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 [RP] "Rendez-vous sur le marché de Reims" disait la missive

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Aliénor
Admin


Messages : 1966
Date d'inscription : 02/03/2011

MessageSujet: [RP] "Rendez-vous sur le marché de Reims" disait la missive    Dim 21 Aoû - 9:22

Alienor_vastel a écrit:
[hrp] RP a priori ouvert, mais si vous désirez intervenir, merci d'envoyer préalablement un tit MP pour la cohérence des lieux et actions. Merci Wink [/hrp]


[De Sainte-Ménéhould à Reims, aube du 20 Août]

"Notre parcours est semé de fantaisie
De rires clairs s'élançant vers le matin
Rien ne nous sert de nous compliquer la vie
On est heureux avec des riens"
Ch. Aznavour - "Heureux avec des riens"



Cavalière lancée au galop sur la route qui reliait le village lacustre à la capitale champenoise, cheveux blonds flottant dans son dos, jupe bleue ondoyant au rythme rapide imprimé à sa monture. Charrette contournée, emplie de tonneaux, sans doute un marchand désireux d'écouler sa marchandise en place rémoise à destination des notables de la ville ou des taverniers, mais pas le temps pour l'adolescente de se poser la question plus avant, le chemin faisait un coude qu'elle négocia sans ralentir, affermissant la tenue des rênes d'Etoile dans ses mains gantées.

Le soleil commençait à réchauffer la terre champenoise de ses rayons en cette belle matinée lorsque les murs de la capitale apparurent au regard d'Aliénor qui put enfin tempérer l'allure de la frisone. Joues rougies par l'effet du vent sur son visage, encore essoufflée de l'effort fourni, alors que ses pervenches balayaient le paysage. Un léger sourire vint orner ses lèvres au souvenir de la nuit passée, sous la chaleur de cette couverture au bord du lac de Sainte-Méné, et à la pensée de ce qu'elle vivait sans s'inquiéter de savoir de quoi demain sera fait.
Mais en attendant sa journée sera à Reims. Travail et plaisir.

La blondinette passa la porte de la ville, montrant au garde le document qui lui permettait d'y entrer ; en sa qualité de poursuivante d'armes, il lui fallait bien, de par sa charge, se rendre régulièrement au château de la noblesse, et plus précisément à l'office du héraut, afin de rendre compte de l'avancée de ses recherches et de son travail. Et c'est au pas qu'elle parcourut les rues jusqu'à atteindre sa destination. La première du jour.

Car elle avait décidé de joindre l'utile à l'agréable, et d'honorer un rendez-vous reporté depuis trop longtemps. Echange de missives, date, heure et lieux fixés, et une lueur malicieuse qui vient faire briller les pervenches en songeant à la suite de la journée, une fois qu'elle se sera acquittée de sa tâche.
Elle laissa sa monture à l'entrée avant de pénétrer dans les locaux, se dirigeant vers le bureau héraldique pour y déposer le résultat de ses recherches et s'informer de la suite des travaux à effectuer.

Les cloches de la cathédrale sonnaient, emplissant l'air de leur carillon et annonçant Sexte (*) lorsqu'Aliénor ressortit du bâtiment. Un instant à laisser ses yeux s'habituer à la lumière vive de ce milieu de journée, avant de se diriger vers le marché de Reims. Lieu des retrouvailles prévues.

Ses pas, de tranquilles, se firent de plus en plus pressés, impatience de rejoindre l'endroit fixé pour le rendez-vous, alors que défilaient devant ses yeux le souvenir de leur première rencontre, dans cette taverne à Compiègne. Etonnant comme avec certains êtres, l'amitié se fait immédiate. Amitié, attachement, tendresse, complicité malgré l'éloignement parfois, et cette impression de ne s'être jamais quittés lorsque l'on se revoit. Comme si les périodes d'absence n'étaient finalement que des parenthèses que l'on referme sitôt que les yeux se croisent à nouveau.

Et que de choses à lui dire, à partager, même si la jeune fille ne disposait que de cette après-midi pour en profiter. Mais comme à chaque fois, elle savourera chaque moment, chaque instant. Rire, faire des bêtises, échanger, parler de chose futiles ou plus sérieuses, se confier ; rares étaient ceux en qui la blondinette avait suffisamment confiance pour s'ouvrir et être elle-même, une adolescente de 15 ans oubliant pour un temps que la vie l'avait fait grandir trop vite, mais la personne qu'elle s'apprêtait à rejoindre en était.

Les lignes tracées sur le parchemin lui revinrent en mémoire. "Rendez-vous sur le marché de Reims à Sexte" disait la missive. Petite moue perplexe alors que les premiers étals s'annonçaient à ses yeux. Elle était à peine en retard, mais comment se retrouver au milieu de la foule ?
Un murmure...
Bon sang, mais où es-tu ?



----------------------------
(*) Sexte est l'office de la sixième heure du jour, soit environ midi.

