère avait écrit dans son journal, cette lumière si forte, cette chaleur si douce, et cette certitude de retrouver ceux qu'on avait perdu et qui vous attendaient derrière.
La peur à nouveau, comme une pointe rougie par le feu qui lui transperçait le ventre. Cette peur de ressentir une nouvelle fois ce sentiment d'abandon, si fort qu'il l'avait empêchée de vivre après la mort de ses parents. Et se rendre compte, à la violence de cette peur, qu'elle n'avait pas envie que disparaisse cette présence devenue si naturelle à ses côtés depuis plusieurs mois déjà.

Alors elle redressa la tête, et de la main qui ne serrait pas celle du blessé, de ses doigts légers, elle lui caressa doucement le visage, lui parlant d'une voix basse et décidée qui masquait sa fatigue et sa lassitude
Ne laisse pas tomber, Aime, tiens bon... Tu en as vu d'autres, je sais, et tu t'en es déjà sorti... tu n'as pas le droit d'abandonner... "tu ne peux pas m'abandonner toi aussi, pas comme ça..." et qui se termina sur un murmure ... j'ai besoin de toi...

Regard se troublant d'une larme qui pointa au bord de l'oeil, timide et hésitante, Une perle humide qui doucement, lentement, commença sa descente, glissant imperceptiblement le long des sillons de son visage, déposant son goût salé au coin des lèvres avant de finir sa course sur les deux mains entrelacées. Une larme comme celles qu'elle n'avait pas versées depuis si longtemps.

Aimelin a écrit:
[Tente médicale de Compiègne - Matin du 1er octobre]

"Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain...
Mourrons pour des idées, d'accord,
mais de mort lente..."
(Brassens - Mourir pour des idées)



Et puis le noir.

La mort semblait bien douce. Aucune douleur, aucun bruit mais ce noir si étouffant et ce silence alors que des visages défilent lentement devant ses yeux encore clos, d'abord flous puis plus nets pour s'évaporer à nouveau.


Mel ?... Mélissande lui sourit ironiquement avant de le pointer du doigt en essayant un regard réprobateur..."TOI !..... la prochaine fois que tu es introuvable...""on n'est jamais assez prudent quand il s'agit de se défendre lors d'une guerre, souviens t'en toujours"... "je m'en souviendrai."

J'ai été prudent mais ils étaient si nombreux.

Il s'agite doucement dans son inconscience tandis que le visage de son amie disparue s'estompe doucement laissant la place à d'autres visages, d'autres sourires


"... Mel où vas tu ? reviens tu devais m'apprendre à être chevalier."

Une douleur lui coupe quelques secondes la respiration. Il a mal... alors c'est qu'il n'est pas mort, on ne peut pas avoir mal quand on est mort.

- la lame a bien entaillé le flanc... un bandage sur celle de la cuisse.

Quelqu'un le bouge, il sent un liquide chaud sur lui, voudrait dire qu'il a mal mais il n'arrive pas à parler.

"Aim" rends moi mon livre des vertus je sais que tu me l'as caché".. les voix sont douces et pourtant elles raisonnent comme si tout autour de lui n'était que le vide "je t'ai fais deux boucliers regardes comme ils sont beaux".. "des boucliers made in Lily ils me porteront bonheur"

Les boucliers de Lily, où sont ils ? je me souviens. Un a volé en éclat pendant Vae et l'autre est avec celui de Dance et son épée... c'est quoi cette lumière j'ai moins froid.

"Aime ?"
"Dance"
"Aime n'abandonnes pas, souviens toi .... étudies pour moi, pour nous."
"attendez moi, ne me laissez pas, il fait froid"
"souviens toi....souris comme j’aurais aimé te voir sourire, aimes comme j’aurais aimé pouvoir t’aimer..."
"Je suis si fatigué, attendez moi."
"On te donnera ma chaine avec mon médaillon et cet anneau qui ne me quitte plus"

Ma chaine, où est elle.

Ne laisse pas tomber, Aime, tiens bon... Tu en as vu d'autres, je sais, et tu t'en es déjà sorti... tu n'as pas le droit d'abandonner...