Aalanna a écrit:
[De Langres à Reims, Trop tôt au petit matin]

Point de cavalière lancée au galop. Préférant de loin la marche elle était partie de bonne heure presque comme tout les matins. La jument de son oncle avançant au pas à ses côtés elle laissait vogué ses pensées vers le lieu où elle se sentait libre. Le seul endroit qu’elle avait du mal à quitté et où elle aimerait y resté le restant de ses jours.
D’humeur joyeuse, elle flânait. Cueillant de jolies fleurs, admirant le paysage qui s’offrait à elle. Telle un enfant, ce qu’elle était encore un peu malgré tout.

Une plume, un vélin, quelques jours plut tôt, une envie de jeune fille, des mots étalés au gré de ses envies se résumant en ceci.
"Rendez-vous sur le marché de Reims à Sexte" Pas besoins d’en dire trop, pas besoins d’en dire plus. La destinataire en connaîtrait l’expéditrice.

Ses premiers souvenirs Champenois. Une blondinette rencontré au détour d’une taverne, une complicité immédiate. Beaucoup de premier émois partagé ensemble. Première cuite infligée par sir Lupus, Première raison de faire le mur, Première fête dans les bois, Visite des bas fonds de Reims, Fuite dans les ruelles sombres...et tout ceci n’était que le début d’une grande histoire. Elle savait que de nombreux chapitres s’ajouteraient durant les prochaines années à venir.

Reims à l’horizon, elle accéléra le pas. Elle avait moult rapports à déposé au château avant de rejoindre le lieu dit du rendez-vous. Elle avait grands nombres d’étages à visité avant d’avoir accompli la distribution de ses rapports. Ce n’était pas de tout repos et il lui arrivait bien souvent de se perdre dans les dédales de ses longs couloirs.
Le soleil dans les yeux, le sourire aux lèvres, tâches terminées, bâclées même. Elle ne voulait pas être en retard.

Marché en vue. Étals par centaines, beaucoup de têtes trop de têtes. Une fourmilière. Quelle idée avait-elle eue?
Une grimace. Un soupir plus tard. Pourquoi n’avait-elle pas donné un autre lieu de rendez-vous ? Elle avança parmi la foule, qui sait par chance, par un coup du destin. Bien sur, cela aurait été trop beau. Ne restait plus qu’à improvisé.

Levant les yeux pour se repérée. Les toits..
Un sourire, des fossettes, elle grimpa une échelle et se déplaça par les toits des étals, bien plus facile pour déniché une blondinette dans la foule. S’arrêtant régulièrement pour scruté les environs.

Blondinette repérée..un sifflement, les mains en chœur, un cri...


ALLLiii!!!!

Alienor_vastel a écrit:
[Marché de Reims, "Anne ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ?"]


Pervenches qui explorent, qui furètent, qui fouillent et inspectent, embrassant étals, badauds, marchands et clients. Elle avait un avantage, l'adolescente, le soleil qui jouait sur la blondeur de sa chevelure, renvoyant des éclats dorés qui attiraient le regard. Mais aussi un inconvénient, sa petite taille. Pratique pour se faufiler dans une foule comme c'était le cas ici, moins aisé pour voir et se faire voir.

Soupir nerveux, pourvu qu'elles se retrouvent, le temps perdu, même minime, ne se rattrape jamais. Ce temps si précieux quand on le partage avec ceux que l'on aime, souvenirs que l'on se forge de moments gravés à jamais dans la mémoire.


Aliii Un cri la fit de retourner brusquement, sourire au lèvres, avant que le visage ne se renfrogne.
- Ah l'y sont beaux mes fruits !!!! Qui veut goûter mes pommes ???!!!

Et un rire, un fou rire qui la prend alors que trois femmes se retournent vers elle, sourcillant à voir la blondinette hilare sans aucune raison apparente. Elle prit une grande respiration, tentant de se calmer pour retrouver son sérieux. "Allez Alie, reprend-toi, tu vas passer pour une folle et finir dans un asile !"

Le regard bleu s'attarda sur les pommes, après tout pourquoi pas ? Elle n'avait pas pris le temps de déjeuner le matin même, et l'appétit venait de s'ouvrir à voir les fruits, sa gourmandise, cette saveur si douce et si sucrée. Ecus changeant de mains, puis Aliénor reprit sa quête, croquant dans le fruit tout en continuant à laisser aller son regard autour d'elle.
Et un sifflement aigu, un cri, un autre, qui domine les clameurs du marché.


ALLLiii!!!!

Cette voix, elle la reconnut immédiatement, comment avait-elle pu se tromper la première fois ! Un tour sur elle-même, en cherchant la provenance. Cette brune-là ? Non, elle lui tourne le dos, et puis elle n'a pas l'allure de celle qu'elle doit retrouver. Léger froncement de sourcils qui obscurcit un bref instant les pervenches qui se lèvent enfin et s'illuminent, lueur amusée qui les fait briller à voir son amie sur son perchoir improvisé. La belle idée, et la belle vue qu'elle doit y avoir !

Aliénor se rapprocha tranquillement, s’infiltrant au milieu des passants indifférents, affichant un sourire espiègle sans quitter Lanna des yeux, puis s'arrêta au pied du toit sur lequel la brunette était perchée. Prenant nonchalament un instant pour croquer une nouvelle bouchée du fruit avant de s'adresser à elle d'une voix forte.


Et bien, l'on peut voir de drôles d'oiseaux sur les toits de Reims, tu ne trouves pas ? Bouge pas, j'arrive !