Abandonner... cette voix il la connait si bien. "J' m'appelle Angelle … 'vec deux L … comme les anges". La guerre encore qui tournoie autour de lui, des voix comme pour l'empêcher de se laisser entrainer par la lumière et la douce chaleur qu'elle lui procure. Partir c'est ne plus rien sentir, c'est aussi abandonner ceux qui restent et qu'il aime.
Ce contact sur sa main, cette présence qu'il sent auprès de lui. Un murmure à peine perceptible …
Alielui dire qu'il ira rejoindre les autres plus tard quand il aura fait tout ce qu'il a à faire… mais pas maintenant.
Doigts qui doucement essaient de bouger tandis que son autre main part doucement à tatons à la recherche de sa chaine et de son précieux trésor.



"Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà"


Alienor_vastel a écrit:
[Tente médicale de Compiègne - Matin du 1er octobre]

"On tient, on étreint
La vie comme une maîtresse
On se fout de tout brûler pour une caresse
Elle s'offrira et n'aura pas d'autre choix"
Mozart l'opéra rock - "Vivre à en crever"



Une larme, pour adoucir sa peur. Et dieu sait combien elle avait peur, devant le corps inerte d'Aimelin, qu'il ne se réveille pas. Car malgré ses amis, ses proches, malgré la vie qu'elle avait réussi à se construire, malgré l'équilibre qu'elle croyait avoir enfin trouvé, tout semblait pouvoir à nouveau disparaître brutalement. Comme à la mort de ses parents.

L'on ne mesure vraiment ce à quoi l'on tient que lorsque l'on risque de le perdre. Elle avait failli perdre la vie deux jours plus tôt, et s'y était accrochée de toutes ses forces. Et là, à l'idée de peut-être perdre celui qui partageait son existence depuis plusieurs mois déjà, elle se rendait compte à quel point elle s'était habituée à sa présence à ses côtés, combien elle s'était attachée à lui, davantage qu'elle ne voulait se l'avouer en tout cas. Ne pas mettre un nom sur ce sentiment, qu'est-ce qu'un mot après tout, seules importaient cette complicité et cette connivence entre eux deux, ces sourires, ces non-dits et ces silences entre eux qui bien souvent en disaient bien plus que les paroles.
Combien il était reposant pour elle de parfois faire tomber les barrières qu'elle avait dressées autour d'elle pour se protéger d'une tempête qui pourrait la balayer tel un fétu de paille projeté par les vents déchaînés, pour se préserver du débordement d'un torrent qui pourrait l'emporter tel un caillou bousculé par le courant fougueux ; et combien il était précieux pour elle qu'il la comprenne sans qu'elle n'ait besoin de dire mot.

Oh bien sûr, ils ne s'étaient fait aucune promesse, hormis celle de vivre au jour le jour, de recevoir et de donner, ardemment, intensément, sans envisager l'avenir, conscients qu'ils étaient que tout pouvait finir un jour. Mais la vie ne pouvait être à ce point injuste pour lui retirer une fois encore un être qu'elle aimait, pas comme ça en tout cas, pas maintenant. Un jour peut-être, sans doute, ils décideraient de poursuivre leur route chacun de leur côté, après qu'elles se soient croisées et mélangées un moment. Mais ce serait alors de leur propre choix, et pas parce que la mort, cette absence définitive, l'aurait décidé.

Tous ces sentiments, tous ces doutes, toutes ces peurs qu'elle exprimait dans les quelques phrases qu'elle venait de lui dire. Et un murmure comme une réponse, si faible, si fragile que si elle n'avait pas été aussi proche, l'esprit autant tourné vers lui, elle ne l'aurait pas entendu au milieu du bruit ambiant. Avait-elle d'ailleurs entendu, ou était-ce son imagination, son désir impérieux de le voir se réveiller qui le lui avait fait entendre?

Une pression dans sa main, si légère, pour lui confirmer que non, elle n'avait pas rêvé le murmure, et qu'Aimelin était là, si loin et si proche à la fois. Une pression à laquelle elle répondit, tenter de lui donner sa chaleur à défaut de la force qu'elle n'avait pas.
Les doigts qui caressaient le visage du jeune homme se portèrent à celui de la petite blonde, pour effacer sur sa joue la trace humide laissée par la larme. Effacer la peur, et les doutes aussi, du moins pour l'instant, rien n'importait plus maintenant que ce murmure qu'elle entendait si fort, ce frisson des doigts qui la réchauffait.

Un mouvement de la main du blessé attira son attention, pervenches qui suivent le lent cheminement des doigts vers la chaîne qu'il portait à son cou. Sachant ce qui y était accroché, le médaillon et l'anneau de son amour disparu.
La main de la blondinette se porta machinalement à son propre médaillon, celui que sa mère lui avait donné avant de partir. Et des mots qui dansent devant ses yeux.
"Vis, avec honneur et courage..." Un objet, un simple objet, chacun le sien, et pourtant tant de symboles y étaient portés. Continuer sans elles, malgré elles, pour elles. A cause d'elles. Continuer d'avancer, de braver le courant comme ces cailloux qui volent sur l'eau pour aller se poser sur l'autre rive, garder précieusement ces souvenirs qui construisaient l'histoire de chacun. Et savourer intensément chaque moment qui passe, car une fois de plus ils venaient d'avoir la preuve que ce moment-là pouvait être le dernier.

Alors un murmure à son tour, dans lequel fait passer le léger sourire qui vient de s'afficher sur ses lèvres en même temps qu'elle dégage avec tendresse une mèche de cheveux sur le front du jeune homme
Je suis là, Aime...

Oui elle était là, pour l'aider à revenir, et pour l'aider à vivre tout comme il le faisait pour elle. Vivre pour celles et ceux qui les avaient quittés, mais aussi pour eux. Et vivre pleinement, passionnément, pour ne rien regretter lorsque l'histoire se finirait.
Mais l'histoire ne se finirait pas ici, et pas maintenant.



"S'il faut mourir
Autant vivre à en crever
Tout retenir pour tout immoler
S'il faut mourir
Sur nos stèles je veux graver
Que nos rires ont berné
La mort et le temps"
Idem

Aimelin a écrit:
[Tente médicale de Compiègne - Matin du 1er octobre]

"Et s'il faut que les marées me renversent
J'irai jusqu'au bout
Par-delà les chemins qui mènent au plus profond de l'âme
Je ferai de ma vie un Eden avant que je m'endorme"
(I.Boulay – j’irai jusqu’au bout )



Sa main s’était doucement serrée sur le précieux médaillon et l’anneau, comme s’il s’accrochait à cette vie qui l’avait tant de fois meurtri, mais lui avait apporté tant de bonheur et de fierté. Des bruits qui emplissaient son silence, mêlé à des images et des visages. Des yeux bleus, un sourire… des recommandations… « sois prudent je ne veux plus jouer la médicastre avec toi »… la Duchesse et le jeune ébouriffé.. Vae l’été 57. Combien de fois avait il promis d’être prudent, à combien de personnes chères à son cœur l’avait il promis… ne jamais promettre quelque chose que l’on n’est pas sûr de tenir. Qu’il était dérisoire de promettre d’être prudent lorsqu’on partait à la guerre, comment pouvait on l’être au milieu de la mort, tant vigilante sur les champs de bataille.
La douceur d’une main sur son visage le fit tressaillir, comme s’il avait peur qu’on l’emmène. Non pas aujourd’hui, pas encore, j’ai tant de choses à faire, je n’ai pas eu le temps de dire au revoir.


Je suis là, Aime…

Le temps qui avait posé son lourd bagage sur ses paupières depuis ces dernières heures, sembla faire preuve de clémence. La lumière fit place à l’obscurité et bien qu’encore flou il devina le visage penché sur lui.. un autre murmure tandis qu’il faisait des efforts pour sortir de cet engourdissement.

Alie.. je suis oùla peur qui étreignit son estomac de ne peut être pas être celui qu’il était avant de sombrer. Encore cette douleur à son flanc et sa jambe. Sa main qu’il ressera dans celle de la blondinette pour ne pas qu’elle le laisse partir les rejoindre.

J’ai.. eu peur.. de pas pouvoir… dire.. au revoirderniers mots qui se perdirent dans un souffle.

Depuis combien de temps était il là et dans quel état était il. Il chercha à reprendre son souffle, guettant les moindres bruits autour de lui, les moindres voix connues. Tout ce dont il se rappelait c’était ce bruit assourdissant, ces deux jeunes femmes tombées non loin de lui et ces trois soldats ennemis au milieu desquels il se débattait à coups d’épée et de bouclier avant que la lumière ne disparaisse de devant ses yeux.


où sont... les autres... ma section

Alienor_vastel a écrit:
[Tente médicale de Compiègne - Matin du 1er octobre]

Dans le brouhaha étourdissant qui les environnait, les ordres des médicastres, les gémissements des blessés, ces hommes et ces femmes qui s'affairaient autour d'eux, il n'y avait plus que ce contact tant fragile et qui pourtant se raffermissait, cette pression des doigts dans les siens comme un bateau qui jette l'ancre pour ne pas dériver. Cette main qu'elle serra à son tour, le retenir, puisqu'il s'était réveillé, même encore si loin, et ne pas le laisser repartir...