Regard à droite, à gauche, petite moue quant à savoir comment la rejoindre là-haut en même temps qu'elle avise l'échelle qui avait précédemment servi à Lanna. Pomme coincée entre les dents, elle entreprit de la gravir, bénissant sa souplesse et sa jupe ample qui lui facilitait l'exercice.
Quelques pas précautionneux encore, s'agirait pas de se rompre le cou en tombant, avant de se retrouver à hauteur de la jeune fille et de s'asseoir à ses côtés. Lui tendant la pomme à moitié entamée.


Tu en veux ?

Aliénor plongea son regard dans celui de Lanna, avec sur les lèvres un sourire qui reflétait la chaleur et la joie qu'elle avait de la revoir.

C'est une bonne idée, ce rendez-vous, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas passé un moment ensemble.

Aalanna a écrit:
«Marché de Reims, sur le toit de l’étal,
L'amitié est l'amour sans ailes.»


Cri resté dans le vide.
La blondinette tourne la tête à droite, à gauche, regarde partout sauf vers le ciel.
Si seulement elle avait eue un projectile à balancé du toit, quoique, avec l’attroupement de badauds elle aurait risqué de blessé par accident une personne se promenant tranquillement sur le marché.
Elle n’aperçoit plus que la caboche de sa blondinette se dirigeant vers un étal de fruits.
Deuxième tentative.


AAAllliiii!

Ha! Une réaction.
Son amie regarde partout, cherche du regard d’où provient le cri.
«Lève les yeux, Lève les yeux»
Deux sourires qui se rencontrent, l’océan plongé dans son regard d’encre. Elle évita de rire en remarquant les étincelles émanant de ses prunelles en la voyant sur son perchoir.
Elle s’installe sur le bord du toit, les pieds se balançant dans le vide, Regardant la progression de Blondine dans la foule.
Elle s’arrête à sa hauteur, un «Croc» fait écho...


«Et bien, l'on peut voir de drôles d'oiseaux sur les toits de Reims, tu ne trouves pas ? Bouge pas, j'arrive !»


Une risette en voyant son amie évaluée son ascension.
Un coup d’oeil à l’étal en attendant son arrivé. Allongé sur le ventre, la tête regardant vers le bas, sourire amusé en voyant les étoffes exposées.
Redressement rapide en sentant son amie s’asseoir à ses côtés. Un coup d’oeil vers la pomme déjà entamée. Un signe négatif de la tête.

Prenant sa besace à sa gauche, fouillant dedans à toute vitesse. Elle en sorti deux casse-croûte garni de viande froide dont un qu’elle lui tendit.

«J’aie pensé à tout..vois tu»

De la joie, juste heureuse d’être en cet instant présent en voyant son amie là près d’elle.

«j’me suis dit qu’on ne c’étaient pas vue depuis bien longtemps et qu’on avaient pleins de choses à se racontées. Et puis, tu me manquais»

Elle regarda la jolie frimousse de la blonde en lui offrant sa gourde.

Alienor_vastel a écrit:
[Marché de Reims, une amitié qui prend de la hauteur]


Pomme refusée, pomme terminée et trognon posé à ses côtés en même temps qu'une lueur amusée éclaire les yeux de la blondinette à voir que Lanna avait pensé à apporter quelques provisions. Aliénor s'assit en tailleur, posant le casse-croûte sur sa jupe, embrassant le paysage qui s'offrait à leur yeux depuis ce toit. De là-haut, le monde semblait plus petit. Oh bien sûr, ce n'était pas une montagne, comme le Pic Saint-Loup où elle aimait aller à se promener en Languedoc, mais le souvenir d'une discussion lui revint en mémoire. Une discussion sous un arbre après des joutes, une discussion qui parlait de prendre de la hauteur pour ne garder que ce qui était important.
Et ce qui était important, là justement, c'était cette amitié, ces moments uniques passés avec ceux qu'elle aimait.

Et un sourire chaleureux aux dernières paroles de la brunette. Leurs occupations respectives ne facilitaient guère les possibilités de se voir, et les échanges de missives ne remplaçaient pas les moments passés ensembles, ô combien précieux. Des mots couchés sur le papier, aussi sincères soient-ils, ne remplaçaient jamais l'échange direct, les sourires, les rires, les regards.

Toi aussi tu me manquais, et j'avais envie de papoter avec toi. Se penchant, la blondinette jeta un bref regard en contrebas, sur l'étal sur lequel les étoffes brillaient dans un chatoiement de couleurs, avant de revenir poser ses pervenches dans les mirettes sombres. Et puis j'ai quelques emplettes à faire, je compte sur toi pour me donner ton avis !

Une hésitation, regardant la gourde qu'elle lui tend. Hm... calva j'espère ? J'ai une fâcheuse propension à recracher la mirabelle sur les genoux de mon voisin, et l'alcool de Lupus est décidément trop fort pour moi Petit sourire en coin en évoquant ledit alcool, clin d'oeil de connivence à se souvenir de leur première cuite, un baptême qu'elles avaient fait ensemble. Un souvenir, un de plus, de la complicité qui s'était liée entre elles à force de ces petits moments partagés.