La voix d'Aimelin s'éleva faiblement, questions à elle posées. Réponses apportées d'une voix calme qui ne trahissait pas la colère qui bouillait en elle, contre ceux qui les avaient envoyés une nouvelle fois devant les remparts de Péronne, ceux pour qui ils n'étaient que des chiffres, le nombre des hommes et des femmes qu'ils expédiaient au combat, oubliant que ces hommes et ces femmes n'étaient pour la plupart pas des soldats, mais surtout des êtres humains, avec une vie, de la famille, des amis...
Une voix calme, pour ne pas le fatiguer, et lui raconter ce qui s'était passé, du moins ce qu'elle en savait, c'est-à-dire si peu. Juste les bribes qu'elle avait entendues à son réveil. Les armées champenoises défaites et forcées de faire retraite devant le nombre supérieur de combattants artésiens. Ceux de sa section qui gisaient non loin, sur des brancards de fortune, comme lui, attendant eux aussi d'être soignés pour les cas les plus graves qui n'avaient pu l'être sur le champ de bataille, comme lui.

Et le laisser aux mains et aux bons soins des médicastres, puisqu'elle ne pouvait apporter aucune aide, n'ayant aucune connaissance en la matière, et de toute façon elle était encore trop faible pour agir. S'éloigner pour retourner s'écrouler sur son propre lit, les tempes battant de la douleur qui revenait.
Aliénor ferma les yeux, un soupir, mélange de soulagement et de malaise, franchissant alors ses lèvres. Tempête sous son crâne déjà bien malmené, tentant de mettre ses idées en ordre alors qu'une peur, différente de celle ressentie auparavant, mais tellement plus insidieuse, envahissait son esprit.

Elle avait eu peur qu'il ne se réveille pas, et cette peur venait brutalement de lui faire prendre conscience à quel point elle était attachée à lui. Sentiment nouveau qui se faisait jour chez l'adolescente, ce même sentiment qu'elle s'était jurée de fuir pour n'en avoir vu autour d'elle que les conséquences malheureuses, pour l'avoir vu détruire ses proches. Et elle avait peur maintenant, de ce sentiment, de se poser ces questions dont elle ne voulait pas connaître les réponses, peur de peut-être un jour vouloir regarder plus loin qu'aujourd'hui. Peur d'à son tour souffrir comme elle avait vu souffrir sa mère, de s'éteindre peu à peu comme elle l'avait vue s'éteindre...

Ce noeud dans le ventre, cette boule au fond de la gorge, comme à chaque fois que ses émotions la submergeaient... Et comme à chaque fois aussi , elle se concentra sur sa respiration qu'elle tenta d'apaiser par de longues et lentes inspirations, vidant son esprit de ce déferlement de pensées qu'elle ne voulait pas affronter, le fermant à ses questions et ses doutes. Occulter ce qui la troublait et la déstabilisait, fuite devant la réalité ou lâcheté peut-être, mais surtout le seul moyen qu'elle avait trouvé pour ne plus sombrer comme elle l'avait fait à la mort de ses parents, pour continuer à rebondir, comme ces cailloux qu'ils avaient fait voler sur l'eau de cette petite rivière de la forêt de Troyes, plusieurs mois auparavant.



[Compiègne toujours, quelques jours plus tard]

"Un jour ou l'autre après bien des années
On revient sur ses traces
Rechercher un passé qui s'efface."
Aznavour - "Un jour ou l'autre"


La main était accrochée à la grille de fer. Hésitante. Et pourtant le premier pas avait été fait lorsque la blondinette s'était enfin dirigée vers le cimetière, laissant pour un temps Aimelin se reposer sous la tente médicale. Ce cimetière dans lequel elle n'avait pas encore eu le courage de se rendre, malgré ses différents séjours à Compiègne. Était-ce d'avoir frôlé la mort qui l'avait enfin persuadée qu'il n'était plus temps de remettre à demain ce qu'elle pouvait faire le jour même ? Etait-ce cette mort qui finalement ne l'avait pas emportée, lui donnant plus que jamais envie de vivre, qui lui avait fait prendre conscience que ses fantômes ne la laisseraient jamais totalement en paix si elle ne franchissait pas enfin cette grille ? Ou avait-elle simplement besoin de ce moment avec la mémoire de ceux qu'elle avait aimés ?

Les pervenches balayaient le paysage devant ses yeux. Hésitantes elles aussi. Multitude de pierres, témoins de vies éteintes. Combien parmi elles en avait-elle connues, combien en retrouverait-elle? Elle savait où se trouvaient certains, pour d'autres, il lui faudrait aller au hasard. Comme une promenade dans les souvenirs, puisqu'il ne restait que les souvenirs. Si les voix, les odeurs s'étaient estompées peu à peu au fil du temps, ces souvenirs restaient encore tellement vivants dans son esprit et dans son coeur.

L'adolescente prit une grande inspiration, et la main poussa la dernière barrière entre les vivants et ceux qui ne l'étaient plus. Un frisson lorsque la grille tourna sur les gonds rouillés par le temps. Froid, peur, appréhension ? Sans doute un peu des trois à y bien songer...

Resserrant sa cape autour de son corps, Aliénor avança dans l'allée, à pas lents, fouillant du regard les pierres, déchiffrant les noms, décryptant les dates. Comme une remontée dans le passé à mesure qu'elle dirigeait ses pas vers la partie la plus ancienne du cimetière, là où elle savait trouver sa destination finale. Sa destination finale, mais pas la seule. D'autres mémoires à honorer, d'autres souvenirs à faire revenir avant ça.

Des arrêts au fil de son cheminement, à mesure que certains noms s'imposaient à elle. Wittek... le maître d'armes de Chelles, le soldat des Loups de Champagne. Chelles... elle savait qu'elle trouverait d'autres membres ici, après tout Compiègne avait été le bastion des "roses" les plus fidèles. Seuls Tomsz et Pisan n'y seraient pas, leurs corps reposant ailleurs.
Un autre tombe, un autre nom. Golitor, son parrain. Main qui se porte au nez, et le frotte dans un geste machinal, le même qu'elle faisait quand, petite fille, elle plongeait en riant son visage enfantin dans la barbe qui la piquait. Son parrain, celui qui serait toujours à ses yeux l’époux de sa marraine, quand bien même il avait disparu le soir de leurs noces. Personne n'avait compris le pourquoi de cette disparition, parce qu'il ne faisait aucun doute qu'ils s'aimaient, ces deux-là... Et pourtant, il était parti, pour s'éteindre dans la solitude peu après...
Et Jb... le gentil Jb, le discret Jb. Le fidèle escuyer de Pisan, celui qui avait passé plusieurs mois à Péronne durant la guerre contre l'Artois, faisant parvenir des rapports quotidiens sur les mouvements de troupes ; Jb, si loyal à Chelles que lui aussi avait suivi les Vicomtes. Et lui aussi y avait laissé la vie, le même jour que la Dame de Pomponne. Une présence réservée, et pourtant il avait été pour cette dernière un ami et un soutien précieux, celui qui avait fait renaître sur ses lèvres un sourire qui s'était fait de plus en plus rare à mesure que son époux s'éloignait, qui avait fait à nouveau briller dans ses yeux une petite flamme fragile et éphémère.

Une rafale de vent fit frissonner la blonde adolescente alors que ses pervenches quittaient la pierre sur laquelle elles étaient posées et que le froid s’infiltrait en elle. Main qui s'élève vers le visage pour glisser derrière l'oreille l'insolente mèche blonde venue voler devant ses yeux.
Il était temps maintenant, temps de faire face au tourbillon d'émotions qui commençait à l'envahir à l'idée de faire ce pourquoi elle était venue. Ses derniers pas vers cette grande pierre, plus grande que les autres, plus large surtout. Celle sous laquelle reposaient ses parents, côte à côte, enfin réunis pour toujours après s'être si longtemps cherchés.