Donc je reste résolument au calva. Un instant de silence, avant de reprendre un un ton pensif C'est étrange d'ailleurs, il y en avait toujours dans les caves de Pomponne et de Chelles, mais je n'en avais jamais bu, il a fallu que je revienne en Champagne pour y goûter. Il faut croire que c'est dans la famille que de l'apprécier... Ma mère était au demeurant réputée en son temps pour ses madeleines au calva, va savoir pourquoi je n'ai jamais eu droit d'y goûter ! Et une petite moue, en même temps qu'elle sortait un petit coffret en bois de la besace qu'elle portait habituellement en bandoulière et qu'elle avait posé à côté d'elle en s'asseyant L'on dit que je lui ressemble, physiquement du moins, en tout cas je n'ai pas hérité de ses talents de pâtissière, je me suis contentée d'apporter quelques biscuits au miel que j'ai trouvés chez un artisan de Sainte.

Elle ouvrit le coffret, le posant entre elles, et regardant Lanna avec un sourire. Se rendant compte que, si elles avaient souvent eu l'occasion de parler et de rire ensemble, jamais elle ne lui avait parlé de sa famille. Et que la réciproque était vraie.

Aalanna a écrit:
[Marché de Reims, sous un soleil de plomb]
«Il faut, de temps en temps, se conduire comme des enfants : ça n'empêche pas de vieillir.»

Instant de silence à contemplé le marché de Reims de haut. Tant de petits détails qu’on ne pouvaient d’ordinaire pas remarqué. Le flot de couleur se mouvant telle une danse, Le brouhaha des voix se perdant dans la foule, le parfum des épices et différents plats chatouillant les narines.
L’oreille attentive, buvant chaque mots dit par son amie.
Un moment d' inscouscience, où seulement être sois-même, rien de plus, rien de moins.

Les regards s’entrecroisent, des sourires indéniables sur leurs lèvres. Arrivé en Champagne quelques mois plus tôt le cœur brisé par la perte de sa famille, elle n’aurait pensé pouvoir être si heureuse aujourd’hui. Et pourtant, elle l’était.


Sourire éblouissant à la perspective d’emplettes bien méritées. Un coup d’oeil amusé à la blondinette. Cela pouvait paraître bien puérile pour grand nombre d’hommes mais pour les jeunes filles ses moments étaient source de confidences et de confiance.
Après tout, seules les véritables amies pouvaient dire qu’elle couleur se mariait le mieux au noir de ses yeux et n’hésiteraient pas à donné leurs critiques.


Ça tombe bien, j’aie besoins d’une robe aussi!

Petite grimace en pensant à sa garde robe déjà bien remplie et aux gros yeux que ferait sa marraine en la voyant en ramener davantage.

Visant la gourde qu’Ali tenait entre ses mains.

Bien sur que c’est du Calvas! Faisant une moue dubitatif. Ayant oublié de vérifié ce qu’elle contenait avant de partir. Elle faillie croisé les doigts dans son dos et prié le Très-Haut de ne point avoir prit la mirabelle par inadvertance.
Elle, n’aurait pas été déçue, ayant un léger faible pour ce liquide mais elle connaissait les risques encouru avec la blondinette et elle n’avait pas vraiment envie de se prendre les restes sur sa robe.


Un moment d’égarement.
Des choses jamais dites encore jusque là.
Un sourire évident en l’entendant parlé de sa mère. Un coup d’oeil vers les biscuits, une main chapardeuse en saisissant un.

Sans doute te pensait-elle trop jeune...
Un pincement de lèvre...
Tu ne m’as jamais dit ce qui était arrivé à ta mère.

A vrai dire, elle aussi en parlait peu. Elle ne savait que trop bien à quel point il était délicat de posé ce genre d’interrogation.
Et a quel point cela pouvait pesé sur le cœur..

Alienor_vastel a écrit:
[Marché de Reims, "L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas" *]


Un rire à la grimace de la brunette lorsqu'elle renchérit à l'éventualité de parcourir les étals ensemble. Une fois qu'elles seraient descendues de leur perchoir. Mais pour l'instant, elle étaient bien, là-haut, loin des oreilles indiscrètes. Même si le soleil commençait à taper. La blondinette releva ses cheveux en un chignon improvisé qu'elle retint avec une pique en bois sortie de sa besace, dégageant ainsi sa nuque de sa masse de cheveux qui lui tenait chaud. Puis se saisit de l'encas préparé par Lanna, plantant ses dents blanches dans le pain avec gourmandise.

Une robe oui, et une paire de mules. Pour commencer ! Des futilités en somme, mais de celles que l'on fait avec d'autant plus de plaisir que l'on est accompagnée d'une amie. Perspective d'échanges, de commentaires, d'avis, idées qui fusent quant au choix des couleurs, des matières, toutes ces choses que la blondinette avait jusqu'à présent si peu eu l'occasion de faire. Une envie de sourire, de rire, de plaisanter de toutes ces choses des adolescentes de leur âge. Dieu merci, les terres de Pomponne et de Bergnicourt étaient fertiles lorsque mes parents en avaient la charge, et l'héritage qu'ils m'ont laissé me permet encore maintenant de vivre confortablement et de me faire plaisir. Et puis autant dépenser l'argent que l'on a avant d'être trop vieux pour le faire. Ou mort...