La démarche était lente et comme incertaine à mesure qu'elle approchait, et que les mots gravés sur la pierre se faisaient plus présents à ses yeux. Hic jacent, ici reposent Magdeleine d'Assas et Estienne Vastel dict Bigbosspower. Et ces deux dates, ce funeste 5 juillet pour elle, à peine un mois plus tard pour lui.
Un arrêt, une longue respiration qui fit sortir de ses lèvres un petit nuage de buée s'envolant légèrement dans l'air avant d'y disparaître, et la petite blonde se décida à aller s'asseoir sur la pierre. Main qui plonge dans la poche de sa cape, et en ressort la rose cueillie lors de leur passage à Sainte-Ménéhould, pour la déposer entre les deux noms. La fleur avait séché, soigneusement conservée entre deux feuillets de parchemins, mais il flottait quand même dans l'atmosphère un reliquat de son parfum, cette odeur si présente dans les jardins de Chelles et de Pomponne aux roseraies florissantes.
Une rose, comme la vie qu'il fallait saisir et savourer tout en essayant de pas trop se blesser aux épines.

Et des épines, il y en avait eu dans sa vie, et Aliénor était consciente qu'il y en aurait certainement d'autres encore. Les pervenches se firent songeuses, plongeant dans le vague, esprit tourné vers le souvenir de ses parents.
Combien elle avait essayé de comprendre. Comprendre comment deux êtres pouvait s'aimer au point de ne plus pouvoir vivre ensemble, de fuir les remords et la culpabilité qu'ils lisaient dans les yeux de l'autre à en chercher la délivrance ultime, définitive ; et en même temps s'aimer au point de ne plus supporter de vivre l'un sans l'autre. Et elle avait compris, en lisant le journal de sa mère, et sa dernière lettre, ces mots couchés qui peu à peu avaient fait retomber la colère qui grondait en elle à s'être sentie ainsi abandonnée à leur mort. Elle avait compris, et c'était bien là une des raisons du malaise qu'elle ressentait depuis quelques jours.

Les yeux se fermèrent un instant, le temps que résonne une voix masculine à son oreille. Celle de son père, ce père si souvent absent, l'une des dernières fois qu'elle l'avait vu, juste avant la cérémonie qui allait faire de sa mère la vassale de Tomsz. Maréchal de France, officier royal qui commandait aux soldats aguerris, qui ne craignait pas les combats, mais tellement intimidé devant le désarroi d'une enfant, de son enfant. "
Dites-moi, petite princesse, ce qui vous cause tant de soucis, pour que je les change en sourires jolis..."
Et c'est l'adolescente qui répond, qui murmure dans le silence de ce cimetière, en même temps que le regard se fait jour à nouveau
Si vous saviez, papa, si vous saviez... Tant de questions à poser, tant de choses à dire, tant de craintes à exprimer.
Du bout des doigts, elle suivit les contours des noms gravés dans la pierre, pensive. Les comprendre, et surtout ne pas suivre le chemin qu'ils avaient emprunté, ne pas se résigner et au contraire réussir à affronter sa peur et ses doutes pour ne rien regretter.

La jeune fille se releva, jetant un dernier regard à la pierre sous laquelle gisaient ses parents. Mais qu'est-ce qu'une pierre, des noms inscrits dessus, alors qu'ils étaient si présents encore dans sa mémoire, et que d'une certaine façon, ils continuaient de guider ses actes, ses choix, et de veiller sur elle. Et que tant qu'ils auraient leur place dans son coeur et ses pensées, alors leur souvenir ne disparaîtrait pas.

"N'oublie jamais qui tu es, petite princesse"... Aliénor porta sa main à son médaillon, non, elle ne l'oublierait pas, tout comme elle ne les oublierait pas. Les racines de son existence puisaient dans la terre de leur histoire, ce qu'ils avaient vécu était la sève qui la faisait grandir.

Et c'est d'une main légère, un léger sourire aux lèvres, que la blonde adolescente referma quelques instant plus tard la grille du cimetière derrière elle, avant de regagner la tente médicale. Et de se diriger vers le lit où reposait Aimelin, s'asseyant silencieusement à ses côtés, posant légèrement sa main sur la sienne. Ses doutes, ses peurs étaient toujours là, mais du moins ce tête-à-tête avec ses parents lui avait-il permis de retrouver, pour le moment, une certaine sérénité.



"Un jour ou l'autre on constate surpris
Que tout est illusoire
Et qu'ainsi ce n'est qu'en la mémoire
Que tout meurt ou tout vit"
Idem
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