Sourire amusé en voyant son amie piocher dans le coffret et se saisir d'un biscuit, complice, avant qu'un nuage ne vienne voiler son regard.

Tu ne m’as jamais dit ce qui était arrivé à ta mère.

Une question sous la forme d'une constatation, retenue et pudique, lui laissant le choix de répondre ou non. Mais Aliénor sait bien qu'elle va lui parler. Parce que les amies c'est ça, des moments partagés, des confidences également. Et puis, si la brunette vit maintenant avec sa tante, c'est qu'elle aussi a perdu ses parents d'une façon ou d'une autre, alors elle comprendra à travers les non-dits, la peine, la douleur de perdre ceux que l'on aime, et ce sentiment d'un manque, qui reste et perdure malgré le temps qui passe, atténue mais n'efface pas.

Ma mère... Une gorgée de calva -car une chance, c'en est bien !- avant de reposer la gourde entre elles et de continuer, laissant ses pervenches errer dans le vide, comme pour mieux chercher ce qu'elle allait lui dire. D'habitude, elle se contentait d'un bref et simple "Elle est morte", ajoutant éventuellement un "Elle a été tuée" sans donner davantage de précisions. De toute façon, ceux qui l'avaient connue savaient les circonstances dans lesquelles elle était partie, quant aux autres... quelle importance au fond qu'ils connaissent les détails.

... Ses suzerains étaient les Vicomtes de Chelles, Pisan et Tomsz d'Harcourt. Tomsz avait monté une armée, ne me demande pas pourquoi, encore aujourd'hui je n'ai pas compris, des considérations politiques d'un autre temps ou un coup foireux comme il en avait l'habitude. Ma mère bien évidemment l'a suivi, c'était son devoir de vassale, du moins c'était l'une des raisons pour lesquelles elle a rejoint cette fichue armée.
Une des raisons mais pas la seule, car Tomsz était par trop respectueux pour obliger ses vassaux à le suivre dans cette folie. Mais comment expliquer aussi les relations entre ses parents, qui avaient poussé la dame de Pomponne à accepter cette mission suicide, sachant que son époux désapprouverait et que même si elle en revenait, tout serait définitivement terminé entre eux. Cette raison par trop compliquée à comprendre pour elle encore aujourd'hui, alors elle la passe sous silence et se contente de continuer.

Il y a eu combat... Un silence, il était inutile de préciser ce qu'il s'était passé, la brunette avait certainement compris. Mon père s'en est laissé mourir, de n'avoir rien fait pour la sauver, alors qu'il était Grand Officier de la Couronne, Connétable de France.
Et un murmure J'avais 10 ans...

Un silence à nouveau avant de revenir poser son regard sur Lanna, et un sourire La suite tu la connais, je t'en ai parlé, mon éloignement en Languedoc et mon retour en Champagne au début de l'année.

Une nouvelle bouchée, lécher le bout de ses doigts et un haussement de sourcils interrogateur, regard qui veut dire "Et toi ?" sans qu'elle ne se sente obligée de lui répondre.



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* Jean Ethier-Blais

Aalanna a écrit:
«Les sentiments les plus merveilleux sont ceux qui nous agitent un peu confusément :
la pudeur, l'amour chaste, l'amitié vertueuse, sont pleines de secrets.»


Un en-cas dévoré à pleine dents, des bagatelles donnant le sourire aux jeunes filles, conditions propice aux confidences.
Cette demi question était sortie de sa bouche sans même qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Elle ne l’avait jamais posée avant, par respect, sachant que chaque personnes au fond d’elles préféraient gardés certains souvenirs enfuis.
Ce qu’elle même faisait.
Il n’était pas facile de parlé des êtres qu’on aimait le plus, surtout quand ceux-ci nous avaient quitté. Mais un beau jour, on rencontrait quelqu’un qu’on appréciait, avec qui, une véritable amitié se forgeait et les langues se déliaient.
Cet instant était arrivé.

Elle écoutait d’une oreille attentive son amie en croquant délicatement en petits morceaux le biscuit. De la tristesse dans les yeux en l’écoutant évoqué un moment de son histoire. Cette histoire qui avait fait d’elle ce qu’elle était devenue, qui avait forgé son caractère.
un regard vers elle qui c’était tue.
Pas de question posée juste ses prunelles océan la regardant pour lui dire « Et toi?».
La gorge sèche, ne sachant pas par où commencer elle prit une longue goulée de la gourde.

La scène de cette sinistre nuit lui revenant comme si elle avait eue lieu le jour même.
Elle regarda le soleil a son zénith et se tourna vers Ali.


Nous allions rejoindre mon père...

Un pincement de lèvre en pensant à lui en se disant qu’en faite, toute son enfance elle n’avait fait que ça. Être sur les routes pour le rejoindre constamment.
Nous étions sur un petit sentier dans les bois quand quatre hommes armés nous ont attaqués. Ils ne nous on laissé aucune chance.
Il était trop tard pour ma sœur et mon frère...Elle m’a protégé..et m’a demandé de courir, ce que j’aie fait.


Elle baissa les yeux sur la boîte de biscuits pour caché les larmes qui désiraient s’en échappées.


Je ne pourrait jamais pardonné mon père,
si il avait été à ses côtés, rien de tout cela ne serait arrivé.


Elle serra les dents.


Parfois..je me méprise tu sais.
De l’avoir abandonné à mon tour..mais le pire je crois, c’est que malgré ça, je suis heureuse désormais.


Elle tendit la gourde à la blondinette en se disant que cette journée ne devrait pas être faite de larmes mais de sourires.

Alienor_vastel a écrit:
[Marché de Reims, "N'attendons pas d'être plus là, pour me raconter tout cela" *]


Des confidences, de ces mots que l'on n'a pas besoin d'expliquer parce l'on sait que l'autre les comprend. Une connivence, une complicité, comme elle en connait déjà, aussi forte et pourtant différente. Parce que Lanna a le même âge qu'elle, parce que c'est aussi de sa mère dont elle parle et que la blonde adolescente connait les sentiments qui assaillent son amie.

Les pervenches ne quittaient pas les prunelles sombres, ne perdaient pas une expression sur le visage qui lui faisait face avant qu'il ne se baisse comme brusquement attiré par le coffret contenant les biscuits. Aliénor détourna elle aussi le regard, pudeur et discrétion devant les yeux qui s'humidifiaient de perles brillantes.

Elle n'avait pas pleuré, la blondinette, lorsqu'Ysabault sa gouvernante lui avait annoncé la mort de sa mère. Comme insensible à la nouvelle qui pourtant avait bouleversé sa vie, la douleur qu'elle avait alors ressentie avait comme engourdi toute émotion en elle. Mais comme le volcan n'est jamais qu'endormi et peut se réveiller à tout instant, âpre, violent et brutal, les larmes étaient venues après. Larmes de rage et de colère contre ses parents qui l'avaient abandonnée, contre son monde qui s'était écroulé, la vie qui lui avait pris ceux qu'elle aimait, les projets qui ne verraient jamais le jour, les promesses qui ne seraient jamais tenues.

Aliénor recula la boite de biscuits derrière elles, et prenant appui sur ses mains, glissa contre Lanna, épaule contre épaule. Geste enfantin peut-être, amical surtout, contact chaleureux. Dire qu'elle est là sans le dire, qu'elle comprend, parce qu'elle ressent les mêmes choses.

Gourde saisie, et une nouvelle gorgée, puis elle la reposa et plia les jambes, les encerclant de ses bras, menton posé sur les genoux alors que ses yeux repartaient dans le vague.


Lorsqu'ils sont morts... La voix se baisse, confidence qui en appelle une autre ...je les ai détesté, de toute mon âme, de tout mon être. Pour m'avoir abandonnée, pour avoir fui. Parce qu'à cause d'eux, je perdais une famille malgré les nombreuses absences de mon père, je perdais un statut, un avenir. Parce qu'à cause d'eux, je prenais brutalement conscience de ce que la vie peut brutalement et si cruellement nous retirer, et combien il est illusoire de croire à demain quand demain ne sera peut-être pas.
Et puis je me suis détestée aussi. Détestée de n'avoir pu les retenir, que ma présence ne les empêche pas d'aller vers leur fin.


Un silence avant de continuer J'étais revenue à Compiègne, dans la chaumière où nous vivions quand nous n'étions pas à Pomponne ou à Chelles, en espérant y trouver quelque chose qui m'explique leur geste, mais le souvenir de ce qui avait été et ne sera jamais plus était par trop présent, je n'ai pu y rester. Le matin du jour où je devais quitter le village pour Troyes, en terminant de ranger la maison j'ai trouvé une lettre au fond d'un coffre. Écrite de la main de ma mère, datée du jour où elle est partie pour rejoindre l'armée de Tomsz. Je me suis longtemps demandée pourquoi elle ne m'avait pas été remise à sa mort, jusqu'à ce qu'on me dise qu'il fallait sans doute que je sois en âge d'en comprendre le contenu. Et de peut-être réussir à leur pardonner.

Un léger sourire apparut sur ses lèvres en repensant à cette discussion, au bord d'une rivière dans la forêt de Troyes, et une inspiration avant de se redresser et de plonger ses prunelles bleues dans le regard d'encre de Lanna. Quoi qu'il en soit, elle terminait cette lettre en me disant de vivre, et d'être heureuse.

Main qui caresse doucement la gravure du médaillon accroché à son cou, rose et chardon entrelacés, avant d'aller se poser sur celle de la brunette, et une légère pression comme pour accentuer ses paroles. Si ta mère t'a demandé de courir, de fuir, c'est parce qu'elle aussi voulait que tu vives. Alors tu n'as pas à t'en vouloir, mais au contraire, lui obéir, de toutes tes forces. Moi c'est ce que je fais, et je profite de chaque moment qui passe, bon comme moins bon, parce que je ne sais pas s'il y en aura d'autres après. Comme cette pomme tout à l'heure, je mords dedans, et je les savoure jusqu'à la dernière bouchée. Ça a sans doute un petit côté égoïste... haussement d'épaules ... mais finalement c'est la vie qui a voulu ça.

Une pause, un sourire qui s'élargit Et je suis heureuse aussi. Pour tous ces moments, ces rencontres, ces discussions, ces sourires, ces rires, ces échanges... ou ces pique-nique improvisés sur le toit d'un étal du marché de Reims !

Elle s'écarta légèrement, plongea la main dans le coffret pour en prendre un biscuit qu'elle glissa entre ses dents avant d'ajouter, pervenches brillantes D'ailleurs si nous en descendions, de ce toit, on a aussi des emplettes à faire !


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* Olivia Ruiz - "Non-dits"

Aalanna a écrit:
Une robe est une confidence. Les secrets de la femme se lisent dans sa façon de s'habiller.

Une larme timidement essuyée du revers de sa main.
Un sourire naissant au coin des lèvres. Son amie trouvait les mots pour la rassurée. Peut-être qu'après tout être heureuse était la seule chose qu'elle pouvait faire pour que sa mère soit fière d'elle.

Un regard plein d'envies vers les étals ou elle avait déjà repérée quelques étoffes de bon goût.
Un autre vers le bas. Sans doute allaient t-elles devoir refaire le chemin inverse pour descendre de leur perchoir. Par chance, l'échelle serait encore là. Du moins, elle l'espérait.

Des emplettes...
Rien de tel pour deux jeunes filles, ne pensé à rien, juste profité du moment, se faire plaisir.

Tu as raison, nous devrions descendre.

Un regard vers la boîte à gâteaux, une grimace en voyant qu'il n'en restait plus qu'un. Elle rangea la gourde dans sa besace qu'elle mit sur son épaule se leva et tendit sa main pour aidé la blondinette à se levée aussi.


Par où commençons nous? En faisant un geste vers le marché, vaste.

Étoffe? Bijoux? En-cas?

Elle sourit en se baissant et regardant le poteau à leur côté. L'agrippa de ses deux mains et se laissa glissé. Plus rapide qu'une échelle quand même.
Arrivé en bas elle leva les yeux vers Ali.


Tu viens?

Alienor_vastel a écrit:
[Marché de Reims - "Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats" *]


Echange de regards, échange de sourires. Aliénor repensait à cette fameuse lettre, dont la découverte avait changé bien des choses. Disparue, l'adolescente dont la colère qui grondait en elle lui avait fait prendre des risques, avait pu la faire agir avec légèreté et faire des bêtises dont elle n'était pas fière. Mais si elle pouvait en avoir des remords, du moins n'avait-elle pas de regrets. "Dans la vie, on ne regrette que ce qu'on n'a pas fait" **, et de chaque erreur qu'elle avait commise, elle en avait tiré leçon pour ne pas la reproduire.
Cette lettre qui lui avait permis de pardonner, retrouvant ainsi une certaine sérénité.

La tristesse semblait passée, suite du programme donc, profiter de cette après-midi ensemble, entre confidences et futilités.
La blondinette récupéra le coffret des biscuits, un petit regard à l'intérieur avant de le refermer. Oups, mine de rien, les deux jeunes filles avaient fait preuve de gourmandise, le coffret était presque vide ! La blondinette le rangea dans sa besace qu'elle remit en bandoulière avant de saisir la main que Lanna lui tendait, et de se relever souplement.
Pervenches qui suivent le mouvement de la main de la brunette avant de revenir, souriantes, vers les mirettes d'encre.


Hm... encas, non, j'ai le ventre plein, là ! Peut-être tout à l'heure, nous partagerons le dernier biscuit autour d'un verre en taverne, c'est que ça donne soif, d'échopper, mais pour l'heure... petite hésitation en même temps que l'adolescente se penchait pour regarder les étals sous leurs pieds ... j'ai repéré la dessous quelques étoffes qui me plaisent bien !

Regard amusé en observant la technique de Lanna pour retrouver le sol, rapide et efficace. J'arrive !

Mains accrochées de part et d'autre du poteau, jambe enroulée autour du bois et la petite blonde imita la brunette, prenant le même chemin qu'elle et faisant fi du mouvement qui dévoilait ses chevilles sous sa robe. Et un grand éclat de rire lorsque ses pieds touchèrent terre, se tournant vers son amie.

Rhaaa, ça faisait longtemps que j'avais pas fait ça ! A Pomponne ou après, chez ma tante, je m'amusais à descendre l'escalier par la rampe, mais en général Ysabault m'attendait en bas, et dire qu'elle était contrariée est un euphémisme !

L'adolescente posa ses poings sur ses hanches, sourcils froncés, continuant d'une voix sévère pour mimer sa gouvernante. "Voyons Aliénor, une jeune demoiselle ne se comporte pas ainsi, une jeune demoiselle doit apprendre à agir convenablement, une jeune demoiselle gnagnagna"... Ce que j'ai pu la faire fulminer par mon comportement qui ne correspondait en rien à ce qu'elle attendait de moi !

Bras glissé sous celui de Lanna, Aliénor lui confia sur le ton de la confidence, en même temps qu'elle l'entraînait vers l'étal le plus proche. Elle voulait m'inculquer une éducation conforme à mon rang, mais je crois que j'ai loupé quelques chapitres !
Un arrêt, regard qui parcourt les étoffes, en admire les couleurs, doigts qui palpent les matières avant de s'arrêter sur un cendal ocre jaune. Coupon saisi et posé devant sa poitrine, de façon à ce que le tissu se reflète sur sa gorge. Et un regard interrogatif en quête d'une réponse.

Qu'en penses-tu ? J'ai envie de changer un peu du bleu ?



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* Marcel Proust
** Jean Cocteau

Aalanna a écrit:
Plus on est jeune, plus on touche au mystère de la joie.

Sourire vite retrouvé.
Rien n'était plus facile en présence de la blondinette.
Faut dire que de son mime elle y reconnaissait grands nombres de personnes qui souvent lui disaient la même chose.
Fait pas ci, fait pas ça.
Tient toi droite, Une jeune fille convenable ne boit pas, ne fait pas de bêtises.
Mais fichtre!
La vie aurait été bien ennuyante si elle se tenait convenablement.
Donc elle avait opté pour faire le plus de bêtises possible. La dernière en date fut de s'introduire en douce dans la cave de son oncle avec son complice de cœur et d'y dérobé toutes ses meilleures bouteilles


Tu devrais monté une pièce de théâtre tu sais, tu mimes plutôt bien.
Elle sourie à son amie et en se penchant vers elle, lui murmura.
Moi, le livre, je l'ai même pas ouvert. En riant

Arrêt devant un premier étal d'étoffes. Une magnifique cape blanche retenant son attention et se retourne vers Ali tenant un tissu devant elle.
Une grimace.
Elle se retourne vivement en regardant les différents tissus et sourit en voyant un joli vert.

Le jaune c'est pas ta couleur tu sais. Par contre celle-ci. En lui montrant le joli vert.
Essaye pour voir!


Elle sourit a la blonde en mettant la cape blanche sur son dos et un chapeau du même colorie en prenant elle aussi la pose.

Alienor_vastel a écrit:
[Marché de Reims - "Une joie partagée est une double joie, un chagrin partagé est un demi-chagrin." *]


Une petite moue dépitée, comment ça, le jaune n'était pas sa couleur ? La blondinette reposa le tissu, laissant néanmoins ses pervenches s'y attarder. Elle l'aimait bien pourtant, avec ses jolis reflets moirés. Peut-être qu'en y ajoutant un galon... bleu ! Bon, elle devait reconnaître que cet ocre-là, avec la blondeur de sa chevelure, ça faisait un peu ton sur ton, Lanna n'avait pas tort, autant trouver autre chose qui mette en valeur ses atouts.

Elle porta son regard vers l'étoffe que son amie lui désignait, penchant légèrement la tête sur le côté en signe de réflexion, avant de la saisir. Une jolie soie, couleur émeraude que l'on pourrait aisément agrémenter de quelques broderies de fil d'or.
Dubitative quand même, la petite blonde, nez pissé et une question toute féminine.


Ça ne va pas jurer avec la couleur de mes yeux ?

Les pervenches se reportèrent sur Lanna, brillant d'une lueur amusée à la voir poser avec cape blanche et chapeau assorti. Un instant de réflexion, suspense avant de donner son avis à son tour.

Ça par contre, ça te va bien, le blanc rehausse la couleur de tes cheveux et ton teint. Désignant la cape, elle ajouta Il te faudra un fermail pour aller avec, d'ailleurs je dois aussi remplacer le mien. Par contre le blanc... un peu salissant quand même... sans compter que c'est voyant pour aller traîner dans les bas-fonds de la capitale la nuit.

Un sourire espiègle vint s'afficher sur ses lèvres, accompagné d'un clin d'oeil complice. Souvenir de cette nuit de cauchemar qu'elles avaient partagée, avec Coline et d'autres, se retrouvant dans un tripot rémois. Si la soirée avait bien commencé autour d'une partie de cartes, elle avait rapidement dégénéré en une bataille rangée d'hommes ivres et enragés au milieu de laquelle les jeunes filles n'en avaient pas mené large.
Aliénor en riait maintenant, mais elle devait bien avouer qu'elle n'avait pas été fière alors, face à la violence et la férocité dont les protagonistes avaient fait preuve. Sentiment d'impuissance lorsqu'elle s'était sentie saisie par une brute, immobilisée sans pouvoir attraper sa dague, et entraînée vers la cave, pour "s'amuser" avait-il dit. Un jeu dont elle choisissait d'ordinaire le partenaire, et son ravisseur du moment n'en faisait clairement pas partie.
Heureusement pour elle, Lanna s'était précipitée sur son agresseur, avait aidé à la dégager de son étreinte, et rien que pour celà, elle lui en était encore reconnaissante aujourd'hui. Même si ça lui avait valu une légère blessure à l'épaule, mais à choisir, elle préférait ça à ce qui l'aurait attendue si son amie n'était pas intervenue.

Un regard pensif à la brunette. Ce qui s'était passé cette nuit-là, et dont par bonheur peu de personnes avaient eu connaissance, avait indubitablement marqué leur mémoire, les avait liées plus surement qu'une simple rencontre anodine, et avait forgé une amitié sans faille entre les adolescentes, entre sérieux et légèreté.




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* Jacques Deval
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